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Essence de Thym

HUILES ESSENTIELLES. — CRl'CIFÊHES.

II. Hrown., Lepidium Draba L., Raphanus sntivus L., Drassica ISapus L., C heiranthus anmius L., donnent des huiles particulières, mais analogues aux précédentes.

I n trait curieux de I histoire de ces essences, c’est qu’elles n existent point toutes formées dans la plante: il faut, pour qu’elles se produisent, la réaction, en présence de l’eau, de deux principes, analogues à ceux que nous avons trouvés dans la graine de moutarde et que nous avons nommés myrosine et myronate de potasse.

De toutes ces essences les trois plus importantes sont: 1° l’essence de Cochlearia officmalis L., qui, d’après Hofmann, est un homologue du sulfocyanure d’allyle. C’est une huile jaunâtre, plus lourde que l’eau, d’une odeur et d’une saveur âcre et piquante, bouillant à 139 ou 100°.

~u L’essence de Raifort, retirée de la racine de Cochlearia Armoracia L., qui est tout à fait analogue à celle de moutarde.

3° Enfin l’essence de Moutarde noire, que nous devons étudier plus spécialement.

i . ESSENCE DE MOUTARDE.

Essence de Moutarde noire. — Oleum Sinapis æthereum.

On obtient l’essence de moutarde en broyant les graines du Brassica nigra Koch., que nous avons déjà décrites (tom. 1, p. 370) et en les laissant pendant quelque temps macérer dans 3 à 0 parties d’eau. On distille, et il passe une quantité d’essence qui varie, de 5 à 7 pour 1,000, lorsqu’on distille simplement à l’eau; de 7 à 31, lorsqu’on a distillé à la vapeur.

Le liquide qu’on obLient dans nos pharmacies est d’abord incolore, puis il prend avec le temps une couleur citrine. Son poids spécifique est de 1,01 à 1,02, à la température ordinaire de 1 5°. — llboulvcrs l-18u. Son odeurestexlrômement piquante,

ESSENCE DE MOCTAHUE.

sa saveur âcre cl caustique. L’essence rougit fortement la peau et produit même une véritable vésication.

L’huile essentielle de moutarde est soluble dans .'iO parties d’eau ; elle se dissout facilement dans l’alcool et dans l’éther. Sa réaction est neutre. — Son pouvoir rotatoire est nul.

Elle dissout l’iode sans produire aucune réaction sensible ; l’acide azotique l’attaque vivement. — L’acide sulfurique ne produit pas d’élévation de température bien marquée, et donne une solution claire, d’un jaune pâle, qui, lorsqu’on y ajoute de l’alcool, reste claire et devient presque incolore. — Elle dissout à froid la fuchsine, et la réduit lorsqu’on élève la température.

L’essence de Moutarde contient du carbone, de l’hydrogène, de l’azote et du soufre, c’est un sulfo-cyaruire d'ail y le , dans lequel on a signalé la présence d’une petite quantité d ecyanure d'al/yle , à l’état de mélange (1).

L’on a quelquefois falsifié l’essence de moutarde en y ajoutant de l’alcool, du sulfure de carbone, de la benzine, d’autres huiles essentielles. Voici quelques moyens de reconnaître la fraude.

On peut au moyen del’eau reconnaître la présence de corps de faible densité. La densité de l’essence étant en effet très-rapprochée de celle de l’eau, des corps légers diminuent suffisamment son pouvoir spécifique pour qu’elle ne tombe plus au fond de ce liquide. Ainsi, si l’on verse une goutte d’huile essentielle dans de 1 eau distillée et froide, on voit la goulle tomber au fond du vase si l’essence est pure ; mais si elle contient de la benzine par exemple ou de l’alcool, on voit la goutte rester à la surface, ou lorsqu’on l’agite vivement, former de petites gouttelettes qui flottent dans le liquide.

L’acide sulfurique donne un bon moyen de reconnaître les falsifications par le sulfure de carbone, l’alcool ou les autres huiles essentielles. Si 1 on met dans un tube 1 volume d’es-

(1) Will et Kürner. Annal. Ghemie Pharmac. CXXV, 279.

II U ILES ESSENTIELLES. — CRUCIFÈRES

sence avec 10 volumes d’acide sulfurique concentré et qu’on agite le mélange, la solution restera claire et pâle, il n’y aura pas d’élévation de température, si l’huile est pure. Si elle est mélangée d’autres essences, la température s’élèvera et la couleur deviendra rouge-brun. S'il y avait du sulfure de carbone, il tendrait à se séparer et, en secouant la liqueur, on le diviserait en petites particules qui troubleraient le liquide. Quant à l’alcool, il produirait une élévation assez sensible de température (1).

AURANTIACÉES.

Les diverses espèces du genre C'itrus, Orangers et Citronniers, que nous avons déjà eu l’occasion d’étudier précédemment (t. I, pages 230 et 278), contiennent dans leurs divers organes des glandes remplies d’une huile essentielle. On en trouve dans les feuilles, dans les fleurs et surtout dans le péricarpe des fruits. Ces essences varient entre elles non-seulement d’une espèce à l’autre, mais aussi, dans une même espèce, d’un organe à un autre, si bien que l’essence de Heurs, de feuilles et de l’écorce du fruit ne sont pas identiques.

Les essences des zestes ou péricarpe des fruits peuvent être obtenues de deux façons, ou par expression ou par distillation. Par le premier procédé on obtient une essence, qui est moins pure que par le second, fait sur le papier une tache permanente, mais qui a une odeur plus agréable, et c’est pour cela qu’on l’emploie de préférence dans les pharmacies. — On prépare ainsi les essences de Citron, d’Orange amère, de Bergamote, de Mandarine, etc. — Quant aux essences de Heurs, on ne oeut les obtenir que par distillation; celle qu’on emploie d’ordinaire esL retirée des fleurs du Bigaradier. On lui donne le nom d’essence de Néroli.

Les essences des zestes d’Aurantiacées ont un certain nombre

(I) Voyez pour ces divers moyens : Ilager, PJiarmaceut. Central halle, NI, 10G, et Fluckiger, A rehiv. der Pharmacie, CXCYI. 214.

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