‹ Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétaleChapitre 227 sur 331 · S. ESSENCE D’ABSINTHE · texte numérisé non relu

S. ESSENCE D’ABSINTHE

Oleum Absinthii. Essentia Absinthii.

Celte essence est retirée de la plante lleurie de la Grande Absinthe (Artemisia Absinthium L.), que nous avons déjà décrite (tome I, page 79). L'herbe sèche donne environ 0,65 pour 100 d’essence à la distillation ; les fleurs sèches, 0,46.

Cette essence est liquide, d’un vert foncé; elle devient à l’air et à la lumière épaisse et d’un vert sombre, ou môme brune. Sa densité est de 0,92 à 0,97 : elle bout entre 180 et 205°. Sa réaction est neutre; elle dévie vers la droite le plan de polarisation. Son odeur est celle de la plante qui lafournit, sa saveur est âcre et brûlante.

L’essence d’ Absinthe est soluble dans l’alcool. L’iode n’exerce pas sur elle de réaction bien vive; l’acide nitrique la décompose en donnant des vapeurs et la colore d’abord en vert, puis en bleu ; l’acide sulfurique la colore en bleu, puis en violet.

L’essence d’Absinthe est isomérique avec le Camphre du Japon. Elle est composée, d'après Gladstone, d’un hydrocarbure, d’une huile essentielle oxygénée, enfin de l’essence que nous avons indiquée, dans l’huile de Camomille commune, sous le nom de Cœrulêine ou à’Azuline. C’est ce dernier principe qui, mêlé à une résine jaunâtre, paraît donner sa couleur particulière à l’essence d’Absinthe.

Les Artemisia, genre auquel appartient la Grande Absinthe, renferment beaucoup de plantes médicinales, qui doivent en partie leur action à des oléo-résines. Nous ne pouvons mentionner ici toutes les huiles essentielles qu’on peut en retirer ; indiquons seulement :

L 'essence de l’ Artemisia Dracunculus L. ou Estragon, remarquable en ce qu’elle contient YAnethol, que nous avons signalé dans l’essence d’Anis.

L 'essence de l' Artemisia Cina Berg., ou du Semen-Contra qu’on

Plancuon. — Drogues simples, t. II. 22

UTILES ESSENTIELLES

Eli I CAGE ES.

retire du Scmen-Conlra du commerce, (|ue nous avons déjà décrit (t. I, pag. 249). Elle est d’un jaune pâle ou d’un jaune brun, s’épaississant et se fonçant à l’air, bouillant de 170 à 220°. — Elle est composée d’un hydrocarbure et d’une essence oxygénée.

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