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ESSENCE DE SAUGE

Oleum Salviœ. Essentiel Satviœ.

L’essence de Sauge se relire par distillation des fruits des Salvia officinalis L. Les diverses variétés que nous avons indiquées (t. I, p. 100) donnent plus ou moins d’essence; celle du Nord en produit environ 0,23 pour 100. La plante sèche en fournit environ 0,73 pour 100.

Cette essence est verdâtre ou d’un jaune brun : elle est lluide ; a une densité de 0,87 à 0,97, bout entre 130° et 130°. Sa réaction est neutre au papier de tournesol. Elle dévie vers la droite le plan de polarisation. Par une longue exposition au contact de l’air, elle laisse déposer un stéaroptène. Son odeur et sa saveur sont celles de la plante.

LABIEES.

3j<) huiles essentielles. —

I. 'essence de Sauge se dissout en toutes proportions dans i alcool à 83°; elle dissout en partie seulement le rouge de Santal ; 1 iode produitavec elle une réaction tumultueuse, mais sans explosion et sans grande élévation de température. L’acide sulfurique produit de la chaleur, des vapeurs et une solution trouhle d’un jaune rouge, qui devient couleur framboise après addition d’alcool, et qui ne se clarifie que par l’action de la chaleur.

L’essence paraît composée de plusieurs essences oxygénées. Le camphre, qui se dépose, fond entre 31° et 37°; il a une odeur forte, chaude, qui laisse ensuite une impression de fraîcheur. Il se dissout dans 430 parties d’eau froide, dans 5 parties d’alcool à 90°, et en toutes proportions dans l’éther.

2o. ESSENCE DE ROMARIN.

Oleum Rorismarini . Essentiel Rorismarini.

L’essence de Romarin est retirée par distillation de la plante

fleurie du Romarin ( Rosmarinus officinalis L.) que nous avons

déjà décrit (t. I, pag. 102). Les feuilles sèches donnent environ I pour 100 d’essence.

Cette essence est incolore ou jaunâtre, fluide. Sa densité est de 0,88 à 0,91. Elle bout à 1G0°; dévie vers la gayche le plan de polarisation, et est neutre au papier de tournesol. Son odeur est très-pénétrante et rappelle celle de la plante.

L’essence de Romarin est soluble dans l’alcool absolu et aussi en toutes proportions dans l’alcool à 83°. Elle ne dissout que très-imparfaitement le rouge de santal. L’iode exerce une vive réaction sur elle : élévation de température, mouvement tumultueux eL production de vapeurs rougeâtres. Elle noircit au contact de l’acide chlorhydrique. Le mélange avec l’acide sulfurique donne, avec une forte élévation de température, une liqueur trouble d’un jaune rouge qui, par l’addition de l'alcool, prend une couleur chamois, et reste trouble même sous

ESSENCE D'OHKiAN.

l’action de la chaleur. La distillation de celte solution donne un liquide oléagineux d’odeur alliacée, qui a la composition de l’essence de térébenthine.

L’essence de Romarin paraît être un mélange d’un hydrocarbure et d’une huile oxygénée. L’hydrocarbure est analogue à l’essence de térébenthine; il bout IGo0 et dévie vers la gauche le plan de polarisation. L’huile oxygénée donne, par évaporation ou par l’action de l’acide nitrique étendu, un camphre qui rappelle beaucoup le camphre du Japon, et n’en diffère que par un moindre pouvoir rotatoire, s’exerçant dans le même sens, c’est-à-dire vers la droiLe.

On ajoute quelquefois de l’alcool à l’essence de Romarin. En dehors des moyens ordinaires employés pour déceler celte fraude, on peut trouver un procédé particulier dans cette circonstance, que l'essence dissout à peine le rouge de santal, tandis que celle substance est soluble dans l’alcool. Si donc l’essence est colorée en rouge par l’addition d’un peu de santaline, on devra penser qu’il y a une certaine quantité d’alcool mélangée avec elle.

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