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CAMPHRE

Camphre du Japon. — Camphora.

Le Camphre est donné parle Camphora of fc inarum C,. G.Nces ( Laurus Camphora L.). Cet arbre est répandu dans l’Asie orientale, depuis la Gochinchine et les provinces méridionales de la Chine au sud jusqu’au fleuve Amour, vers le nord. On le trouve également dans les îles placées vis-à-vis de ces parties du eonlincnl : au Japon et à Formose.

Tous les organes de la plante, feuilles, écorce et bois, contiennent l’huile essentielle. De grosses cellules, à parois propres, de forme sphérique, se trouvent répandues dans toutes ces parties; elles renferment l’huile volatile, qu’il s’agit de retirer par la distillation. Pourcela, on emploie d’ordinaire lebois de l’arbre, tant de la racine que de la tige. On coupe ce bois en éclats qu’on met avec de l’eau dans de grandes cucurbites de fer, surmontées de chapiteaux on terre, garnis de paille de riz. On distille à une chaleur modérée : le camphre se volatilise et vient se condenser sur la paille. On le ramasse et on l’envoie le plus souvent en Europe à cet état : c’est ce qu’on appelle le Camphre brut. Il est alors sous la forme de grains grisAlres, d’aspect plus ou moins sale, agglomérés entre eux, comme huileux et mêlés d’impuretés.

Dans nos pharmacies et dans le commerce ordinaire, le Camphre arrive seulement après avoir subi l’opération du raffinage. Pour cela, on met le Camphre dans des malras à fond plat, qu’on recouvre complètement de sable. On chauffe jus-

HUILES ESSENTIELLES. — LAURINÉES.

qu’à ce que le Camphre entre doucement en ébullition; on continue pendant quelque temps, puis on retire le sable qui recouvre le haut du malras ; on refroidit graduellement, de manière à ce que le camphre s’y condense et donne de larges pains de 2 kilogrammes à 2 kilog. et demi, concavo-convexeset percés en leur milieu.

A cet état, le Camphre est un corps solide, blanc, translucide, de structure grenue ou cristalline, parcouru intérieurement de nombreuses fentes. Il est élastique et ne peut être pulvérisé que lorsqu’on l’a humecté avec un peu d’alcool. Sa densité est égale à celle de l’eau depuis la température de 0° jusqu’à celle de 6° ; elle est un peu plus faible vers 12°, et représentée par le nombre 0,992. Le corps fond à 175° et bout à 204°, sans se décomposer; mais il donne des vapeurs à la température ordinaire, ce qui explique que lorsqu'on en met un petit morceau à la surface de l’eau, il subit un mouvement de rotation particulier. Ses dissolutions dévient vers la droite le plan de polarisation. Il a une réaction neutre au papier de tournesol. Son odeur est tout à fait particulière et caractéristique ; sa saveur, chaude et aromatique; il laisse dans la bouche une impression de fraîcheur ; son odeur diminue ou s’efface complètement quand on le mélange avec certaines résines et gommes-résines, ou avec le musc.

Le Camphre est soluble dans 1,000 parties d’eau, et en toutes proportions dans les alcools eL les éthers, le chloroforme, le sulfure de carbone, les huiles grasses et essentielles. — Il brûle en donnant une llammc fuligineuse. Lorsqu’on le traite par l’acide azotique, il s’oxyde et donne de l’acide camphorique. Chauffé avec de 1 acide phosphorique anhydre, ou encore avec du chlorure de zinc, il donne un hydrocarbure C2°lllfi, qu’on a nommé Cymène, et qui est contenu ou peut se produire dans un certain nombre d’huiles essentielles.

Au point de vue doses fonctions chimiques, le Camphre doit être regardé comme un aldéhyde, dont l’alcool serait un eam-

CAMPIIR E.

plire particulier, que nous allons rapidement étudier sous le noill de Camphre de Bornéo.

Cette essence, qui est extrêmement rare, etne vient pas dans le commerce, mais se trouve seulement dans les collections, est produite par le Dn/obalanops Camphora Colebrooke, grand arbre de la famille des Diptérocarpées, voisine des Tiliacécs. Les parties jeunes de l’arbre contiennent un produit liquide, qui peut s’en écouler par des incisions ou plutôt par des orifices pénétrant profondément le tissu, qui donne V huile de camphre de Bornéo ; mais les parties vieilles contiennent, soit sous l’écorce, soit plus souvent dans les couches intérieures et centrales, des morceaux d’un camphre solide, qui constituent le Bornéol, Camphre de Bornéo OU de Sumatra. Le nom qil 011 donne à ces produits rappelle leur origine géographique; c’est en elfet h Bornéo, et plus encore sur les côtes nord-est de Sumatra, qu'on retire ces produits des Dryobalanops, qui y croissent spontanément. La petite quantité de ces essences qu’on obtient est en grande partie consommée sur place, ou vendue fort cher en Chine et au Japon. C’est ce qui explique leur rareté en Europe.

Le Camphre de Bornéo est en morceaux solides, blancs, transparents, ou un peu nébuleux; il est plus dur et moins volatil que le Camphre du Japon. Il fond à 198° et bout à ül:20; il dévie vers la droite le plan de polarisation. Son odeur rappelle celle du Camphre du Japon, mais avec un parfum de patchouli. — Il est insoluble dans l’eau qu’il surnage, soluble dans l’alcool et dans l’éther.

Distillé avec l’acide phosphorique anhydre, le Bornéol donne un hydrocarbure, le Bornéène , qui a la même composition que l’essence de térébenthine, et que nous avons retrouvé dans quelques essences, et particulièrement dans celle de Valériane. Cet hydrocarbure est plus léger que l’eau et bout à 160°. — Il forme la plus grande partie de l’essence qui dé-

33* HUILES ESSENTIELLES. — LAURIXÉES.

coule des parLies jeunes du Dryobalanops Carnphora Coleb., et que nous avons appelée Huile de Camphre de Bornéo.

I/aeide sulfurique fait passer le Camphre de Bornéo à l'état de Camphre ordinaire. Nous avons déjà indiqué les rapports qui existent entre ces deux corps : l’un étant l’aldéhyde de l’autre, qui doit rentrer dans le groupe des alcools.

MYRISTICÉES.

LesMyristicéesne donnent à la matière médicale que les muscades enveloppées de leur faux arille, que l'on nomme Macis. Nous avons décrit les uns et les autres (lom. Ier, pag. 409 et il o), et nous avons indiqué les grosses cellules remplies d’huile essentielle, qu’on trouve dans les deux produits. On extrait ces essences, soit par distillation avec l’eau, soit par des procédés un peu plus complexes, et on obtient ainsi deux huiles essentielles très-semblables, que quelques auteurs ont même regardées comme identiques. — Le macis donne une plus grande quantité de cette essence; c’est elle que nous décrirons particulièrement.

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