ROCOU
Orelhma. Orleana.
Le Rocou est retirée des fruits du Bixa Orellann L., arbuste originaire de l’Amérique tropicale, que la culture a transporté dans les Indes orientales. Cette plante porte des fruits capsulaires, cordiformes, comprimés, hérissés de gros poils mous, qui s’ouvrent en deux valves, en laissant paraître une série de graines attachées sur des placentas pariétaux, et enveloppées d’une masse gluante, d’un rouge vif, qui constitue le Rocou. Pour obtenir la matière colorante, on broie les graines dans des auges en bois ; on les délaye dans l’eau chaude et on jette sur un filtre. L’eau qui passe lient en suspension la matière colorante et une certaine quantité de débris. On laisse reposer la liqueur et s’établir la fermentation. Puis on décante le liquide, on réunit la pâte qui se trouve au fond du réservoir et on en fait des masses plus ou moins grosses, qu’on fait sécher à l’ombre. On les enveloppe le plus souvent dans des feuilles de bananiers ou de balisiers, cl on les livre ainsi au commerce. — 11 est préférable, au lieu de broyer les graines, de les laver directement et d’obtenir ainsi un suc, qui est presque complètement débarrassé de substances étrangères.
Tel qu’il se trouve dans nos droguiers, le Rocou est en masses de grosseurs variées. La matière en elle-même a une couleur rouge colcothar. Lorsqu’elle est sèche, elle est dure, et d’odeur peu marquée; mais dans le commerce, on a l’habitude de la maintenir humide en l’humectant de temps en temps avec de l’urine. Elle se ramollit alors, prend une odeur désagréable et présente çà et là sur sa masse colorée des petits points blancs
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brillants, qui sont dus à l’efflorescence de sels ammoniacaux.
Le Rocou laisse sur le papier une trace d’une couleur jaune-rouge. 11 ne se fond pas par la chaleur ; il brûle en donnant une flamme éclairante, beaucoup de fumée , et laissant un charbon léger et une certaine quantité de cendres. Il n’est que très-peu soluble dans l’eau et ne communique à ce liquide qu’une teinte d’un jaune pâle. 11 est au contraire presque complètement soluble dans l’alcool et dans l’éther, auxquels il donne une belle coloration rouge orange. Les alcalis caustiques et carbonalés le dissolvent aussi et donnent des liqueurs d'un rouge foncé, d’où les acides précipitent la substance sous forme de flocons colorés, très-divisés. Les huiles grasses, l’essence de térébenthine prennent la môme couleur rouge foncé. L’acide sulfurique lui donne d’abord une teinte bleu indigo, puis verte et enfin violette.
On a distingué dans le commerce diverses sortes de Rocou :
1° Le Ilocoii de Cayenne. 11 venait autrefois en pains rectangulaires, de 1 â 4 kilogrammes, enveloppés de feuilles de Balisiers. Depuis quelque temps il arrive en masses d’une pâte uniforme, tendre, d’une couleur jaune rouge, et d’une odeur urine use.
2° Le Rocou des Antilles ou de la Guadeloupe rappelle le précédent par son aspect général et son odeur. Mais il est moins homogène, plus granuleux et parsemé de nombreux points de couleur noire.
3° Le Rocou du Rrésil est d’une consistance de pâte molle ; il est coloré en brun-rouge et a une odeur agréable. On l’envoie d’ordinaire dans des tonneaux.
4° Le Rocou des Jades orientalales est en gâteaux minces, secs, d’un rouge foncé.
On a aussi décrit un Rocou en rouleaux , qui se présente en cylindres, pesant parfois jusqu’à 300 grammes, secs, dur», d’un rouge foncé à l’extérieur, clair à l’intérieur.