‹ Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétaleChapitre 45 sur 331 · RD. ÉCORCE DE GAROU · texte numérisé non relu

RD. ÉCORCE DE GAROU

Écorce de Sain-Bois. Cortex Gnidii.

I/Kcorce «le Garou, que l'on emploie dans les pharmacies françaises, est donnée par le Daphné Gnidium, L, sous-arbrisseau de la région méditerranéenne.

Ces écorces nous arrivent dans les pharmacies, desséchées, en longs morceaux, larges de 2 à 3 centimètres, repliés sureuxmèmes, de manière à montrer l’écorce intérieure, et arrangés soit en bottes, soit en petits paquets. La surface extérieure est couverte d’un périderme demi -transparent, d’un gris-brun, devenant gris foncé par la dessiccation, marqué assez régulièrement de distance en distance de petites taches blanchâtres, tuberculeuses. La face interne est unie, luisante, d’un jaune uni verdâtre ou paille assez caractéristique. L’écorce est très-résistante, et montre de nombreuses fibres étendues longitudinalement , si bien qu’on ne la peut déchirer dans le sens transversal, tandis qu’on en sépare assez facilement les éléments dans le sens de la longueur. Un certain nombre de ces fibres lustrées se détachent facilement et pénètrent dans l’épiderme en causant une vive démangeaison.

La structure, telle qu’on la voit au microscope, est la suivante : (fg. 287). Une partie extérieure, ou subéreuse s, formée d’un certain nombre de rangées de cellules, aplaties de dehors en dedans, dont les extérieures colorées en brun. Au-dessous, des cellules p à parois un peu plus épaisses étendues tangentiellement et contenant d’ordinaire de la chlorophylle. Celte couche passe insensiblement à la zone interne ou libérienne de l’écorce, caractérisée parla présence de nombreuses tibies, formées de cellules allongées, en biseau. De ces cellules, les unes forment dos groupes bien isolés fl, qu’on voit facilement sous le micros-

6* UES ÉCORCES. — TIIYMÉLÉES.

<‘ope, cl qu’on- reconnaît à la transparence presque complète <le leurs parois épaisses; elles sont souvent disposées en cercle discontinu, au point de jonction de l’écorce moyenne et interne. D’autres sont en couches serrées, qui, alternant avec un parenchyme cortical, et coupées par des rayons médullaires à une seule rangée de cellules, forment le tissu fondamental de la couche libérienne ; enfin, on aperçoit çà et là, surtout vers la partie interne

Fig. 287.

Fig. 288.

de l’écorce, de très-grosses libres cl, qui sur la coupe transversale, montrent une forme arrondie ou quadrangulaire, ayant au milieu une cavité punctiforme ou légèrement étendue; leurs parois sont transparentes et ont l’apparence de cristal.

L’écorce a une odeur peu marquée. La saveur est acre et corrosive . Elle est fortement épispastique. Elle contient une matière âcre, qui renferme le principe actif de la substance et

Fig» 286. — Coupe transversale d’une tige de Garou.

Fig . 287. — Coupe transversale de l’écorce et du bois de Garou. — s} suber. — j>, parenchyme de l’écorce moyenne. — /, liber. — //, faisceaux libériens. — c/, cellules libériennes isolées. — I/O, couches annuelles du bois. — m, moelle.

CASCAItlLLE.

une substance cristallisable, qu’on a nommé Daphnine et qui peut se dédoubler en glucose et daphnétine. Cette dernière substance est isomère de Yœsculine.

L’écorce de- Garou arrive quelquefois avec la tige entière, d’où il faut la détacher pour l’usage. Le bois qu’elle enveloppe, montre sur la coupe transversale une apparence assez caractérisée, que représente la figure 286. Les lignes concentriques, qui répondent à la séparation des couches annuelles y sont coupées par des lignes sinueuses et comme rameuses, qui s’étendent du centre vers la circonférence. Ces lignes tiennent, non pas à la disposition des rayons médullaires, qui vont en ligne droite du centre à la circonférence, mais il l’agencement des éléments ligneux et vasculaires du tissu même du bois.

L’Écorce du Garou est remplacée, dans certaines Pharmacopées des régions septentrionales, par celle du Bois Gentil ou Daphné Mezereum L. ( Cortex Mezerei). Cette écorce est grisâtre à l’extérieur, marquée de petites élevures, en général plus espacées que celles de l’Écorce de Garou. Le périderme se détache assez facilement de la couche fibreuse, jaunâtre, sa Linée, qui ne donne pas les libres prurientes du Garou; la face interne est d’un blanc jaunâtre. La structure rappelle beaucoup celle du Garou; on n’y voit pas cependant les grosses libres isolées, si remarquables dans les couches libériennes internes du Daphné Gnidium L.

EUPHGRBIACÉES.

3t. CASCARILLE.

Écorce de Cascarille ou de Caclirille. Cortex Cascarillæ. Cortex Eluiheriæ.

La Cascarille est l'écorce d’une espèce de Croton, probablement le Croton Elutheria Bennett, et peut-être aussi des Croton Sloanei Bennett et Croton lineare .lacq. La Cascarille, qui venait jadis dans le commerce, était probablement produite

Plakcmon. — Drogues simples, t. U. 3

DES ECORCES. — EUPIIORBIACÉES.

fi fi

par le Crolon Cascarüla Bennett; mais d’après les observations de M. Daniel], celte espece ne produirait plus l’écorce actuelle. Quoi (ju’il en soit de ces diverses origines, l'écorce nous vient des Antilles, des îles Lucayes et des parties voisines de l’Amérique.

Elle est en fragments de 3 à S centimètres de longueur, roulés en cylindres, d’une grosseur variant depuis celle d’une

plume àécrire jusqu’à celle du doigt. La surface extérieure est couverte d’un périderme blanchâtre , fendillé transversalement et longitudinalement. Cette portion se détache fréquemment et laisse appar,a ,m rm 1 "i raître un tissu brunâ-

Fig. 289. Ire ou couleur choco¬

lat. La face interne est assez unie, finement striée; la cassure est granuleuse vers l'extérieur; nette, compacte, très-finement rayonnée vers l’intérieur.

Sur la coupe transversale (fi g. 1289), la Oascarille a une épaisseur de 2 à 3 millimètres et montre de l’extérieur à l’intérieur :

la zone subéreuse grisâtre, puis une zone cellulaire marbrée de blanc et de brun; enfin la partie libérienne, plus épaisse et plus développée, marquée de stries rayonnantes, et formant des sortes de processus cunéiformes qui pénètrent dans les couches ex Lé ri eu res.

L’examen microscopique fait voir :

lu Dans le suber s, des cellules appliquées les unes contre les autres.

FUj. 289. — Coupe transversale tic la Cascarillc montrant les détails de la structure. — s, suber. — p, parenchyme cortical. — /, zone libérienne. — rm, rayons médullaires.

ECORCE DE COPALCHI.

2° Dans la couche moyenne p, un parenchyme cellulaire, formé de cellules assez grandes, remplies soit de grains d’amidon, soit d’une huile essentielle de couleur jaunâtre, soit de grosses larmes de matière résineuse et de substance colorante brunâtre. On voit aussi çà et 1;\ quelques cristaux d’oxalate de chaux.

3° Cette couche moyenne pénètre entre les processus cunéiformes de la couche interne ou libérienne / dans laquelle on remarque les éléments suivants. Comme fond du tissu, un parenchyme de cellules, très-légèrement épaissies dans leurs parois, arrondies sur la coupe transversale, allongées mais non terminées en biseau sur la coupe longitudinale. Au milieu de ce parenchyme, isolées ou groupées 2 par 2 ou plus rarement plusieurs ensemble, de vraies fibres libériennes à parois épaisses, rétrécies en biseau à leur extrémité. Enfin, au milieu de ce tissu libérien, très-régulièrement disposés, des rayons médullaires rm à une seule rangée de cellules, en général légèrement étendues dans le sens du rayon et remplies d’un gros cristal en rosette d’oxalate de chaux, qui leur donne une apparence spéciale et les fait facilement distinguer du resLe du tissu. A part ces cristaux, on trouve du reste, dans toute la zone libérienne, des grains de fécule, et les nombreuses larmes de résine, que nous avons indiquée dans la couche cellulaire moyenne.

La Cascarille a une odeur aromatique particulière, une saveur forte, également aromatique, âcre et amère. Elle contient une h uile particulière, d’odeur un peu camphrée; une substance résineuse, mélange d’une résine acide et d’une résine neutre ; enfin une matière amère ( Cascarilhne ) cristallisant en aiguilles incolores.

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