V. — DES LUMIÈRES ARTIFICIELLES
Les lumières artificielles sont utilisées pour la reproduction des intérieurs obscurs ou très sombres, pour celle des souterrains, des grottes, etc.; et aussi, la nuit, pour le portrait et la photographie des scènes de théâtre.
Les modes ordinaires d'éclairage, bougies, lampes à huile ou à pétrole, becs de gaz, exigent des durées d'exposition extrêmement prolongées.
En admettant que la source de lumière soit placée à i™ de distance du sujet à reproduire, et en prenant pour point de compact) Ceux de nos lecteurs qui ignorent la signification de ces mots l'apprendront un peu plus loin {voir p. 53).
De C. d*E. 3
:î4 illIAPITRE II.
raison Tiihilé de la Table II, les coefficients de pose sont les suivants :
Bougie ordinaiiv 18000
Lampe à huile ordinaire ou lampe à pétrole
à mèche rond î 225o
Hec de gaz papillon 1 000
Lampe à incandescence d'Edison ou de Swan
alimentée par 1 4 éléments de Grove joooo
Lampe à incandescence d'Edison ou de Swan
alimentée par 10 éléments 47^0
Lampe à incandescence d'Edison ou de Swan
alimentée par 2f\ éléments iGoo
On devrait donc poser à la lumière d'un bec de gaz mille fois plus que par plein soleil, à midi, sous la latitude de Paris.
Sauf dans des cas exceptionnels, il n'est guère possible de tirer parti d'aussi faibles éclairages.
Aussi a-t-on généralement recours soit à la lumière oxjhydrique, soit à celle d'une lampe à arc, soit à celle du magnésium.
Les coefficients soçit alors :
Lumière oxyhydrique ordinaire 5o
Lampe électrique à arc , 36
Fil de magnésium plat de o'"'", 3 de largeur 14
On ne doit pas oublier que l'intensité de l'éclairage est toujours en raison inverse du carré de la distance qui sépare le sujet de la source lumineuse. Si donc, au lieu de la distance de 1™ que nous avons prise pour base, on avait affaire à celle de 4™? par exemple, on poserait seize fois plus, et ainsi de suite.
La poudre de magnésium, fort en vogue en ce moment, fournit un éclairage extrêmement actinique et d'un grand éclat. Avec les plaques isochromatiques, une lumière-éclair jaune, produite par la combustion d'un mélange de i partie de cette poudre et de 5 à () parties d'azotate de soude anhydre, donne des résultats très harmonieux pour la photographie des intérieurs ou des objets à couleurs sombres. Avec les plaques ordinaires, on emploie la poudre de magnésium pure, i^^ de cette substance, brûlé, par insufflation dans une flamme, à 3"* du modèle, permet d'obtenir facilement,
DE LA LUMIKUE. 3.Ï
avec un objectif diaphragmé au onzième de sa longueur focale, un portrait instantané.
Si nous avons cité les chiffres ci-dessus, c'est uniquement à titre de renseignement; car, les diverses lumières artificielles variant à rinfini comme intensité et comme actinisme, il serait oiseux de chercher à déterminer a priori le temps de pose qu'elles exigent; dans chaque cas particulier, une expérience préalable en apprendra plus que toutes les théories et tous les calculs.
Nous en avons fini avec le premier et le plus important des facteurs du temps de pose : l'intensité de Téclairage.
Nous avons maintenant à étudier l'action exercée par le sujet à reproduire.
La durée d'exposition varie suivant V éclat actinique du sujet, et cet éclat dépend :
I® De la nature de la lumière réfléchie par le sujet, c'est-à-dire de sa couleur;
2° De la distance plus ou moins grande qui le sépare de l'appareil photographique.
Voyons d'abord la couleur.
Les corps non lumineux par eux-mêmes ne deviennent visibles qu'à la condition de pouvoir renvoyer la lumière qu'ils reçoiveni d'une source éclairante.
Or, nous l'avons rappelé, tous les corps ne se comportent pas de même à cet égard, et leur couleur résulte de la manière dont ils agissent sur les divers rayons dont la lumière est constituée. Un corps blanc est celui qui réfléchit de même tous les rayons du spectre; un corps /20i/ les absorbe tous; un corps bleu réfléchit les rayons bleus et absorbe les autres, etc.
On sait, en outre, que tous les rayons colorés n'ont pas la même action photographique et que, si les rayons bleus, entre autres, sont les plus actifs sur la plaque sensible, les rayons rouges, au contraire, sont de beaucoup les moins énergiques.
De là cette conséquence : des corps diversement colorés nim-
pressionnent pas au même degré la plaque sensible dans le même laps de temps.
En un mot. toutes les couleurs ne s'impriment pas également vite.
La pose doit donc être réglée selon la couleur du sujet.
Pour la reproduction d'un objet d'une seule et même couleur (tel qu'un meuble en bois sculpté), la solution du problème est simple : il suffit de la demander à l'expérience.
La pratique, en effet, a déterminé la durée proportionnelle de la pose à employer suivant les différentes colorations.
Voici les chiffres qu'elle a consacrés.
Remarque essentielle : ils ont été établis, non pas dans le but de fournir une impression identique avec les diverses teintes, mais, au contraire, en vue de rendre sur l'épreuve la valeur relative de leur éclat lumineux : tous les objets ne seront pas reproduits dans le même ton; un objet blanc viendra très clair, un objet noir, très foncé, un objet vert, à demi foncé^ etc.
Gomme les chiffres déjà donnés, ceux-ci ne sont que des coefficients, nous les appellerons coefficients d'éclat intrinsèque.
GllAI'ITUK in.
Taule IV. Coefficients d'éclat intrinsèque pour sujets monochromes.
Coefficients de pose selon la couleur du sujet à reproduire.
1» Blanc et noir, surface plalr 20
2" Blanc, ronde bosse 3o
3" Gris clair 60
4° Gris foncé 120
5" Bleu clair 3o
6" Bleu foncé 60
7» Violet clair 3o
8" Violet foncé 60
O*' Jaune clair 120
10" Jaune foncé 33o
1 1" Vert clair 1 20
12" Vert foncé 3oo
13" Brun clair i3o
14" Brun foncé 3oo
15" Rouge clair i5o
16" Rouge foncé 33o
17" Noir 33()
Le n" 1 de la présenle Table correspond au n* 26 «le la Table V, luiillé des deux Tables éianl la même {•voir p. 4-1).
L'unité de la Table ci-dessus est la même que celle de la Table V que Ton trouvera plus loin; le sujet n"* 1 de la Table IV correspondant au sujet n° 26 de la Table V, la durée d'exposition sera la même pour ces deux numéros.
Par tout autre éclairage que le plein soleil de juin, à midi, sous la latitude de Paris, les chiffres de la Table IV devront être multipliés par un des coefficients lumineux de la Table II ou de la Table III, ainsi que par les autres coefficients de pose. Nous expliquerons ultérieurement comment ce calcul doit être effectué.
Retenons seulement deux observations importantes :
1° Le pouvoir photogénique des sujets à couleur peu aclinîque, comme le jaune, le rouge ou le noir, s'affaiblit plus rapidement que l'intensité de la source lumineuse; autrement dit, le temps de pose s'accroît en plus grande proportion que l'éclairage ne
:vj
diminue. Il faut donc, pour ces sortes de sujets, et par les lumières faibles, poser au delà de la durée indiquée par la combinaison des coefficients et la dépasser d'autant plus : i"que l'éclairage est plus faible; 2® que la couleur est moins actinique.
2° Les chiffres de la Table ci-dessus sont applicables aux plaques ordinaires au gélatinobromure; ils ne sauraient être utilisés avec les plaques isochromatiques.
Le cas que nous venons d'envisager est une exception assez rare dans la photographie d'amateur.
Presque toujours, à Textérieur surtour, le sujet à reproduire comprend plusieurs couleurs différentes.
Il devient alors impossible de donner à chacune d'elles son temps de pose exact, et l'on doit forcément s'en tenir à une sorte de moyenne.
Dans ce cas, la photographie ordinaire est impuissante à fournir une image où les valeurs des divers tons soient exactement rendues. Le jaune, la plus brillante des couleurs, mais aussi l'une des moins actiniques, vient en noir, comme le rouge; le bleu, sombre pour l'œil, mais actif pour la plaque, vient en blanc; le vert est rendu par une teinte beaucoup trop foncée; cette teinte serait même tout à fait noire, si les objets verts ne réfléchissaient pas une certaine quantité de lumière blanche qui leur vient des corps environnants. (Le jaune et le rouge lui-même sont souvent dans ce cas.)
Les procédés orthochromatiques ont pour but la suppression de ce grave défaut.
Nous y reviendrons.
Avec les plaques ordinaires, comment devra-l-on régler la pose en cas de couleurs multiples?
En prenant une sorte de moyenne, avons-nous dit. 11 faut toutefois se souvenir que l'effet produit par un rayon coloré sur la plaque sensible n'est pas indéfiniment proportionnel à la durée de sou action; au delà d'une certaine limite, cette action s'arrête, puis se renverse, et l'impression première tend à se détruire.
De là ce principe que, plus un sujet présente d^ oppositions,
40 CHAPITRK m.
soit dans les couleurs, soit dans V éclairage, plus la pose doit i^tre prolongée. •
On arrive de la sorte à diminuer Tintensité des noirs du négatif, tout en permettant aux parties antiphotogéniques de l^original de s'imprimer davantage.
Il suffît de régler la durée d'exposition de manière à atteindre la limite au delà de laquelle la réduction de tous les points de la plaque cesse d'être proportionnelle aux temps de pose; les grandes lumières arrêtent alors leur action, tandis que les ombres continuent à impressionner la couche sensible, et le cliché s'harmonise.
C'est ainsi qu'on parvient à rendre la valeur relative des lumières et des ombres. Il faut seulement veiller à arrêter l'exposition au moment où les parties de l'image les plus surexposées commenceraient à se voiler, et là gît la difficulté.
En sens inverse, et toujours par le même motif, un sujet dépourvu d'oppositions ou insuffisaipment nuancé demande une pose d'autant plus réduite qu'il est plus uniforme.
Venons-en au second facteur : la distance qui sépare de l'appareil photographique le sujet à reproduire.
Son importance ne saurait être négligée dès qu'il s'agit de photographies à l'extérieur, de paysages notamment.
Plus la grandeur relative de V image diminue, c'est-àdire plus le sujet à photographier présente de surface, les dimensions de V image restant les mêmes, plus V impression est rapide.
Donc, plus le sujet est éloigné, moins il faut poser.
Et cela, indépendamment de toute variation dans la longueur focale de l'objectif ( * ).
Il n'y a cependant aucune proportionnalité mathématique entre la dimension de l'image et l'énergie de l'impression lumineuse; et il ne faudrait pas s'imaginer, comme l'ont fait certains auteurs, que pour un même sujet, reproduit par un même objectif, à une image d'une surface moitié moindre correspond toujours une action lumineuse deux fois plus grande.
(*) Voir plus loin p. 5o.
Ce serait absolument inexact.
Si, d'une part, la quantité de rajons lumineux reçue par l'objectif s'accroît sur chaque point de l'image proportionnellement à la réduction de surface de celle-ci, d'autre part, les rayons réfléchis par le sujet à reproduire, dans leur trajet pour atteindre l'appareil, s'afi^aiblissent en raison inverse du carré de la distance; une image quatre fois plus petite envoie bien seize fois plus de lumière, mais cette lumière parvient à la plaque seize fois plus faible : les deux effets se compensent.
Toutefois, s'il n'y a pas de proportionnalité, il existe une différence très sensible : à toute diminution importante dans la grandeur relative de l'image correspond un certain accroissement dans l'action sur la plaque sensible. C'est un fait d'expérience.
Ce phénomène doit être attribué à la lumière, blanche ou bleue, qui est diffusée par la couche d'air interposée entre le sujet et l'appareil. Nous avons signalé cette propriété de la vapeur d'eau et des poussières en suspension dans l'atmosphère de réfléchir les rayons blancs et bleus de la lumière solaire; il est aisé de comprendre que plus la couche d'air interposée est épaisse, plus la quantité de lumière réfléchie par le milieu devient considérable. C'est elle qui, créant là perspective aérienne, estompe les couleurs et les ombres des objets éloignés et les noie à l'horizon dans une teinte vaporeuse et bleue. Cette lumière, très actinique, vient s'ajouter à la lumière réfléchie par le sujet. De là l'effet observé.
La distance du sujet à l'appareil, lorsqu'elle devient faible, exerce, sur la durée de la pose, une influence d'une autre nature, en entraînant un accroissement dans la longueur focale de l'objectif. Mais ce point de vue spécial relève des facteurs optiques : nous l'étudierons au Chapitre IV.
L'application des principes ci-dessus, contrôlée par de nombreuses expériences, a permis de se rendre compte de la durée relative de la pose suivant les différents sujets.
Voici, à cet égard, la Table dont nous faisons usage depuis plusieurs années. Elle embrasse la grande majorité des cas qui peuvent se présenter.
Comme on pourra le remarquer, pour certains sujets {ceux en lettres italiques), le coefficient donné n'a pas exclusivement trait auK facteurs coloration et distance et tient compte aussi d'un certain éclairage, différent de l'éclairage type. Cette confusion, blâmable au point de vue théorique, a en pratique de tels avantages que nous n'avons pas cru devoir l'éviter. ( Voir les observations qui font suite à la Table.)
Table V.
Coefficients d'éclat intrinsèque pour sujets polychromes.
Coefficients de pose selon la coloration et la distance du sujet à reproduire.
1" Nuages.
2° Mer. Neige < •>.
W" Bateaux en mer. Glaciers avec rochers 6
\ h" Lointains et vues panoramiques, sans masses de verdure 4
! 5° » » avec masses de verdure claire . (i
6" ') M » foncée. 8
7° Vues de verdure avec nappe d'eau lo
I 8" » rapprochée, seule 20
I 9° Bords de rivières ombragés [\o
{{Y" Dessous de bois à couvert léger, très éclairé 4»
! 11° » » moins éclairé 80
12" » à couvert épais 120
'13° » » avec masses de verdure foncée
ou troncs foncés à l'avant-plan 3oo
14" Fonds de ravins ombragés 3o<)
I 1 5* Excavations de rochers 80
16" Monuments blancs et vues avec plans rapprochés bien éclairés.. 8
17" Monuments sombres et vues avec plans rapprochés peu éclairés. ii
I 18" Détails d'architecture, pierre claire 20
I 19" » » pierre sombre •. . . l\o
' 20" Cours intérieures en partie dans Tombre l\o
I 21" Sujets animés. Nature morte 20 j
22" Groupes et portraits^ en pied, à l'ombre 80 1
23" » » n » très près d'une fenêtre
, ou sous un abri . . .• 160 ,
, 2i" Groupes et portraits, en pied, à l'atelier 2iio 1
25" » » » dans un salon ordinaire 1 3oo
26" Reproductions de traits noirs sur fond blanc, cartes ou gravures. 20
27" » de photographies 3o
I 28" Intérieurs d'appartements bien éclairés 800
29° » » sombres 2400
30° Intérieur d 'église bien éclairé 1 2000
1° La pose nécessaire à la reproduction d'uno vue de nuaijreii, par plein soleil, a midi, le ai Juin, sous la lalilude de Pails, fst prise pour unité.
1° Le n" 26 de la Table ci-dessus correspond an n" 1 de la Table IV, l'unité des deux Tables étant la même ('voir p. .18).
ii cnAi'iTRE III.
Observallons à noter :
1° Comme il sera expliqué plus loin, les chiffres de la Table ri-dessus devront être multipliés par les autres coefficients de pose, et notamment, selon les variations de la lumière extérieure, par les coefficients de la Table II ou de la Table III.
2° Par exception, pour les /i°* 22 à 25 et 28 à 30, groupes, portraits et intérieurs (sujets en lettres italiques), V éclairage type, au lieu d'être le plein soleil, équivaut à V éclairage B de la Table II : ciel bleu sans soleil sur le sujet.
De là, pour ces numéros, une double conséquence : i° les <'oefficients de la Table V ne doivent jamais être multipliés par les chiffres des colonnes A de la Table II; 2** ils doivent être multipliés, suivant la date, l'heure et l'état du ciel, non par les chiffrées des colonnes B, C ou D de la Table II, mais par I de ces chiffres (le nombre 4 étant l'unité de Téclairage B).
Exemples : le 20 avril, à 4 heures du soir, par ciel bleu, au lieu de multiplier les coefficients de la Table V (n"« 22 à 25 et 28 à 30) par 6, on les multipliera par i,5 (J=i,5); à la même date et à la même heure, par ciel très sombre, au lieu de les multiplier par i5, on les multipliera par 8,75 (^ = 3,75); etc.
Pour les groupes et portraits, on pourra éviter ce calcul spécial en utilisant le coefficient n^ 21^ lequel doit être multiplié, comme les autres coefficients de la Table V, par les chiffres de la Table II, sans modifications. Mais alors, si Von n'opère pas en plein air, on devra recourir à la formule de M. Boursault (*).
Pour les reproductions d'intérieurs, l'emploi de la même formule permettra également d'appliquer tels quels les coefficients de la Table II; il suffira de prendre pour coefficient d'éclat intrinsèque, suivant la tonalité plus ou moins sombre de l'intérieur, soit le n° IS, soit le n"* 19 de la Table V (détails d'architecture).
Il va de soi, d'ailleurs, que les coefficients n°* 23 à 25 et 28 à 30 ne peuvent être qu'approximatifs; nous les donnons à titre de simple renseignement.
(') Voir Chap. II, p. 28.
3° Si, au lieu d\tn portrait en pied (n*** 22 à2o), on exécute un portrait en buste, les coefficients devront être doublés, auquel cas il n'y aura pas lieu de se préoccuper de l'influence exercée sur la pose par l'allongemenl de la longueur focale de l'objectif.
4° Si l'un des sujets n^' % 3, 4, 5, 6, 7, 8, 10, H, 12, 13, 16, 17, 18, 19 et 21, tout en étant éclairé par le plein soleil, a de notables parties dans Nombre, doubler les coefficients,
5** Si, dans une vue peu éloignée, il y a de la brume ou un léger brouillard, poser comme pour un lointain.
6^ Moins un sujet présente d'oppositions dans les tons ou de diversité dans les couleurs, moins il Jaut poser. On fera ressortir les différentes valeurs d'un original trop uniforme, si faibles soient-elles : a. en faisant usage de plaques lentes, lesquelles donnent en général plus d'intensité et moins de détails que les plaques extra-rapides; b. en diaphragmant fortement l'objectif; c. en opérant par plein soleil, cet éclairage exagérant les contrastes entre les lumières et les ombres; d, en réduisant la pose; e. enfin, en additionnant de bromure le révélateur et en développant la plaque comme si elle était surexposée.
7° En sens inverse, plus un sujet présente d'oppositions, plus la pose doit être prolongée. C'est le cas pour les vues de lointains avec premiers plans, pour les monuments clairs flanqués de verdure, pour les eaux avec feuillages, cascades, etc. Ces sortes de sujets sont difficiles à reproduire : il faut poser assez pour obtenir des détails dans les parties sombres ou peu photogéniques et cependant ne pas voiler les parties les plus éclairées. Si l'on peut saisir un moment où les premiers plans et les verdures sont fortement éclairés, les lointains, monuments et masses d'eau restant dans l'ombre, les difficultés sont de beaucoup atténuées; elles s'accroissent au contraire, si c'est l'inverse qui se produit.
Les prescriptions à observer sont les suivantes : a. utiliser de préférence des plaques extra-rapides; b. diaphragmer le moins possible; c. éviter le plein soleil; d. prolonger la pose; e. révéler le cliché avec lenteur et en faisant usage, au début du dévelop-
if» CllAlMTllE III. — DU SUJET.
peinent, d'un bain très peu énergique qu'on laissera agir sans balancer la cuvette.
Un bon procédé, en pareil cas, consiste à interposer, sur le trajet des rayons lumineux, un verre verl, travaillé optiquement, que Ton adapte au parasoleil de Tobjectif. On pose alors sans se préoccuper des parties les plus photogéniques du sujet; leur impression est retardée parTélimination des rayons bleus qui ne peuvent traverser le verre vert et par conséquent agir sur la plaque. Et rimage gagne en douceur. Mais la durée de l'exposition s'accroît beaucoup; avec un verre vert, il faut poser au moins vingt fois plus que si Ton n'a pas recours à ce correctif ( • ).
Dans cet ordre d'idées, il est préférable de se servir de plaques isochromatiques avec écran jaune; leur emploi est même indispensable pour la reproduction des tableaux et des aquarelles. C'est pour ce motif que ces sujets ne figurent pas sur notre Table. Nous avons déjà dit que nous réservions pour un paragraphe spécial la question des plaques isochromatiques.
( ' ) Certains opticiens affirineot sur leurs Catalogues que l'emploi du verre vert n'augmente en rien la durée de la pose en ce qui concerne les verdures ; c'esl une erreur.
DE L'OBJECTIF
Nous voici parvenus aux facteurs optiques.
Ils tiennent à la clarté de l'objectif employé.
De même que les ouvertures de nos appartements n'y laissent pas pénétrer toute la lumière extérieure, de même l'objectif, fenêtre de la chambre photographique, n'y admet qu'une partie de la lumière réfléchie par le sujet à reproduire. Et Téclairagc de la paroi de la chambre opposée à la fenêtre dépend essentiellement, dans l'appareil comme dans nos demeures, de l'ouverture plus ou moins grande de la fenêtre, de la distance qui la sépare de la paroi opposée et des verres qui garnissent l'ouverture.
La pose doit donc varier :
1° Selon r ouverture de VohjectiJ ;
2"* Suivant la distance qui sépare Vohjectij de la plaque sensible ;
3° Suivant le nombre et la nature des verres qui constituent i' objectif,