‹ Traité pratique de la détermination du temps de poseChapitre 25 sur 34 · OI · texte numérisé non relu

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Temps

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fractions de seconde, sont Inscrits à la fois en fractions ordinaires et en fractions décimales.

De C. d'E.

Telle est la solution théorique de la première question. Théorique, disons-nous, car en pratique le§ choses sont loin d'être aussi simples.

D'abord, il est à peu près impossible de réaliser avec précision une pose instantanée d'une durée déterminée.

Cette impossibilité tient à plusieurs causes.

En premier lieu, la plupart des obturateurs donnent bien plusieurs vitesses, mais ils ne sont pas gradués en fractions de seconde et ne pourraient l'être sans devenir des instruments beaucoup trop délicats.

En second lieu, en admettant que les diverses vitesses d'un même obturateur soient constantes (ce qui est fort rare), il est bien possible d'en effectuer la mesure; mais la durée du fonctionnement mécanique de l'instrument n'est jamais égale à celle de la pose : cette dernière durée est toujours inférieure à la première.

Cela vient de ce que l'action de la lumière sur la surface sensible ne s'exerce utilement qu'à partir d'un certain degré d'intensité et de ce que, quel que soit le mécanisme, l'objectif ne saurait être démasqué et recouvert d'un seul coup : la lumière y pénètre progressivement et en est chassée de même. Or, elle n'agit pas dès son admission dans la chambre noire, et elle cesse d'agir avant le moment où elle est complètement exclue. Son action commence d'autant plus tôt et finit d'autant plus tard que les rayons sont plus puissants : autrement dit, la durée d'action de la lumière est proportionnelle à son intensité.

Donc, pour une même vitesse mécanique de l'obturateur, le temps de pose est variable : il s'accroît par les lumières vives, se réduit parles lumières faibles, et, dans tous les cas, reste inférieur au laps de temps qui s'écoule entre l'ouverture et la fermeture de l'instrument.

En outre, toujours pour une même vitesse mécanique, il diminue avec la sensibilité des plaques; l'afTaiblissement de cette sensibilité équivaut à l'affaiblissement des rayons lumineux; l'impression en devient plus tardive et moins prolongée.

Ce n'est pas tout. L'emploi des diaphragmes peut aussi influer, à un double point de vue, sur la durée de l'exposition :

1° Tout diaphragme entraînant une diminution dans la quantité de lumière admise, plus le diaphragme est petit, plus la lumière s'atténue, et plus, par conséquent, la durée de son action se trouve réduite.

a'* Dans les obturateurs qui démasquent latéralement l'objectif, les guillotines, par exemple, la présence d'un diaphragme retarde le moment où l'ouverture est démasquée, puisqu'il en réduit le diamètre; il y a là encore une cause d'abréviation de la pose. (Cet effet ne se produit pas avec les appareils qui découvrent et recouvrent l'objectif par le centre.)

La question de la mesure du temps de pose d'un obturateur apparaît donc comme insoluble.

Il ne faudrait cependant pas en conclure qu'il est sans intérêt de connaître la vitesse mécanique de l'instrument dont on a à faire usage.

Cette conclusion serait excessive.

Il faut bien avoir un moyen de comparaison et un point de repère : un moyen de comparaison, car tous les obturateurs n'ont pas une vitesse identique et presque toujours un même obturateur est disposé pour en procurer plusieurs ; un point de repère, car il importe d'être fixé sur la pose minima fournie par un instrument; or, quand on connaît la vitesse mécanique de cet instrument, on sait que le temps de pose utile sera, dans tous les cas, inférieur à cette vitesse.

De plus, l'écart entre la vitesse mécanique et le temps de pose utile n'est jamais bien considérable et reste, en pratique, à peu près constant, l'instantanéité exigeant de brillants éclairages dont l'intensité ne varie que dans d'étroites limites.

Chaque praticien doit donc connaître la durée du fonctionnement de l'appareil dont il dispose (*).

Une méthode très précise, dite du diapason^ permet de déterminer cette durée pour tous les systèmes d'obturateurs.

Nous croyons devoir nous abstenir de la décrire, parce qu'elle

(') On ne peut en rien se fier aux chiffres indiqués par les constructeurs; ils sont généralement inexacts.

esl trop délicate pour être utilisée par les amateurs et exige une installation spéciale.

Nos lecteurs ont d'ailleurs à leur disposition un procédé beaucoup plus simple et qui a le grand avantage de faire connaître, non la vitesse mécanique, mais le temps de pose utile par une lumière équivalente à celle qu'ils emploieront habituellement.

Il consiste à photographier instantanément, avec l'obturateur à graduer, un corps lourd tombant librement dans l'espace. La vitesse de ce corps étant donnée par une loi physique élémentaire, il suffit de connaître : i'' la hauteur de chute et 2® l'espace parcouru par le corps pendant la pose instantanée, pour en déduire facilement la durée de cette dernière.

Voici comment les choses doivent être disposées dans ce but.

A une exposition située en plein soleil, on dresse une planche d'environ 3™ de hauteur. Cette planche doit être peinte en noir ou recouverte d'une étoffe de cette couleur. Sur ce fond sombre, on applique le ruban d'un décamètre, de telle sorte que le zéro des divisions se trouve à l'extrémité supérieure de la planche. On s'est muni, au préalable, d'une petite sphère baillante, aussi lourde que possible. A la rigueur, une bille de billard est suffisante, mais il est préférable d'utiliser une de ces boules nickelées et polies que l'on voit aujourd'hui suspendues dans tous les bazars; on la lestera fortement en la remplissant de plomb de chasse.

L'appareil photographique sera placé à la distance voulue pour que l'image de la planche se peigne en son entier sur le verre dépoli.

Tout étant prêt, un aide tient la sphère brillante à côté du zéro du décamètre.

Au commandement, il la laisse choir librement devant le fond noir et à côté des divisions métriques. Le photographe déclenche alors son obturateur.

Il va de soi que la chute doit être commencée au moment où l'obturateur s'ouvre et durer encore au moment où il se referme.

Pendant cette pose instantanée, et quelque rapide qu'elle ait été, la sphère est tombée d'une certaine quantité.

On constate, en effet, au développement, que son image se traduit sur la plaque, non par un cercle, mais par une traînée plus

OU moins longue. Le cliché reproduit en même temps le ruban du décamètre. On voit donc immédiatement à quelles distances du zéro de l'échelle métrique se trouvent le commencement et la fin de la traînée. On connaît ainsi l'étendue des espaces parcourus par la sphère avant et pendant l'exposition.

Ces données servent à calculer la durée de la pose.

Elle est évidemment égale à la différence entre le temps employé par la sphère à parcourir l'espace qui sépare le point de départ de sa chute de la fin de la traînée et le temps employé à parcourir l'espace qui sépare le même point de départ du commencement de la traînée (* ).

Or, la Table ci-après, dressée pour la latitude de Paris, fait connaître, en regard des espaces parcourus par un corps tombant en chute libre d'une fauteur déterminée, les temps employés à les parcourir.

Il suffit donc de s'y reporter pour trouver immédiatement, au moyen d'une simple soustraction, la durée de l'exposition.

(*) Soient : P la durée de la pose; e l'espace parcouru par la sphère depuis le point de départ de sa chute jusqu'au commencement de la traînée; e' l'espace parcouru depuis le point de départ de sa chute jusqu'à la fin de la traînée; t le temps employé à parcourir l'espacée; i' le temps employée parcourir l'espace e' ; g' l'intensité de la pesanteur au lieu de l'expérience; la formule est

Table XIII.

Table pour la détermination des temps de pose fournis par les obturateurs instantanés.

D'après les espaces parcourus par un corps photographié pendant

sa chute.

ESPACES parcouru».

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