‹ Traité pratique de la détermination du temps de poseChapitre 26 sur 34 · TEMPS · texte numérisé non relu

TEMPS

employés

les parcourir.

CORRECTION pour 0",01.

O , 00 1 66 0,00162 o,ooi58 o,ooi54 o,ooi5o 0,00144 o,ooi4i 0,00189 o , 00 I 36 0,001 34

Un exemple précisera l'emploi de cette Table.

Soit, comme nous l'avons dit, le point de départ de la chute placé ^u o de l'échelle métrique; la fin de la traînée se trouve visà-vis delà division 2"*, 5o et le commencement vis-à-vis de 2"',4o.

D'après la Table, le temps employé à parcourir 2™,5o a été 0% 71 396; celui employé à parcourir 2"',4o a été 0% 69954. Nous retranchons le second chiffre du premier^ le résultat nous donne o%oi44ï- C'est là la durée de la pose; elle est donc d'environ ^^ de seconde.

Les durées de chute ne sont indiquées sur la Table que de o™, o5 en o'^joS, entre o" et i"', et de o", lo en o™, lO, entre i™ et 3™. Si Ton a affaire à des hauteurs intermédiaires, on ajoute, au nombre inscrit sur la Table pour la distance inférieure la plus rapprochée, la correction indiquée pour chaque centimètre en plus.

Le résultat est d'autant plus précis que la sphère se trouve plus éloignée du point de départ de sa chute au moment où commence le fonctionnement de l'obturateur.

Si l'on a fait usage, comme nous l'avons recommandé, d'une boule argentée ou nickelée, le soleil, en se réfléchissant à sa surface, y pique un point brillant qui laisse une trace très nette sur le cliché. Avec une bille de billard, ou tout autre corps à surface terne, l'impression est plus confuse, et l'on peut avoir quelque peine à relever exactement le commencement et la fin de la traînée.

A ce point de vue, on obtient une netteté encore supérieure à celle donnée par la boule argentée en lui substituant un bloc de plomb, sur lequel on fixe un fil de magnésium long de cinq à six centimètres. Le bloc est suspendu par le double intermédiaire du fil de magnésium et d'un fil de fulmi-coton; en mettant le feu à ce dernier, on provoque à la fois la chute du système et l'inflammation instantanée du magnésium. La traînée est alors fournie par l'image d'un point incandescent.

Cette variante offre l'avantage de pouvoir être réalisée sans le secours du soleil et à l'intérieur; il faut seulement, dans ce cas, pour avoir la reproduction du décamètre sur le cliché, en prendre préalablement la photographie posée, avec la plaque qui doit être utilisée, et en ayant soin de ne pas déplacer la chambre noire.

Comme on le voit, le procédé que nous venons de décrire permet de déterminer la durée de la pose, ou des poses, susceptible d'être réalisée avec un obturateur, par une lumière déterminée, et l'éclairage employé pour cette expérience est équivalent à l'éclairage habituellement utilisé en Photographie instantanée.

Si donc on ne saurait prétendre en cette matière à une précision rigoureuse, il n'est cependant pas impossible d'arriver à une approximation très suffisante pour la pratique.

11 en est de même, nous allons le constater, pour les autres éléments du problème.

Car le problème n'est pas résolu par cela seul qu'on a gradué l'obturateur.

On se heurte à d'autres difficultés.

D'abord, le nombre des vitesses fournies par un même instrument est forcément limité; le photographe ne dispose donc que d'un très petit nombre de poses différentes.

Puis, comment appréciera-t-il avec exactitude, au moment opportun, et au milieu de la hâte inséparable de toute opération instantanée, la distance qui sépare de l'appareil le sujet à reproduire?

Comment surtout en évaluera-t-il la vitesse?

Notez que cette vitesse n'est pas toujours uniforme; que souvent des accélérations de mouvement alternent avec des ralentissements ou des points morts; que d'ailleurs il faut distinguer la vitesse réelle de la vitesse apparente, car cette dernière se ralentit si le sujet cesse de se mouvoir perpendiculairement à l'axe de l'objectif : en moyenne, la pose peut être doublée si le déplacement devient oblique, et triplée s'il devient parallèle.

Enfin, un même sujet présente parfois plusieurs vitesses différentes. Les pieds d'un homme en marche se meuvent avec une vitesse supérieure à celle du buste. Les sabots d'un cheval au trot ou au galop sont animés de mouvements bien plus rapides que celui du corps. Les rayons des roues d'une voiture se déplacent ^ tantôt plus vite, tantôt moins vite que cette voiture; plus vite dans les parties supérieures des roues, la vitesse de rotation s'additionnant dans ce cas à la vitesse de translation du véhicule; moins vite dans les parties inférieures, les deux vitesses étant alors dirigées en sens inverse.

A supposer ces obstacles franchis, il faudrait passera un second point de vue, non moins vaste, et il resterait encore à déterminer les conditions dans lesquelles la rapidité de pose nécessaire permet d'obtenir une impression suffisante.

Car la netteté n'est pas tout. 11 faut une image et une image où les demi-teintes soient rendues.

Or, il ne peut être question de procéder ici, comme en matière de photographie ordinaire, au calcul du temps de pose par la combinaison des divers coefficients. Eût-on, par extraordinaire, le loisir de se livrer à cette opération sur le terrain, le mouvement du sujet contraindrait presque toujours à réduire la durée d'exposition normale.

Ces difficultés accumulées paraissent donc insurmontables.

Elles sont bien réelles.

Fort heureusement, la plupart d'entre elles ont surtout un caractère théorique, et la pratique a démontré qu'il était possible d'en triompher et d'arriver à des résultats sinon parfaits, du moins satisfaisants.

Ces enseignements de la pratique, nous avons maintenant à les résumer.

Ils se réduisent à quelques principes très simples.

Premièrement, en matière d'instantanéité, il faut renoncer à déterminer les durées d'exposition avec une précision rigoureuse; ce qui doit être la loi de la photographie ordinaire serait ici une chimère.

L'on doit se souvenir que, si une image n'admet pas des lignes confuses, elle tolère des demi-teintes insuffisamment rendues; qu'il faut, par conséquent, poursuivre avant tout la netteté des contours, et, s'il est nécessaire, lui sacrifier en partie l'harmonie de l'épreuve.

On opérera donc avec la rapidité imposée par le mouvement du sujet, sans chercher, même à ce point de vue, autre chose qu'une approximation, et Ton ne tiendra compte des autres facteurs du temps de pose qu'en seconde ligne et dans la mesure de ce qui est indispensable à la venue de l'épreuve.

Le photographe a d'ailleurs les moyens de modifier dans un sens favorable certains des coefficients, car ils ne sont pas tous inflexibles; les facteurs optiques, en particulier, sont dans sa main; il dépend de lui de se munir d'un objectif plus ou moins lumineux, d'utiliser un diaphragme plus ou moins grand (et le diamètre du diaphragme a sur la durée de la pose, nous le savons,

une influence capitale); de plus, le praticien dispose de plaques de sensibilités différentes; enfin il a souvent le choix de l'éclairage.

Tout cela lui permettra quelquefois d'appliquer la durée d'exposition normale ou de s'en rapprocher d'assez près, mais le plus souvent il sera contraint de sous-exposer ses clichés. Et alors, pour les mener à bien, il devra faire appel à toutes les ressources du développement. Elles sont grandes aujourd'hui, et l'opérateur en tirera bon parti si, comme nous le lui avons conseillé, il a pris l'habitude de tenir en réserve, pour le cas qui nous occupe, la marge considérable que donnent les meilleurs révélateurs.

Ces principes posés, passons à l'application.

I. Les sujets instantanés se classent, d'après leur vitesse apparente et leur distance relative, en trois catégories.

Ces catégories correspondent à ce que l'on a appelé les tî^ois degrés d^ instantanéité.

Le premier degré embrasse les sujets qui admettent une pose comprise entre 3 et ^^ de seconde, soit en moyenne -^ de seconde; ce sont tous les sujets non immobiles, mais à peu près au repos.

Le deuxième degré comprend ceux qui exigent une pose pouvant varier de ^ à g^ de seconde, soit en moyenne -^ de seconde ; ce sont les sujets dont la vitesse apparente n'est pas supérieure à celle d'un homme, au pas de promenade, se déplaçant perpendiculairement à l'axe de l'objectif, à une distance égale à i5o fois au moins la longueur focale, c'est-à-dire dans des conditions telles que son image sur le verre dépoli ne dépasse pas un centimètre de hauteur.

Dans le troisième degré viennent se ranger tous les sujets dont la vitesse est plus considérable et pour lesquels il est indispensable de recourir à une pose inférieure à g^ de seconde.

La base de cette classification étant fort simple, il est aisé de déterminer quel est le degré applicable à telle ou telle vue instantanée. On trouvera du reste, ci-après, un Tableau donnant la répartition de la plupart des sujets; il sera facile d'y faire rentrer, par analogie, ceux qui n'y sont pas prévus.

Il suffit donc de disposer d'un obturateur donnant trois vitesses correspondant aux trois degrés d'instantanéité, pour être à même

de faire face à toutes les éventualités. Un plus grand nombre de vitesses constitue un raffinement dont l'opérateur exercé tirera certainement avantage, mais dont le débutant ne peut qu'être embarrassé.

Si l'on a eu soin de déterminer, par la méthode de la boule, les diverses vitesses de l'obturateur que l'on possède, on sait à l'avance si l'on est en mesure d'aborder tous les sujets ou si l'on doit se restreindre, soit aux deux premiers degrés d'instantanéité, soit au premier seulement.

Il est d'autant plus aisé d'être fixé à cet égard que notre classification cadre, à peu près, avec les distinctions à établir, d'après la rapidité de pose, entre les obturateurs les plus habituellement employés :

Le premier degré correspond aux guillotines sans élastique, aux obturateurs à volet et aux autres obturateurs très ralentis ;

Le deuxième degré, aux guillotines avec élastique ou ressort, aux obturateurs-diaphragmes, à la plupart des obturateurs circulaires et aux obturateurs plus rapides fonctionnant à demi-vitesse;

Le troisième degré, aux obturateurs circulaires les mieux construits et surtout aux obturateurs à lames croisées.

Mais rien ne vaut Texpérience pour faire connaître la vitesse d'un appareil et préciser les sujets qu'il permet de réussir.

Actuellement, les meilleurs instruments atteignent, au maximum, et encore à la condition d'être montés sur de petits objectifs, la vitesse de ^ de seconde. Un frein permet toujours leur ralentissement.

A notre avis, l'obturateur idéal serait celui qui donnerait quatre vitesses constantes : —^ j^^ y^, —^ de seconde.

IL En ce qui concerne Véclairage, le plein soleil est toujours préférable; il est indispensable pour les instantanées du troisième degré.

A la lumière diffuse d'un ciel bleu ou parsemé de nuages blancs, on réussit les instantanées du premier degré et celles du deuxième degré dont la distance à l'objectif est de plus de i5o longueurs focales.

On peut opérer en été de 9*" du matin à 5*" du soir; au printemps de 10** à 4*"; en hiver de 11^ à 3*'.

Plus le soleil frappe normalement sur la principale surface visible du sujet, plus Téclairage est favorable; il ne doit jamais dépasser, à droite ou à gauche de l'opérateur, la perpendiculaire à Taxe de l'objectif.

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