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I. — GÉNÉRALITÉS

La lumière est le plus important des facteurs du temps de pose; elle a, ajuste titre, donné son nom à la Photographie.

C'est elle qui produit sur la surface sensible l'impression latente d'où le révélateur fait surgir l'image; aussi est-ce d'elle dont nous devons nous occuper tout d'abord.

Quelle est la nature exacte de l'action exercée par la lumière sur la couche sensible ?

On discute encore à cet égard.

D'après les uns, il ne survient, sous l'influence des rajons lumineux, qu'une simple modification moléculaire, ayant pour conséquence l'affaiblissement de l'affinité qui unit les éléments du sel d'argent et les prédisposant à la dissociation.

D'après les autres, la lumière exerce une véritable action chimique : elle commence la réduction du sel d'argent, réduction que le révélateur continue et parachève.

Une troisième opinion, plus récemment émise, admet qu'il se produit à la fois un commencement de décomposition du sel de la couche, et la formation, avec les produits de cette décomposition, d'un nouveau composé argentique plus facilement réductible.

Quoi qu'il en soit de ces divergences théoriques, la solution de la question est indifférente à la détermination du temps de pose.

Une constatation suffit : la rapidité de l'impression est en raison directe de l'intensité de la source lumineuse; autrement dit : plus la lumière est vive, plus la pose doit être courte.

L'appareil photographique est calqué sur l'œil humain, vraie chambre noire en miniature; l'objectif équivaut au cristallin, le

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diaphragme à l'iris, la plaque sensible à la rétine. Sur celle-ci, comme sur le verre dépoli, l'image des objets se peint renversée et l'impression s'y produit d'autant plus forte que la lumière est plus intense. L'analogie va même plus loin, car la couche sensible de la rétine, de même que la plaque photographique, subit une décomposition. : rouge pourpre à l'état normal, elle se décolore sous l'action de la lumière, et la pourpre visuelle est plus ou moins détruite à chaque impression lumineuse. Elle se reconstitue d'elle-même incessamment.

Entre notre œil et l'appareil photographique, il y a cependant une différence capitale.

Les rayons émis par une source quelconque de lumière jouissent de diverses propriétés, notamment de propriétés lumineuses et de propriétés chimiques.

Or, les rayons lumineux seuls impressionnent notre rétine, et nous donnent par cette action physiologique la sensation de la vue et de la couleur des objets. Les rayons chimiques, au contraire, agissent exclusivement sur certains corps et en particulier sur les sels d'argent.

Le plus grand nombre des rayons émis par une même source sont susceptibles d'exercer à la fois et l'action lumineuse et l'action chimique, mais les intensités de ces deux actions ne sont presque jamais proportionnelles.

Dans la plupart des cas, Tlntensité chiniique est inférieure ou supérieure à l'intensité lumineuse; la lumière la plus brillante n'est pas toujours la plus actinique, et réciproquement.

La Photographie, disons-nous, n'utilise que l'action chimique des rayons.

De là, l'impérieuse nécessité d'une distinction.

On sait que la lumière blanche, émanée du Soleil, est, en réalité, produite par la réunion de toutes les couleurs de l'arc-enciel,

violet, indigo, bleu, vert, jaune^ orangé, rouge,

et qu'il suffit de lui faire traverser un prisme de cristal pour la décomposer ainsi et obtenir ce que l'on appelle le spectre solaire. Eh bien ! les propriétés lumineuses et chimiques de la lumière

blanche ne sont pas uniformément répandues dans le spectre solaire : ce sont les rayons de la région du jaune et du rouge (rayons les moins réfrangibles) qui impressionnent le plus vivement la rétine, tandis qu'au contraire la région du bleu et du violet (rayons les plus réfrangibles) fournit les rayons dont l'action chimique atteint le plus haut degré d'énergie.

Les rayons chimiques dépassent même, du côté du violet, les limites du spectre apparent; ils sont alors invisibles et purement chimiques; on les nomme rayons ultra-violets.

Un exemple suffira pour faire apprécier l'importance de la distinction : dans le spectre solaire, les rayons jaunes, les plus lumineux de tous, paraissent six à huit fois plus brillants que les rayons bleus, et cependant l'action photographique des premiers n'atteint pas jq de celle des rayons bleus.

L'action chimique d'une lumière déterminée varie d'ailleurs suivant la nature des substances sensibles, car chaque substance a ses rayons favoris qui l'impressionnent plus que tous les autres.

Sur le bromure d'argent, le maximum d'action est produit par les rayons indigo (au voisinage de la raie G du spectre), et cette action va en décroissant jusqu'aux rayons rouges, où elle devient pratiquement nulle.

Toutefois, comme nous le verrons plus loin, en mêlant au bromure d'argent certaines matières colorantes qui absorbent fortement les rayons verts, jaunes et rouges, on le rend sensible à l'action de ces mêmes rayons, tout en diminuant sa sensibilité pour les rayons les plus acliniques. C'est au moyen de ce procédé que l'on obtient les plaques dites iso- ou orthochromatiques. Nous aurons à y revenir (*).

Pour le moment, tenons-nous-en aux plaques ordinaires, et retenons ce principe, qu'il est essentiel, pour la détermination du

(») Même avec les sels d'argent ordinaires, les rayons rouges ne sont pas absolument inactifs. Leur action est le plus souvent négligeable, mais de même que celle des rayons jaunes elle se fait cependant sentir à la longue; elle devient surtout sensible lorsqu'elle a été précédée de l'action des rayons violets ou bleus : le chlorure d'argent, légèrement impressionné par les rayons violets, noircit ensuite sous l'action de tous les rayons visibles. En réalité donc, tous les rayons du spectre peuvent déterminer des effets chimiques. II n'y a de variable que les intensités d'action.

temps de pose, d'apprécier Tintensité chimique de la lumière, en ajant soin de ne pas la confondre avec l'intensité lumineuse.

Pour arriver avec précision à ce résultat, deux choses seraient nécessaires :

1° Une unité de lumière à laquelle toutes les variations d'intensité chimique seraient comparées;

2® Un instrument permettant d'apprécier numériquement ces variations en les transformant en mesures rapportées à l'unité.

L'unité de lumière, nous ne la possédons pas encore.

Aussi les divers instruments proposés n'ont-ils en vue que la mesure relative des différentes variétés de lumière.

Ils sont connus sous les noms àH actinomètres et de photomètres,

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