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IV. LA CHÈVRE MATE

Les peaux de chèvres se travaillent soit en chagrin, soit à fleur lisse, que Ton appelle chèvre mate. C'est de cette dernière fabrication que nous allons nous occuper, renvoyant au chapitre traitant du chagrin pour ce qui concerne la chèvre chagrinée.

Les peaux sont égalisées avec le couteau à revers pour enlever les chairs et foulées au foulon . On met dans un foulon 2 douzaines de peaux roulées en manchon pendant un quart d'heure; on peut employer le turbulent pour la même opération; dans ce cas, on met en mouvement l'appareil cinq minutes, on remplace l'eau par de la nouvelle, on foule cinq minutes et l'opération est terminée.

Les peaux sont mises au vent en promenant l'étiré de long en

large; on retient de fleur, en étalant la peau sur le marbre, sur lequel on a préalablement passé un peu de dégras, on colle d'abord la culée, puis successivement le reste de la peau; on passe sur la fleur une couche d'huile de poisson avec un chiffon de laine. On place la peau la chair en l'air sur le chevalet et on mettra dessus les autres peaux jusqu'à ce que le lot de peaux soit terminé ; on les met en baguettes à la sèche.

Aussitôt sèches, on les passe au noir : dans cette partie l'opération prend le nom de jonçage. On passe sur la peau avec une brosse à poils longs une décoction de campeche pur à 1° Baumé, on frotte ensuite énergiquement avec une brosse dure pour faire pénétrer le campeche. On doit mettre peu de campeche pour empêcher de pénétrer plus avant dans la peau, que l'épaisseur de la fleur. On donne une couche de noir de bière, de noir végétal ou d'acétate de fer. On passe ce noir avec une brosse douce et on termine par un frottage énergique à la brosse dure.

Le campeche se fait ordinairement en faisant bouillir :

20 litres d'eau.

2 kilos de campeche.

0,500 de sumac ou de noix de galle.

0,300 de bois jaune.

0,050 de chaux.

Le noir le plus beau, qui s'accommode le mieux avec le campêche, est composé :

20 litres d'eau.

0,500 d'acétate de fer.

0,60 de bichromate de potasse.

0,100 d'alun.

Après le passage en noir, on recharge de fleur avec un mélange d'huile de poisson et de suif : 100 d'huile et 15 à 20 p. 100 de suif; on emploie également un mélange de 80 d'huile et 20 de saindoux. On superpose les peaux rechargées fleur contre fleur ; après vingt-quatre heures on retourne la pile et on laisse douze heures. On foule les peaux à l'eau, on remet en pile pour douze heures. On met en dégras sur chair; pour cela on pose 2 douzaines de peaux sur la table dans le sens de la longueur, la culée à droite, la tête à gauche, la chair en dessus. On passe du dégras pur ou

battu avec de l'eau (un dixième) avec une patte de laine, on charge davantage les parties fortes, telles que : la culée, la tête, le nombril; on met en baguette et on accroche. Lorsque les peaux sont essorées, on les met en pile vingt-quatre heures au moins.

On liège la peau en droit et de cul en tête, on blanchit légèrement du côté de la chair sans entamer le tissu, on déborde et on glace pour coucher les chairs.

On passe la glace sur la fleur pour mater le corps gras et rendre lisse la fleur, on passe dessus une couche très légère de gélatine claire grasse.

Lorsque la fleur présente des piqûres, le finissage en mal n'est pas aussi simple. On les passe en pâte avec un chiffon de laine, on laisse sécher, et on passe en dernière, grasse. La pâte peut être la même que celle pour le veau ciré, ou bien une des compositions suivantes que nous savons être employées dans différentes maisons, et que Ton pourrait employer suivant les circonstances :

Beurre fondu. . 1,000 grammes.

Œufs entiers. . 100 id.

Gélatine de peau 700 id.

Cirage pour colorer 50 id.

Eau 1,000 gr.

Soude 20 —

Gomme laque 120 —

Saindoux 500 —

Noir d'aniline 50 —

Gélatine faible. . 1,000 grammes.

Savon 200 —

Suif 400 —

Cirage 50 —

Eau 1,000 gr.

Borax • . . 50 —

Caséine 200 —

Colle 100 —

Saindoux 600 —

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