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III. — TEINTURE DES PEAUX MÉGIES

1. — Opérations préliminaires. — Au sortir du dolage les peaux sont ramollies dans l'eau par un foulage au turbulent : on les y laisse jusqu'à ce que la farine adhérente soit dissoute. On les rince et on les met au vent pour les préparer à recevoir la teinture.

2, — Teinture à la brosse. — Les peaux sont placées sur une table en bois de 1 mètre de longueur, sur 50 centimètres de largeur et

4 centimètres d'épaisseur. Les 4 côtés de la table portent des rebords de 9 centimètres de hauteur pour empêcher le liquide de s'écouler; un des coins porte une gouttière qui laisse écouler le liquide dans un baquet placé dessous la table. La table est bombée au milieu et recouverte d'un zinc. Cette table est placée sur des chevalets à 80 centimètres du sol.

Les peaux sont mises sur cette table la chair en dessous et le dos sur la partie bombée de la table; on les retient avec une étire en caoutchouc durci, en la plaquant bien et surtout sans plis. On

Fig. 87.

y passe le mordant et la teinture en autant de couches qu'il est nécessaire pour obtenir la couleur voulue. On y passe ensuite le fixateur de la couleur.

3. — Méthode Kristen. — Cet industriel fixe la peau sur un disque horizontal animé d'un mouvement de rotation ; un tuyau amène la couleur au centre de la peau. La rotation du disque forcela couleur à se répandre uniformément à la surface du cuir. Le disque est mis en mouvement, soit mécaniquement, soit à la main. Ces disques tournent dans une auge pour recevoir la couleur qui s'écoule et l'employer de nouveau. Une peau est colorée en dix à douze minutes. On peut ranger plusieurs de ces disques à la suite les uns des autres; un même réservoir à couleur dessert toutes les machines et une seule pompe suffit pour remonter la couleur écoulée dans le réservoir supérieur. Un ouvrier suffit pour 5 machines, produisant 150 peaux en douze heures.

4. — Teinture au plongé, — Les peaux sont mises dans le turbulent avec le colorant, à la température de 35 ou 40 degrés.

Les détails sur ces opérations ainsi que les couleurs employées seront indiqués à propos de la teinture du maroquin.

5. — Finissage — On met les peaux à l'essorage, on les habille dans une émulsion de jaune d'œuf et d'eau dans laquelle on les laisse trois heures, ou on les enduit du côté de la chair avec de l'huile de pied de cheval ou de pied de bœuf. On les cloue sur des planches et on les fait sécher. On les ouvre au palisson et on leur donne le drayage de perfectionnement, qui se fait avec la machine à doler.

Les veaux sont lustrés au fer chaud. On repasse la peau avec des fers, comme cela se pratique pour le linge.

Les peaux glacées sont lissées à la boule de verre comme le maroquin, où on leur donne l'apprêt composé :

Eau 2,000

Gomme du Sénégal 100

Gomme adragante 50

Savon 100

Jaune d'œuf 200

Paraffine 100

D'autres compositions seront indiquées à propos du finissage du maroquin, où on trouvera toutes les opérations du finissage que nous n'indiquons que sommairement ici.

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