‹ Traité pratique de la fabrication des cuirs et du travail des peauxChapitre 128 sur 221 · Farine de blé. — La farine de blé est composée de · texte numérisé non relu

Farine de blé. — La farine de blé est composée de

Amidon 75 p. 100.

Gluten 13

Résine jaune 1

Matières extractives 11

Dans la farine de blé le gluten seul agit. C'est un corps insoluble dans l'eau et dans l'éthcr, soluble dans l'alcool bouillant, soluble dans les acides et les alcalis caustiques. Il est précipité par le tannin.

3. — Habillage. — Les peaux ayant été séchées après le foulage, on les ramollit de nouveau dans l'eau. On -prépare le mélange ou salade en faisant dissoudre dans l'eau tiède le sel, l'alun, on délaye la farine et les jaunes d'œufs de façon à obtenir une bouillie peu épaisse. Les proportions à employer sont les sui-

vantes :

Eau 15

Alun 9

Sel 2

Farine 6

Jaune d'œuf 0,500

On place les peaux à plat dans une cuve avec cette mixture où o ou 6 hommes les foulent avec les pieds comme dans le hon-

groyage. On s'assure que les peaux sont bien foulées en les regardant à travers le jour : elles doivent être d'une égalité parfaite. On les laisse tremper la nuit. Aujourd'hui l'habillage se fait au turbulent dans lequel on fait tourner les peaux une heure et laissées en contact du mélange pendant quatre heures. 300 kilos de peaux exigent 100 kilos de la mixture d'habillage.

Gomme les jaunes d'œufs sont très chers on a cherché de tout temps à pouvoir les remplacer par des corps semblables ; on n'y est pas arrivé parce que tous les essais ont été conduits par routine et qu'on n'a eu nullement égard à la composition réciproque des différents ingrédients qui composent rhabillage. Voici une composition faite par nous :

Eau 500

Albumine 180

Glycérine 50

Huile de pieds de bœufs 200

Ammoniaque 50

Saindoux 30

Eau 30,000

Alun 18,000

Sel 4,000

Farine 12,000

4. — Séchage. — On plie les peaux en 2, chair sur chair, et on les monte au séchoir. On sèche aussi activement que possible. Les peaux sont ensuite mises en paquets et on les conserve en magasin jusqu'au palissonnage.

5. — Palissonnage. — La sèche ayant racorni les peaux et les ayant durcies, on leur donne un foulage à l'eau claire. On se sert ordinairement du foulon de mégisserie, qui est composé d'un compartiment h 2 pilons formés par une tige de bois équarri de 2 mètres de longueur terminée par une semelle bombée de 40 centimètres environ. Nous rejetons, comme nous l'avons dit, toute action brusque sur la peau, et nous conseillons d'employer le turbulent, comme beaucoup de maisons Font déjà compris.

On passe les peaux à l'ouverture ou au palissonnage; on se sert pour cela d'un outil nommé palisson, composé d'une large lame

iTacior demi-ronde et émoussée, montée sur 1 pied de 80 centimètres de hauteur sur 25 centimètres de largeur. On tient la peau avec les deux mains, la chair en dessous, et on l'appuie sur la lame, en lui donnant un mouvement de va-et-vient, ou encore on la fait glisser lentement de haut en bas à l'aide du genou. On répète le même travail dans les deux sens et on redresse les bords. Sous cette action, les peaux se redressent, leurs fibres s'ouvrent, elles deviennent plus blanches et elles augmentent d'un tiers dans la largeur. Cette façon assouplit en outre la peau et enlève les chairs et les résidus de pâte qui y restaient adhérents.

On metles peaux à la sèche, puis au foulon, et ensuite au palisson.

Les Allemands se servent du hard à la place du palisson ; c'est un demi-anneau en fer fiché dans un mur et sur lequel on passe les peaux.

Le palissonnage se fait aussi à la mécanique. La machine se compose de 2 cylindres entraîneurs, marchant à des vitesses différentes: l'un sert d'étendeur et l'autre d'entraîneur. Un palisson est fixé un peu plus haut que le plan des lignes de contact des 2 cylindres, parallèlement à eux. On engage la peau entre les 2 cylindres et l'opération se conduit d'elle-même. La machine Ott ne comporte qu'un cylindre entraîneur; la main de l'ouvrier fait la retenue nécessaire.

6. — Dolage. — Les peaux étaient primitivement parées à la lunette ; ce système est presque complètement abandonné en présence des avantages que présente le dolage.

Les machines à doler sont composées de meules en bois de 80 centimètres de diamètre sur 20 de largeur; sur toute leur tranche elles sont recouvertes d'émeri (fig 87).

Les ouvrières présentent les peaux, qu'elles tiennent des deux mains, à l'action de la meule qui tourne avec rapidité, du côté de la chair, en appuyant légèrement pour ne pas les échauffer. Les parties fortes sont maintenues plus longtemps en contact, et inversement pour les parties faibles.

La première poussière folle qui s'échappe pendant le travail est enlevée par un ventilateur aspirateur et l'entraîne dans un collecteur, où elle se dépose.

Les peaux sortant du dolageont une épaisseur égale et sont polies.

Fig. 85. Fig. 83. Fig. 82.

Fig. 79 à 86. — Outils de mégissier.

Fig. 79, couteau de chair pour peaux de gants. — Fig. 80, couteau de eliair pour moutons et chèvres. — Fig. 81, force pour tondre la laine. — Fig. 82, couteau à arracher la laine. — Fig. 83, couteau de fleur. — Fig. 84, pince à parer. — Fig. 85, Palisson. — Fig. 80, couteau de chamoiseur.

Les peaux destinées à rester blanches sont mises en bottes de

3 douzaines: c'est le cottillage.

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