‹ Traité pratique de la fabrication des cuirs et du travail des peauxChapitre 137 sur 221 · Kermès. — Appelé "graine d'écarlate, est un insecte du · texte numérisé non relu

Kermès. — Appelé "graine d'écarlate, est un insecte du

genre de la cochenille ; c'est le Coccus illicis, vivant sur le quercus coccifera. Le rouge du kermès est en tout point semblable à celui de la cochenille; il est moins éclatant, mais plus solide.

14. — Laque dye. — Ou laque-laque. Nous avons dit en parlant de la gomme laque qu'on en retirait une couleur au moyen de liqueurs alcalines. On précipite la solution alcaline par une dissolution d'alun ; il se forme un précipité que l'on façonne en pains carrés de 50 grammes. Il est difficile à dissoudre la matière colorante dans l'eau, il faut alcaliniser la liqueur. Dans quelques teintureries on emploie le procédé suivant : la laque est moulue et mise à digérer dans de l'eau ; pour 4 parties de laque retenant 8 d'eau, on ajoute 3 d'acide sulfurique à 66 degrés Baume, on laisse en contact deux jours; on étend de 150 d'eau bouillante, on laisse reposer vingt-quatre heures, on décante la liqueur surnageante, on y ajoute de lac raie en poudre jusqu'à saturation de la liqueur, on filtre pour séparer du précipité (Ca 0, SO3), et la liqueur est prête pour les usages de la teinture : 2 parties de laque valent 1 partie de cochenille.

15. — Orcanette. — Est la racine de YAnchus tinctoria ou du Lithos permum tinctorium, cultivée aux environs de Montpellier. La matière colorante de cette racine est YAnchusine. La matière colorante est insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et l'acide acétique ainsi que les alcalis,

16. — Orseille. — Cette matière colorante vient des lichens. Les lichens de terre croissent dans les Pyrénées, les Alpes, l'Auvergne et la Suède; les lichens de mer ou herbes se rencontrent dans le commerce avec les variétés suivantes : l'herbe des Canaries, l'herbe du cap Ycrt, l'herbe de Madère, de Mogador, de la Réunion, de Mozambique, etc. : le centre de leur commerce est Lisbonne. L'orseille est livrée toute fabriquée dans le commerce. On distingue :

1° L'oj'seille en pâte ou ordinaire (1 kilo d'herbe donne 4 kilos d'orseille);

2° Le cud-beard, qui est la pâte précédente desséchée et réduite en poudre.

3° Les extraits d'orseille, plus riches en matières colorantes que les précédents ;

4° Le pourpre d'orseille, qui est la laque calcaire de la matière colorante de l'orseillc; pour dissoudre la matière colorante, on traite par l'acide oxalique en solution qui enlève la chaux.

La matière colorante de l'orseille est Yorcine, qui en s'oxydant donne Yorcéine; cette dernière constitue la presque totalité de la matière colorante de l'orseille du commerce.

17. — Le carmin d'indigo. — Le carmin d'indigo se vend tout préparé dans le commerce. On l'obtient en traitant l'indigo par l'acide sulfurique et saturant le tout par le carbonate de soude et à purifier le corps ainsi obtenu. On a le snlfindigotate de soude, qui constitue la pâte de carmin.

18. — Généralités sur les matières colorantes végétales. — Soumises sous l'influence de divers agents, les matières colorantes donnent des réactions particulières caractéristiques. Nous avons réuni dans le tableau ci-joint les colorations qu'elles prennent sous l'influence des principaux mordants employés par le teinturier en peaux.

Nous ajouterons ici que, d'une manière générale, le chlore, l'acide hypochloreux et les réactions qui peuvent le produire : l'acide sulfureux, l'acide sulfhydrique, décolorent et détruisent les matières organiques colorantes. Le charbon animal les absorbe. L'hydrogène naissant les détruit; telle est l'action du zinc en poudre.

L'apparition des couleurs artificielles ou d'aniline a été une révolution dans l'industrie des cuirs teints et des maroquins; grâce à la facilité avec laquelle elles se combinent au cuir tanné et à la peau en nuances pures, délicates et solides, elles n'ont pas tardé à remplacer les couleurs végétales qui demandent beaucoup de manipulations et dont les teintes n'offrent pas un éclat aussi beau et aussi varié. Il n'en est pas de même pour les cuirs grais-

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sés et chamoisés dont l'huile repousse la combinaison de la couleur, mais on est arrivé, pour ces derniers, par des dégraissages particuliers et un retannage avec un mordant de noix de galle au vingtième, à faire prendre ces belles couleurs.

Autant est beau leur éclat et leur variété, autant sont compliquées leur préparation, leur composition et leur formule, aussi sommes-nous dans l'impossibilité de pouvoir les décrire ici même d'une façon sommaire, et malheureusement nous ne pouvons recommander aucun ouvrage sur le sujet, si ce n'est que de compulser l'immense littérature française et surtout allemande qui en renferme les explications plus ou moins claires.

Mais peu importe au teinturier les noms abracadabrants de ces couleurs pourvu qu'il en connaisse les effets sur le cuir et les principales propriétés. Nous avons réuni dans le tableau suivant la nomenclature de la plupart des colorants artificiels connus et employables sur cuir, nous avons donné le nom de l'inventeur et la date de l'invention pour faciliter les recherches, l'aspect du corps tel qu'il se rencontre dans le commerce, sa solubilité dans l'eau et la couleur de cette solution aqueuse, l'action des acides et des alcalis, importante à connaître pour savoir si l'on doit teindre en bain neutre, alcalin ou acide, la couleur qu'il donne au maroquin, la couleur étant sèche et la peau ayant subi les opérations du finissage. Nous avons nous-même dressé ce tableau, et les couleurs ont été appliquées sur des peaux entières.

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