‹ Traité pratique de la fabrication des cuirs et du travail des peauxChapitre 154 sur 221 · LE PARCHEMIN · texte numérisé non relu

LE PARCHEMIN

1. — Peaux employées. — Les peaux généralement employées sont celles de mouton, de brebis et d'agneau. Le vélin, qui est le plus beau parchemin, est fait avec la peau de jeunes veaux, et particulièrement du velot (veau mort-né). Le parchemin vierge est fait de peaux d'agneaux mort-nés, c'est-à-dire tirés du ventre des brebis mortes accidentellement ; on en fait aussi avec des chevreaux mort-nés ; il se rapproche beaucoup du vélin, mais il est moins fort. La peau de chèvre donne du parchemin ordinaire.

Tous ces parchemins servent pour l'écriture.

La peau de porc sert à faire les cribles et à recouvrir les malles. La peau d'àne, de veau et plus rarement celle du loup donnent le parchemin à tambour et à timbale.

2. — Ebourrage. — Les peaux sont travaillées de rivière, pelanées à la chaux, et ébourrées comme nous l'avons dit pour les peaux de mégisserie. Nous ajouterons que les peaux doivent être bien soignées en chaux et qu'on ne doit traiter ensemble que les peaux de même grandeur et de môme force. Un trop long contact avec la chaux enlève la force du parchemin et désagrège les fibres. i\.u sortir de la chaux les peaux doivent être vidées de chaux soigneusement au turbulent ; on doit éviter l'emploi du foulon à chevilles, qui casserait le nerf de la peau.

3. — Hersage. — Les peaux bien lavées sont tendues sur la herse. La herse est un cadre en bois, de lm,60 de longueur sur lm,30 de largeur, implanté de chevilles sur tous ses côtés. On passe des chevilles ou brochettes clans la peau, en y faisant à chaque endroit

4 trous où Ton met une brochette en l'enfonçant dans le premier trou, passant la cheville sous la peau, la faisant passer par le second trou, puis sur la peau par le troisième et dans le quatrième. Au moyen d'une ficelle que l'on enroule, par-dessous, sur les brochettes, on fixe ces dernières aux chevilles que l'on tourne pour tendre la peau. La brochette de tête ou têtière, est plus longue que les autres; elle passe dans 6 à 8 trous, pour étendre plus exactement cette partie de la peau qui est la plus forte et a besoin par conséquent d'une plus forte tension ; cette brochette est prise par ses 2 extrémités et tient à 2 chevilles différentes à cause de sa grandeur. Pour tendre une peau il faut 18 ou 20 brochettes.

Les brochettes sont tendues chacune à une cheville, en haut, en bas, à droite et à gauche. Une fois la peau hersée, on la tend.

On tourne les chevilles du cadre, qui ont la tête carrée, avec une clef de fer; elles enroulent sur elles les ficelles et par conséquent opèrent une forte tension de la peau.

4. — Echarnage. — L'opération se fait avec le couteau demirond, à double poignée, tranchant d'un côté et arrondi de l'autre, nommé fer à écharner ou pistolet. On promène l'outil tenu par les deux mains sur la surface de la peau tendue, on enlève les lambeaux de chair et de graisse; ensuite on enlève des charnures, minces pellicules de peau qui ont 5 centimètres de largeur et une longueur indéterminée, 35 centimètres quelquefois. Cette opération demande beaucoup de soins, surtout pour le vélin. Les parchemins pour cribles sont grossièrement écharnés.

5; — Edossage. — On retourne son couteau, de façon à présenter à la peau le côté arrondi, on le promène du côté de la fleur que l'on nomme dos, en l'appuyant fortement afin d'enlever les inégalités restantes et faire purger la peau de l'eau de chaux qu'elle peut encore renfermer, si elle n'a pas été bien purgée de chaux.

Le parchemin grossier est alors fabriqué, il n'y a plus qu'à le laisser sécher ; mais le parchemin à écrire demande d'autres opérations.

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