Séchage. — On emploie une méthode que nous qualifie
rons de barbare ; on saupoudre les 2 côtés de la peau avec de la chaux éteinte en poudre et tamisée, et on la fait sécher, toujours sur la herse, à l'ombre. L'hiver est contraire à la fabrication du parchemin, la sèche est trop lente, l'humidité détériore le produit et la gelée le casse complètement. La sèche au séchoir est de beaucoup plus préférable. Gomment agit la chaux? Elle absorbe rapidement l'humidité contenue dans la peau et empêche que le parchemin ne ternisse en séchant ; mais d'un autre côté elle détruit la résistance de la peau.
On a heureusement remplacé la chaux par la terre d'infusoires ou terre de Kiesselguh, que Ton emploie comme la chaux, mais qui donne de bien meilleurs résultats. La terre de Sommières et le kaolin peuvent également remplacer avantageusement la chaux.
Lorsque la peau est sèche, on la bat pour faire tomber la poudre et on la déborde. Les débris qui en résultent se nomment brochettes.
7. — Ponçage. — On est dans l'habitude de saupoudrer la peau de chaux éteinte sur la chair seulement, puis on passe dessus, en appuyant avec force, une pierre ponce bien dressée et bien lisse. On ponce la fleur à sec avec la pierre ponce, sans chaux. Une bonne modification a été l'adoption de la poudre de pierre ponce, très fine, pour remplacer la chaux dans le ponçage.
8. — Raturage. — Après le ponçage la peau est mise à sécher de fond, on l'essuie avec soin pour enlever la chaux ou la ponce adhérente, on la coupe au ras et en dehors des chevilles, et elle passe entre les mains du ratureur.
On se sert à cet effet d'un sommier, herse sur laquelle on a fixé une peau de veau non dépilée et tendue à la manière ordinaire ; on place sur le sommier un contre-sommier, seconde peau simplement fixée à la partie supérieure du cadre. La peau à raturer est fixée à la partie supérieure de la herse, sur la traverse au moyen d'une solide mâchoire en bois recouverte de peau. Au moyen du fer à raturer on enlève les taches superficielles, les fortes inégalités, la graisse, etc., qui se trouvent des deux côtés du parchemin.
On étend ensuite le parchemin sur la selle à poncer et on y promène la ponce du côté de la fleur pour faire disparaître les petites inégalités, les parties éraillées, etc. Ce ponçage, qui est rès important pour la beauté du parchemin peut se faire régulièrement et rapidement avec la machine à poncer dont nous avons parlé au Cuir verni.
Fig. 91. Fig. 92. Fig. 93. Fig. 90.
Fig. 90 à 9i. — Outils de parcheminier.
Fig. 0), for à écharner. — Fig. 91, fer à raturer les peaux libres sur la herse. — Fig. 92, fer a raturer les peaux tendues sur la herse. — Fig. 93, lisoir pour les peaux de vélin. — Fig. 94, aftiloir des outils.
9. — Apprêt. — On apprête le parchemin en passant sur sa surface, du côté de la fleur, une couche de gélatine de peau de gant mélangée avec de la colle d'amidon. L'opération se fait comme un passage en dernière colle. On laisse sécher et on met en presse.
Le parchemin est quelquefois teint en vert ou en rouge, on lui applique la couleur par les procèdes indiqués.
10. — Rapiéçage. — Les parchemins qui ont des trous ou des coutelures sont réparés de façon que ces défauts soient cachés et ne nuisent pas à l'emploi de la peau.
Le canepin est une mince pellicule de parchemin que Ton colle au revers du parchemin.
Les pièces ou les mouches sont de petits morceaux de parchemin, découpés un peu plus grands que le trou qu'ils doivent cacher, on pare leurs extrémités, c'est-à-dire qu'on les amincit en hiseau; on pare également les bords du trou et finalement on réunit les biseaux avec de l'eau gommée; on fait sécher, on ponce la surface pour l'égaliser et on passe un peu d'apprêt h la surface.
Le parchemin doit être serré et transparent, blanc, sans aspérités, inégalités, taches, trous. Le vélin doit être élastique, uni et ferme.