‹ Traité pratique de la fabrication des cuirs et du travail des peauxChapitre 156 sur 221 · I. — NOTIONS PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

I. — NOTIONS PRÉLIMINAIRES

On réserve le nom des pelleteries aux peaux d'animaux garnies de leurs poils.

On nomme fourrures les pelleteries qui ont subi certaines préparations pour en rehausser la beauté et la qualité et leur communiquer la propriété de se conserver sans altérations. Le commerce des pelleteries est exercé par les pelletiers et l'art de convertir ces dernières en fourrures par les fourreurs ; quelquefois les deux métiers sont entre les mains des mêmes industriels, qui sont alors les pelletiers- fourreurs .

Les poils sont donc les ornements des fourrures. Comme grosseur, longueur et souplesse, les poils sont divisés en :

Piquants, lorsqu'ils sont gros, rigides et aigus comme des épines. (Exemple : hérisson, porc-épic.)

Soies, lesquels sont plus fins, encore raicles, sauf à leur extrémité. (Exemple : sanglier, porc.)

Crins, plus fins, très longs et souples sur toute leur longueur. (Exemple : cheval.)

Laine, très fins, longs, doux et bouclés. (Exemple : mouton.)

Jarre, longs, fins et plus gros que la laine. (Exemple : lapin.)

Duvet, très fins, courts, soyeux et très souples.

Les fourrures sont données par la plupart des mammifères dont la peau porte deux espèces de poils, le duvet et la jarre, qui la recouvre.

Le pelage est la couleur générale des poils des pelleteries. Cette

couleur peut être noire, blanche, jaune, ou un mélange variable de ces couleurs primaires. La répartition de la couleur à la surface du pelage est extrêmement variée ; il peut être uniforme ou teinté; dans ce dernier cas, il peut être marbré, strié, rayé, moucheté, etc.

Les poils n'ont pas la même couleur sur toute leur longueur, ils sont plus foncés à la partie supérieure qu'à la partie en contact avec la peau.

Les poils ne tiennent pas régulièrement toute Tannée à la surface de la peau, à certaines époques ils s'en détachent pour se renouveler ensuite ; c'est le phénomène de la mue. Les poils qui ne présentent pas cette particularité se nomment persistants. La mue est annuelle ou bisannuelle ; annuelle elle a lieu au printemps ou à l'automne, bisannuelle elle se fait au printemps et à l'automne. La mue n'exerce aucune influence sur la qualité des poils, seule la couleur peut être transformée.

Le froid exerce la plus grande influence sur la qualité des fourrures. Aussi les belles fourrures viennent-elles des pays froids et sont-elles d'autant plus estimées que le froid est plus intense. Les peaux des animaux tués pendant l'hiver sont les meilleures. C'est à cette époque de l'année que leur tasse se produit, les poils deviennent uniformes en teinte et en grosseur, ils sont légers, doux et moelleux et sont régulièrement distribués sur la peau.

Dans l'hiver même, le commencement ou la fin de la saison, le redoux ou le repiquage ont une influence notoire sur la qualité des peaux d'hiver. Dans les premiers froids, le duvet n'est pas encore formé, la peau a une teinte verdàtre, le poil est jarreux (dur et long) ; dans les derniers froids la peau est ouverte, elle est rougeâtre, elle est soufflée, le poil n'est plus attaché aussi solidement à la peau. En plein hiver, la peau est blanche, serrée, fine et fournie, le duvet étant entièrement formé ; elle est fourrée, c'est-à-dire bien garnie de poils solides, doux et lustrés.

Pour être bon pelletier, il faut avoir de Yœil et de la main.

Les bonnes fourrures de première qualité doivent être épaisses, garnies, fourrées, et les peaux minces, légères et souples.

On divise les fourrures en indigènes et étrangères.

Les fourrures indigènes, provenant des animaux de nos pays, sont dites ordinaires lorsqu'elles sont produites par les espèces domestiques et sauvagines lorsqu'elles sont produites par des espèces sauvages (blaireau, fouine, etc.).

Les fourrures étrangères proviennent des animaux étrangers ; elles sont divisées en pelleteries des pays chauds (tigre, lion, etc.) et en pelleteries des pays froids, les plus recherchées (hermine, petit-gris, loutre).

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