‹ Traité pratique de la fabrication des cuirs et du travail des peauxChapitre 179 sur 221 · III. — THÉORIE Dlî GONFLEMENT · texte numérisé non relu

III. — THÉORIE Dlî GONFLEMENT

Le gonflement se produit déjà à moitié dans l'épilage, les alcalis qui se produisent ou ceux que l'on ajoute déterminent une demi-dissolution de la coriine et même la dissolution complète et que l'on enlève par les lavages de la peau : le recoulage, le foulage, le foulonnage. La peau perd environ 3 p. 100 de son poids que les anciens chimistes croyaient être de la gélatine et qui n'est que la matière muqueuse ou collante de la peau. L'enlèvement de cette substance donne de la place aux fibres qui peuvent se mettre à leur aise. Lorsque l'action de l'alcali est trop prolongée sur la peau, après la disparition de la coriine, celui-ci attaque la fibre et la dissout en la gonflant; il y a par conséquent perte de la matière de la peau sous forme de gélatine.

Les acides que l'on emploie pour le gonflement ont pour mission de neutraliser l'alcali qui brunirait avec le tannin, et de continuer le gonflement de la peau sans attaquer la fibre ; la peau se dilate dans tous les sens, et surtout dans celui de l'épaisseur. La raison de cette action est dans ce que, sous l'influence des liquides

acides, le tissu de la peau peut absorber plus d'eau. C'est là une propriété que les éléments de la peau partagent avec d'autres membranes animales, ainsi qu'avec l'albumine, les gommes, etc. Cette absorption d'eau est due à la formation d'hydrates gélatineux supérieurs, car, l'absorption d'eau atteint son maximum lorsque la structure du tissu de la peau a disparu et que cette dernière est transformée en une masse gélatineuse transparente.

Nous réunissons dans le tableau suivant la marche du gonflement par les acides; nous avons déterminé pour cela l'épaisseur de la peau et l'eau absorbée p. 100.

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