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IX. THÉORIE DE LA C1IAMOISERIE

La chamoiserie est le tannage à l'huile, c'est-à-dire qu'on entoure chaque fibre gonllôe et dilatée d'un enduit graisseux que l'on rend adhérent par une oxydation de la matière grasse, oxydation qui produit une matière résinoïde possédant la propriété de coller uniformément et en tous points la matière grasse aux fibres de la peau.

Comme on le voit, c'est une simple interposition de la matière grasse qui se fixe d'elle-même ; on peut enlever cette graisse par les dissolvants ordinaires. L'ébullition de cette peau avec l'eau donne de la gélatine et Je corps gras oxydé.

Les deux points importants pour un bon chamoisage sont : 1° une bonne pénétration mécanique des corps gras dans toutes les parties de la peau, sur toutes les libres; 2° une bonne, régulière et progressive oxydation des corps gras.

Ce dernier point seul doit nous occuper ici.

L'oxydation des huiles est due à une fermentation particulière déterminée par Voleorum microcladas (mikro, petit; klados, branche), sorte de plante cryptogamique sporifère. On peut l'étudier facilement en exposant une goutte d'huile de lin sur l'objectif d'un microscope. Pendant les premières minutes, il n'y a pas de changement perceptible. Au bout d'un quart d'heure, on voit apparaître quelques objets ayant la forme d'une faucille et qui augmentent rapidement en longueur. Arrivés à un certain point de leur développement, il se projette d'un des bouts un petit tube qui va en grossissant, sans atteindre cependant les dimensions de la formation première. A cette période de leur formation, les 2 corps divergents, par suite de leur courbure et de l'expansion de leur bout supérieur, ont l'apparence de 2 feuilles attachées à leur tige ; quelquefois un troisième membre, mais beaucoup plus petit, prend naissance à la jonction des 2 autres.

Ces branches sont le branchement mycélia de la plante ; les spores pour la propagation sortent de la partie large des branches.

Lorsque la goutte d'huile a resté vingt-quatre heures à l'air, toutes les phases du développement de la plante sont visibles, depuis les spores jusqu'aux fils et leur complète croissance. Le mycélia est blanc, transparent et immobile. Les spores sont sphériques et ont la forme d'un œuf; ils ont 2 millimètres et demi à 1 millimètre de diamètre

Lorsqu'on examine les huiles animales, non siccatives, on observe les mêmes phénomènes, mais la plante est mobile au lieu d'être immobile.

Cette plante vit aux dépens des matières azotées renfermées dans l'huile, matières albuminoïdes et gommes; elle préfère ces matières aux matières azotées ajoutées artificiellement. Le borate de manganèse et le benzoate favorisent son développement. Le cuivre et le plomb n'empêchent pas la croissance de la plante, mais, aussitôt que les acides gras sont mis en liberté, ils se combinent à ces métaux et forment des sels vénéneux qui agissent sur la fermentation huileuse et la suspendent. Le phénol, l'acide arsénieux, le sulfate de cuivre, et en général tous les corps antiseptiques entravent et arrêtent la fermentation.

L'oleorum microcladus transmet l'oxygène de l'air à l'oléine, à la margarine, etc., avec lesquelles il forme de l'acide oléique, margarique, etc., en combinaison avec de la glycérine ; cette dernière est cependant presque complètement détruite par l'oxydation. Comme dans toute fermentation la chaleur favorise la réaction.

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