‹ Traité pratique de la fabrication des cuirs et du travail des peauxChapitre 197 sur 221 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

COU RROIES

Les courroies sont destinées à communiquer le mouvement d'un appareil à un autre, lorsque les axes sont éloignés et les résistances peu considérables. C'est un précieux organe de transmission qui ne cause que peu de résistance et s'use très peu. L'emploi des courroies s'est généralisé universellement dans l'industrie, et les appréhensions que les courroies ne peuvent pas transmettre de grandes forces, sont dénuées de fondement. Il existe une courroie double dans la filature de la Société anonyme de Loth,près Bruxelles, qui mesure 50 mètres de long, sur lm,90 de large, et qui transmet 600 chevaux-vapeur.

Nous allons donner ici quelques détails sur la fabrication des courroies en cuir et nous donnerons à la suite quelques notions sur leur emploi et leur entretien.

1. — Peaux employées. — On emploie principalement les cuirs en suif non noircis.

Dans les bandes ou moitiés de peau, on réserve les parties les plus fortes, le noyau, pour faire les courroies principales, et les parties faibles, le ventre, pour faire les petites courroies de peu de fatigue.

On fait des courroies avec des cuirs hongroyés, des cuirs parcheminés, des cuirs transparents, des cuirs tannés au fer et au chrome, etc. Dans tous les cas on réserve les parties les plus fortes de la peau pour faire les fortes courroies.

2. — Tension des croupons. — Les croupons scrupuleusement choisis sont soumis à une tension pour détruire les plis et les poches qui peuvent s'y trouver. On les attache d'un côté à un poteau, au moyen de la baguette qui tient ce côte parfaitement tendu et de l'autre on les fixe de même à la corde d'un treuil, ou sur le tambour du treuil même, et on les tend fortement en faisant tourner ce tambour; on les laisse ainsi tendus jusqu'à ce que les croupons soient parfaitement plats et étirés. On peut employer une foule de dispositions pour arriver à ce résultat.

3. — Découpage des croupons. — Le découpage se fait soit à la main, soit plus généralement à la machine. On découpe les croupons en bandes de différentes largeurs et rigoureusement uniformes; ces bandes sont triées, choisies et apprêtées avec soin. Les parties creuses de la peau sont éliminées afin de donner aux courroies une force de résistance égale dans toutes leurs parties. On obtient ce résultat en limitant à lm,50 environ la longueur des bandes à employer.

Le découpage à la main se fait en tendant le croupon sur une table, en appliquant une règle dans la direction à inciser, et on coupe avec une serpette.

La machine à découper les bandes se compose de deux bâtis en fonte placés à une distance de 2m,50, en regard l'un de l'autre. Ces bâtis sont entretoisés à leur partie inférieure par des madriers en bois ou en fonte qui supportent la table de coupe ; à leur partie supérieure ils sont reliés par deux triangles guides.

Les bâtis reçoivent dans leur milieu supérieur, les coussinets d'une vis à fils carrés et rapides, commandée par une manivelle

à main. Sur cette vis est ajusté par un écrou un chariot glissant sur les tringles guides. Sur ce chariot se trouvent les glissières d'un second chariot se mouvant sous l'action d'une vis à filets courts actionnée également par une manivelle; le chariot porte le couteau ou outil tranchant et se déplace transversalement, perpendiculairement à la direction du premier chariot. Le second chariot porte en outre une aiguille indicatrice dont la pointe se déplace sur une règle divisée fixée sur le premier chariot.

Le croupon est placé sur la table, sur un des bords de laquelle on fixe l'un de ses petits côtés au moyen d'une pince. On avance le chariot jusqu'à ce que son aiguille soit au 0 de la règle divisée, on met le couteau de façon qu'il suive le bord du croupon pendant le mouvement du premier chariot. Après la première passe, ou fait avancer le deuxième chariot jusqu'à ce que l'aiguille marque la largeur que l'on veut donner à la bande; on coupe en faisant marcher le premier chariot. On continue de cette façon jusqu'à ce que le croupon soit entièrement découpé. Il va sans dire que le couteau est articulé et qu'on le lève pendant la manœuvre de chariots, pour ne pas qu'il entame le cuir.

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