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Egalisage des bandes. — Les bandes n'ont pas partout la

même épaisseur ; on les égalise grosso modo avec le couteau à revers sur la table. On n'enlève que les irrégularités les plus fortes, pour ne pas trop affaiblir le cuir dans ses meilleures parties.

On se sert également d'une machine à refendre le cuir en tripe ou tanné, de petite dimension; comme cette machine est identiquement la même que celle que l'on emploie [jour égaliser les courroies, on s'y reportera donc. Au sortir de 1 egalisage les bandes sont laminées clans un laminoir ordinaire à deux cylindres lisses en cuivre tournant en sens contraire, et dont l'écartement est variable à volonté.

5. — Jonction des bandes. — Pour joindre les extrémités des bandes, on commenceparles appointer, c'est-à-dire les couper en biseau. Gela se fait au couteau ou à la machine. La machine à préparer les jonctions est la même que la machine à égaliser dans laquelle

on remplace la vis de butée des coussinets du cylindre fixe, par deux leviers articulés, dont l'une des extrémités appuie sur ces coussinets, et dont l'autre est soulevée par une came venue de fonte ou rapportée aux deux extrémités du rouleau ; les cames venant soulever les leviers, ceux-ci abaissent graduellement les coussinets et le cylindre libre et par suite les bandes de cuir sont amincies en pointe par le couteau.

On approche les deux bouts amincis de deux bandes et on les réunit soit par un collage, soit par une couture, soit au moyen de rivets.

6. — Collage des courroies. — On enduit les deux biseaux avec une colle spéciale très résistante; on soumet ensuite les jonctions à l'action dune puissante presse hydraulique dont les plateaux, chauffés à la vapeur, compriment les parties collées entre elles et leur donnent la cohésion nécessaire pour la solidité qu'exigent les machines à grande vitesse.

Les colles à courroies sont très nombreuses mais peu répondent aux exigences demandées, c'est-à-dire solidité et flexibilité. Voici celles qui donnent les meilleurs résultats et parmi lesquelles le fabricant devra choisir celle qui s'approprie le mieux au genre de cuir qu'il traite.

1° On fait dissoudre dans quatre kilos de naphte, 400 grammes de caoutchouc (non vulcanisé), divisé en petits fragments ; on agite de temps en temps jusqu'à complète dissolution ; à froid la dissolution se fait en dix jours. On mélange 2 parties en poids de gomme laque avec 1 partie de la dissolution ci-dessus, on lais.se digérer un jour à froid, ensuite on chauffe le mélange dans une chaudière en fer en remuant constamment jusqu'à ce que le tout ne fasse qu'un seul et même corps. On appelle ce composé colle ou glu marine.

On enduit les faces de cuir à coller avec cette glu chauffée à 70 degrés. Si elle est trop épaisse, on l'étend avec de l'essence de térébenthine. Il faut un kilo de glu pour coller 3 mètres en surface.

2° Gutta-percha dissoute dans trente fois son volume de benzine ou d'éther de pétrole.

3° Colle de poisson 100 grammes, eau 100 grammes, bichromate de potasse 3, glycérine 3.

4° On fait dissoudre dans 100 de glu claire, 100 de colle de poisson trempée dix heures dans juste d'eau pour la recouvrir, on porte à l'ébullition et on y ajoute du tannin jusqu'à co que la masse prenne une consistance filante.

7. — Couture des courroies. — La couture des courroies se fait avec des lanières de cuir ou avec du fil fort, ciré, dit ligneul. Nous donnons la fabrication des lanières en traitant de la fabrication des cordons de cuir.

Le ligneul se fabrique avec du fil de chanvre. Sur la pelote de fil on prend deux brasses c'est-à-dire la longueur déterminée par celle des bras étendus horizontalement. Ce bout de fil s'appelle branche. On réunit 3, 4, 5, 6 branches ensemble en les tordant aux extrémités et au milieu, d'abord à sec entre les mains, puis enduits de poix que Ton passe sur leur longueur. On y fixe une soie de sanglier.

La couture avec les lanières se fait en perçant avec un emportepièce dans les bandes de petits trous ronds équidistants et formant, suivant la largeur de la courroie, un plus ou moins grand nombre de rangées parallèles, dans lesquelles on passe les lanières soit directement soit en les chevauchant

La couture avec le ligneul se fait de même, mais les trous sont percés avec une alêne droite ou un poinçon.

Nous donnons dans les figures 101 à 104 quelques modes de couture des courroies, employés en France et à l'étranger.

Couture n° / (fig. 101). — On commence par percer 2 rangées de trous, bien correspondants à chacune des extrémités de la courroie. Le premier rang doit être percé à 25 millimètres du bord, le deuxième à 30 millimètres du premier. Pour une courroie de 21 centimètres la rangée comprend 7 trous ; pour une courroie de 16 centimètres, 5 trous; de 13 centimètres, 4 trous, etc. On perce les trous de la première rangée avec un emporte-pièce assez gros pour permettre à la lanière d'y passer trois fois; des trous ovales sont préférables. Pour la deuxième rangée les trous sont justes assez larges pour laisser passer la lanière une fois.

L'avantage de cette méthode de couture consiste en ce que la lanière ne tire pas directement sur les trous, mais que par suite des deux rangées, elle forme, pour ainsi dire, crampon sur la partie solide de la courroie.

Voici comment se fait la couture : On prend d'abord une lanière de la force voulue, on l'introduit dans le trou 1 en laissant l'extrémité supérieure plus longue de 8 centimètres que l'extrémité inférieure. On passe alors les deux bouts dans le trou 2, à la façon dont les cordonniers font les coutures, on ramène ensuite les bouts du dessous à travers le trou 1. Les deux extrémités seront ainsi revenues à la partie supérieure.

On passe l'extrémité de gauche dans le petit trou 3, on la remonte en 1, puis l'extrémité de droite dans le trou 4, et on la remonte en 2. On retrouve encore ses 2 bouts en dessus. On croise celui de gauche de 1 à 6, on le remonte par le trou 5; puis celui de droite de 2 à 5, et on le remonte par le trou 6. On procède de nouveau comme avec les 4 premiers trous, et ainsi de suite. Une fois la couture terminée, la lanière se trouve en croix à la partie supérieure et en ligne droite double à la partie inférieure.

Couture n° 2(fîg. 102). — La couture que représente la gravure et qui n'est qu'une simple couture ordinaire alternative en dessus et en dessous, emprunte surtout sa force au peu de résistance qu'elle offre en passant sur la poulie, principalement dans le cas où le diamètre de la poulie est très petit. En môme temps que la lanière a à supporter une tension latérale considérable, les directions alternatives qu'elle est forcée de prendre en passant dans chaque trou, combinées avec satendance naturelle à revenir àlaligne droite, occasionnent sur la courroie une sorte de gondolage suffisant pour protéger la lanière contre tout contact avec la poulie et empêcher de la sorte l'usure qui se produisait avec l'ancienne méthode. On peut aussi répartir, égaliser et augmenter les points d'attache et donner par suite plus de résistance aux trous et à la lanière.

Ce système de couture convient spécialement aux courroies qui doivent recevoir le contact d'une poulie sur chacune de leur face et où il faut éviter par conséquent les nœuds et les bosses,

Fig. 1G4. — Couture n° 4.

Fig. 101 à 10 i. — Modes de couture des courroies.

Couture n° 3 oit couture en charnière (fig. 103) des Américains. — Cette couture s'emploie pour réunir les 2 extrémités d'une courroie de faible largeur, etc omme elle ne nécessite que peu de trous, elle a par conséquent l'avantage de conserver à la courroie une plus grande largeur de résistance. On perce les trous à 15 millimètres les uns des autres et à la môme distance du bord de la courroie. On commence le laçage au milieu, par le trou 1, on passe la lanière à plat entre les biseaux de cuir, on la ramène au trou 2, ensuite entre les biseaux de cuir, et ainsi en 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10; on double la lanière en 9 et en 10, et Ton fait ensuite la piqûre transversale 11, 12, 13, 14, 15, 16. Il ne reste plus qu'à renouveler la même opération pour l'autre extrémité de la lanière sur la deuxième moitié à relier de la courroie.

Avec ce mode de couture, le tirage des lanières s'effectue de biais, ce qui protège les trous; la piqûre tranversale en ne supportant aucun tirage protège le reste de la ligature.

Couture n° 4 (fig. 104). — La couture en W est aussi très employée. Nous donnons ici une de ses formes les mieux étudiées. La lanière avec un nœud à son extrémité est enfilée dans le trou 1, passée en dessous par le trou 2 et successivement en dessus dans le 3, en dessous parle 4, en dessus par le 5, en dessous en 6, en dessus en 3 (7), en 2 (8), 9, 10, 11, 12, 13 (9), 14 (2), 15, où on l'arrête.

La couture des courroies avec le ligneul se fait à la main comme la couture des sillons. On donne à la piqûre la direction alternative comme la couture 2, ou la forme en W comme la couture 4. La piqûre peut se faire à la machine à coudre, qui ne diffère en rien de la machine ordinaire, si ce n'est qu'elle est commandée par la vapeur et que ses organes sont plus solides.

La couture une fois faite, on l'abat au marteau à main ou au laminoir.

8. — Rivure des courroies. — Le rivage des courroies se fait avec des rivets ordinaires. On commence par percer la courroie à remporte-pièce; les trous doivent être justes delà dimension des rivets, ceux-ci sont en cuivre avec rondelles, sur lesquelles on rabat les têtes.

Des courroies sont quelquefois vissées; on emploie les vis dont nous avons représenté 5 modèles différents. Le vissage se fait en fixant la jonction aux 4 coins au moyen de rivets, et posant les vis soit à la main, soit à lamachinc, suivant un dessin donné; les machines à visser employées pour les courroies sont les mômes qui servent pour la chaussure; on y remplace simplement la bigorne par une table.

9 . — Tension des courroies. — Les courroies ainsi terminées sont soumises à Faction de tendeurs mécaniques de grande puissance. Ces tendeurs se composent en principe de 2 mâchoires,

Fig. 107. Fig. 109.

Fi g. 105 à 109.

Fig. 105 et 10G, rivet à courroies. — Fig. 107, vis à courroies. — Fig. 108 et 109, vis à droite et à gauche.

une fixe et une mobile. On fixe une extrémité de la courroie dans la mâchoire fixe et l'autre extrémité dans l'autre. La mâchoire mobile est mise en mouvement par une vis sans fin, et à marche très lente; l'allongement de la courroie se fait régulièrement sans secousse et on le règle à la force de résistance des courroies. On fait aux longues courroies plusieurs allées et venues en les passant autour de rouleaux mobiles attachés sur des poutres ou sur des bâtis en bois très solides. Notre machine à essayer les cuirs pour courroie donnera, en réduction, une idée juste des tendeurs

perfectionnés, et ce qui se fait sur l'éprouvette de cuir avec cette machine se fait en grand sur les courroies avec les tendeurs.

Ces nouveaux tendeurs remplacent avec avantage l'ancienne méthode qui consistait à fixer la courroie sur 2 poulies et à l'amener au moyen d'un levier, ce qui nervait le cuir, l'allongement étant trop brusque. Elle remplace également avec avantage la méthode qui consistait à attacher la courroie à un poteau par un bout et par l'autre on l'allongeait au moyen d'un petit treuil à manivelle.

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