I. CONSTITUTION DE LA PEAU
La peau est le tissu membraneux qui recouvre le corps de l'homme et de la plupart des animaux. Lorsqu'on pince ce tissu, on constate d'abord qu'il est tout à la fois résistant et élastique.
Cette résistance a été utilisée dans l'art du tanneur pour la fabrication du cuir.
Quant à l'élasticité de la peau, elle peut atteindre des proportions incroyables. On cite comme exemple remarquable un glouton de la fin du siècle dernier, nommé Tarare, qui était arrivé à pouvoir cacher dans ses deux joues 12 œufs et 12 pommes, et, quand il était à jeun, il pouvait, en tirant sur la peau de son ventre, lui faire faire le tour de son corps.
1. — Physiologie de la peau. — La peau est le siège d'éléments nerveux, les corpuscules du tact, répandus sur toute sa surface pour nous avertir des dangers extérieurs et de canaux sanguins, fort élastiques, pouvant se gonfler ou se dégonfler. L'afflux du sang dans ces canaux produit l'augmentation de la chaleur du corps et sont, par conséquent, le principal agent de la calorification. Pour lutter contre la chaleur, la peau verse à sa surface, par les glandes sùdoripares, un liquide spécial, la sueur, dont l'évaporation modère
l'élévation de la température du corps. La sueur a un autre rôle : elle entraîne hors du corps des poisons nombreux et variés, analogues et presque identiques à ceux du liquide urinaire.
Dans les conditions ordinaires, môme par le froid, la peau est le siège d'une évaporation d'eau que l'on désigne sous le nom de transpiration insensible. Elle est généralement invisible, parce que cette eau disparaît dans l'air sous forme de vapeur, même à travers les vêtements. Enfin, cette évaporation d'eau est accompagnée d'une notable quantité d'acide carbonique. Ces deux substances étant également rejetées par le poumon, l'on peut admettre que la peau est une espèce de poumon extérieur, et qu'elle est le
siège d'une respiration véritable.
La peau rejette encore au dehors, par les glandes dites sébacées, annexées à toutes les productions pileuses , une matière grasse qui paraît destinée à entretenir leur souplesse et leur éclat. Les orifices par où sortent soit la sueur, soit la matière sébacée, constituent les pores de la peau1.
2. — Anatomie de la peau. — La peau, qui semble une membrane simple, est en réalité composée de deux couches, l'une profonde et plus épaisse, le derme, l'autre superficielle et plus mince, Yépiderme (fig. 1).
1 Conférence faite au Conservatoire des Arts et Métiers, le 22 janvier 1888, par le Dr Hector Georges, l'Hygiène de la Peau.