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IV. — EMPLOI DES COURROIES

Quel coté de la courroie de transmission faut-il appliquer de préférence sur la face de la poulie ?

L'expérience et une longue pratique ont toujours indiqué le côté de la chair.

En effet, si on examine attentivement la coupure d'un cuir, on voit que les fibres, peu enchevêtrées du côté de la chair, changent d'aspect à mesure qu'on approche de la fleur où la masse devient compacte et serrée. Sur ce même côté, la nature adipeuse du poil cause comme de petites gerçures. On s'en rend facilement compte par Fessai suivant : on tend une lanière de cuir sur un objet rond figurant une courroie sur une poulie ; on place par exemple le côté de la fleur en dessous et, maintenant une extrémité fixe, on suspend après l'autre un certain nombre de poids jusqu'à ce que la lanière casse ; en recommençant l'expérience après avoir changé le sens de la courroie, on cherche le poids qui occasionnera la rupture. Dans plusieurs essais nous avons trouvé 2\800 du côté de la chair et 2k,400 du côté de la fleur.

Lorsque la fleur touche la poulie, la tension du cuir au point de contact force le grain à s'entr'ouvrir ; l'humidité y pénètre et et bientôt il se forme des crevasses. Lorsque, au contraire, le côté de la chair est placé en dedans, il se trouve compressé à chaque passage sur la poulie et sa solidité n'a pas à en souffrir.

1. — Jonction des courroies. — Les courroies sont tendues sur les poulies avec un tendeur, puis les 2 extrémités réunies et cousues avec des lanières, soit au moyen de l'une des 4 coutures indiquées, soit au moyen de rivets ou de vis.

Mais comme au bout de quelque temps de service les courroies s'allongent et qu'il faut de nouveau découdre ou dévisser le joint et le refaire plus rapproché, on a imaginé des agrafes qui permettent de faire rapidement ce changement.

L'agrafe de MM. Valot et Lacroix se compose d'une plaque de

fonte malléable (Tune seule pièce pourvue de lelons à vis. La pose s'effectue ainsi : on assemble, après avoir coupé d'équerrc autant que possible, les 2 bouts de la courroie Je plus près possible; on dévisse complètement la plaque et on l'applique sur la courroie dans le sens où elle doit être posée, en ayant soin de ne pas prendre un bout plus court que l'autre ; on donne alors un léger coup sur le dos de la plaque et immédiatement l'empreinte du teton se reproduit sur la courroie ; à chaque empreinte on donne un coup d'emporte-pièce, et alors on remet la plaque en place; on visse ensuite, jusqu'à ce que les têtes de vis soient à niveau du cuir.

La figure 115 (n° 1) représente une agrafe-courroie très simple que l'on place comme suit : on perce des trous dans les bouts de la courroie à raccorder pour y introduire le nombre nécessaire d'agrafes suivant la largeur de la courroie, puis on en rapproche les bouts, on y introduit les agrafes et on les rive avec un marteau.

L'agrafe Riemen, représentée figure 116, se place de la manière suivante : on place une agrafe B sur un bloc de bois dur légèrement cintré A, de façon à ce que les pointes soient tournées en haut; on avance jusqu'au milieu de l'agrafe le bout de la courroie C coupé bien droit ; on prend un autre petit morceau de bois D que l'on pose sur la courroie et l'on frappe dessus avec un marteau, jusqu'à ce que la courroie touche le fond de l'agrafe ; on opère de même pour l'autre extrémité.

Une nouvelle agrafe à charnière est représentée figure 117; elle se place comme la précédente.

2. — Glissement. — Un inconvénient assez grand que présentent les courroies, c'est le patinage, ou le glissement sur la poulie.

Ce glissement est produit le plus souvent par la sécheresse et le manque de souplesse du cuir. On arrive à empêcher ce glissement :

1° En projetant de la résine en poudre sur le cuir, mais la résine exerce une action nuisible sur le cuir.

2° En appliquant sur la surface interne des composés collant à base de résine.

300 caoutchouc 400 suif

300 essence de térébenthine 500 résine

1,500 huile de poisson 200 huile de résine

400 résine 400 cire minérale

500 cire jaune 200 huile de ricin

500 suif 100 sucre

Ces préparations présentent les plus graves inconvénients pour la qualité et la dureté du cuir.

3° On regarde comme préférable le moyen qui consiste à graisser avec du suif de bonne qualité la surface interne des courroies ; sous ce traitement, la courroie se gonfle, se raccourcit et son adhérence est plus parfaite. Ce moyen est encore nuisible à la qualité du cuir.

4° L'huile de baleine appliquée extérieurement donne les meilleurs résultats, mais elle forme des dépôts durs sur les courroies et les poulies et les encrasse.

5° Le mélange à poids égaux d'huile de ricin et de suif présente les mêmes inconvénients que l'huile de baleine.

6° On a reconnu la supériorité de l'huile minérale employée sur la surface extérieure de la courroie. Cette face est soumise à un plus grand allongement que la face interne et est par suite plus exposée à se rompre. On exécute ce graissage pendant la marche. Il est bon d'enlever de temps en temps la courroie pour l'imprégner d'huile d'une manière parfaite. On commence alors à la nettoyer à l'eau tiède, pour enlever les croûtes provenant de la poussière et de l'huile ; lorsqu'elle est encore humide, on sèche la partie extérieure et on étend la couche d'huile minérale en frottant fortement pour bien imbiber le cuir. On place la courroie dans une chambre d'une température modérée et, lorsque la première couche est absorbée, on en passe une seconde de la même façon.

L'huile minérale donne un degré de frottement supérieur à celui des graisses ou huiles ; voici d'ailleurs les résultats comparatifs :

Frottement d'une courroie sur poulie en bois 0,50

— — humide sur fonte 0,38

— graissée à l'huile minérale. . 0,38

— — un peu graissée avec l'huile. 0,28

— — bien graissée 0,22

Fig. 117.

Fig. 115 à 117. — Agrafes diverses.

Disposition des courroies. — Supposons que nous ayons à disposer une courroie sur une poulie d'un axe donne, de façon qu'elle ?r 1 2 3

Al A| Al

Fig. 121. Fig. 122. Fig. 123.

Fig. 118 à 123.

fasse mouvoir une autre poulie placée sur un autre axe à angle droit du premier. Il faut, pour résoudre ce problème, que, lorsque

la courroie marche, le côté avançant soit toujours dans le môme plan moyen que la poulie menante. Pour bien nous figurer la méthode, traçons sur le papier une ligne AB (fig. 118) et, sur chaque côté de cette ligne, décrivons les cercles G et H, représentant les poulies. En pliant les 2 plans avec A B pour axe, il est clair que la partie avançante de la courroie restera toujours dans un même plan que la poulie menante, tant que le mouvement aura lieu dans le même sens. Que ce sens vienne à changer, et la courroie glissera aussitôt.

Considérons donc la poulie G comme une poulie menante. En tournant la poulie II d'un quart de tour de telle sorte que la tranche E reste face à nous (fig. 119), la poulie H tournera dans le sens indiqué par la flèche. Si nous voulons lui imprimer un mouvement en sens contraire, comme dans la figure 120, il faudra au contraire tourner la poulie H, de manière à ce que ce soit sa tranche E que nous ayons de face.

Il arrive parfois qu'il faille réunir les 2 poulies sous un autre angle que l'angle droit. On peut y arriver de même, en ayant toujours soin de faire tourner les 2 poulies avec les lignes AB comme axe.

Lorsqu'on est forcé de faire usage d'un galet, il faut avoir soin que la face de celui-ci qui doit toucher la courroie soit tangente à cette même ligne AB, à droite ou à gauche de laquelle peut être alors disposé l'arbre de la poulie menante ligures 121 et 122.

La figure 123 montre la vue dans un autre sens des figures cidessus. Le galet est appliqué du côté lâche de la courroie, c'està-dire du côté fuyant la poulie de commande. L'arbre portant le galet est à angle droit de la ligne CD et la face du galet affleure la courroie à une distance minima de 11 centimètres et maxima de 15 centimètres de la poulie menante (American mille r).

Nous ne parlons pas des commandes directes qui sont extrêmement simples et qui sont connues de tous.

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