CHAPITRE III
Composition de la selle. — La charpente de la selle se compose de 2 arçons, l'arçon de derrière correspondant aux lombes du cheval et l'arçon de devant correspondant au garrot, reliés ensemble par des planchettes appelées bandes, le tout en bois de hêtre. Sous les arçons et les bandes est fixé un panneau pour prévenir les blessures que ne manquerait pas de faire le frottement du bois sur le dos du cheval. Dessus cette charpente se place une matelassure, un faux siège en toile et un siège en cuir sur lequel s'asseoit le cavalier. Aux bandes sont fixées de chaque côté les pièces d'étoffes ou de cuir appelées quartiers, qui servent à éviter le frottement des jambes du cavalier sur les flancs du cheval; à ces mêmes bandes sont attachées les courroies de suspension des étriers et nommées étrivières. Enfin, la selle est maintenue sur le cheval par des sangles, le poitrail et la croupière ; le poitrail est quelquefois relié aux sangles par la martingale, courroie qui se prolonge du poitrail à la bride, dans le but d'empêcher le cheval de relever la tête trop haut.
Yoici, à titre d'exemple, la description de la selle employée dans l'armée (modèle 1874 modifié). Les cuirs employés à la confection des selles sont ceux de bœuf ou de vache lissés ou grainés, couleur jaune fauve, et de veau lissé, couleur jaune.
Les quartiers de selle sont en cuir de bœuf fauve lissés de 4 à 4 millimètres et demi d'épaisseur, lixés sur les bandes : en avant, par 10 vis à bois; en arrière, du côte droit, par une vis traversant la patte du troussequin; du côté gauche, par un trou pratiqué dans le quartier pour donner passage à la tête du bouton portesabre. 6 petites pattes cousues sur la partie supérieure des quar-
tiers sont fixées sur les bandes par G vis à bois. Les faux quartiers en cuir de vache fauve lissé de 3 millimètres et demi à 4 millimètres d'épaisseur sont cousus, dans toute leur largeur, sur la bordure extérieure de chaque panneau.
Les panneaux sont mobiles ; ils se chaussent à leur extrémité antérieure et se bouclent sur leur prolongememt en arrière du troussequin; ils sont composés d'un dessus en cuir de veau jaune lissé de 2 millimètres d'épaisseur, doublé à sa partie inférieure d'un morceau de cuir de même nature, collé à l'intérieur du panneau et de la même largeur que le faux quartier, et d'un dessus en toile-treillis. Des bordures, également en veau jaune, réunissent les dessus aux dessous par des piqûres.
Une ouverture est pratiquée dans la partie supérieure des panneaux pour entrer et répartir le crin qui forme la matelassure.
Les chaussures et les contre-sanglons de fermeture des panneaux sont en cuir de vache [fauve lissé de 3 millimètres et demi à 4 millimètres d'épaisseur.
Les quantités de treillis et de crin gris nécessaires pour les panneaux sont de :
Pour Ja réserve \ toile 104 p. 100 0m,50
et la ligne ( crin ik,10Ô
Pour la y toile 104 p. 100 0%45
légère r crin ik,00
L'extrémité des panneaux esl dégarnie légèrement en ramenant le crin vers le milieu.
Les mortaises pratiquées dans les cuirs présentent un certain jeu, pour recevoir les dés et les crampons, pour faciliter l'agencement de tous les accessoires.
Les tissus sont de chanvre ou de lin pur.
Le poitrail an cuir de vache fauve lissé de 3 millimètres et demi à 4 millimètres d'épaisseur est composé d'une traverse et de 2 contresanglons qui sont fixés, à chaque coté de l'arçon, par une vis en bois à tête plate.
Les poches à fers sont en cuir de vache fauve lissé de 3 millimètres et demi à 4 millimètres d'épaisseur, à l'exception des poches à clous et des soufflets qui sont en cuir de vache fauve grainé de
2 à 2 millimètres et demi d'épaisseur. Chaque poche à fers est de la contenance de 2 fers.
Les deux sacoches sont montées sur un chapelet formé de 2 cuirs de vache fauve lissés de 3 millimètres el demi à 4 millimètres d'épaisseur superposés et collés à la pale, chair contre chair.
Les boucleteaux et contre-sanglons de fermeture, les passes dans lesquelles s'engagent les courroies de sacoches sont également en cuir de vache fauve lissé de 3 millimètres et demi à 4 millimètres d'épaisseur.
La sacoche droite contient une gaine ou étui, en cuir de vache à l'eau, de 3 à 3 millimètres et demi d'épaisseur, destiné à recevoir l'étui de dynamite ; cet étui, fait d'un seul morceau, est embouti sur un mandrin pour lui donner sa forme. Dans le recouvrement de cette sacoche, en avant et près du chapelet, est pratiquée une ouverture donnant passage au manche de hachette qui s'engage dans une gaine en cuir traversant la sacoche de part en part. La bordure contournant la partie échancrée donnant passage au manche de hachette doit être prolongée de manière à ce qu'elle se trouve prise dans la couture qui relie le soufflet au chapelet.
Sous le recouvrement de la sacoche gauche est placée une poche formée de lanières en cuir, destinée à recevoir 4 paquets de cartouches enveloppées dans un sachet.
Les dessus de sacoches, les soufflets, les recouvrements et les bordures de sacoche, la gaine de hachette et la poche à cartouches sont en cuir de vache fauve grainé de 2 à 2 millimètres et demi d'épaisseur.
La courroie de pommeau, les courroies de sacoches et les courroies de charge sont en cuir de vache fauve lissé de 3 millimètres et demi à 4 millimètres d'épaisseur.
Les contre-sanglons de sangle sont en cuir de bœuf fauve lissé de 5 millimètres d'épaisseur; ils sont fixés sur l'arçon par de fortes lanières en cuir de Hongrie de 9 millimètres de largeur.
Les étrières sont en cuir de bœuf fauve lissé de 4 millimètres et demi à 5 millimètres d'épaisseur. Le baudrier porte-sabre est en cuir de bœuf de 4 à 4 millimètres et demi d'épaisseur. La bride, le licol ou collier, la longe sont en cuir de vache fauve lissé de 3 millimètres et demi à 4 millimètres d'épaisseur.
Les piqûres sojiI faites avec du fil de pur chanvre tiré du commerce sous la dénomination de fil de sellier n° 8; il est employé triple ou quadruple, les 3 ou 4 branches tordues et cirées à la poix blanche. Le tracé des piqûres se fait au moyen de griffes; on emploie 2 griffes : la griffe n° 10, qui marque 10 points au pouce (28 millimètres), et la griffe n° 8, qui en marque 8.
Les alênes servant à faire les trous donnant passage au fil dans le cuir ont vingt dixièmes de millimètre pour le fil en 3 et vingtcinq dixièmes pour le fil en 4 branches. Toutes les piqûres se font à la main. Les piqûres des faux quartiers, du poitrail, des sacoches (moins les bordures), des courroies, des étrivières et du baudrier sont tracées avec la griffe n° 8 et faites avec du fil en 4 branches ; celles des bordures, des panneaux et des bordures de sacoches avec la griffe n° 8 et du fil en 3; et celles des poches à fers et des brides, licols ou colliers, avec la griffe n° 10 et du fil en 3 branches.