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CONSTRUCTION DE LA SELLE

1. — Construction des arçons. La dimension des arçons est basée d'après une classification générale de modèles basés sur les proportions des chevaux ; ou bien le sellier prend les mesures de l'animal avec son compas, composé de 2 branches de bois courbées à la forme de dos de cheval, et une règle graduée, au niveau du garrot et à la hauteur des reins. L'arçonnier débite son bois à la scie, en lui donnant la forme des arçons, il les dégrossit et les façonne à la hachette, à l'essette et à la râpe à bois; il assemble les pièces et les colle. Les arçons se composent de 7 ou 9 ou même 12 pièces; l'arçon de devant comprend les 2 pointes de devant appelées galme et les 2 lièges; celui de derrière est composé des 2 pointes de derrière , des 2 pontets et des pointes de tronssequin .

On donne le nom ^arcade à la voûte formée par les 2 pointes de devant ou de derrière; l'arcade et la galme réunis forment le collet.

Les arçons préparés, on les pose sous les fausses bandes; les fausses bandes sont des règles de bois ayant une extrémité percée de 3 ou

4 petits trous et l'autre d'une petite mortaise à jour, servant à déterminer la position des arçons et à les placer à la distance qui doit les séparer, en tenant place des vraies bandes. On cloue ces fausses bandes, par leurs trous, sur les pointes des arçons; on place au milieu une troisième fausse bande, percée de trous à ses 2 extrémités, pour maintenir le tout en position assurée.

On prépare les bandes, on les ajuste, et on les assemble aux arçons par un collage à mi-bois. Lorsque la colle est sèche, on' enlève les fausses bandes, et la charpente de la selle est terminée.

On passe ensuite à la nervure, qui consiste à garnir de fils de nerf de bœuf, ou de chanvre pour les articles moins soignés, enduits de colle forte, les différentes pièces des arçons dans le sens de leur longueur; on passe dessus un polissoir en os, nommé Lisette, pour unir et finir.

Vient après Yencuirage, opération par laquelle on recouvre les différentes pièces de l'arçon avec des morceaux de toile en treillis, découpés sur la mesure de chacune, et collés à la colle forte claire ou la colle de pâte, puis terminées à la lisette.

On pose les ferrures, on sangle et on faux-siège.

On sangle en clouant entre les 2 bandes, d'un arçon à l'autre, dessus ou dessous, 2 sangles croisées l'une sur l'autre; on fauxsiège en clouant sur les bandes et sur les arçons une toile tendue qui recouvre le tout.

2. — Matelassure. — Le siège est coupé dans le cuir ou la peau à ce destiné à la forme et aux dessins demandés, on y pose la doublure un peu large pour faciliter la matelassure ; on met entre les deux du crin ou de la bourre très pressée, ou quelquefois de la laine comprimée. On coud en leurs lieu et place le troussequin et le chaperon (ou le dossier si c'est une selle de dame) et on les bourre en feutré.

On place le siège sur le faux siège, entre les arçons; on fixe le derrière par une couture piquée le long delà base du troussequin, puis le devant de la même manière ; on réserve dans cette couture quelques ouvertures par lesquelles on introduit la matelassure, crin ou bourre pressée.

3. — Les quartiers. — On prend une basane (peau de mouton tan-

née), on l'étend et la cloue sur une plate-forme, on passe dessus une couche de colle de pâte, et on y applique dessus un morceau de toile de même dimension que la peau, on passe la lisse pour effacer les plis et on laisse sécher; on décloue et on découpe les quartiers à la forme demandée ; une peau de mouton fait ordinaiment les 2 quartiers d'une selle. On colle dessus ces quartiers des étoffes d'ornementation, velours, drap ou cuir de Russie, en observant les mêmes précautions que pour la doublure.

Quelquefois les quartiers sont bombés comme ceux des selles de chasse ou des selles anglaises, à cet effet, on les passe au cylindre, avant leur complète dessiccation, on remplit le creux avec du crin que l'on maintient par un morceau de toile collé par ses bords.

On passe ensuite à la doublure des quartiers; cette doublure se nomme faux quartiers. On la fait avec une étoffe ou une peau douce de même forme que les quartiers, sous lesquels elle se maintient collée et clouée sous le siège. Ces faux quartiers sont de véritables panneaux, bourrés de laine, pour garantir le cheval du frottement.

Les panneaux que l'on place sous l'arçon sont confectionnés de même que les faux quartiers.

Enfin on place comme accessoires de la selle les couvertures, tapis et chabraques, placés sur le dos du cheval avec des formes, dispositions et matières diverses.

4. — Ornements. — Les selles sont décorées par des tracés en points de cordonnets et piquées à la main avec du lîl n° 8. On orne aussi les selles par des dessins en creux tracés par des cornettes ou de la rosette.

On commence par tracer le dessin. Si c'est un modèle courant? simple et souvent répété, on se sert de gabarits en cuir ferme qu'on place où il faut et dont on trace les contours avec un crayon. Lorsqu'on a un modèle donné à reproduire, on trace celui-ci sur une feuille de papier fort, on fait des piqûres avec l'alêne, dans le papier, tout le long du dessin ; on applique le papier ainsi troué sur la pièce à décorer, on frotte dessus avec un nouet (sachet en toile claire) de chaux éteinte en poudre fine ; on enlève le papier, et le dessin apparaît en pointillé blanc sur le cuir. On trace ensuite, avec la cornette courbe, les traits du dessin, en appuyant pour produire

une rainure dans le cuir. La cornette peut être simple ou louble et produire des dessins ou des traits simples ou doubles. La fausse cornette, ou cornette à 2 pointes émoussées, sert à ombrer 't le

Fig. 128. — Outils divers pour travailler le cuir.

1. Couteau a pied à manche droit. — 2. Couteau à pied à manche courbé. — 3. Couteau a pied à manche courbé à talon. — 4 Couteau à pied à 2 manches. — o. Cornettes. — 0. Couteau à main, pointe carrée. 7. Couteau à main, pointe au milieu. — 8, Couteau à main, pointe à la turc. — 9. Couteau à main, pointe renversée. — 10. Couteau à main, pointe cintrée. — 11. Couteau a main, pointe courbe. — ■ 12. Couteau carré. — 13. Grattoir à préparer les jonctions. — 14. Serpette. — 15. Abat-quart — 16. Alêne ronde. — 17. Alêne à angles vifs. — 18. Pince en bois. — 19. Couteau à parer. — 20. Tranchet — 21. Roulette pour fiusse couture. — 22. Outil pour fausse boutonnière. — 23. Outil à faire les plis. — 24. H jsette. — 25. Outil a découper les rondelles de cuir de toutes grandeurs. — 26. Couteau à doler.

dessin en produisant des traits fins et serrés dans le corps du dessin.

On se sert, pour reproduire des fleurs , des feuilles et autres dessins souvent répétés, de petites matrices nommées rosettes ayant le dessin en relief et qu'on imprime en frappant dessus avec un maillet.

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