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CHAPITRE VI

GANTERIE

4 . — Fabrication. — Les gants sont fabriqués avec des peaux de chevreau pour les produits lins et avec des peaux de mouton et d'agneau pour la ganterie ordinaire. Les gants glacés et les gants de Suède sont faits avec des peaux mégissées et les gants de daim et de castor se fabriquent avec des peaux chamoisées.

La première opération du gantier est le pavage qui se fait à la lunette ou avec le couteau à parer du gantier représenté dans la figure 428. Les peaux sont ensuite mouillées du côté de la chair avec une brosse, pliées en deux, fleur contre fleur et mises en presse les unes sur les autres pour les mettre en humeur ; on les étend de nouveau puis on les déborde. Le débordage a pour but d'ouvrir et d'étirer les bords; cette opération se fait en les palissonnant sur le bord du marbre de la table.

Les peaux sont ensuite découpées en rectangles nommés étavillons.

Chaque étavillon est étendu sur le marbre, la chair en dessus, et paré avec le couteau à doler (fig. 428) à large lame bien affilée, que Ton tient fortement couché ; cette opération est le dolagc ; elle a pour but de bien égaliser la peau en l'amincissant dans les parties fortes et en recoulant de la peau dans les parties faibles et à lui communiquer une grande souplesse par un étirage proportionné.

On applique deux étavillons l'un sur l'autre du côté de la fleur, après les avoir légèrement humectés pour qu'ils adhèrent ensemble. Au moyen d'emporte-pièce à plusieurs lames tranchantes, on fend ces peaux à des distances marquant la séparation des doigts et lo trou rond sur lequel le pouce sera rapporte ; remporte-

pièce est muni de peignes qui impriment en même temps les trous de couture. La machine Jouvin découpe les 5 doigts dans la même peau.

On rapproche les doigts d'une autre peau découpée pour former le gant, on les réunit les uns aux autres appelés soucarts ou fourchettes, découpés à part dans des morceaux de rebut.

Les gants sont ensuite cousus ou piqués à la machine à raison de 2,500 points par gant. Ils sont dressés en introduisant dans chaque doigt une baguette de bois verni recouverte de poudre de savon, le tournant et l'étirant pour abattre les coutures ; la main et le poignet sont étirés sur les boules de la demoiselle (espèce de main en bois).

Les gants étirés sont enveloppés dans vin linge mouillé et battus pour les adoucir ; on les met en presse et ils sont terminés.

Les gants sont ensuite parfumés. Les gants parfumés à la mode de Provence sont étendus dans une caisse, en alternant avec des fleurs, comme un couchage en fosse. Toutes les vingt-quatre heures on change les fleurs et on étend les gants une heure sur des cordes. On donne 7 à 8 fleurs. La méthode la plus employée consiste à frotter les gants avec une huile ou graisse parfumée.

La France occupe le premier rang pour la confection des gants de toutes sortes. L'Autriche et l'Allemagne fabriquent spécialement les peaux de chevreau : Vienne et Prague sont les centres. Les Etats-Unis produisent aussi beaucoup de gants, plusieurs villes en ont le monopole, ce sont : Gloversville, Johnstonw, Hamilton, Saratoga, Montgoméry ; il y existe 300 fabriques, occupant 25,000 personnes et produisant pour 10 millions.

Le port du gant de peau a été prescrit aux soldats français sous l'administration du général Farre, sur l'insistance de M. Antonin Proust, député des Deux-Sèvres, par décision du 2 1 juillet 1881. Cette décision a été abrogée le 28 octobre 1882.

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