I. — RENDEMENT
Nous avons déjà dit ce que rendaient 100 kilos de cuir frais de boucherie, écharné, ébourré et complètement travaillé de rivière : 25 kilos sec à fond. Les peaux grasses ne donnent que 22 kilos, tandis que les peaux maigres, provenant d'animaux jeunes et vigoureux, donnent 26 kilos.
Le poids du tannin absorbé est sensiblement égal au poids de cette peau sèche. Ainsi 100 kilos de cuir frais de boucherie, donnant 25 kilos de cuir sec à fond, rapportent après le tannage 50 kilos. Le rendement est donc de 50 p. 100.
Le rendement des cuirs frais de boucherie est en moyenne de 47 p. 100 pratiquement.
Le rendement des cuirs frais salés est enmoyenue de 52 p. 100 pratiquement. Le rendement des cuirs secs est en moyenne de 125 p. 100 pratiquement.
Un cuir donne d'autant plus de rendement qu'il provient d'un animal plus jeune et plus vigoureux. Les cuirs, qui ont les flancs creux et le dos plat, sont d'un mauvais rapport, tandis que ceux qui ont des flancs bien pleins et les dos ronds sont d'un bon rapport.
Le rendement varie également avec la nature des matières tannantes employées dans le tannage. Tout le monde sait que le tannin pur n'est pas apte à transformer la peau en cuir, qu'il ne donnerait aucun rendement ; ce sont les matières étrangères que l'on rencontre dans les écorces ou les végétaux tannants qui communiquent aux cuirs leur qualité, leur dureté, leur souplesse et
leur rendement. Sous ce rapport, les extraits donnent un rendement supérieur parce qu'ils renferment davantage de ces matières étrangères.
La manière de tanner exigée par chaque façon modifie le rendement, ainsi, le fabricant de cuir noir obtiendra des rendements plus forts que le fabricant de lisse. Chaque tanneur a un rendement particulier.
On augmente le rendement par l'agitation du liquide ou des peaux, l'emploi de la chaleur, le gonllement démesuré par les acides, etc., etc.
Mais, on ne peut pas augmenter le rendement d'une façon illimitée que l'acheteur impose indirectement au tanneur. JJn fabricant de chaussures, par exemple, retire un nombre déterminé de semelles d'une peau de bœuf dont le rendement a été de 47 p. 100 ; si le tanneur lui vend une même peau dont le rendement aura été de 50 p. 100, le fabricant ne retirera que le môme nombre de semelles d'une peau qui pèse 3 kilos plus cher. L'acheteur est donc un régulateur, ce qui n'empêche pas certaines gens de frauder par addition de matières plombantes en négligeant certaines opérations de tannerie.