‹ Traité pratique de la fabrication des cuirs et du travail des peauxChapitre 73 sur 221 · III. — DÉCOLORATION DES CUIRS · texte numérisé non relu

III. — DÉCOLORATION DES CUIRS

Lorsque les cuirs ont été tannés avec d'autres tannins que celui de Fécorce, la couleur est différente et plus ou moins foncée; lorsqu'on a employé les extraits, la coloration rouge brun désagréable est particulièrement marquée; lorsque les cuirs ont été brûlés de chaux ou surpris par le tannage ils ne possèdent pas une couleur normale ; on a cherché de nombreux moyens pour ramener ces cuirs à la couleur de ceux tannés au tan. Voici les procédés qui ont donné de bons résultats :

1. — Hypochlorite d'aluminium. — Pour préparer ce corps, on décompose 150 parties de sulfate d'aluminium dans 500 d'eau par 100 parties de chlorure de chaux dans 1,500 d'eau; il se forme un précipité de sulfate de chaux qu'on décante ou qu'on filtre et on se sert de la dissolution que l'on passe sur les peaux. On obtient de bons résultats. Ce procédé avait été préconisé en 1859 par Orioli pour le blanchiment de la pâte à papier.

2. — Eau oxygénée. — L'eau oxygénée du commerce à 3 p. 100 d'oxygène ou 10 volumes décolore très bien le cuir en ayant soin

de prendre les précautions suivantes : on ajoute à l'eau oxygénée 3 p. 100 d'ammoniaque, puis on imbibe bien la peau avec cette eau; on les soumet ensuite à l'action desséchante d'un courant d'air dont la température ne doit pas dépasser 20 degrés centigrades. Le blanchiment progresse énergiquement pendant l'évaporation de l'eau et la concentration de la solution. Si la décoloration n'est pas suffisante, on répète l'opération une seconde fois.

3. — Permanganate de potasse. — On traite les peaux avec une solution à 2 p. 100 de permanganate de potasse, que l'on frotte bien avec une éponge, on les lave à l'eau claire, puis on y passe une solution d'acide sulfureux, qui opère un blanchiment presque instantané (Barreswill).

4. — Hydrosulfite de soude. — On prépare ce corps en traitant dans un tonneau fermé une dissolution de bisulfite de soude par de la grenaille ou des copeaux de zinc, ou plus rapidement par la poudre de zinc. Il convient mieux d'opérer dans un petit tonneau de 20 litres environ, muni d'un robinet de bois. On introduit dedans de la tournure de zinc propre, puis on y versera le bisulfite dessus, de manière à remplir le tonneau; on le bouche avec un bouchon portant un trou dans son milieu. On place le tonneau dans un lieu frais, à la cave, et au bout de trois ou quatre heures l'hydrosulfite est prêt. On l'emploie directement en le passant rapidement sur les peaux avec une éponge. On ne doit préparer l'hydrosulfite qu'au moment même de l'employer; on ne doit pas le conserver pour le lendemain; il perd considérablement de sa force.

5. — Chlorozone. — Ce corps, découvert par Dienheim-Brochowski, est un décolorant énergique. C'est un hypochlorite de sodium peroxydé, obtenu en saturant à froid une solution de soude caustique par un courant d'acide hypochloreux uni à un courant d'air; on prépare l'acide hypochloreux en faisant agir l'acide chlorhydrique sur le chlorure de chaux du commerce. On le passe sur la peau, en le neutralisant par quelques gouttes d'acide sulfurique.

6. — Sel d'étain. — Beaucoup de tanneurs emploient le sel d'étain (protochlorure d etain) pour donner une plus belle apparence à leurs cuirs.

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