I. — ESSORAGE ET DÉFONÇA G E
1. — Essorage. — Lorsque la tannerie est liée à la corroierie, on lève les veaux de fosse, on les bat à la baguette pour enlever la tannée, qui reste adhérente à la chair, puis on les monte au séchoir à air libre, où on les laisse essorer, c'est-à-dire perdre une partie de leur humidité. On doit surveiller avec soin de façon que les collets et les extrémités restent au même degré de sèche que les tôtes et les noyaux. On les étend, on les met en pile et un apprenti les brosse sur Heur et sur chair.
Dans les grandes fabriques qui possèdent un matériel complet, on place 100 à 150 peaux sous la presse hydraulique, et l'énergique pression qu'elles reçoivent suffît pour les sécher et économiser un temps considérable. La pression doit être lente et progressive ; si elle était trop brusque, on risquerait de voir noircir les cuirs.
2. — Défonçage. — Lorsque la tannerie est séparée de la corroierie, les peaux que le corroyeur reçoit sont sèches et dures; ce sont des veaux en croûte; on leur fait subir le défonçage. On les trempe dans un grand baquet d'eau, on les laisse séjourner quelques heures, puis on les porte sur la table de pierre, sur laquelle on les étend, et on leur fait subir un étirage pour les ramener à être maniables dans les opérations suivantes.
On exécute d'ordinaire cette opération au moyen d'un foulon identique à celui que nous décrivons pour vider de chaux; on commence à sec, ce qui amène toutes les parties adhérentes au cuir
à se détacher, on continue avec beaucoup d'eau pendant vingt minutes. On doit aller jusqu'à ce que les eaux coulent limpides. Lorsqu'on a des cuirs chargés au glucose, sulfate de magnésie, chlorure de baryum, on doit pousser le foulage à fond pour vider les peaux de tous ces ingrédients nuisibles aux opérations ultérieures du corroyage; c'est alors une perte pour L'acheteur, mais il aura à prendre garde une autre fois.