VIII. FINISSAGE
Nous arrivons à l'opération la plus délicate de la fabrication du veau ciré, les dernières façons qui doivent lui donner l'apparence, le coup d'œil, le toucher et le fini demandés par l'acheteur.
Le finissage est, pour nous, la plus difficile de toutes les façons de la peau, les bons finisseurs sont rares ; nous y attachons davantage de prix qu'un bon blanchissage, quoique l'un et l'autre soient nécessaires pour obtenir un bon finissage.
Mais, le finissage est lié à tellement de conditions, à tellement d'influences, que, souvent, le corroyeur le plus habile pour les autres manipulations de la peau devient un ouvrier très médiocre pour le finissage ; nous allons entrer dans tous les développements nécessaires sur cette importante question.
1. — Préparation de la colle. — On fait bouillir avec de l'eau de la peau de gant ; les rognures de peau de chevreau sont celles qui donnent les meilleurs résultats ; les gantiers de Grenoble la
ramassent avec soin pour la vendre aux corroyeurs. On devra choisir cette colle avec soin, n'y laisser aucune trace de papier ni d'étoffe, ni de peaux de chamois ; cette dernière donne une colle qui est beaucoup trop grasse. Les meilleures peaux de gant de Grenoble donnent un résidu de 15 p. 100. La peau de gant choisie est mise dans un cylindre d'osier de 1 mètre de long sur 50 centimètres de diamètre, traversé par un arbre longitudinal que Ton pose sur les 2 tourillons d'une cuve à la manière d'une coudreuse ; la cuve étant remplie d'eau, on fait tourner le cylindre dans lequel on a mis la peau de gant par une ouverture longitudinale du cylindre recouverte par un couvercle pendant la marche. On la lave ainsi une bonne heure, pour enlever les poussières et autres matières étrangères souillant la peau de gant. On retire la peau du cylindre et on la met tremper une nuit dans de l'eau claire.
Dans une chaudière en fonte, on met 100 litres d'eau et 20 kilos de peau de gant lavée, on ajoute 200 grammes de savon blanc et l'on fait bouillir six heures consécutivement sans s'arrêter, en renouvelant l'eau au fur et à mesure qu'elle s'évapore. Le savon blanc est ajouté ici pour neutraliser l'effet de l'alun et autres mordants qui se trouvent dedans ou dessus la peau pour la colorer. La colle pourrait se faire en quatre heures comme nous l'avons maintes fois constaté, mais elle n'est pas assez liante et pas assez forte ; si l'on chauffait plus de six heures, la colle serait trop cassante ; cinq à six heures est une bonne moyenne, tout en donnant le maximum de rendement.
Après cela, on filtre la colle ; on se sert pour cela de 3 filtres allant continuellement en diminuant de grosseur ; le filtre supérieur est gros, pour retenir seulement les gros morceaux de peau, le filtre moyen vient ensuite pour retenir les grumeaux et le filtre inférieur pour retenir les fines poussières. Ces filtres sont de simples cadres en bois de 50 centimètres de hauteur au fond desquels on a mis des toiles métalliques ; la première grosse et carrée, la dernière fine et croisée ; ces filtres s'emboîtent exactement les uns dans les autres.
Ces filtres sont placés au milieu de la cuve dans laquelle on veut recevoir la colle et la laisser prendre ; cette cuve a 60 centi-
mètres de hauteur sur 50 de largeur, portant 2 échancrures dans lesquelles on met 5 barres parallèles, sur lesquelles on fait reposer les filtres ; la dimension de ces petites cuves est juste celle nécessaire pour contenir une opération de 100 kilos de colle ; lorsqu'on a davantage de colle, on coule dans 2, 3, o cuves semblables. Cette disposition est celle qui permet mieux le refroidissement et la séparation des couches de colle.
On les transporte dans un lieu frais, une cave propre, et on les laisse se prendre. Pour empêcher la colle de se gâter, on ajoute du sulfate de zinc 0,5 p. 100, du bichlorure dé mercure 0,5 p. 100. Pendant la coulée de la colle, on ne doit pas remuer les filtres pour activer l'écoulement, on ferait passer des poussières gluantes dans la colle ; lorsque les filtres sont obstrués, on arrête l'écoulement de la colle, on les laisse égoutter, on les brosse avec une brosse en fils métalliques en s'aidant de l'eau bouillante. Les fabricants qui le pourront feront bien de faire arriver un jet de vapeur en dessous des filtres ; c'est une bonne précaution qui nous a toujours donné de bons résultats.
Le marc de la colle est mis à bouillir une heure dans l'eau pour l'épuiser, et cinq heures seulement avec de la peau de gant nouvelle, et ainsi de suite.
La colle demande douze heures pour se prendre en hiver et vingt-quatre heures en été.
1 kilo de peau de gant donne 5 kilos de colle.
Dans les baquets, la colle se sépare en 3 couches : la première brillante, à cassure également brillante, constitue la moitié de hauteur, la seconde pâteuse, grenue, constitue les trois quarts du reste, et enfin une couche au fond, terreuse, grenue, que l'on jette au marc pour être bouillie. On met à part un tiers de la colle brillante qui servira à passer en dernière ; le reste servira à confectionner la pâte.
2. — Préparation de la pâte. — La pâte est un mélange intime de suif et de colle employé pour garnir les aspérités de la peau et la rendre parfaitement lisse. C'est la préparation de cette pâte qui constitue une des plus grandes difficultés du finissage.
La gélatine étant prise, on la divise en petites particules; l'ou-
vrier finisseur en place 500 grammes environ dans une toile claire, il reunit les bords de la toile de manière à en faire une poupée, puis avec sa main droite il force sa colle à passer au travers de la toile ; chaque maille de toile laisse passer un boudin de colle très dilué ; un second passage donne une pâte de colle très douce.
On prend du suif de mouton, on le coule dans un cylindre de fer-blanc de manière à avoir un pain de suif ayant 25 centimètres de hauteur sur 50 centimètres de diamètre. L'ouvrier pose le pain sur la table et avec une étire enlève les impuretés de la surface et des bords, ensuite il racle le pain circulairement de façon à détacher chaque fois une mince pellicule de suif ; lorsqu'il juge qu'il a suffisamment du suif, il le broie activement sur le zinc avec la main de manière à ramener à l'état pâteux ; la chaleur de la main le ramollit considérablement et facilite l'opération.
L'ouvrier prend volumes égaux de suif et de gélatine et les incorpore l'un dans l'autre en ne remuant qu'avec les doigts, de manière à avoir un mélange pas trop intime, mais suffisant cependant pour qu'il n'y ait plus de séparation : on doit éviter de remuer le mélange trop longtemps, sans quoi il tombe, c'est-à-dire qu'en s'échauffant la gélatine devient liquide et se sépare du suif.
On se sert pour faire ce mélange d'un bat-colle, instrument d'une grande simplicité, qui se compose d'un morceau de bois dur de 20 centimètres de long sur 7 centimètres de hauteur et 5 de largeur ; sa partie inférieure est légèrement courbée ; on écrase la colle et le suif avec cette courbure. De l'avis des bons finisseurs, ils aiment mieux se servir de la pâte préparée à la main êt nous sommes de leur avis. Nous avons remarqué que lorsque l'ouvrier broie son suif, il le fait mousser avec ses mains ; il y a une interposition d'air notable qui diminue de beaucoup la dureté du suif et facilite son mélange avec la gélatine ; cet air joue un grand rôle dans l'emploi de la pâte, il permet d'avoir une pâte plus glissante et mieux nourrie ; le bat-colle ne peut pas lui donner cette préparation émulsive.
La pâte que les ouvriers appellent première colle doit répondre aux nombreuses exigences et conditions suivantes pour être applicable avec succès :
1° La colle doit être fabriquée avec de la peau de gant, princi-
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paiement de chevreau ; toute autre gélatine ne saurait convenir.
2° La colle ne doit pas être putréfiée ni avoir reçu un commencement de liquéfaction ; on y remédie par l'emploi d'antiseptiques dans la colle de manière à la conserver dure et ferme.
3° Le suif doit être broyé à la main avec émulsion d'air ; il ne doit renfermer aucun grumeau.
4° La colle doit être divisée intimement par plusieurs passages dans une toile.
5° La température pour fabriquer la pâte doit être de 20 degrés et toujours régulière ; elle doit être la même que la température de son emploi ; dans les ateliers bien organisés on réunit toujours ces conditions; sous l'influence d'une trop grande chaleur, la pâte ne peut pas se lier, elle tombe constamment, aussi voit-on dans l'été les ouvriers fabriquer leur pâte de grand matin, souvent après avoir fait durcir leur colle en l'entourant d'eau fraîche ; sous l'influence du froid le suif est trop dur et ne peut pas se lier avec la colle, la colle reste en grumeaux et la pâte est inemployable.
6° Le mélange ne doit se faire que naturellement, par le simple contact de la colle et du suif, sans action d'aucune pression ou d'aucune propulsion mécanique violente. Le mélange doit se faire en tournant lentement la gélatine au milieu du suif, en ramenant les bords du tas au milieu, en recommençant jusqu'à parfait liage.
7° Les doigts d'un ouvrier sont les meilleurs agitateurs mais il ne faut pas qu'il ait le sang trop chaud, qu'il se soit mis en goguette la veille, comme le disent ses camarades, et qu'il ne soit pas trop vif. Ces observations quoique ridicules sont toutes des vérités qu'on ne peut apprécier qu'en se mettant à l'œuvre. L'auteur réussit ordinairement bien la pâte, son caractère étant paisible et ayant beaucoup de patience.
Les ouvriers qui ne peuvent réussir se servent d'un peigne avec lequel ils remuent la masse.
8° Le mélange doit se faire volume égal de colle et de suif, ou en poids 60 de colle et 40 de suif ; plus de suif, la pâte tire sous la brosse et ne peut s'étendre, si on y parvient avec beaucoup de peine, la pâte roulera sous la glace et le finissage tachera ; si la colle dominait par trop, la pâte ne garnirait pas et la pâte ne se glacerait pas.
9° Lorsque les peaux sont bien nourries, on doit mettre moins de suif dans la colle, sans cette précaution la pâte roulerait sous la glace et le finissage tâcherait. Au contraire lorsque les peaux sont peu nourries, on doit forcer la pâte en suif sans quoi le suif serait absorbé par la peau et le finissage baisserait.
10° La pâte doit se faire le jour môme de remploi, surtout l'été, on ne doit pas se servir d'une pâte de la veille.
11° Sous la brosse elle doit glisser, et plus on frotte plus elle doit devenir liquide sans se séparer. Lorsqu'une pâte est mal faite, elle tire, fécule sur la peau ou encore se sépare, c'est-à-dire que le suif reste dans la brosse et la gélatine se liquéfie sur la peau. La brosse doit peu se crasser, ni durcir après son emploi.
Yoici le moyen de reconnaître qu'une pâte est bien réussie et qu'elle s'appliquera aisément sur la peau : en prendre la valeur de 2 grammes avec l'index de la main droite, et le frotter dans le creux de la main gauche ; après 4 ou 5 tours la pâte doit devenir liquide et rester liquide tant que durera le frottement ; si le suif s'attache à la peau de la main et que la gélatine apparaît par places liquides, si on sent une résistance apparente du doigt à tourner dans la main on peut conjecturer que la pâte s'appliquera difficilement sur la peau ou pas du tout.
12° La pâte doit faire un seul et même corps avec le cirage : elle ne doit pas laver celui-ci ni s'en détacher.
13° La pâte appliquée sur la peau doit sécher pas trop rapidement, en vingt minutes ; elle doit, quoique sèche, être malléable et facilement s'écraser sous la glace ; un trop grand excès de colle la rend dure, trop de suif la rend molle.
Au glaçage la pâte ne doit pas tirer, elle doit s'écraser et se lier avec elle-même ; lorsqu'elle roule sous la glace, cela indique trop de suif ou une colle trop faible.
3. — Préparation mécanique de la pâte. — Dans les grandes manufactures où l'on a 100 à 200 kilos de pâte à faire par jour, on a cherché à la faire mécaniquement et aussi pour parer aux inconvénients de non-réussite.
La gélatine est placée dans un cylindre en tôle dont le fond est garni d'une toile métallique en cuivre; un piston bien ajusté
se meut dans le cylindre au moyen d'un pignon et d'une crémaillère. Le cylindre est placé horizontalement sur la table, il porte une ouverture sur son pourtour, qui peut se fermer exactement avec un couvercle arrondi. Par cette ouverture on introduit la gélatine à presser et le piston la force à passer à travers la toile métallique où elle se divise. On l'a fait passer 2 et même 3 fois.
Fig. GG.
Le broyage du suif s'opère dans un moulin analogue au moulin à café. L'appareil se compose d'un fort bâti en fonte A A A au milieu duquel est ajusté un arbre, B B, actionnée par une roue dentée C, commandée par le pignon D et la manivelle E. Ce cylindre porte un cône M, à l'extrémité duquel s'en trouve un second N, renversé. Ces cônes sont en bois dur et portent des rainures hélicoïdales, ayant 2 centimètres de largeur et de profondeur, à la partie supérieure, et allant continuellement en se rétrécissant de sorte que arrivées à la partie inférieure du cône N, elles n'ont plus qu'un demi-millimètre de largeur et de profondeur. Ces cônes ne s'emboîtent pas exactement avec la face interne
du cône du bâti, ils laissent entre eux un espace de 5 centimètres en K, c'est-à-dire à la partie supérieure, et n'ont qu'un quart de millimètre en P, à la partie inférieure. Les rebords du bâti et la surface supérieure du cône forment une cuvette 0 0 sur laquelle on met le suif à broyer. Le corps gras est entraîné par les spires du cône M, il se broie de plus en plus au fur et à mesure qu'il avance dans l'espace K P et dans les spires de plus en plus étroites, finalement, il tombe dans le récipient R, oùonl'examine, et le refait passer une seconde fois s'il n'est pas dans les conditions voulues.
Le mélange du suif et de la colle ainsi broyés se fait dans une cuve très cylindrique et à fond plat ; elle porte à son milieu un axe tournant commandé par un engrenage d'angle et une manivelle ; cet axe porte deux bras horizontaux au niveau du bord supérieur de la cuve, chaque bras est muni de 6 chevilles en bois, rondes, allant jusqu'au fond de la cuve, faisant fonction de râteaux. On place la colle et le suif dans la cuve, puis on fait tourner les râteaux 40 tours d'un côté et 10 tours de l'autre jusqu'à parfait mélange.
4. — Emploi de la pâte. — On met le veau ciré sur la table, on lui donne un coup de brosse à main pour enlever la poussière et les boulettes de cirage; on prend une brosse mi-douce, on prend de la pâte à l'une des extrémités, par places, puis, la prenant des deux mains, on frotte avec vigueur perpendiculairement à la raie du dos pour bien liquéfier la pâte. On met plus de pâte sur les mâles que sur les femelles, et davantage sur les flancs et les gorges que sur le noyau. On frotte avec la brosse de façon à faire des 8 couchés sur la peau et on égalise par des coups de brosse perpendiculaires à la raie du dos. On retourne le veau, on fait la môme opération de l'autre côté ; finalement, on passe au milieu un coup de brosse dans le sens de la raie.
On suspend le veau au moyen d'un crochet et d'un petit trou, pratiqué à l'emporte-piècc au milieu de la gorge, à une tringle de fer horizontale.
En été on ne laisse les veaux suspendus que le temps de passer trois ou quatre veaux en pâte, soit douze à quinze minutes ; en hiver le temps de passer six veaux, soit vingt-cinq minutes. On
détend les veaux on les plie en deux la fleur en dedans, et on les met en pile sur le tréteau. On les laisse en pâte dans cet état de cinq à six heures au moins.
5. — Glaçage. — On glace les gros veaux sur une table en marbre, les moyens sur une table de noyer recouverte ou non d'un zinc ; pour glacer les petits veaux, on se sert souvent d'un tapis de cuir sur lequel on passe du talc pour empêcher l'adhérence des peaux. On étend donc les veaux sur la table, et au moyen d'une glace, c'est-à-dire d'un instrument ressemblant à une queurse mais dont l'ardoise a été remplacée par une lame de verre épaisse de 1 centimètre et terminée sur la tranche par un demicercle ; on s'en sert comme d'une étire. On glace les veaux en travers, c'est-à-dire perpendiculairement ou obliquement aux raies de pâte laissées par la brosse ; souvent on croise ses coups lorsque le travail le demande ; on commence par le collet et on finit par la culée.
6. — Passage de la première colle. — On prend de la gélatine brillante que l'on a levée de dessus la colle, on la fait fondre, on l'étend d'un quart d'eau, et on y ajoute 10 à 12 p. 100 de saindoux que l'on incorpore comme pour préparer la pâte. On prend le veau glacé, on l'étalé sur la table, la gorge en haut, et avec une éponge que l'on trempe dans la colle, l'on frotte sur la peau perpendiculairement à la raie du dos, et on descend insensiblement jusque vers la culée. On accroche le veau à la tringle et on le laisse sécher au moins douze heures à l'abri de la poussière.
Les veaux sont terminés, ils doivent avoir un brillant mat, d'un noir foncé et ne doivent pas tacher, c'est-à-dire que, lorsqu'on y passe le doigt dessus, il ne doit pas laisser de traces.
1. — Finissage mécanique. — En Angleterre on finit les veaux à la mécanique ; pour cela ils sont mis sur une machine analogue â une machine d'imprimerie; la peau est pincée, puis entraînée sur un système de rouleaux, où elle présente les différentes parties de sa surface à une brosse qui les cire; de là, elle va sur une table,
iNDUéTRtE DES GUlRS ET DES PEAUX. 18
on lui incorpore une pâte à base de suif, à chaud ; le glaçage s'opère entre 2 cylindres en caoutchouc et le finissage se fait à l'éponge. Toute cette machine est composée d'organes essentiellement connus. Malheureusement les peaux ainsi traitées, malgré leur plus beau coup d'ceil, n'ont pas la solidité des peaux préparées à la méthode française.
8. — Rendement. — Sur les veaux de moyenne grandeur on passe ordinairement :
400 grammes de cirage.
200 de pâte.
400 — de gélatine.
Ces 700 grammes de matières passées sur chaque peau laissent sur cette dernière un poids net de 500 grammes, soit de 70 p. 100. Par le finissage la peau augmente de ;> p. 100 de son poids.
Quelques corroyeurs ajoutent des matières plombantes au cirage ou dans la pâte pour avoir un plus grand rapport ; dans ce cas le finissage se ternit et devient terreux.
TX. FINISSAGE A LA POUDRE
Ce finissage est un moyen plus expéditif que celui que nous venons de décrire, il n'a pas les difficultés de travail de celui à la pâte, son aspect est aussi beau, mais il ne se conserve pas aussi longtemps, On l'emploie lorsque les peaux sont destinées à être converties directement en tiges.
La poudre que l'on emploie est du talc extrêmement fin, blutée si on le peut à travers la flanelle. Comme cette poudre est blanche, une bonne précaution est de la teindre en noir. Pour cela, on la fait tremper dans un bain de tannin, puis dans un bain de pyrolignitc de fer et de vert-de-gris ; on filtre sur la flanelle, on sèche la poudre.
Les veaux sont cirés avec un cirage gras; le cirage anglais donne de bons résultats; on cire gras, c'est-à-dire avec beaucoup de cirage (000 grammes par peau). On laisse un jour sous cirage ensuite on passe en poudre. La peau étant étendue sur la table,
on y répand du talc dessus, puis, avec la brosse à main, on le frotte légèrement sur la peau, en soignant bien toutes les parties^ On brosse la peau pour mettre de côté le talc non resté adhérent au cirage. On plie les peaux, on les empile et on les laisse sous poudre un jour.
Avec rune brosse semblable à celle que Ton passe en pâte, on brosse le cirage et le talc en faisant les mêmes façons que si Ton passait en pate, on glace, on passe en dernière colle. La dernière colle doit être plus grasse, 20 p. 100 de saindoux.
On a remplacé le talc par de la poudre de savon et on a obtenu un finissage d'une grande beauté. Les manipulations sont les mêmes qu'avec le talc.