I. FINISSAGE EN IÎLANC
1. — Pâte en blanc. — Cette pâte est un amalgame de matières collantes et grasses qui a pour but de coller les chairs, de rendre la peau unie et brillante et de donner un certain poids à la peau. Sans nous arrêter aux formules plus ou moins extravagantes employées dans chaque atelier de corroierie et que l'on fait un mystère d'employer à l'exclusion de toute autre, nous donnons ici une des meilleures adoptées par toutes les bonnes maisons de veaux
VEAUX BLANCS
blancs ; nous donnerons après les modifications que Ton peut y apporter :
Eau 20 litres.
Graine de lin 2 kilos.
Cire végétale 1 —
Stéarine 1 —
Suif 1 kil. 500
Savon blanc 3 kilos
Carbonate de potasse 0 kil. 300
Oxyde de zinc 0 kil. 500
Cachou jaune 0 kil. 100
On fait bouillir pendant deux heures la graine de lin choisie dans l'eau pour en faire dissoudre les principes mucilagineux que les graines renferment dans la proportion de 15 p. 100 de leur poids. On filtre bouillant sur un tamis qui ne laisse pas passer les graines. Par refroidissement on a un liquide épais, filant, gluant, qui est ce qu'on appelle la colle de graine de lin.
Ce mucilage a toutes les propriétés de la gomme arabique, mais il est moins transparent et moins cassant ; il donne une colle sèche extrêmement flexible qui est d'un bon emploi sur les cuirs.
Lorsque la graine de lin est cuite et filtrée, on ajoute au mucilage la cire végétale concassée, la stéarine, le suif, le savon râpé, ou en menus copeaux, et la potasse. On fait bouillir le tout pendant deux heures consécutives. Si l'on veut une pâte complètement blanche, on n'ajoute pas de cachou, mais de l'oxyde de zinc ; si au contraire on la veut couleur cuir, on ajoute le cachou et on supprime le blanc de zinc. On laisse refroidir la pâte en l'agitant constamment ; elle devient mi-solide.
2. — Passage en pâte. — On étend la peau sur la table et avec une brosse on y étend la pâte sur toute sa surface, de la même manière que l'on passe en pâte les veaux cirés. Nous devons ajouter que la préparation et le passage en pâte ne présentent aucune difficulté. On suspend les peaux à la tringle pour les faire sécher; ce séchage dure le double et même le triple du séchage de la pâte pour les veaux cirés, une heure environ. On les tombe, on les étend sur la table, on les glace ; le glaçage ne présente aucune
difficulté ; la pâte peut traîner sous la glace sans inconvénient. On les passe à la poudre, en les brossant avec une brosse à main douce avec du talc fin ; on enlève le talc en excès ; on les liège pour faire pénétrer la poudre ; on les glace une seconde fois et finalement on les frotte avec un chiffon de laine.
3. — Nouvelles compositions. — On a remplacé la colle de graine de lin par d'autres mucilages provenant de plantes différentes, comme les graines de coing, différentes algues, notamment le chondrus, l'urvillea et le conferva, les lichens, la mousse de Chine, etc., etc. Une autre composition se passant sur la peau de la même manière, en supprimant le passage en poudre si on le désire, a la composition :
3 litres d'eau.
120 grammes de savon.
60 id. de carbonate de potasse.
400 id. de cire vierge.
150 id. de sucre candi.
60 id. de gomme arabique.
100 id. de suif.
200 id. d'huile de foie de morue.
On fait dissoudre d'abord la gomme dans l'eau bouillante, ensuite le carbonate de potasse, ensuite le savon, la cire, le sucre, le suif et on ajoute l'huile. On fait bouillir jusqu'à ce qu'on ait une pâte faisant un seul et même corps, une heure à une heure et demie environ. Cette composition donne un beau brillant à la peau.
4. — Cirage sur finissage en blanc. — Lorsque les peaux ont été finies en blanc, souvent on les cire et certaines maisons ne cirent leurs veaux qu'après qu'ils ont été finis en blanc. On a de cette façon un finissage plus fin, plus uni, mais facile à s'écailler.
Le cirage sur finissage en blanc se fait comme à l'ordinaire, mais il est plus pénible et plus difficile. Il faut employer un cirage plus clair, plus chargé en huile de lin ; quelquefois on y ajoute d p. 100 en plus de pyrolignite de fer.
Lorsque les peaux ont été finies en blanc avec de la colle d'amidon, il est presque impossible de les cirer ; le cirage ne mord
VEAUX BLANCS
pas et il reste toujours des parties rouges qui produisent le plus désagréable effet. Il en est de même de ceux qui finissent avec de la pâte ayant pour base de la colle de la gélatine. Ce qu'il y a de mieux à faire dans ce cas, c'est de passer, avec un tampon, une légère couche d'huile de lin à la surface de la peau, de plier la peau en 4, de la mettre en pile avec d'autres un jour ; on finira comme à l'ordinaire.