VACHES DE COULEUR
On donne généralement la couleur jaune et rouge.
On défonce les peaux, on les déraye, on les foule à l'eau, on les met au vent comme les cuirs blancs. On leur donne une couche d'huile sur chair; on n'en met que le 18 p. 100 du poids de la peau. On mélange ordinairement 50 p. 100 d'huile et 50 p. 100 de dégras.
On sèche sur la mise en huile, on brosse la peau de cul en tête avec une dissolution d'alun à 5 p. 100 pour mordancer; nous préférons l'emploi de l'acétate d'alumine; on les corrompt des 4 quartiers, on les fait sécher, on les rebrousse au liège.
On retient les peaux sur la table pour les soumettre au bain colorant, on donne avec une brosse un peu dure une première couche de couleur, on les expose à l'air, on donne une seconde couche, puis on les laisse sécher complètement.
On les corrompt à la paumelle de cul en tête et de travers, on les remet à l'air ; on donne un troisième rouge, on les laisse essorer à l'air, on les lisse avec la glace de cul en tête et de travers
VACHES POTH EMPEIGNES 285
du côté de la fleur. On frotte la peau avec un morceau de laine trempée dans le jus d'épine-vinette pour éclaircir la teinte et on soumet à un second lissage.
Rouge. — Le rouge se prépare en faisant bouillir dans 25 litres d'eau, 4 kilos de bois de Brésil et 200 grammes de chaux; on va jusqu'à ce que le liquide se soit réduit de moitié, on y ajoute 100 grammes de cochenille pilée, on soutire an clair et c'est avec cette solution que l'on passe au rouge.
Le rouge peut se faire en deux fois. On commence d'abord à passer sur la peau une dissolution de 500 grammes d'alun dans 5 litres d'eau avec un morceau de laine, on laisse sécher et on frotte les peaux avec une décoction de Brésil de 1 kilo de bois dans 15 litres d'eau et 100 grammes de chaux, pendant six heures. On passe de nouveau à l'alun et au brésiJ, et une troisième fois.
Jaune. — On teint en jaune avec l'épine-vinctte, la graine d'Avignon, les couleurs d'aniline. Nous en donnerons description à la teinture des cuirs.
Quadrillage. — Généralement les vaches rouges sont quadrillées; cela se fait avant la teinture, à la main ou à la machine.
Le quadrillage à la main n'est plus guère employé ; il se fait au moyen d'une étire dentée que l'on promène sur le cuir, perpendiculairement, du côté de la fleur, à plusieurs reprises, au même endroit. On croise les coups si l'on veut obtenir un quadrillage; carré, on les oblique si l'on veut obtenir des losanges. On emploie aussi l'étiré à roulette.
La machine à quadriller se compose d'une paire de cylindres superposés entre lesquels passe la peau à quadriller ; le cylindre inférieur est lisse ; le cylindre supérieur^ plus gros, porte des saillies traçantes ; il peut être chauffé par un moyen quelconque pour mieux imprimer le cuir ; un guide placé sur le bâti permet de présenter les peaux exactement dans la position voulue. Le mouvement est donné par une manivelle montée sur l'arbre du cylindre inférieur et se transmet au cylindre supérieur par un engrenage.