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CHAPITRE IV

VACHE LISSÉE

1. — Coupage- — Les cuirs de vache au sortir de fosse sontcoupés en 2 parties égales. On les étend donc la Heur en l'air sur une table ; 2 hommes appliquent et maintiennent une règle dans le sens où l'incision doit se faire et un troisième armé dune serpette opère la section. On a inventé un chevalet pour la fente des cuirs, qui est peu employé ; sa partie supérieure est formée de 2 semelles laissant entre elles un espace suffisant pour le passage de la serpette ; chacune de ces semelles porte une plate-forme formant table pour donner de la stabilité à la peau et faciliter la manœuvre. Après leur séparation, les côtés sont marqués d'un môme chiffre dans le voisinage de la queue, afin d'appareiller sans embarras.

2. — Sèche. — La sèche du lissé est une des plus délicates ; on doit prendre toutes les précautions que nous avons données pour le séchage des cuirs tannés. Plus que dans toute autre, espèce de cuir, on craint le noircissage et le développement des végétations cryptogamiques.

3. — Rebroussage. — Le cuir convenablement essoré est abattu sur la table de corroierie sur laquelle il doit être rebroussé. Le lissage a pour but de nettoyer les cuirs des tannées et des chairs qui les imprègnent, d'adoucir la fleur et de resserrer les tissus dilatés par le tannage.

La table de corroierie est composée de madriers en hêtre de 8 à 9 centimètres d épaisseur; elle a 3m,40 de longueur, lm,40 de largeur et 0m,G3 de hauteur. Pour préserver cette table des

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atteintes de l'humidité, on l'imbibe à chaud à plusieurs reprises d'huile de lin.

On commence à brosser la bande de vache de fleur avec une brosse de chiendent, pour la débarrasser de la tannée qui la recouvre. Le rebroussagc consiste à frotter fortement un cuir fleur contre fleur; c'est un travail extrêmement pénible qui cause une fatigue énorme aux ouvriers, qui ne peut être accompli par les plus vigoureux que pendant sept à huit années de leur carrière.

On se sert à cet effet d'un outil appelé marguerite, qui est une grande paumelle de 50 centimètres de long ; la partie supérieure est munie d'une manicle et d'un manche qui sert à maintenir et à diriger l'instrument, et de l'une à l'autre extrémité d'un coussinet qui soutient le coude de l'ouvrier et l'empêche de se meurtrir. Le dessous de la marguerite est garni de lames en cuivre dans le sens de sa largeur, distantes de 2 centimètres et faisant saillie d'autant.

On manœuvre l'instrument comme la paumelle dans le grainage. La denture de la marguerite saisit la fleur, l'allonge, la peau s'étend considérablement, la fleur devient unie, et les nerfs sont brisés : la peau est devenue souple. Les plis, les poches et les rugosités n'ont aucun corps et disparaîtront complètement à la mise au vent.

4. — Machines à rebrousser. — Plusieurs machines ont été construites pour supprimer la peine des martyrs ouvriers rebrousseurs. Les premières ont été celles de M. Placide Peltereau et M. Delpech, dans lesquelles la ou les marguerites ont un double mouvement de va-et-vient et de transport latéral pour travailler les cuirs dans toutes leurs parties. Ces machines compliquées ont été perfectionnées par Fleury, Allard-Ferré , Cattois, Dczaux- Lacour, Allégatière fils.

La machine Fleury, construite par M. Bérendorf, se compose (fîg. 67) de 2 bâtis en fonte entre-croisés avec avancement à la partie inférieure pour supporter le chariot mobile de la table qui reçoit le cuir. Cet le table A reçoit le cuir plié en deux, saisit d'un côté au moyen d'une griffe ou d'un rouleau excentré ; on donne quelquefois à la table un certain degré d'élasticité au moyen de ressorts à boudins.

La marguerite B est en bois dur, porte des cannelures comme la marguerite ordinaire, elle est fixée à l'extrémité inférieure d'un battant en bois G dont Taxe de rotation est placé en D à la partie supérieure des bâtis. Un arbre vilebrequin E portant une poulie

Fig. 67.

de commande P donne le mouvement de va-et-vient à une longue bielle horizontale R, et par suite au battant sur lequel s'attache le petit axe d'oscillation de cette bielle. L'ouvrier présente la peau à la marguerite et après chaque passage il la plie de nouveau et pousse la table.

La force employée par cette machine est 1 cheval et demi.

ft. — Buttage. — Après le rebroussage, l'ouvrier butte les chairs avec une étire peu ardente, sans mordre le cuir, de manière à les dépouiller complètement de la tannée qui adhère encore au cuir et de le débarrasser des chairs que l'ouvrier trancheur a pu laisser. L'opération se conduit comme un mettage au vent. Ce travail se fait également avec des machines spéciales.

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