‹ Traité pratique de la gravure à l'eau-forteChapitre 17 sur 44 · DU CIEL - DES FONDS - DES DIFFERENTS PLANS · texte numérisé non relu

DU CIEL - DES FONDS - DES DIFFERENTS PLANS

« On peut, dit Cochin, dans la gravure à l’eau-forte, tirer un grand parti de la morsure; ainsi une planche gravée d’un ton égal et uniforme pourrait être amenée à l’effet par le seul fait de la manière dont la morsure aurait été dirigée. »

En effet, d’après ce qui précède, on a vu que déjà la morsure à plat agit diversement selon la nature des travaux :

mais quelle variété le graveur peut obtenir, en se servant des couvertures au vernis! On verra plus loin que le graveur d’aqua-teinte se sert du pinceau pour faire mordre par des

LA GRAVURE A L’EAU-FORTE

touches d’acide. Or, dans l’eau-forte à la pointe, le même procédé peut être employé, comme aussi les couvertures partielles au pinceau à l’aide duquel l’artiste étend le vernis liquide par petites touches sur lesquelles il revient en tailles infinies, ce qui l’habitue déjà à se jouer des valeurs et lui fait obtenir une variété de travaux que l’imprévu de la morsure vient encore augmenter. C’est la multiplicité des moyens obtenus par ces deux seuls facteurs, l’acide et la pointe, qui fait la verve endiablée dont parle de Goncourt. Nous l’avons dit, il n’y a point de théorie spéciale pour la conduite de la morsure, et ce que nous avons indiqué jusqu’à présent n’est qu’une initiation au mode d’emploi dès les premiers exercices. C’est par une observation constante de ses effets que l’artiste peut en connaître toutes les ressources, et les utiliser aussi bien dans la reproduction de l’œuvre peinte que dans la composition originale.

Pour cette dernière, extrêmement intéressante et la plus pratique au point de vue de l’amateur, je conseillerai d’étudier très particulièrement les œuvres de Daubigny, de Charles Jacques et de Max. Lalanne. Paysages purs, ou d’aspect décoratifs, paysages animés et scènes champêtres, sont en effet les sujets qu’on aborde le plus souvent et ceux qui retiennent le graveur moins longtemps sur une planche , ce qui est à considérer, puisque beaucoup délaissent la gravure à l’eauforte par suite d’occupations multiples , trouvant le travail trop éloigné du résultat final. Avec Daubigny, c’est l’improvisation imprévue, faite d’un sentiment pictural excpiis sans préoccupation de métier; Charles Jacques montre au contraire dans ses eaux-fortes une connaissance profonde des procédés qu’il applique en les réduisant à leur plus grande simplicité, de sorte qu’ils disparaissent à l’épreuve; qu’il travaille de primesaut ou traduise une de ses œuvres peintes,

Ch. JACQUES

La Ferme. — Premier état.

La Ferme. — Épreuve terminée.

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