‹ Traité pratique de la gravure à l'eau-forteChapitre 19 sur 44 · DU CIEL · texte numérisé non relu

DU CIEL

Il y a deux manières très distinctes de traiter le ciel à l’eau-forte, qui sont le trait et le modelé. Le trait donne simplement l’indication des formes générales et du mouvement, la taille en est toujours mordue quoique plus légèrement, et la pointe coupante, entamant le métal, affirme la pensée de l’artiste. Mais ce mode de procéder s’applique surtout à l’eau-forte originale en forme de croquis. Aussi est-il indifférent de commencer par le ciel ou de l’indiquer seulement après que le paysage est fait, car en admettant même que les tailles légères qui le composent viennent çà et là recouvrir quelque silhouette, cela est assez indifférent, plutôt même favorable, pour marier le ciel au reste du paysage, sans que la morsure très légère donnée à ce dernier travail puisse augmenter outre mesure les valeurs générales. Tout autre est le ciel modelé, dont la conduite est peut-être la partie la plus difficile d’un paysage, puisqu’ici, comme en peinture, la réussite de l’œuvre en dépend de la manière la plus absolue. Aussi la plupart de nos graveurs traitent-ils les ciels presque exclusivement à la pointe sèche qui, dirigée avec plus de sûreté, donne des finesses que n’atteindrait pas la morsure. La grande difficulté, dans un ciel d’une certaine importance, est d’établir un ton de fond ; que la nature le présente gris ou bleu, la jonction des tailles losangées qui doivent constituer le ton de fond demande une étude toute spéciale. Si l’on y emploie l’eau forte et qu’on exécute le ciel avant le paysage, ce qui est plus prudent, puisque, en cas d’insuccès, on n’aura que cette partie à refaire, sans risquer de tout compromettre; c’est alors le cas de se servir de pointes émoussées ou très peu coupantes, afin

GÉNÉRALITÉS SUR LA MORSURE ET L’EXÉCUTION d’avoir plus de finesse avec l’acide ; mais on ne doit cependant pas oublier que, lorsque le cuivre n’est pas entamé, la morsure a une tendance à élargir le trait. Les lumières et les blancs doivent être obtenus par des réserves, pour plus de netteté ; toutefois, le grattoir et le brunissoir rattrapent aisément les parties oubliées.

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