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LE PORTRAIT ET LE GENRE
quelques points, si c'est de la chair, soit de quelques tailles ou hachures, si ce sont des draperies, afin qu’ils ne soient point maigres et secs étant tout seuls. La gravure n’est déjà que trop sèche par elle-même, à cause de la nécessité où l’on est de laisser du blanc entre les tailles ; c’est pourquoi il faut avoir toujours dans l’esprit de chercher la manière la plus grasse qu’il est possible. Comme on ne peut pas faire un trait gras et épais qui ne soit en même temps très noir, pour imiter le moelleux du pinceau ou du crayon qui les fait larges et néanmoins tendres, on est obligé de se servir de plusieurs traits légers l’un à côté de l’autre, ou de points tendres, pour accompagner ce qui est tracé d’une petite épaisseur d’ombre qui l’adoucisse. Il faut observer la même chose dans les touches des ombres, et avoir soin que les tailles du milieu d’une touche soient plus appuyées que celles des extrémités ; on gravera ensuite les ombres par des hachures rangées avec égalité.
On peut, dans la gravure à l’eau-forte, tirer un grand parti de la morsure ; ainsi une planche gravée d’un ton égal et uniforme pourrait être amenée à l’effet par le seul fait de la manière dont la morsure aurait été dirigée.
La gravure pouvant être regardée comme une façon de peindre ou de dessiner avec des hachures, la meilleure manière et la plus naturelle de diriger les tailles est d’imiter la touche du pinceau, si c’est dans un tableau que l’on copie. Si c’est un dessin, il faut les diriger du sens dont on hacherait, si on le copiait au crayon. Ceci est seulement pour la première taille ; à l’égard de la seconde il faut la passer par dessus, de manière qu elle assure bien les formes conjointement avec la première, et, par son secours, fortifier les ombres et en arrêter les bords d’une manière un peu méplate, c’està-dire un peu tranchée et sans adoucissement. Il ne faut point la continuer dans les reflets, lorsqu’ils sont tendres, mais les laisser un peu plus clairs qu’ils ne doivent être lorsque la planche sera finie, réservant au burin, qui doit terminer l’ouvrage, le soin d’allonger cette taille pour assourdir les reflets, et leur ôter le transparent qui les rendrait trop semblables aux ouvrages qui sont dans les lumières. Si l’ombre était très forte et le reflet aussi, alors il fau-
Premier exercice pour un sujet d’ensemble.