J. -F. MILLET
Les Glaneuses. — Exercice d’ensemble
LA GRAVURE A L’EAU-FORTE
conséquent, moins apparent à la vue; de plus, en ôtant les petits blancs qui restaient entre les tailles, cela en resserre davantage le travail et fait qu’il se tient mieux derrière. Cette façon de graver produit aussi des tons gris et sourds d’un grand repos qui laissent mieux sortir les ouvrages larges et nourris des devants, et servent à les faire valoir ; mais c’est l’affaire du burin plutôt que de l’eauforte. On grave encore les devants avec des tailles de différentes largeurs, suivant que le cas l’exige. Les étoffes fines se gravent plus serrées, à moins qu’on ne les destine à recevoir des entretailles qui sont très propres h représenter les étoffes de soie, les eaux, les métaux et autres corps polis. Les étoffes plus épaisses se gravent plus larges ; ce qui doit être sourd et brun, plus serré que ce qui est vague, et par conséquent, les ombres plus serrées que les jours. Cette attention ne doit pourtant pas paraître trop sensible, de peur que quelque chose des ouvrages du devant ne ressemble à ceux du fond.
Ces principes sont demeurés les mêmes : ils résument la base même des travaux du graveur qui les modifie à mesure que l’expérience affermit sa main, mais ne s’en écarte jamais complètement.
Ch. JACQUE
A I'Etable
Reproduction d’une eau-forte originale du Maître.