PRODROMES DR !,A PNEUMONIE
maladies aiguës et de la plupart des maladies chroniques. Ce qui le prouve , c’est que ces pneumonies avec prodromes se déclarent peu à peu, et dans la presque totalité des cas sans qu’on puisse saisir aucune cause déterminante appréciable. C’est ainsi que sur les cinquante malades chez lesquels j’ai observé des prodromes , quarante-quatre ne pouvaient indiquer aucune circonstance capable d’expliquer les premiers accidens; chez trois le malaise précurseur succéda manifestement à un refroidissement, chez un autre à un excès alcoolique. Enfin , deux autres individus éprouvaient , depuis trois et six jours , divers malaises, de la courbature avec perte d’appétit et des forces, lorsqu’à l’occasion d’un refroidissement ils furent pris presque immédiatement des symptômes d’une pneumonie. Il est bien probable que dans ce dernier cas l’impression du froid a fait faire explosion à une pneumonie déjà sur le point de se déclarer. La durée des prodromes a varié depuis quelques heures jusqu’à un et même deux septénaires ; cependant dans les quatre cinquièmes des cas , ils ne se sont pas prolongés audelà du cinquième jour.
Il m’est impossible de comparer la fréquence et la nature des symptômes prodromiques aux différons âges. Il m’a paru qu’au-delà de soixante-dix ans les pneumonies se déclaraient presque toujours sans présenter de phénomènes précurseurs. Toutefois mes observations ne sont pas encore assez nombreuses pour avoir à ce sujet une entière conviction. Les auteurs qui ont étudié la pneumonie des vieillards ont d’ailleurs un peu négligé l’bistoiredes prodromes. CependantMM. Hourmann etDechambre (1) disent avoir vu fréquemment à la Salpétrière, les pneumonies du printemps être précédées pendant plusieurs jours, quelque fois même pendant une ou deux semaines , de céphalalgie , d’étourdissemens, d’angine , de coriza avec épistaxis , de douletiîs musculaires erratiques , etc. Mais peut-être dans la plupart de ces cas il y a eu bien plutôt succession de maladies diverses que des phénomènes prodromiques à proprement parler. Pour les enfans au dessous de six ans , il serait très difficile, et le plus souvent même impossible de s’assurer de l’existence des prodromes. Mais de six à quinze, les enfans
(1) Archives, 2^ sJric, t. XII, p. 45.
MODES d’invasion DE LA PNEUMONIE. 189
peuvent déjà rendre assez bien compte de leurs sensations pour pouvoir constater, par leur propre témoignage et par celui de Icius parens , des phénomènes morbides qui ont précédé 'chez eux le développement de la pneumonie; mais de pareilles recherches n’ont pas encore été faites.
5 II. — Prodromes des pneumonies 'secondaires .
Les prodromes manquent dans la plupart des pneumonies secondaires, du moins dans les cas où l’inflammation pulmonaire survient dans le cours d’une de ces maladies aiguës ou chroniques qui s’accompagnent d’un trouble très grand dans la plupart des fonctions de l’économie. Si la maladie première est longue et tout-à-fait apyrétique, on pourra bien parfois saisir quelques phénomènes précurseurs de la pneumonie; mais il sera ie plus souvent diflicile de déterminer si ces nouveaux troubles qu’on observe , appartiennent à l’affection ancienne ou à une maladie qui se prépare.