‹ Traité pratique de la pneumonie aux différens agesChapitre 36 sur 103 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

La pneumonie une fois déclarée se traduit par un ensemble le symptômes que je vais exposer très sommairement. Le malade ccuse une douleur dans un des côtés de la poitrine dont l’inensité et l’étendue varient beaucoup; en même temps, la respiation s’accélère , il y a de la dyspnée, le malade tousse et rejette !ine certaine quantité de crachats visqueux aérés, demi-transpa- ‘Cns, colorés en rouge, en jaune, en vert ou noir<âtres ; la percuslion de la poitrine donne un son obscur, puis complètement mat EU niveau des parties aftéctées, et l’auscultation y fait percevoir uccessivement un bruit respiratoire plus faible, puis une crépiation fine et sèche, et plus tard un souffle tubaire avec un retenissement bronchophonique de la voix. A côté de ces phénomènes ocaux on observe différens symptômes généraux et sympathiiiues du côté des principales fonctions ; ainsi le pouls s’accélère , a chaleur de la peau augmente, il y a une fièvre intense et condnue, l’inappétence est complète , la soif est vive, l’urine est ouge , la tête douloui’euse, la face plus ou moins injectée; les arces sont abattues, le malade garde le lit, et affecte differentes lositions subordonnées le plus souvent à l’intensité et au siège le la douleur plenrétic^ue.

< Ces symptômes et plusieurs autres encore se combinent entre •ux de diverses manières ; ils présentent de nombreuses différences suivant les individus, suivant les âges et chez le même njet (1 après la période à la(|uellc la maladie est parvenue,

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ei aussi suivauL que la pMeiuuonie est primiiive ou secontlaii e , etc. Il importe beaucoup, pour établir le diagnostic et le pronostic, de connaître toutes ces nuances et de savoir les apprécier. Je vais donc examiner en détail et successivement cliacun des symptômes de la pneumonie que je diviserai en deux groupes. Dans le premier je placerai tous les symptômes fournis par l’appareil respiratoire j dans le deuxième seront compris tous les phénomènes généraux sympathiques, tels que la fièvre, les troubles du côté des organes digestifs, de l’appareil de l’innervation, etc.

ARTICLE PREMIER

Symptômes fournis dans les pneumonies primitives par l’appareil

respiratoire.

* § I. Douleur de côte.

Une douleur plus ou moins vive siégeant dans un des côtés de la poitrine est un symptôme qui accompagne presque constamment la pneumonie. Il résulte, en effet, de mes observations que sur 301 malades affectés d’inflammation du poumon , la douleur de côté n’a manqué que chez 29, ou chez un dixième environ. On se rappelle que précédemment j’ai sigoaléce symptôme comme marquant le début des pneumonies chez presque un cinquième des malades; mais dans les cas où il ne survient que consécutivement à d'autres phénomènes morbides, il apparaît encore à une époque très voisine du début. Ayant en effet déterminé avec précision sur 182 malades l’époque à laquelle le point de côté s’était déclaré, j’ai trouvé que chez 161 il était survenu dans les douze premières heures de la maladie. Quant aux 21 malades qui restent, il y en a eu 17 GUI ont ressenti le point de côté avant la fin du premier jour, andis que chez quatre seulement ce symptôme n’apparut que du deuxième au quatrième jour, et fut ju'écédé dans la moitié des cas par un frisson presque aussi intense que celui qui avait marqué le début de la maladie. Je ii’ai pu expliquer par aucune circonstance extérieure du appartenant à la maladie ellemême, pourquoi la douleur de côté est survenue à des époques atissi variables. Les faits que j’ai recueillis n’ont point confirmé

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d’ailleurs l’opinion émise par Grimaud fl), srivoir ([ue dans les pneumonies franchement indammatoiros , ce n’est que deux ou trois heures après l’invasion du frisson que le point de côté commence à se faire sentir, tandis que clans les pneumonies catarrhales la douleur se déclare simultanément avec le frisson. Cela tiendrait-il à ce cjuedans un cas la phlegmasie envahissant les parties profondes , n’affecte la plèvre que consécutivement , tandis que dans l’autre l’inflammation commençant parla superficie de l’organe, la plèvre serait envahie de prime abord ; c’est une question qui me paraît à peu près insoluble dans l’état actuel de nos connaissances.

La douleur dont un des côtés de la poitrine est le siège dans les pneumonies n’occupe pas toujours la même place ; le point où elle se fait sentir varie non-seulement suivant les divers individus , mais chez le même malade on la voit quelquefois occuper successivement diverses régions dans un court espace de temps.

Ainsi sur l75 malades la douleur de côté siège :

Au mamelon. 89 fois.

A la base de la poitrine et au niveau de la 7® ou 6® côte en procédant de bas en haut 59 Latéralement à l’extrémité d’une ligne perpendiculaire au mamelon, mais à 1 0 ou 12 centimètres de cette éminence, 13

Sur toute la face antérieure et latérale. 1 o

En dedans du mamelon et plus ou moins prés du bord correspondant du sternum. s

A la partie postérieure et spécialement dans la fosse sous-épineuse. 5

Dans le fond de l’aisselle. 2

Dans la région sus-mammaire. 2

Dans l’iin des bypocboiTdres. 4

Dans le flanc. 1

Dans les lombes. 1

Dans la fosse sus-épineuse. 1

Tl suit de cet exposé c|ue dans les quatre septièmes des cas la ' douleur se fait sentir au niveau ou au voisinage du mamelon. Mais quelle que soit la région que la douleur occupe, on la voit

(i) Tniiic f/es fict'res, I. Tl, p, 35.

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sur plus d’un tiers des malades so propager plus ou moins loin. C’est ainsi cjue celle qui siège à la région mammaire s’irradie tantôt vers la partie supérieure du thorax , tantôt vers la base, rarement à la face postérieure. La douleur au contraire qui occupe la base de la poitrine , se propage dans le dos, sur une surface plus ou moins étendue.

J’ai recherché s’il y avait quelque rapport entre le siège de la douleur et le point du poumon que la phlegmasie occupait. Or, voici ce que j’ai observé à cet égard. Sur presque un cinquième de mes malades, la douleur correspondait exactement à la partie du poumon , frappée d’inflammation , comme il était facile de s’en convaincre, à l’aide de l’auscultation et de la percussion. Chez un septième la douleur occupait un point du thorax assez rapproché de celui delà pneumonie. Enfin chez tous les autres malades la portion du poumon pldogosée était très éloignée du point où les malades ressentaient la douleur. Je n’ai vu aucun cas dans lequel la douleur occupât le côté de la poitrine opposé à la pneumonie. Cependant des auteurs recommandables ont rapporté des faits semblables ; mais il est à craindre que ces médecins n’aient été trompés, car il existe plusieurs causes d’erreurs. Ainsi j’ai soigné il y a un an un homme âgé de 65 ans, pour une pneumonie gauche. Cet individu n’accusait aucune douleur dans le côté correspondant du thorax , tandis c[ue la région mammaire droite était le siège d’élancemens , cpii s’irradiaient vers les faces latérale et postérieure. Cependant la mobilité de la douleur, ses irrégulari tés, l’existence chez cet individu , d’autres douleurs rhumatismahis , affectant les articulations, devaient porter à regarder la souffrance dont le côté droit de la poitrine était le siège, plutôt comme l’effet de la diathèse rhumatismale , que comme dépendant de la pleuro-pneumonie qui affectait le côté opposé. Les médecins ont pu également être induits en erreur parce qu’ils auront dans quelques cas méconnu l’existence d’une pneumonie double , dans laquelle il n’y a généralement cju’un seul point de côté, qui quelquefois siège du côté où l’altération est la moins grave et la plus circonscrite. J’ai failli moimême tomber, il y a quelques années, dans l’erreur que je signale ici. Un homme de 47 ans entra le 11 février 1837 à la clinique de l’Uôtel-Dieu , accusant 15 jours de simple malaise

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