‹ Traité pratique de la pneumonie aux différens agesChapitre 40 sur 103 · TOUX · texte numérisé non relu

TOUX

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ur ces 30 malades il y en a 23 chez lesquels la toux avait une l'équence métliocre, se répétant à des intervalles plus ou moins ioignés , elle ne constituait pas par elle-même un symptôme acommode; mais elle était néanmoins pénible pour la plupart fes malades , chez lesquels elle réveillait la douleur pleu- 'tique. Chez 7 individus, les secousses de la toux plus rappro- 1 lées que dans les cas précedens , se répétaient rapidement Il grand nombre de fois sous forme de quintes, ordinairement .livies d’expectoration. Mais il est rare que celles-ci soient aussi r'équentes, aussi pénibles que dans le catarrhe pulmonaire ; les ne m’ont pas paru, comme celles qui appartiennent à cette jrnière affection, augmenter le soir ou pendant la nuit, à l’exj ption pourtant d’un malade chez lequel elles furent tellement )iniâlres, que pendant trois nuits consécutives elles empêchènt le sommeil comjdétement. Il est très rare aussi de voir les ii iintes de toux de la pneumonie produire dans la poitrine et arrière le sternum et dans la direction des bronches des douars vives, brûlantes, parfois déchirantes, à moins qu’il n’y ait même temps une bronchite intense, comme je l’ai constaté liez quelques malades.

ILe siège de la pneumonie ne m’a pas paru exercer d’influence i r la fréquence de la toux; celle-ci, en effet, a existé avec quin- 5 aussi fréquemment dans les pneumonies de la base c]ue dans lies du sommet. Elle m’a paru être aussi d’autant plus fréiierite que laphlegmasie pulmonaire était elle-même plus étenle. H y a pourtant d’assez nombreuses exceptions ; c’est ainsi l’elle n’a guère été plus fréquente ni plus pénible chez les su- .«.s affectés d’une pneumonie double que chez ceux qui n’ont I qu’une pneumonie circonscrite. Celui de mes malades qui a a ouvé la toux la plus incommode, puisqu’elle a rendu le somi;il impossible pendant trois nuits consécutives , n’était pourut affecté que d’une pneumonie limitée à une étendue de 9 à centimèlres dans la partie supérieure de la fosse scapulaire, fl est rare que, lorsque la maladie se termine par la mort, s même que celle-ci est assez voisine du début, il est rare, -je, de voir la toux persister avec la même intensité, jusqu’au line fatal. Dans la plupart des cas, c’est-à-dire 10 fois sur 12, e diminue dans les derniers jours, elle peut même cesser tout ut. L age avance des sujets semble aussi rendre la toux nioins

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Ireqncnlej c’est ainsi que parmi les 7 malades cliez lesquels la toux fut pénible, fréquente et par quintes plus ou moins rapprochées, aucun n’avait dépassé 55 ans. J’ai vu deux vieillards de 72 ans, chez lesquels on aurait pu croire que ce symptôme manquait complètement ; ils disaient en efïet ne pas tousser du tout, mais ou apprenait par le rapport de leurs voisins et des personnes de service, qu’ils éprouvaient trois ou quatre fois par jour quelques secousses de toux obscure et qui n’était suivie d’aucune expectoration. MM. Hourmann et Dechambre (1) paraissent avoir ; noté cette circonstance assez fréquemment chez les vieilles fem- mes de la Salpétrière. Ces auteurs disent, en effet , que la toux i: existe le plus communément chez les vieillards ; mais que souvent |i elle est si faible que les malades même n’y font pas attention. , Chez les jeunes enfans la toux est un symptôme presque ji constant; ainsi M. Valleix (2) ne l'a jamais vu manquer dans !( ^ toutes les pneumonies simples qu’il a observées chez le nouveau- || né. Elle n’était pas très fréquente ; elle était toujours grasse et | ne persista pas jusqu’à la mort. M. Yalleix a observé que la toux (i survenait le plus souvent après la dyspnée. Toutefois M. Ver- ' nois (3) l’a notée comme ayant été le premier phénomène; |' “ morbide chez 22 enfans à la mamelle, tandis que l’oppressioni i. ' n’a été que consécutive à ce symptôme. Chez les enfans plus âgés„.f; ‘ par exemple chez ceux de deux à quatre ans, MM. Rilliet etlj Barliez (4) observent que, quelles que soient les circonstances! |i dans lesquelles la pneumonie s’ést développée, toutes les foi^i! qu’elle a pris naissance sous leurs yeux, ils ont constaté l’exis-*ij ^ tence de la toux au moins huit jours avant le début trancliéli' ^ delà phlegmasie; ce qui semble prouver encore que che<i les enfans de deux à quatre ans , la pneumonie est généra-* ' lement précédée de bronchite. Chez les sujets plus âgés au cont; : ■ traire , c’est-à-dire de cinq à quinze , si la pneumonie est frantü : che, latoux est avec la fièvre et la fréquence de la respiration ml ! de des symptômes qui surviennent dès le début de la maladie. Eil^i! est rare dans plus de la moitié des cas; mais elle augmente d| ■; 03

(1) Archives, série, t. XII, p. 42.

(2) Clin, des enfans nouveau-nés, p. H 7.

(3) Même ouvrage, p. H 8.

(4) Loc, cil., p.

CM'KCTOR \T10N.

friMjuenccà mesure que la j>lilegiuasle faii des progrès. MM. Rilliet, Barthez et Yalleix Tout trouvée eu raison directe de l’étendue de riie'patisation et de la rapidité de son développement. Mais chez les enfans. de même que nous l’avons noté chez les adultes, à mesure que les forces diminuent, et lorsque les malades touchent à leur dernièie heure, on voit la toux diminuer ou même cesser tout à fait.

§ IV. — Expectoration.

Les médecins de tous les âges , depuis Hippocrate jusqu’à nos jours, ont insisté avec juste raison sur les caractères particuliers offerts par la matière expectorée chez les sujets affectés de pneumonie. C’était en effet le plus souvent d’après cette seule inspection que les anciens pi'aticiens établissaient sûrement le diagnostic de la pneumonie, privés qu’ils étaient alors des précieuses méthodes d’exploration que nous avons aujourd’hui en notre pouvoir.

Les crachats qu’on observe dans la pneumonie offrent différons degrés de coloration et de consistance. Chez un certain nombre de malades, ceux qui sont rejetés dans la première période de la maladie sont rouges et sanguinolens ; si on les examine avec attention, on voit qu’ils sont formés par un mucus tenace et visqueux, plus ou moins adhérent aux parois du vase, contenant de petites bulles d’air et une certaine quantité du sang qui produit la coloration rouge dont j’ai parlé. Ce sang est en grande partie intimement combiné avec le mucus, il forme avec lui une masse homogène; cependant on aperçoit, à la surface des crachats, plusieurs points où cette fusion n’est pas encore aussi parfaite, ce qui leur donne alors une certaine ressemblance avec de la brique pilée. Mais à mesure que la maladie fait des progrès, soit cjue la combinaison du sang et du mucus devienne de plus en plus inliiue et complète, soit que la quantité de sang exhalée soit moins considérable, on voit la couleur rouge des crachats diminuer; de vive qu’elle était, elle devient plus obscure, elle prend une teinte qu’on a avec beaucoup de raison comparée à la rouille de fev ; puis, par une autre transformation, les crachats cessant d’être rouges, acejuièrent une couleur jaunâtre dont la nuance varie. Dans un premier degré les matières expectorées offrent exactement la coloration jaune de l’é-

rorcc fraîclie d’une orange parvenue à une malurité parfaite ; dans un deuxième degré, les crachats complètement jaunes ont la plus grande ressemblance avec de la marmelade d’abricot; d’autres se rapprochent davantage de la couleur du sucre d’orge; enfui, il y en a dont la teinte jaune-citron plus claire semble avoir été produite par une très légère infusion de safran. Chez quelques malades, la couleur jaune, au lieu d’être uniforme, égale partout, se mêle à une teinte légèrement verdâtre, comme si une certaine quantité' de bile avait été mélangée avec le mucus; bientôt cette coloration allant sans cesse en augmentant, finit par dominer, et alors on voit le crachat offrir une couleur verte dont la teinte varie depuis le vert tendre jusqu’au vert porracé. Après la couleur verte, les crachats deviennent en général blancs, opaques, et ressemblent plus ou moins à l’expectoration des catarrhes pulmonaires aigus.

Les variétés de crachats dont je viens de parler et qu’on peut observer concurremment chez le même malade, présentent indépendamment de leur coloration, plusieurs autres propriétés physiques fort importantes à connaître. Ce qui frappe le plus après leur couleur, c’est sans contredit leur consistance et leur viscosité. Les uns sont épais, consistans , semblables à de la gélatine ; ils adhèrent si intimement au fond du vase qui les contient, qu’on peut incliner et renverser celui-ci tout à fait, sans même les déplacer. B’autres fois leur consistance est moindre; leur viscosité n’est pas assez considérable pour les faire adhérer aussi intimement que les précédens aux parois du vase; mais ils ressemblent davantage à de l’albumine; ils forment alors une masse presque homogène qui, lorsqu’on incline le crachoir, roule tout d’une pièce, et laisse parfaitement nettes et presque sèches les portions du vase qu’ils abandonnent. Les crachats ronillés, marmelade abricot et sucre d’orbe sont ceux qui ont généralement le plus de consistance et de viscosité.

Ces différentes espèces de crachats, et surtout ceux qui sont jaunes, examinés dans un jour convenable, ont une demitransparence ; cpielques-uns même, mais c’est le plus petit nombre, sont tout à fait transparens ; en les regardant de près, on peut se convaincre aussi qu’ils sont aérés, qu’ils sont parsemés de petites bulles d’air dont le nombre et la ténuité sont généralement en rapport assez exact avec leur viscositib

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