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dont je me suis «f^galement servi ont certainement beaucoup moins de valeur que les précédens, car malgré les précautions, le zèle et l’intelligence déployés par M. Farr,pour arriver à des résultats exacts, il me parait presque impossible qu’il ne se soit pas glissé de nombreuses erreurs dans ses tableaux. J’avais besoin de donner ces explications, afin que le lecteur n’accorde pas à tous ces documens plus d’importance que je ne leur en donne moi-méme.
J’ai essayé, dans cet ouvrage, de faire connaître lesprinci-
paux travaux qui ont été entrepris par les auteurs anciens et modernes sur la pneumonie, mais je n’ai pas cru devoir me borner au rôle de simple historien, et j’ai regardé également comme un devoir de dire le degré de confiance qu’on pouvait accorder aux recherches des médecins qui m’ont précédé; je désire n’avoir été injuste envers personne. Obligé de combattre certaines doctrines, j’ai tâché également que ma critique ne fût jamais blessante, et si quelques mots un peu acerbes m’ont échappé malgré moi, je les rétracte tout à fait, et je demande pardon au lecteur de n’avoir pas su tou jours donner au langage de la science la dignité qui lui convient.
J ai beaucoup regretté de ne pouvoir citer que rarement l’ouvrage que M. Sestier a publié sur le meme sujet que moi, et qu’il a intitulé, je ne sais pour quelle raison. Leçons clinU ques de M. CAorneZ, puisque l’auteur s’empresse de déclarer que ce professeur n’a jamais fait de leçons spéciales sur la pneumonie. M. Chomel ayant été d’ailleurs complètement étranger a la rédaction de ce livre, je n’ai pas dû puiser dans celui-ci des opinions qui n’avaient aucun caractère d’authenticité. Lorsque j’ai voulu invoquer le témoignage de cet
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habile et savant maître, je n’ai pu mieux faire que deprendre mes renseignemeus dans la dernière édition de sa Pathologie générale^ et dans l’article Pneumonie du Dictionnaire de Médecine. Cependant je ne puis m’empêcher d’adresser un reproche à M. Sestier : cet auteur avait annoncé qu’il nous ferait part des observations nombreuses qu’il avait recueillies dans les hôpitaux 5 mais je n’ai vu nulle part que M. Sestier ait tenu sa promesse. Je trouve que généralement l’auteur s’est borné à un rôle trop modeste; il a été historien fidèle, il est vrai , mais un peu trop servile des travaux les plus modernes, qu’il a acceptés presque sans examen, et sans jamais les soumettre au contrôle des faits qu’il avait lui- même recueillis. Je regrette que M. Sestier ait cru devoir en agir ainsi , car appréciant plus que personne son habileté et son excellent esprit, je ne doute pas qu’il ne fût arrivé à quelques résultats utiles, s’il eût voulu publier les nombreux matériaux qu’il avait à sa disposition ; mon livre eût certainement beaucoup gagné en se les appropriant.
En terminant, je prierai le lecteur de me juger avec bienveillance; en entreprenant cet ouvrage, j’ai espéré être utile à mes confrères ; aussi je me suis efforcé de ne rien laisser échapper de ce qui pourrait intéresser les praticiens ; je désire avoir réussi à les instruire quelquefois. Fidèle d’ailleurs au précepte de Zimmermann (1), je n’ai dit que ce que j’ai vu , et comment je l’ai vu, afin que ceux qui viendront après moi , puissent confirmer mes recherches, ou rectifier les inexactitudes qui ont pu m’échapper.
(l) Traité de l’Expérience, chap. III, de la nécessité des bonnes observations^ 1. 1, p. 2^7, Paris, <774.