‹ Traité pratique de la pneumonie aux différens agesChapitre 6 sur 103 · CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES

Les nosologistes emploient le mot pneumonie {pneumonia), de TCveuij-oiv poumon , pour designer l’inflammation du parenchyme ou de la substance même des poumons.

SjnoTifinie. Cette maladie a l’cçu plusieurs autres noms : Dans la haute antiquité . le mot pleurésie servait à désigner toutes les maladies aiguës de poitrine ; plus tard, l’usage le consacra à rinflammation de la plèvre et des muscles pectoraux, tandis que par péripneumonie ou péripleumonie , on désignait communément la phlegmasie du tissu des poumons. Ce mot de péripneumonie est celui dont Hippocrate et Arétée se sont servis ; c’est aussi celui qui a été préféré de tout temps par la généralité des médecins. De nos jours, quelques personnes, restreignant le sens du mot péripneumonie ont proposé de désigner par Icà l’inflammation qui n’envahirait que la superficie du poumon , tandis que l’expression pneumonie signifierait cpie la ] hlegmasie s’étend à une plus grande profondeur. Cette distinction ne peut être admise; car, comme Laënnec l’a fait observer , elle n’est nullement en rapport avec le sens dans lequel Hippocrate et tous les médecins , jusqu’ici , ont pris le mot de péripneumonie (1).

L’expression pulmonie , celle de pulnionaria , sont inusitées aujourd’hui et n’ont guère été employées que par quelques auteurs latins. Beaucoup de médecins , surtout dans le siècle dernier , appelaient souvent la pneumonie fièvre pneumonique ou péripneumonique. Fréd. Hoffmann etlluxbarn entre autres se servaient de cette locution ; les médecins semblaient vouloir expri-

(l) La particule rap'. dans le mot -Epnrvau[xr/na, ne signifie pas ciuLour, mais indique seulement comme dans cette expression a mçi Tov Ayaaapova pour dire Againcmuon. Laèoucc, AusçuIl. , t. 1, p. A87.

CüNSlJUJÎKATlOiNS l’U JiLI M I N A IK ES.

mer par là que l’appareil fcLiile était le phénomène principal ou du moins primitif, et que ce n’était que consécutivement que le mouvement inflammatoire s’était porté vers les poumons. Nous verrons plus tard qu’il est quelques cas, rares il est vrai, où les mots de fièvre pneumonique peuvent encore être employés avec juste raison. Beaucoup, à l'exemple de Cullen, ont encore désigné la pneumonie sous les noms de fluxion de poitrine, expressions vagues, qu’on pourrait appliquer aussi bien à plusieurs autres maladies aiguës dont le thorax est le siège. Mais aujourd’hui les mots de fluxion de poitrine n’ont plus cours dans le langage scientifique et ne sont plus guère employés que par les gens du monde. Enfin, beaucoup d'auteurs ayant remarqué que la phlegmasie du parenchyme pulmonaire était près qlie toujours accompagnée de celle des plèvres ; d’autres , admettant que la pneumonie ne pouvait exister sans un certain degré de pleurésie, ont proposé de désigner la maladie par les mots de pleuropneumonie ou pleur o-péripneumonie. Mais , d’après les remarques de M. le professeur Ghomel (1), comme dans la plupart des cas l’inflammation de la plèvre qui accompagne la pneumonie ne détermine pas ou à peine d’épanchement ; comme aussi la pleurésie est généralement très bornée , elle ne constitue qu’une affection secondaire et à peu près de nulle importance, ayant la même marche, les mêmes limites que la pneumonie, et ne formant avec elle qu’une seule et même maladie. Il faut réserver les mots pleuro-pneumonie , pour exprimer les cas où la pleurésie , occupant une large surface , s’accompagne d’un épanchement plus ou moins considérable, et constitue alors une véritable complication. Lorsqu’on lit les auteurs des derniers siècles, on trouve souvent dans leurs écrits les mots de peripneumonia 'vera, expressions qui sont synonymes de pneumonie franche , légitime , ou de pneumonie proprement dite. Ils avaient aussi nne peripneumonia nolha, catarrhalis, spuria^ pituitosa , expressions inusitées à présent , et qui ne servaient à caractériser aucune maladie bien déterminée ; toutefois, la plupart paraissaient désigner par ces mots certaines formes du catarrhe pulmonaire surtout chez les vieillards.

Dans le cours de cet ouvrage j’emploierai indistinctement, les mots de pneumonie, on de péripneumonie pour désigner l’inflam-

(t) Dictionnaire de méd. <*• édit., t. XVII, art. Pneumonie.

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