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CAUSF.S DF. LA MOLT DANS LA l'NEtJMONIF.
comme encore très bien fait observer M. Louis, lorsqu’on reclierclie la cause de la mort, on doit non-seulement avoir égard aux lésions matérielles des organes, mais encore au trouble des fonctions. Ainsi les pneumoniques peuvent périr par une dyspnée devenue assez considérable pour intercepter quelque temps la respiration. C’est ce que j’ai vu chez une vieille femme qui était îda fois rachitique, emphysémateuse et affectée d’un rétrécissement des orifices du cœur ; sous l’influence de cette triple lésion, elle avait habituellement une dyspnée assez considérable ; une pneumonie s’étant déclarée dans ces conditions, quoique la phlegmasie fût limitée à un espace circonscrit, l’oppression néanmoins augmenta d’une manière disproportionnée, et la malade succomba réellement par l’interruption de la respiration, ou par asphyxie. D’autres fois c’est par la violence du délire, par l’épuisement qu’il produit, qu’il faut expliquer la mort des individus ; c’est ainsi que plusieurs des malades qui eurent un délire violent, tombèrent à la suite de ce surcroît d’excitation dans un collapsus profond, et succombèrent réellement comme si chez eux l’innervation était éteinte.
Bichat a dit que si on étudie les phénomènes de l’agonie, on ne tarde pas à se convaincre que dans le plus grand nombre des cas de morts produites parles diverses maladies, la vie commence à s’éteindre par le poumon. Celui-ci, en effet , s’embarrasse, la respiration est pénible, l’air sort et entre avec peine, la coloration du sang ne se fait que très difficilement, il passe presque noir dans les artères j il yaici une sorte d’asphyxie lente(l). Ces idées deBichat sont surtout vraies pour un grand nombre de cas de pneumonie. J. Frank avait aussi signalé l’oblitération des bronches, comme une cause de mort dans les inflammations pulmonaires(2).PlusréceinmentM. le professeur Piorr y a étudié ce sujet plus complètement (3) eta prouvé l’influence que pouvait exercer l’accumulation dans les bronches d’une grande quantitéde mucosités qui, s’opposant à l’entrée de l’air, finissaient par produire une véritable asphyxie. Ces conditions se trouvent souvent dans la pneumonie, spécialement chez les enfans et les vieillards; en effet
(t j Recherche sur la vie et la mort, cilit. de 3ragcndie. p. A.” 6.
(2) Praxeosinedica, pars secun, a'oI. II, p. 375.
(3) Procédé opératoire, p. 323, et méd.prat., 7'livraison < 835;
INFLliEiSCE DE LA ^^LUMUML ôUU LLS AUTRES MALADIES. 461
à cesdeux extrêmes de la vie, les mucosités sécrétées dans les bronches ont une grande tendance às’accumuler dans ces conduits à cause de la difliculté de l’expectoration , difficulté qui dépend de l’épuisement des forces; en outre, le décubitus dorsal qui est prestjue habituel chez ces individus , rend compte aussi pourquoi les liquides engouent si souvent les tuyaux aériens. Ces dilierentes causes expliquent, je crois, suffisamment l’accuinulation des muscosités dans les bronches sans être oblige d’invoquer avec W. Stockes, une paralysie des muscles circulaires de Resseissen. Ce sont ces liquides ainsi accumulés et non exprdsés, qui produisent le râle trachéal qu’on entend pendant l’agonie. Mais ici convenons que l’écume bronchique ne lait qu’accélérer le moment fatal et le rendre peut-être plus pénible pour les malades comme pour les assistans; mais indépendamment d'elle, on trouve dans les poumons ou ailleurs, assez de lésions matérielles, ou bien pendant la vie, ou a observé des troubles fonctionnels assez graves, pour s’expliquer l’issue fatale de la maladie. La présence de l’écume bronchique me paraît être presque toujours un phénomène d’agonie commençante.