‹ Traité pratique de la pneumonie aux différens agesChapitre 7 sur 103 · CONSIDERATIONS PRELIMINAIRES · texte numérisé non relu

CONSIDERATIONS PRELIMINAIRES

mation du parenchyme pulmonaire. J’ai déjà dit, dans la Préface, le sens que j’attachais aux mots de pneumoniepn’miliVe, et à ceux de pneumonie , conséciilive ou sj'mptomatiquet

On voit par ce qui précède que la pneumonie est une maladie depuis long-tem}3s connue. Souvent indiquée par les auteurs les plus anciens, elle n’a jamais été décrite que très-incomplètement par eux. Privés des méthodes d’exploration que nous possédons depuis un quart de siècle, étrangers aux recherches d’anatomie pathologique, ils avaient nécessairement dû confondre entre elles des maladies différentes : c’est ainsi qu’ils n’avaient pu assigner aucun symptôme particulier pour distinguer sûrement la pneumonie de la pleurésie. Ces deux affections étaient confondues ; elles ne constituaient dans l’esprit des médecins qu’une seule et même maladie ; aussi voit-on les plus illustres d’entre eux , tels que Baillou , Sydenham , etc. , parler à peine de la pneumonie^ tandis que sous le nom de pleurésie ils avaient souvent décrit plutôt la phlegmasie des poumons que celle de la plèvre. Les recherches d’anatomie pathologique faites depuis le XVI® siècle, au lieu de diminuer la confusion, l’avaient peut-être même augmentée en fortifiant les médecins dans cette croyance erronée que la pneumonie et la pleurésie n’étaient qu’une seule et même affection. Cependant , les observations de Valsalva et de Morgani (1), celles de Huxham (2) qui tendaient à prouver le contraire, ne modifièrent pas complètement les anciennes doctrines, puisque Portai a pu écrire, au commencement même de ce siècle (3), que la pleurésie n’était qu’une modification de la pneumonie , et que ces deux maladies ayant un siège unique ne devaient pas être distinguées l’une de l’autre.

Aujourd’hui, il serait presque puéril de vouloir prouver combien une pareille opinion était erronée. Grâces aux progrès que l’anatomie pathologique a faits depuis 40 ans, grâces surtout aux nouveaux moyens d’exploration dont la science s’est enrichie, il est possible de distinguer entre elles les différentes maladies aigues de la poitrine; nous pouvons le .plus souvent en marquer le début, en préciser le siège, en suivre le [développement et la

(1) Epistol. XX et XXI.

(2) Essai sur les fièvres, Paris I 778, p, 217.

(3) Anatomie méd., Paris, 1804. t. V, p, 2i. Voir aussiMé/zi. de VA'> cat/. rfessctewces, année 1 789.

CUNbJUKKADU-Nb l-N AlMhS.

luaiclie progressive, et ces aiï'eclious, cj[ue l’un des plus grands maîtres des XVlle et XVIII® siècles (1) regardait comme étant les plus obscures de la médecine, sont presque les plus faciles à reconnaître aujourd’hui. C'est à Laënnec, à son admirable découverte, que nous devons ce merveilleux progrès ; c’est à dater de cette époque aussi, l’une des plus glorieuses de la médecine moderne, que l’on a pu apprécier un peu exactement l’influence des agents thérapeutiques sur la marche et la terminaison de la pneumonie, puisque c’est depuis lors seulement qu’on peut fixer avec quelque précision le diagnostic différentiel de cette maladie.

Je neveux point citer tous les travaux dont la pneumonie a été l’objet depuis la découverte de l’auscultation ; car en les énumérant, je ne pourrais m’empêcher d’en faire connaître l’esprit et l’importance ; mais devant, dans le cours de cet ouvrage, exposer les résultats qu’ils renferment pour les compléter, les appuyer ou les combattre, j’ai préféré, afin d’éviter des répétitions inutiles , ne point placer ici une notice bibliographique raisonnée. Je ne ferai donc que mentionner en passant les travaux, remarquables à différents titres, qui depuis 20 ans ont été entrepris sur Thistoire et le traitement de la pneumonie, par MM. Audral (2) , Bouillaud (3), Chomel (4), Louis (5), Piorry (6), W. Stokes (7), Ilourmann et Dechambre (8), etc. Les auteurs que je viens de citer n’ont guère étudié la pneumonie que chez les adultes ou les vieillards ; il importait cependant de savoir exactement si chez les enfants depuis la naissance jusqu’à la puberté, la maladie ne présentait pas quelque modification dans ses symptômes, dans sa forme, dans sa marche, dans ses lésions anatomiques, etc. Plusieurs jeunes médecins français ont entrepris des travaux dans le but de coiixbler cette lacune. Ce fut en 1823 que M. le docteur Léger publia la

( l) Baglivi.

(2) Clinique medicale, 4® édit. Paris, tS40, t. III, p. 255.

(3) Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, art. Pxeu— niONIE, t. XIII, p. 359.

(4) Diction, de mcd., l'®édit. art. Pneumonie.

(5) Fièvre typhoïde, liech. sur les effets de lu saignée,

(g) Mém. sur la pneum.-hyp, — De la Percussion. — Séméiologie ,

t. II.

(7) Diseuses of the Dublin, 1837, p. 309.

(8) Archives de médecine, t. X et XII, 2® série.

CONSIDKIUTIONS PMa f MINA I RES.

première monographie sur la pneumonie des enfants (1) ; depuis lors, un grand nombre de travaux furent entrepris sur le même sujet; je citerai en particulier ceux de Billard (2), de MM. Berton (3) et Biirnet (4), ceux beaucoup plus importants de Delaberge (5), de MM. Gerhard et Rufz (6), Vaileix (7), Rilliet et Barthez (8).Yersla même épocjue,des travaux semblables ont été publiés en Angleterre et en Allemagne. Ces dernières recherches sur la pathologie de l’enfance ne sont pour la plupart connues que très imparfaitement en France; mais, à en juger par des extraits publiés dans les journaux , on peut se convaincre ([u’à part quelques exceptions ils sont loin d’avoir le degré de précision et d’importance que l’on reconnaît à plusieurs des travaux des médecins français c^ue je viens de citer (9).

Comme pour bien saisir l’importance et la cause de plusieurs des symptômes que nous étudierons plus tard, il est nécessaire de connaître exactement les changements que l’inflammation apporte dans la structure des ])oumons, je dois commencer l’histoire de la pneumonie par l’étude des lésions anatomiques.

(t) T/ièse, 1 825, n° 49.

(2) Maladies des enfants. Paris, 1 857, p. S45.

(5) Thèse de 1 828 et maladies des enfants. Paris, 1837, in-8®.

(4) Joiirji. hcbdoni, 1 833.

(3) Journ. hehdom. 1834.

(6) Journ. des con. méd. chirur. 1835. The ninerican Journ. 1 834. Le mémoire du docteur Gerhard, quoique publié en Amérique, doit être revendiqué comme un travail français; ayant été fait d’après des observations que l’auteur a recueillies à Paris.

(7) Clinique des enfants nouveau-nés, ŸdiYis, 1 838, p. 40.

(8) Maladies des enfants. 1'^ partie Pneumonie. Paris, 1 8 58.

(9) Mémoires de la Société impériale de ITilna, t. I, p. 118. —

Prax. med. vol. If, p. 513. Lipsiæ 1 825. Voir surtout Piitscber, P/ieiimo infantile Rust magaz. t. XXXI, p. IIS.Liman, Pneumo infanlium, Berlin, 1 820. Succow, liufeland journal. — Savatier yb/u'ep’i nolizen, u° 21. t. XIX. Kliige medic Zeit. heransg 1 855. 4“ année, n° 50. — Lorinser. Maladies des poumons, Berlin 18 25. — Blaladies des en-

fants, Francfort S. M. 1821, t. II, p. 59. — Meissner, JJalad. de Venfance, Leipsick, 1 828, t. II, p. 250. — J. Cbr. g. Jœrg, Blanuel des maladies de l'enfance, Leipsick, 185G, p. 429 et 431. — Cmniug, Ohserv, oj the perip. oj children. Dublin Transac. vol. V, and med. chir. heview. vol. XIII, ]i. 0 7. — M.ed.icinische jahrhnch des es/crst notes, vol. XXX, par le docteur Ki\vi>;cb <1(* Prague, etc,, etc.

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