‹ Traité pratique de la pneumonie aux différens agesChapitre 95 sur 103 · CONCLUSION SUR LE TRAITEMENT · texte numérisé non relu

CONCLUSION SUR LE TRAITEMENT

d’après cette considération surtout , que peut être détermine'e l’opportunité' des remèdes.

La saignée et les préparations antimoniales sont les agens thérapeutiques qui conviennent à la plupart des cas de pneumonie que nous observons, quels que soient l’âge, le sexe, laconstitution des individus, l’intensité de la maladie, etc. Nous avons déterminé les cas où cesmoyens n’étaient pas applicables, etceux où l’un d’eux devait être employé à l’exclusion de l’autre. Mais en général, nous avons reconnu, que les succès les plus nombreux étaient obtenus, lorsqu’on savait combiner à propos les deux méthodes. Nous avons dit qu’il fallait saigner quelquefois très largement, afin de faire perdre au pouls sa dureté et sa résistance, et que c’était alors seulement qu’on devaitrecourir à l’émétique à haute dose. On voit en définitive , que si nous avons adopté plus spécialement certaines méthodes, nous n’en avons exclu aucune; nous avons saigné peu ou beaucoup, nous avons tiré à quelques malades plus de 4 kilogrammes de gang (8 livres), tandis que d’autres en ont à peine perdu 187 grammes (6 onces), chez quelques-uns même nous nous sommes abstenus tout à fait d’émissions sanguines. La quantité d’émétique donné, le temps pendant lequel on a administré ce médicament héroïque, n’a pas moins varié. Enfin, d’autres fois nous avons renoncé à ces méthodes, pour insister sur les évacuans, sur les toniques, les excitans, lorsque des indications spéciales nous en faisaient un devoir; en un mot, nous avons suivi une méthode rationnelle, c’est à-dire que nous nous sommes efforcé de modifier le traitement selon la forme et la période de la maladie, et que nous avons fait la part des exigences qui provenaient des conditions individuelles, et de celles qui dépendaient des constitutions médicales.

En suivant les règles que nous avons exposées, nous avons vu que, sur les 304 malades dont j’ai analysé les observations, et dont l’âge moyen était de 38 ans environ, 43 ont succombé, ce qui donne une mortalité un peu moindre d’un septième. Toutefois je dois rappeler que pour apprécier à sa juste valeur l’efficacité du traitement qui fut suivi, il faudrait retrancher du total, les 11 malades que nous avons vus guérir par les émolliens seuls, et peut-être même les 13 qui, bien qu’ayant été saignés, n’avaient pourtant qu’une pneumonie qui devait guérir, n’importe la méthode qu’on lui aurait opposée, ce qui don neia

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alors une mortalité de plus d’un septième dans le premier, et de un sur six et demi dans le second; résultats qu’il ne faut pas juger uniquement d’après le chiffre, mais bien par les conditions de nos malades ; et si on réfléchit au grand nombre de pneumonies graves que nous avons eues, à la proportion assez considérable de femmes et d’individus âgés, on verra que ce résultat est encore assez avantageux.

Cependant je prie le lecteur de remarquer, que le chiffre que je viens de donner exprime le résultat obtenu d’après la réunion de tous les faits indistinctement, et l’on sait qu’il en est beaucoup qui ont été traités d’après des méthodes que je conseille de ne pas suivre habituellement. C’est ainsi que 44 ont pris le tartre stibié sans saignées préalables ; chez 36, on administra l’émétique après avoir épuisé la possibilité de saigner, ce qui est extrêmement désavantageux, chez 17 on donna l’oxide blanc d’antimoine dont le degré d’efficacité est encore assez contestable. Il n’y eut réellement que 80 malades, chez lesquels on ait suivi la méthode que je proclame la meilleure, et qui consiste à saigner plus ou moins largement, de manière à faire tomber la dureté et la résistance du pouls, et à donner l’émétique avant d’avoir épuisé la possibilité de saigner. Je veux qu’on combine les saignées générales et les saignées locales, car celles-ci enlèvent plus rapidement la douleur de côté, que les premières et c'est certainement parceque MM. Bouillaud et Briquet ont eu recours plus souvent aux ventouses et aux sangsues, qu’ils ont obtenu un peu plus tôt que nous la cessation de ce symptôme incommode. Les malades chez lesquels on a suivi le mode de traitement dont je parle, n’ont présenté qu’une mortalité d un huitième, résultat extrêmement avantageux, surtout si on a egard aux conditions dans lesquelles les malades se trouvaient placés. C’est donc avec confiance, que je conseille le traitement dont je parle, toutes les fois que les conditions individuelles ou de constitution médicale le permettront. Le soin avec lequel j ai étudié la question me fait espérer de ne m’être point trompé, et je crois pouvoirdire avec Sydenham que le traitement que je conseille, est celui que je voudrais me voir appliquer si j étais atteint actuellement de la maladie dont je viens de tracer l’histoire.

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