‹ Traité pratique de la pneumonie aux différens âges, et dans ses rapports, avec les autres maladies aiguës et chroniquesChapitre 11 sur 76 · PROFESSIONS · texte numérisé non relu

PROFESSIONS

il semble résulter que la pneumonie est une affection qui dans les temps ordinaires se montre f$XL commun&nent k bord des navires naviguant dans la haute'ther. Au contraire^ la nialadie est plus fréquente sur les équipages en croisière ou qui com* muniquent souvent avec la terre. Enfin , dans le^ ports de mers la pneumonie 'parait être observée assez fréquemment ; c'est ce que nous avons vu pour l'hôpital d*HaUifax ; on dit aussi que dans celui de Toulon la maladie est assez commune, et il parait qu'elle affecte surtout les conscrits destinés aux corps spéciaux de la marine ou appelés à servir comme marins sur les bâtimens de Fétat.

En résumé , il faut convenir que, considérées d*une.maiiière générale, les professions de l'homme qoi exigent de grands efforts musculaires, celles qui sont exercées en plein vent, et qui exposent les ouvriers aux intempéries de l'air, comptent deux fois et demie plus de pneumoniques que les états sédentaires exercés pour la plupart dans des lieux clos ou à Tabri des vicissitudes atmosphériques. Cependant on a vu, par ce qui précède, combien il est difficile de résoudre les questions qui se rattachent à l'influence des professions, et on a pu se convaincie aussi qu'il n'y a pas un rapport constant entre la fréquence des vicissitudes atmosphériques auxquelles certains états exposent et le nombre de pneumonies qu'on observe dans plusieurs classes d'ouvriers.

Parmi les professions que les femmes exercent , y en a-t-^il quelques-unes qu'on doive regarder comme prédisposant davantage que d'autres à la pneumonie? Faut-il croire, par exemple , avec J. Frank » que la maladie sévit surtout chez les blanchisseuses et les cuisinières , dont les occupations les exposent à des changemens de température et à de fréquens refroidissonens? Mes observations ne confirment point l'opinion émise par J. Frank, puisqu'il résulte de l'analyse des faits, que les professions de cuisinière et de blanchisseuse réunies ne fournissent pas le quart des pneumonies que j'ai observées chez les femmes reçues dans nos hôpitaux.

Pour apprécier d'une manière plus complète l'influence des professions , chez la femme j'ai établi deux catégories. Dans la première j'ai placé toutes les professions sédentaires, exercées à Tabri des intempéries de l'air ; j'ai range dans la deuxième toutes

|ft2 ETIOLOr.lE DE |«A PNEtMOiriE.

f:Qltes4ui^iUiAitesjeapl«iii»ir»QU celles qi^ f^xfosenl 4*aiif fn^mkf^ giifflfongiic lfi3 p^r|pQoeft qui les exerc^mt, à rhinnir àkéf aux refroidissements, aux, irbA^çeme^Us brusquer de %an' pérature (1). Qx ^ sur 68 cas dç j^peumonies, pbsi^nré^s çj^es Isb hmm^B t 33 tppanienof&t i. U premièrje catégorie et 35 à lu deuxième. Ces résultats pourraient im'C croire que les profe^ aieoa diverses exercées por les femmes n^oui aucune io'^ floenf^e sur le déf eloppement des poeuraouies* Gependatot , nae pareille condusion ^e serait poiat exacte* On mi/SJB^^&^qu'à Paris, n y a bien plus de fenunes qui se liTrent auxyrofessîoas sédentaires qu'aux professions actives , et si on tsouff m JMNi^ hrt k pea près ^a) de pneumonies dans ces deux ca^gori^, il &ut en conclure quOi f^oinuM b<uis Tavons déjà vu clici: rjb^fUMt, les profeasioos actives prédisposent davantage irw; inflaïuwa*tioss des poumous que pelles qui soot sedeutairciL U fs^m $i^ rappeler d'ailleurs^ que, d'après les recherches desdoctemv Muneret ai Euef » dans les pays où les femmes partagent toat«àfatt avec les bomnies les travaux agrestes^ la pr^oporiiop des pneumonies devient h peu près égale dans les â«w( aeaes; et qu'il parait «p être de même dans les prisoQS«

£q résumé* noua voyons encore quç, considérées d'ime iqjh nière générale, les professions rudes, qui exigent de grandt et foriaou qui exposent les femn^es aux intempéries^ prédispoeenl davantage aux pneumonies que les professions sédentaire!* 0^ {rendant, de même que chez l'homme on ne saurait en pi^clKr aucune spécialement, qu'on pût considérer comme ayan( une siction plus directe que les autres, et tout ce qu'on a diti et am^ jet est loin d'être démontré.

La menstruation , TeUalument et l'état puerpéral sont iMil autant de circonstances qu'on a encore signalées comme ponfjMt favoriser le développement des pneumonies chei les Hr^miti • 10 Menstruation* On croit asses généralement que les limuMSi pendant la période menstruelle , sont plus sensibles am i^tffb^ rentes causes morbides , et que les a&ctions aiguës OTiillpH

(I ) Dans la première catëgorie, j*ai placé les contarlères, tes -nodUlety les demoiselles de comptoir, les femmes de chainbre, les hrtdéuset, etc.; dans la seconde sont comprises les ouisiniAMS , doBMStMpie», iipiummi ^ blinchisseuses, Joamaliéres, les marchandei à la luUe^ liot huwdiaadaB ambulaiitfn, etc.

MRNSTft9AViON ; ALMlTfilfSliT. |33

souvent A ^ite époque. J'mutam voulu àéUmoiuÊf 0UI en i^Mil ainsi reUtiv^m^t ï 1a pneuoMHiie } mai» le* biu qiiQ j'ai »h cueillis fiopi trop peo nombreux pouf r490Udr« la qui^oa, tl si j'en do»pe TaoalyM» c'ast «fin de provoques: de ]|piivdl«# re** obeixhof 0ur ce point* Ches 11 femmes qui «urpui um pnei^ monie, je d^termioai avec précÛMou toutes U» «jrooostaiMee qui se rattachaient ji la menstruation^ GeUe-ci iuit parfaitemeut ré^ gulièredUe» 10 malade^, 4 avaient eu leurs règle» depuie huit, quinze ou vingt jours lorsque la pneumonie débuta* Une dee &mme$ avait .un retard de douze jours lorsqu'elle tomba ma^ lade. flnfiuf le» 6 autres étaient arrivto à l'époque menstruelle. Parmi ceUes-ci , 3 furent affcclée» d^ pneumouies pendant que les règles cpulaient encore. Une circonstaoce qui mérite d'âive mentionnée I c'est que l'éçoulemeiit sanguin eut k peu pris IV bondance et ia durée qu'il avait dam l'état de santé ii ne lut pas sensiblement modifié par la maladie. Les 3 autres femmes étaient arrivées à l'époque menstruelle lursqu'e^les tombèrent malades; mais les règle» n'avaient pas encore paru* et la pneumonie eut pour effet d'en empêcher rérviptinn« 3'il était permil de conclure d'un aussi petit nombre de faits, jo^rais que pendant toute 14 durée de Tépoque menstruelle f les femmes sont plus prédisposées à la pneumonie que dan» les autres temps;!! est donc prudent qu'elles évitent alors avec plus de soin que îamais les causes qui pourraient en provoquer le développemenL La non-apparition des règles à leur époque ordinaire i leur suppression brusque ou la diminution dans la quantité et la durée de l'écoulement peuvent-ils déterminer Texplosion d'une pneumonie? Les auteurs l'ont dit, mais ne l'ont point prouvé, et jusqu'à présent je n'àt vu môî-même aucun fait qui le démontre.

. 2"^ MlaiUmeiU. J. Frank a prétendu (1) qUe la pneumonie a£Pecte fréquemment les nourrices. Cette opinion est d*ailleun fort ancienne i car si on parcourt les Uvresd'accouchement ou qui traitent des maladies des femmeé 9 surtout ceux dios derniers siècles I on voit que les médecins de ces époques regardaient les femmes récemment accouchées et celles qui allaitent leur enfant comme étant fréquemmeht. affectées d'inflammation pul'«

(i) Loc, cit,, p. 5M.

3E LA PNECMOKli

erlainenient exagérée; je n'a! observé qu'une seule fois une pneumonie survenue chez une nourrice. Aitaclie" pendant une année cnliérc à la salle d'accouebeinens de l'Hûlel-Dieu où nous avons eo user vé souvent [lendant une partie de l'hiver des femmes qui allailaienl leuv enfant, je n'ai jamais eu occasion d'observer, ni chez elles ni chez les autres femmes récemment accouchées, aucun cas de pueumonie ; pareille remarque a été faite à 1 hospice de la Maternilé, paimon ami le docteur Jacquemier, dont le nont est déjà si bonorablement connu dans la science obstétricale. Enfin, pendant un service de huit mois au bureau central où j'ai eu l'occasion de visiter un grand nombre de uourrices malades, je n'ai jamais rencontré chez elles des cas de pneumonie. Cependant, elles n'en sont pas h l'abri, car, sous l'inlluence de certaines constitutions médicales, les pneumonies ont pu parfois se montrer assez fréquemment chez elles ; c'est ce qui ent lieu , en particulier pendant l'année 1830, à la Maternité , où dans un seul trimestre on en observa onze cas (1). Mais c'est là un fait exceptionnel et qui n'enipècbepas d'établir que les femmes récemment accouchées et les nourrices ne sont point spécialement prédisposées auxphlegmasiespulmonaiies comme on l'a dît généralement. Il en est de même des femmes grosses, chez lesquelles je n'ai vu la pneumonie que trois fois.

Plus tard je reviendrai sur ces observations et sur celles que les auteurs ont publiées pour déterminer l'influence que la pneumonie exerce sur la grossesse et celle que l'état pueipéral imprime à son tour à la pneumonie elle-même.

5 VIIII. — l'i/Iaeiuc dfs climats. 1.0 pneumonie rèjjne dans tous les pays du globe, mais sa fréquence n'est pas la même partout. On la regarde coinnse étaïkt une maladie commune dans les climats froids, plus rare dans les pays tempérés et surtout dans lesiégions équatoriales- Cependant, on ne possède encore à ce sujet que des données vagues et plus oii moins incertaines. J'ai donc essayé de réunir sur cette question les divers matériaux épars dans la science, afin de déterminer le plus exacLement possible l'iufluence qu'exercent les climats sur la production des phleguiasies pulmonaires.

(0 C.mptc-rï.uludcM.Diii.l.i)'. y,.u;, /(.■i,;on(,. 18SD, t. VIJ,p.309.

Nous lie possédons aucun renseignement prëcU sur le degi^ de fréquence de la pneumonie dans le nord de rEurope. Cependant , M. Dubois d'Amiens , après un séjour qu'il a fait en Russie s a annoncé qu'à Saint-Pétersbourg la pneumonie était une maladie assez commune , mais que son degré de fréquence n'était pas en rapport avec l'intensité du froid (i). Il est à re« gretter que M. Dubois n^ait pas essayé de déterminer, d'après des chiffres , le degré de fréquence de la pneumonie comparé à^ celui des autres maladies. La pneumonie paratt être encore un^ maladie fréquente et meurtrière à Hambourg, puisqu'elle figure pour un dix-septième dans le nombre total des décès qui ont eu lieu dans cette ville en 1837 (2). Enfin, Hoffmann a désigné lu pneumonie comme étant une des maladies endémiques qu'od observe dans quelques parties de la Westphalie, de la Suède, de la Poméi:anie, du Danemarck et de la Russie (3). C'est pour l'Anr :;gleterre que nous possédons les renselgnemens les plus nombreux. Le premier relevé annuel, publié par le docteur William Farr (4) , contient en effet des détails précieux sur la question que j'étudie en ce moment. Sans vouloir être garant de l'exactitude et de Tauthenticité de tous les documens qui ont été publiés par ce laborieux médecin , je crois néanmoins que les scHns qu'il a mis pom* les recueillir doivent inspirer un certain d^ré de confiance. Quoi qu'il en soit, il résulterait du travail dont je parle, que la pneumonie serait une maladif assez commune dans toute l'Angleterre , puisque la vingt-cin* quième partie Ae.i individus qui meurent dans ce pays, suocombent à cette affection ; et, en ne tenant compte que des causes de mort produite par les maladies appartenant à la pathologie interne , on trouve que la pneumonie figure pour un vingt-unième dans la mortalité. C'est à Londres que cette affection parait avoir son maximum de fréquence ; c'est dans cette ville , du moins , qu'elle est la plus meurtrière , puisqu'elle compte pour un quinzième si on réunit toutes les causes de décès , et pour un treizième si on n'a ^;ard qu'à celles qui appai-

(1) Topographie de Saint-Pélcrshourg, Thèse de 1828, n^ III.

(2) la Expérience y 1838, n^ 58, p. 256.

(s) Cjfclopedia of praciical of médiciney Lond., 1854, t. III, p. 407. [i) First anriual reporù London, 1859, '^ Annales d'hygiène, t. XXUI, p. III.

126 lîTlOLOGEE DE LA PNtUMOXIE.

tiennent à la palliologie médicale. Aprùs Londres on voit la pnCuiuonte scvii' spécialement à Manchester, à Biniiioghaui , à Leeds et dans le NorLbuinbeiland , etc. Il est d'ailleurs iiiipossihle d'espliquer le plus ou moins de fréquence de la mftladit: dans les divers districts derAngleterre,d'aprèsleur topograpbîe. II est fort carieuK de voir la pneumonie se montrer en plus grand nombi'c dans Im villes les plus populeuses ei qui Kint le centre de l'industrie, du travail et de la fortune. C'est là en effet que la pnCuinOnie, i l'instar de la plupart des autres maladies aiguës et cil l'on il] ues, parait être la plus meurtrière, et je ne pense pfls qu'on doive exclusivement, avec quelques personnes, un rechercher la cause dnns l'insalubrité de ratinnsplii-re , daus l'eatasseinent des populations dans des espaces circonscrits ; maij il faut se rappeler que les excès du travail chez le.; uns, l'ivrogneviu cliei: la plupart, la misère, les privutioita (|ui accompBfjneiit les crises commerciales si fréquentes en An^leteri-e , sont tout autant de causes dont il faut tenir compte pour expliquer la fréquence et surtout lu mortalité plus glande de la plupart des maladies et de la pneumonie en particulier, dans les villes populeuses et au milieu des grands centres de l'iiiduBtrie humaine. Enfin , pour lerminer, je dirai qu'en Angleterre et dans les pays de Galles réunis, la pneumonie est, parmi les affections ai{;uos, une de ccUeB qui tue le plus grand nombre d'individus, puisqu'elle vient immddiali:ment après les ficTi-es typhoïdes. On a cali:ulé que dans ce pays, sur un million d'hommes 927 mouraient de pneumonie, et que sur uti nombre égal de femmes la même affection en emportait 741.

Si maintenant nûns recherchons quelle est la fréquence de la pneumonie à Paris cl dans les diverses provinces de la France, nous manquons maUieureusement des élémens nécessaires pour arriver à la solution du problème ; car nous ue possédons encore que quelques relevés partiels , qui, pour la plupart, ne pûitent que fiur un petit nombre de faits. Ainsi AT. Lombard (I) a estimé qu'à Paris la pneumonie formait un quatorzième des maladies qu'on observe chez l'adulte , tandis que chez les cufans lu proportion varie entre ua quart el un cinquième. L'estimation faite par M. Lombard luc paraît èlrii ù peu près jimlc poui l'i'igc adulte ;

(I) -^m/i.,I.XXV,i.. 0».

car , en comparant pen<}ant troâs anncies la frëquenec de 1» pneumonie, f^fartivenieBt et eeife êe tontes les entres maladies inédicàtes, f tfr irottvé qùt «bus le» hApftant d'adultes, à Piris^ lejsrphlégtnesîes |mtmon«freii fbrtmd^Btte 14*, 16* on 17* fàréé des irKeiion!! itl^s et duK>n)qii6B qjé inof du donteme de hi pathologie interne. Datisles1tos)Aees detkstOasrds, lâfMportk» detf pneumonies paraît être, année comuinne, d^ra 0" On d'tm 7* entirotî. Qaant à ce qui a tien dans tes fadiAtamt des ettfeiis> je f îg'nofé, et je ne côUnàis encore ancùn travail d'épié lequel M poirrràit comparer le degrë de fréquence rdafire des drffërenteë màtàdiés de Teiifance. ÏVaprès Ce que je viens de dire on voit qn'U nous est impossible de connaître quelle est la véritable fréquence de U pneumonie à Paris, attendu que je n*a4 ptt parler que des faits observés dans tes Irôpitàtu, et qu'il serait nécessaire, pont avoir tous les élémens de la ques(i(« , d'y joindre les résultats fwrois par la pratique cîvite. Les doclimens nous manquent aossl pour décider si la pneumoûre présente Une égale fréqueriçe' <ïans Tes différentes provinces de la France. M. le professeur Forget a publié un compte-rendU de sa clinique , duquel il résulte qu'à rli^pîtat de Strasbourg la pneumonie formerait kt 16" partie des maladies qu'on y fèçoit (1); proportion qui, comme je l'ai dit , est à peu près celle qu'on observe à Paris. Pour Genève et sa banlieue nous ignorons quelle est la fréquence de la pneumonie, par rapport aux antres maladies aignër ou chroniques^ toutefois il résulte d'un travail statistique très Intéressant , publié par M. le docteur Marc d'Espinc , de Genève (2), que dans le pays dont je parle, du moins pour Tannée 1838, la pneumonie a formé un 17« des décès qa'on y a observés.

Si on pouvait se fier afux brillantes descriptions que les voja* gem-^ enthousiastes font du climat de la Provence et de l'Italie, on pourrait croire que dans ce jardin de l'Europe ht pneumo* nie est une maladie excessivement rave. Cependant il est certain que dans plusieurs provinces des régions méridionales la pneumonie est plus fréquente et plus meurtrie que dans ie»paj*beptentvioiiai»u C'est ainsi que les inflammations pulmoaairei petaisseùt être très communes à Florence , à Naples

(I) là' Expérience^ t. III, p. 525, année 1859.J — Annàks d'hjr^^iène^ l. XXIU, p. 217.

(4) Annales d'hygiène, 1859, l, TOLIR, p. 5 et soiv.

et dans toute la Uomagnc (1) ; mais elles semblent avoir leur maximum de fiéquence dnns le Milanais i Rasoii estime en ciïet, que dans ce pays la pneumonie forme le dixième des maladies qu'on y observe (2). On a aussi prétendu qu'en Italie la pneumonie était tellement fri-quente dans le voisinage du Vésuve, qu'on pouvait la re{(ariier comme y régnant d'une manière endémique (3). On a expliqué cette fréquence de la maladie par l'influence fâclieuse que les vapeurs sulfureuses , qui s'exhalent en grande abondance du volcan, exerceraient sur les organes respiratoires; mais aucim relevé sutisiiquc ne justifie jusqu'à présent ces opinions qu'on ne saurait par conséquent accepter qu'avec la plus {grande réserve.

Les écrits d'Mippocrate prouvent que les phlcgmasles pulmonaires étaient des maladies assez fréquentes dans l'ancienne Grèce , et il est infiniment probable qu'il en est de même aujourd'liui. D'après une note que M. Grapcron aenvoyée à M. le docteur Valeniin de Nancy (1), il semble résulter que dans là Crimée ou que du moins à Synipliéropol et dans ses environs la pneumonie est une maladie très rare. Ce fait, s'il est exact, mériterait d'autant plus d'être remarqué que dans ce pays on observe fréquemment des cbangemens brusques de tcmpéra-

Si nous reclierclions le degré de fréquence de la pneumonie dans les diverses stations anj;laises de la Méditerranée, nous voyons qu'à Malte , que dans les îles ioniennes et à Gibraltar, la maladie fait périr partout un grand nombre de soldais, sans qu'il soit toujours possible d'cxpLquer cette fréquence de la maladie par l'insalubrité du climat, par la direction des vents ou les vicissitudes atmospliériques. Si quelques personnes ont pu se rendre coin|)te du grand nombre de pneumonies qu'on observe à Naples par la position topographique de la ville qni reçoit tantôt le souffle brûlant que l'Afrique lui envoie, tandis que quelques instaiis après elle est frappée par l<-s vents glacés des Apennins ; il n'est plus possible, quand il s'agit de 111e de

f (l)iVuava Mercuiio délie science mcdichc, oc [obrt cl novembre IS39. (i) Arctiivei de médecine, t. IV, et Baylu, BibUolh. ' ' ~ '

{i) Joui: fe/t-, t. L^UI, f . 3SS.

Malte, d'invoquer les mêmes raisons. Là y en effet, le thermomètre ne descend jamais à 0, la température de la iimt n'est inférieure que de quelques degHbà celle du jour, enfin on Toit bien rai*ement ces alternatives brusques de température auxquelles on attribue une si graiiBe part dans la production de toutes les maladies de poitrine. Cependant, mslgré des circonstances si heureuses en apparence , la pneumonie est plus fréquente à Malte que dans la plupart des villes d'Angleterre. A Malte en effet, la pneumonie produit la quinzième partie des décès qu'on observe chez les soldats (1), et l'on estime qu'il y a 33 pneumonies pour chaque mille hommes de troupes. Ce résultat est bien important à signaler; car il est contraire à toutes nos idées théoriques et à toutes les opinions généralement re« çues k ce sujet.

Si, au contraire, on étudie la fréquence delà pneumonie dans les iles Icmiennes, on vmt qu'à l'exception de Corfou, la maladie y règne moins fréquemment qu'à Malte, puisque le nombre d'hommes attrints a varié de 10 à 32 pour chaque mille soldats. On sera surpris d'un pareil résultat lorsqu'on saura que contrairement à Malte on voit souvent survenir dans les iles Ioniennes de brusques variations atmosphériques; H n*est pas rare en effet, d'observer en quelques heures une élévation ou un abaissement de température de 20 à 24*' F...

Mais, de toutes les stations que l'Angleterre possède dans la Méditerranée, c'est à Gibraltar qu'on voit la pneumonie sévir avec le plus de fréquence ; on estime en effet que cette maladie figure pour un dixième dans le nombre total des afieclions médicales, et que sur mille soldats il jr en a chaque année au moins 41 qui sont atteints d'inflammation pulmonaire (2). Peut-on attribuer unrésultat aussi fâcheux à la fréquence du vent d'est , qui est pour Gibraltar ce qu'est le sirocco pour Naples, et qui entraine toujours avec lui beaucoup d'humîdlitté et de brouillards? On pourrait peut*être accuser avec plus de raison le vent d'ouest qui est frais et sec, et qui souffle surtout en novembre et en janvier, mois pendant lesquels

{\)Statistical reports^ p. IS, A. etSequen.

(s) Topographie de Gibraltar y par Rey. Thèse de 1833, n^ 1 38.

%Z0 L'TIOLOGIE UE LA flVLLMOMË.

lei» ptieiii»oiiic& semUeol avoir leor niaximam de fréquence. . . JLa pneamoiitepaiall «tare uûe maladie fort m« sur le conti- «ent afrioaÎA. St mt coatvke ea «eflet le tablea» S]moplîi(iie « piibUé par M MaiUoiy sur les maladies ^'il a traitées àl'bâfâiftldeBMie, da 9^«vner 1834 au 15 marslO^, oft isdttye qtie smr &,74S^ naalNdes admis diMs se» semée, six seidkgiQnc éiaktti affectés de f)le«r»^iieaiiioiiies aigaës (1) ; plm récevameai M. le dx)Gtenr Therenot (2) a*a pas mf/oM la pttcumooie cofiame étant fine maladie fréquente au âéai^al. Il yésultt^ d<MkS des (ail&que je Ticas d'exposer qtte> da» nos po»* fliS6ioD$ d'A£riqi«e les TariaaiOo& bi^ueqœs de tempmtnre , le ftfKSSge s<iiiii du cliaud ait (reid,. les akeraatiTesde ffcshEwr et dlhui^idiié daas ratmosphère , porodaismt très saaetttt des pneuinonies, tandis qu'ils ont pour effet le plus OOasiBBt de deteirmioer desd^seutecies* des fièvres interiiititejiies«eiréBÛtt)entes epidémiques. il^^^est 4 peésuBoer que dans les lades «ncntales» ^ le iiÀmaA ffeseemble beaucoup ii celui de F Alrique^ îi doit en 4tt:e de métfke : toutefois ce u^èst là qu'une supposkioa ; auds ce 5|ui la rend probable > c'est que Lind et Anacsky ne pwient nalLe part de la pueuiaoBte comme étant une maladie qu'oa observe cemmunémetit dans le Delta du-ftange. Enfin dans wme statistique 4es maladies observées chez lÀ-Européens qui liabs»^ tent Ce y la n, on voit que la pneumonie y est exoessivenient ram, puisqu'elle ne £[>pritterait que la G^lS*" partie des autres a&dinns aiguës et cJiVoniques (3).

D'après ce que j'ai dit précédemment on a du Toirque la pneumonie affectait fréquemment les soldats employéS'daas les nombreuses colonies anglaises de l'Amérique septentrimak; mais \k comme en Europe la maladie ne sévit pas partout avec la même intensité. C'est dans le Canada qu^elie est, saiu dit , la plus Si'équente, puisqu'elle forme à peu près la i3a lie des maladies médicales qu'on y observe, et que sai

(1) Traité des fièures. Tans, 1856, tableau n<* 2, p* 414.

M. Maillot parle ensuite de sept pneiimoDies chroniques. Il est proBa- ^Icquece nrëdecm distingue', ëlévc du Val-de-Grâce, a Vonhi dérigner par là desphthisies pulmonaires.

(9) Traité des maladies dos £uiKipéen$ dans iss jM^ê. nhmulêk fianS; «S40, ia-S.

(3) NoUs du Cours d'hygténe de Mi Andral. , . .

CLI&IAXS. l&i

mille hommes de tronpeft on compte, tous les ans au moms 43 pnemnoniques. On peut expliquer la grande fréquence de la pneumonie au Canada par les conditions fâcheuses dans lesquelles les soldats se trouvent.

Dans ce pays> en effet, le froia est parfois assex intense pour congeler le mercure; dans Tespace de quelques heures, on vçit survenir des variations qui de'passent 50** F., et le soldat qui qnitte l'intérieur des corps de garde pour aller monter sa faction se trouve soumis parfois à un changement brusque de température qui dépasse 100°. Ici l'influence du cUmat est tellement évidente, que si ces mêmes individus se trouvent transportés en Angleterre, ils seront affectés deux fois moins souvent de pneumonie <]u'au Canada , puisque j'ai calculé que dans les troupes qui résident dans la Grande-Bretagne on ne compte guère que 14 pneumonies pour mille soldats.

Ce que je viens de dire dn Canada peut s'appliquer à la Nouvelle Ecosse et au New-Brunswick, pays humides» froids et exposés à des variations de température qui peuvent être de 50 à 52"* F. dans les 24 heures. Aussi on voit généra! euient diaque année les inflaiamations du poumon affecter 33 soldatssur raille. Mais si au Canada .e| dans la Nouvelle Ecosse on peut invoquer l'âpreté du climat et les vicissitudes atmosphériques, comuoe la cause des pneumonies si fréquentes dans ces contrées, où trouverons-nous la raison de celles qu'on observe chez les mir litaires qui tiennent garnison aux îles Bermudes ?

Sans prétendre avec quelques personnes que ce pays jouit d'un été continuel, ce qui serait exagère , il est néanmoins vrai de dii^e que la température est assez uniforme, et qu'il est impossible de trouver dans le climat aucune cause capable d'expliquer le nombre des maladies pulmonaires qu'on y observe. La pneumonie y est surtout fréquente , puisqu'on calcule que chaque mille hommes de troupes en fournissait 27; c'est-à-dire que dans les Bermudes la maladie est plus coumoiune qu'à la Nouvelle Ecosse, qu'elle y est aussi deux fois et demie plus fréquente qu'en Angleterre, et cependant quelle différence de climat entre ces dîfférens pays I

En nous rapprochant davantage de Téquateur , nous voyons la pneumonie diminuer de fréquence ; c'est ainsi que dans les Antilles anglaises et françaises cette maladie doU^tre considérée

comme étant une des plus rares. >I. Siiiz la x envoyé une note «iin^ U'-ivelfe il me parle dn pea lit fictiueiAS Jie la poemnonte à Il Mwtmiqne; cette mjlaifie y st ea edêt ai aare, qoe pendant trois années d'ane pratique txes ètendniu K 8.11& n*en a observe que trois exemples Je ne saurais noi afirmer pour les antres Antilles françaises ; cependanu d*jncs «me topt^rapliie de l'tle Saint-Martin &ite par le docteur 3Btliade Grall (1), on peut f salement regarder la pneumonie conum étant assez rare d.inis la partie de cette Ile qui est sous la dominaffa» française. t>9 lêstiltatf sontd'acxord avec ceux qui ont été obtenus dans l#»H Antilles anglaises, la Trinité, Tobago, Saint-Tincent, Barbadei?. Sainte- Lucie, Antigoa, etc. Dans cesdirersessUtions réuf !(«>«. 1.1 pneamonie doitètre considérée comme une maladie assez virv. |mr rapporta ce qu'elle est dans les autres pajrs; les tableaux i\iw j'ai donné» précédemment le prouvent suffisamment. D est »*iti(Mti««»l d'attribuer cette rareté des pneumonJes aux Antilles ft U viiaWur de ces contrées et snrtont à la grande nnifermité \l* IvHtpmture qui j règne, et à l'absence presque complète \\¥H vatUltviK» l»arométriques. Ce qui justifie cette asKrtion, V \n\ K{\w vtr* U tnême latitude il y a une contrée (la Jam^queJ |*liH ïn^m^W que Iw autres, où les vicissitudes atM^pbàriqnes «M*Ht »!««•( mV IWnjuentes et où aussi la pneumonie se montre ••*"i WMp plu? wnivent que dans la plupart des autres pays

h'\ mp |i«irueMt 1^ rvnsiMgnemens un peu précis que la science )i*»«r.|r yK^m di^tvMuiuei le degré de fréquence de lapneumofi> diti« Ir^dir*'»^* IKUtic** du globe. D'après rcxamen auquel je x\pt\^ Ap tue litif r . il rtsultc que la pneumonie ou du moins qu«« lp« al^rtiwM* AiiEtu«>9 de poitrine doivent être considérées comme de^ nnl«die< kW tvni* les pajs, et que, sauf quelques rares exreption^. ell-'s «e mi«utr\'tit prtout avec violence. Cependant c.Vft d-inn les pars fixiid!» coiwme TAngleterre, dans ceux où, Inrlépendaniment de rabaissement de la température • le thermomètre éprouve des variations fréquentes et subites comme su Canoda et à la Nouvelle Mcosse , que Ton voit la maladie se montrer avec le plus de fréquence. Enfin , il y a des pays, tels que les Iles Dermudes ei Maltei dans la topographie et le climat

(•) iiêtai de topographie mccfùWc. Thm USî, n" «51.

LOCAL ITis. 135"

f^ desquels on ne saurait trouver la raison des |ibeuindttes qu'on y observe très fréquemment ; il me serait impossible d'indiquer aucunes causes probables ; c'est à une observation ultérieure i les déterminer.

J IX. — LocaliUu Pays maréeageax^

Hippocrate a prétendu ( i) quelapneumonie était très fréquente dans les pays marécageux. Cette assertion du père de la médecine a été récemment sanctionnée par l'autorité et les observations de J. Frank. Ce grand médecin dit en effet qu'il n'a vu nulle part un si grand nombre et une si grande variété de pneumonies, que parmi les paysans livrés à la culture du riz , dans le canton duTessin (2). Cependant, une pareille opinion repose sur dev données trop vagues pour pouvoir être adoptée sans contesta* lion.

J'ai donc dû l'examiner avec d'autant plus de soin qu'elle était admise dans la science avec la sanction des plus graves autorités. Afin d'arriver à un résultat positif, j'ai recherché les statbtiques que j'ai crues les plus exactes sur les maladies obser* vées pendant un temps plus ou moins long , dans les pays marécageux; or, voici ce que j'ai trouvé : dans les Antilles anglaises et à rile de la Jamaïque , dont le sol est couvert de nombreux marécages , les fièvres intermittentes et rémittentes forment à elles seules près de la moitié des maladies qu'on y observe, et cependant nous avojis' vu précédemment que c'est précisément dans ces contrées que la pneumonie estspeu fréquente. Dans la Guyane française, et surtout à Cayenne, si in* salubre par le grand nombre de marais qu'on y trouve , et qui a été si meurtrière pour nos compatriotes , les maladies graves des organes respiratoires s'y rencontrent rarement, comme cela résulte des reclierclies de M. le docteur Segond , qui exerce dans ce pays (3), et malgré l'opinion contraire de Campet (4).

Dans la province du Canada, on observe à la fois et beaucoup

(i) OEuvres complètes ^ trad, par E. Lîttrë. Paris, <8«0, t. II, p. 15^ (a) Praxeos medi., vol. Il, pari, il, p. 315.

(s) Aperçu sur le climat et les maladies de Cayenne. Thèse de Paris, 4831, n» 433.

(4) Malad. des pays chauds. Pari?, an X, p. 211.

134 ^^I >LÛ<:X£ Wïï. LA PNEUMONIE.

de pacuBons, et besanop de ièffci iaitnaâttaites. Ce fak parait d'ilMrd fiiTonUe à tafuàtm dfffippocrate et de J. Fnak; ma» s es cCadie séporéneitt et cmapetsCÊFemeiit U lré<{iience de cfaacime de ces maladies, dans le Canada rapérieur et dans le Canada inférieur , on troare qoe dans le premier, cou- Tert par d'immenses étan-^s, les ûtrrcs rémittentes et intermittentes existent en beaucoup plos grand nombre que dans le se* cond , et cela dans réuonne difierence de 178 à 26 , tandis que la pneumonie, suiirant nne marcbe inTerset est une (bis plus fréquente dans la province méridionale que dans celle qui est an nord .comme 60 à 130; ; de sorte cpie ce fait, qoi tout d'abord sembbit faTorable à i'opûikm du père de la médecine , lui est an contraire entièrement opposé. On sait aussi, d'après im compte-rendu public par AL Maillot , que les pneumonies sont excessivement rares à B^^ne (Afrique , et personne n'ignore pourtant que dans celte pariie de la régence nos pauvres soldais sont décimés par les fièTres intermittentes et subcontinues.

Si nous redierchons ce qui se passe dans des pays plus tempérés , noos Toj'ODs que M. 3IcnfaIcon (I}, tout en signalant la fréquence des catarrhes pulmonaires dans les pays marécageux^ ne parle nulle part de la pneumonie comme y étant une affisc» tion trèi-commune. M. Mepple à son tour (2) dit bien que la pneumonie est une des maladies les plus fréquentes chez les indigènes des pays d'étangs. Cependant, si on consulte le tableau du mouvement de l'hôpital de Montluel (Ain)» qoe ce médecin a publié (3), on voit que dans l'espace de quatre ans et demi, sur 13Ô2 individus reçus, les fièvres intermittentes et ré^ mtUentes composent à peu près les trois septièmes des maladies qui ont été traitées, tandis que les pneumonies ne figurent guère cf ue pour un seizième, ce qui n'a rien d'extraordinaire» eu égard à notre cUmat.

Si y iaisant maintenant une contre-épreuve , nous parcourons les pa^rs où la pneumonie est la plus fréquente, tels que la Nou« velle-Ecof se , Gibraltar , Malte, les iles Bermudes, nous voyons

(I) Uist. méd, des marais, 2* ëdit., p. 80t>.

(%) J'sSsai sur les fièvres inter, et remit. 4 828, p: 15.

(^) M. \i. 297 v\ seq.

quf dans tbMifis^ cea cwKtru^tt» saut nMJMwy eJcêeption »i« fiènig» infieroûUeiiU» ei riuà^Hmtm doUwttt^tere coatiëenéo thwwmj rares ^ mm èm mâns pea camniBiiaa^ tandis qmmm obtarft te cotttrair« fXMir les ioflsaiinatioi» du |muuioii,

Be tout œ qui furécèée , il liot ctMckiTt , cancrakcnieai à ro{Hiii<m d'HipfOGi!ale ci de J« Frank , «foe ilanaiM f^iys ma* rëcageux, ks piie«ittO»iea ne sont pas frins fréquenta8^'aîilla«?t{ il semble même d'abord, que les faits qui précèdent nous autoriseraient à renverser la proposition d*Hippocrate et de J. Frank, et à dire que les pneumonicui sont d'autant pins Mires dans un pays que celui-ci préseule un plus(raud nombre de fi^ yres intermittentes et rémittentes. Cependant, une proposit^ formulée de cette manière pourrait bien être exacte pour îei pays chauds et in ter tropicaux» niais elle cesserait d'être vraie qoaaji on l'appliquerait aux régions septentrionales , au Canada , par exemple, où nous avons trouvé beaucoup de pneumonies e| beaucoup de fièvres intermittentes : j'ai démoutré que la cause qui engendre celle-ci n'est pour rien dans la production des inflammations pulmonaires ; ces dernières dépendent du cU* mat; les autres, au contraire, ne sont que l'effet des émanations marécageuses qu'il est toujours au pouvoir de l'homme 4<i détruire.

On a encore prétendu que la pneumonie était fréquenta dans les lieux secs et élevés* Cependant , je ferai observer avec M. Chomel , que jusqu'à présent il n'existe aucun fait qui dé* montre cette influence. On a même dit que si , à l'élévaiien da sol il se joignait une saison i igoureuse , l'inflammation des poumons atteignait un haut degré de fréquence; l'on cite à ce sujet l'exemple des troupes françaises qui , ayant séjourné sur le mont Cénis du 15 décembre au 15 mai , furent affectées d'un grand nombre de pneumonies , puisque celles-ci formèrent le quart des maladies qu'on observa à cette époque.

Mais de pareils faits, en les supposant exacts pour le diagnostic, sont encore insufiisans pour démontrer HnAuenee qu*on suppose avoir été exercée par la localité. Il n'y a nen dlmpos*sible en effet que le grand nombre de pneumonies qu'on a observées pendant six mois sur le mont Cénis dépendit de circonstances tout-à-fait fortuites de constitution médicale. Pour démontrer que l'élévation du sol joue un rôle dans la

13C ÉTIOLOGIE WE lA FNTOMOHIC.

prodoclkm des phlefpiianct pahnoMÛffCi, il CuidnU connaître ezacteneni le degré hrfiîtnel de fréquence de celle maladie , comparatiTemenl â ce qu'elle eat dans les valUes Toiônes. Jusqu'à ce qu'on pareil Imrail ail ëlé £ûl, tm doit considérer comme n'étant pas encore proorée Topinion de ceux qui regardent la pneumonie comme nouant pbs fréquemment dans les lieux élevés que dans ceux qui ont une autre exposition.

{ X. — Saisons,

Quoique la pneumonie puisse se déclarer dans toutes les saisons , presque tous les auteurs cependant ont reconnu qu'il y a dans l'année certaines époques ou la maladie derenait beaucoup plus fréquente. D'après Hippocrate etArétée, la majorité des médecins a indiqué la pneumonie comme étant une maladie particulière à l'hiver. Cependant Sydenham dit avoir reconnu qu'elle avait son maximum de fréquence entre le printemps et l'été (1), opinion que Yan Swiéten a également soutenue (S). n est donc probable que ces auteurs plaçaient le maximum de fréquence de la pneumonie pendant les mois d'avril et de mai. Suivant M. Chomel (3) , la pneumonie régnerait particulièrement à la fin de Thiver, au printemps et dans le commencement de l'été ; elle serait fort rare dans la deuxième moitié de cette saison et pendant l'automne. Ce professeur dit que sur 97 pneumonies observées par lui et par M. Louis, à l'hôpital de la Charité, SI s'étaient montrées de février en août, et 16 seuleuMnt dans les cinq autres mois de l'année.

Mes résultats sont assez conformes à ceux qu'avaient obtenus les médecins qui m'ont précédé. Yoici en effet comment se sont réparties dans chacun des mois de l'année les 296 obserratiims de pneumonie dans lesquelles j'ai noté la saison.

(f ) T. I, p. 898, éàxU de Baumes.

(3) Aggredior imprimis autem illa parte anni quae iaUr ver atqum œstatem ambigens utriiisque quasi fibula est. In Aphor, $ 870, tom. HI, (s) £oc. d2,;p. 210.

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