KTIOLOGIE DE LA PNEUMONIE
qu'on obsarve de 20 à 30 ans est plus du double de celles qnf oqt trouve entre ÔO et 60; mais en calculant la fréquence d'aprèl^ population de ces deux périodes, la différence n'est plus qjJiK d'un dixième à peu près.
Les deux tableaux qui procèdent pourraient faire croire auisi, que la pneumonie est une maladie qui diminue de fréquenofi après l'âge de 60 ans , quoique cependant le contraire ait lieu | mais il faut savoir qu'à Paris une grande partie des yieillards de la classe indigente (environ huit mille) se réfugie dans les hospices. Ils sont par conséquent soustraits à nos relevés; car si ces individus étaient abandonnés dans la vie comniune, ils viendraienti comme ceux de la classe adulte, réclamer les secours de l'art dans les hôpitaux , et nous constaterions alors chez les^fujets de cet âge beaucoup de cas de pneumonies. Tous léMllédecins '■f qui OQt fréquente' les hospices de la Salpétiière et de Bicétrç ont été frappé^ du grand nombre de vieillards qui succombent à riuflammatiô'n des poumons. Il résulte, par exemple, d'un relevé statistique, publié par M. le docteur Prus (1), qu'à riiospice de Bicêtre les pneumonies ont formé près dd nmMj^bxne . des maladies qui furent traitées dans ses salles de I8di i 1835, et près du sixième des décès quUl observa dans la même pé« riode ; tandis que, d'après des calculs que j'ai faits dans les hôpitaux pendant trois années successives, la proportion des pneumonies par rapport aux autres maladies médicales varie chex les adultes entre un quatorzième et un dix-septième , et i*ai estimé, en outre, que le dixième seulement des individus qui succombent étaient victimes d'une inflammation de poumons.
En résumé, nous trouvons que la pneumonie est une maladie de tous les âges ; nous Tavons même vu affecter Tenfant encore renfermé dans le sein maternel, et devenir la cause delà mort du fœtus et d'un accouchement prématuré. Après la naissance la pneu* iiîonie est une maladie fréquente dans toutes les périodes de l'enfance» mais rarement primitive dans les cinq premières années de la vie; elle survient alors le plussouvent comme complication des maladies aiguës ou chroniques si nombreuses qui assiègent Ten- (ance. De six à quinze ans, la proportion^des pneumonies devient
(l) Rech, sur les maladies de la vieillesse. Mémoires de TAcad, de méd,^ Paris, 1840, t. Vlîl, p. 4.
SxlXE« 11^
l^aucoup jKioijQL$ c(Mtôid4i^aUb^ c'est la, pàiml^ 4q P^nEipfle qui «n
lemoins, Peuda»!; la puberté jti0^*à ^0 ao» la |M)ouimi> nie est uuq maladie i pw pr^ ^m coiAmunQ qu'elk k sera pUu tard diaai les individus âgés de 40 ji dO ans; mais c'est de %à 30 qua la phb^gmasie fiuliitcmaire a Ston inaniarivm de fréquenoa i^pofir TaduUç* Apr^ avoir dimioué dans les années suivantei jusqu'à 60, ans elle devient très commune à dater de cet âgt^ et c'est dfi toutei ks maladie aiguës de la vieillesse la plus fréqu^U0 comme aussi la plus meuitrtère,
J II. — Sejee,
Toui les médecins depuis Cœlius Autéltanus (1) sont uninim e pmnr reconnaître que les hommes sont beïtucoup plus souvent afllèctés de pneumonie que les femmes. Les relevés statistt* i^es pMfiés depuis quelque temps ont prouvé que le nombre des pneumonies cbez les hommes était généralement deux, trois et même quatre fois plus considérable que chez les femmes. Sur 97 cas de pneumonie observes par M. Chomel à rbdpital de ia Charité, il s'en est présenté 73 parmi les hommes, et !il|tiietdement parmi les femmes, bien que le nombre de lits fât presque le méfhe pour les deux sexes (2). M. Briquet a trouvé 95 pneumonies chez les hommes pour 46 chez les femmes ; comme le service dont il est chargé à Thôpital Cochin se compose d'un nombre égal de lits d^hommes et de femmes^ il considère comme exacte pour les hôpitaux, la proportion qui établirait que la pneumonie Ae$ hommes est à celle des femmes comme 2 est à 1 (3).
Les faits que j'ai recueillis confirment ce que l'on a dit à ce sujet; ainsi sur 304 pneumonies, 236 avaient été observées chez rhomme et 68 seulement chez la femme. Pendant Tannée 1837, quoique le nombre des lits consacré aux ti aitements des femmes fût d'un tiers plus considérable que dans le service des hommes, cependant sur 74 pneumonies qui furent traitées dans c^t intervalle, il y en eut ôô dans ia salle des hommes et 1^ seulement dans celle des femmes. Cette prédominance de Li pneumonie dans le sexe masculin existe non-seulement en France,
(4) Ch. 43.
(2) Dictionn, de méd., V^ éd., t. XVII, p. StI.
(3) Archives^ 5« série, t. VII, p. 47H,
IM £TIOL0GI£ PE LA PNEDMOKIR.
mais elle a été constatée à peu près partout, mais surtout en Allemagoey par J. Frank f 1), et Hîldenbrand (2). Si on parcooit en effet les tableaux que ce dernier a publiés sur les maladies qu'il a reçues à l'Institut clinique de Tienne, depuis 1S06 jus* qu'en 1809 , on Toit (|ue sur 57 pneumonies qu'il a traitées, 38 existaient chez les hommes, et 19 seulement ches les femmes (3).
Cette prédominance de la pneumonie chex les hommes indique-t-elle d'une manière certûne que le sexe masculin est une cause prédisposante de la pneumonie? Je ne le pense pas , je crois au contraire que l'influence exercée par le sexe est douteuse, incertaine, et que si les pneumonies se montrent en plus grand nombre chez Thomme que chez la femme , il faut en rechercher la cause dans la différence du régime, et de|iioccupation^ de l'un et l'autre 5exe. C'est ainsi qu'à Buhl (4) pays montagneux et peuplé de vignerons > où les femmes se livrent aux mêmes travaux que les hommes , le docteur Ruef a trouvé que les deux sexes étaient également prédisposés aux inflammations pulmonaires* puisque sur 94 pneumonies obscm^ées par lui dans l'espace de trois ans, il en a trouvé 44 ches les hommes et 50 chez les femmes (5). M . Munaret a également vu qu'à Hautbugey (Ain), pays de montagnes, où les femmes partagent les travaux des hommes, sur 37 cas de pneumonies, 20 existaient chez les hommes et 17 chez les femmes; (6) proportion bien différente de celle que nous observons à Paris.Enfin dans les prisons où l'iiabilalion , le régime , les occupations sont à peu de chose près les mêmes pour les deux sexes , on a vu la pneumonie affecter également les hommes et les femmes; cela résulte surtout d'un compte-rendu , publié par M, le doc*
(0 Z. c«£., p. su.
(2) Medeprati^ trad, de Gauthier , t, II, p. SSSctsuiv.
(s) Llnstitut clinique de Vienne contenait 34 lits, dont 1S pour les hommes et autant pour les femmes, (L, cit,, 1. 1, p. 59»)
(4) Pays du grand-duché de Bade.
(s) I^/idiciniscJie annale n, i*r caUieT dull* yo|., 4 836, et Gaz. méd,, t. IV, p. 606, année 4 8S6.
(6) Hull, de PAcad, royale de méd., Paris, 4840, t. IV, p. 447.
CONSTITUTIOM* ^Oi
teiir Talmouclie (1) ii»r les maladies , qui pendant trois àttntei consécutÎTes furent obsenrées dans la maison de de'tention de Rennes; la pneumonie, qui fat après la phtbisie, la maladie la plus meurtrière, fut trouvée aussi fréquente dans la ditision des hommes que dans celle des femmes.
Les résultats obtenus chez les enfans viennent encore confirmer Topinion que j'ai émise sur le peu d'influence qu'exerce le sexe dans la production de la pneumonie. J. Frank avait , en effet, reconnu depuis longtemps que les enfans des deux sexes étaient également sujets à la pneumonie (2), et cette assertion m été confirmée par les relevés stastistiques de plusieurs médecins modernes ; ainsi M. Hache sur 108 cas de pneumonie a troavé que les garçons avaient été afiectés 50 fois et les filles 58 (3), et dans les faits recueillis par MM. Yalleix et Yemois sur les nouveau-nés on trouve 6T garçons pour 62 filles (4). Il a paru également à MM. les docteurs Rilliet et Barthez que les sexe n*exe|[çaît aucune influence bien marquée sur la pneumonie qui se développe chez les enfants de deux à cinq ans; qu'il n'en exerçait pas non plus sur celle qui chez les enfants de six à quinze , complique le plus souvent les affections préexistantes ({$). MM. Rufs et Gerhard sont les seuls auteurs dont les résultats soient en oj^position avec les faits précédens. Ces observateurs ont dit, en effet, que de six à quatorze ans, pour douze garçons atteints de pneumonie, il n'y avait que quatre filles (6); mais il est probable que la différence des résultats obtenus par eux dépend du petit nombre de faits sur lesquels il les ont établis.
5 III. — CQj^tilution^ lemperamenL
Hippocrate a noté (7) que les individus robustes étaient plus souvent affectés de pneumonie que ceux qui présentaient nae constitution contraire. Cette opinion du père de la médecine,
(<) Annales d'hyg. et de med, légale, t. XI Y, p. S 5 et S 7^ (3) £. cii,, p. 314.
(3) ITièse, p. 54,
(4) Clinique det maladies des enfans noweaU'néSf p, 1 73.
(5) X. cit., p. TS.
(6) Journ. des conn, médm' chirurg,, 3* aDnëe, p. 4 04,
(7) De aère, locis et aquis,, ^ilit. àc Littrt^, Paris, 4 840, t. H, p. 4.
|A( ÉTIOLOGUL BS. LX VOXUMOKIE.
b piTMt d» flfcrfiiçirtff, «il penlrlM naif {hmt
pniiqae sur 3ÔI saîrift «ttcmls et r^niwiiit ttS étaioil Aoncs d'osé rwnfitnûoQ farte om «Miftime» el ISMidflnMif d'une coDstitotioD grêle et chêtÎTe. CepcndunC, ponr cOMlnrelé^ gitkBemcmt^ il Cuidnk ca«nailre cxacIcnMBt Ift |»o|M tm des udÎTidos farts et Ênfalcs; ^iioîqB'ileiiKHtylBinfamlult 0bteB»dieskseiifaiisdiiK«aeinpeadcipréQéde»fc lI.Vab faix a nnan|Be cm rftt tl)> que les ■waiem màê é^wmt. ceos» tiUtfMNi ^ëÙTe d •IMblie éuieaâ afieelés de yf nioiiie co betiic«ap plos gnnd nombre qae ks snjets sens «i YÎfOttiiettX* St. BiUieleiBertliciosft eossi soie fine presque toot les aufaus de drox à ciuq ans q«i contnctaîeut h pueainoiM «meut mie optupleùm déUcate, tandis quedies ceiuide ù AquôuBe ils ob^ sernûeQt tons les etirilNits d^une bonne eonstitntion (^*
Un degré d'embonpoint plus <hs moins consîdémUe parait devoir être considéré comme une sorte de préserratif oonlre loB inflanimatioBS pulmonaires; cette opinion, émise d'abord par Triiler (3), fut ensuite adoptée par Moi^jagni (4), quoique ce grand médecio eût cité lui-même deux faits de pneumonies nior« telles chez des indifidus chai|(« de graisse. Dan> l'épidémie de 1813 à 1815 sur 81 individos, dont la constitution fiH notée par M. Cbomelf il y en eut sept qui présentaient un embonpoint remarquable i enfin j'ai vu moi-même la pneumonie surrenûr 8iez trois personnes qui offiraient une obésité asses coDsidérable* Ces faits, contraires à Topiiiion de Triiler, ne sont pas d'ailleurs assez nombreux pour faire croire avec F. Home que les indi* Tidus qui oot beaucoup d'embonpoint sont au contraire plus prédisposés que d'autres à contracter la pneumonie.
Il est difficile de déterminer l'influence qu'exerce le lemp^mcpt sur l'aptitude a contracter la pneumonie. M. Chomel peMO que la maladie frappe indistinctement tous les tempéramenn » «I
{i)CUn, , p. 474.
(s) L» ciUj p. 81.
(3) S0« lettre^ p. SOS, édit. de Désomeau,
(4) Mâme lettre 9 et 64.
(5) Principia meâicin, p. 150, Amstelodami, 1778.
CONSTITOTION' t(ff
«i de 1812 à 1813 ce professeur ft trouivé quç «ur 81 pngtHMi
niques il y en avait 60 qui présentaient les attributs du t^|iip4)R|^ ment sanguin pur ou mixte , il pense que la prédominance de l'affection chez les sujets ayant un même tempe'rament , doit âtre r^rdée comin^ une particularisé proprt à répidémid * qu'il observait; circonstance qui avait été noiéç également dan^ répidémie meurtrière de pnçumoniet qui régna ^o 1T5} (Çt quç Srambilla a décrite. Cç sayaot médecin aynit repnarquc que le^ personaea faibleSf valétudinaires ou avancées en âge en étaieaf rarement atteintes» i taiidis quç la m^ladiç sévissait fortemea( sur les personnes jeunes, plétlioriques, sqr le^ spld^ff pleips d^ vigueur et de santé (1).
M. Bouillaud dit que des fait9 multipliés Voq! çQpdoit k coRr sidérer le tempérament lymphatique ou lymphatico^^sanguiPi comme constituant une véritable prédisposition organique poq^ contracter la pneumonie (2). Il est à regretter que ce professeur ne nous ait pas (ait connaître Ips résultats sur lesquels il fonde l'opipion qu'il a éi|ii$e 9 puisque sur les 26 malades dont il dopne Jes ob^ryations dans sa clinique, il n'y en a que six qui aient offert les conditions organiques qu'il indique î cL'ailioiiFS, il résulte de l'analyse de mes propres observaUoQâj que plus de la moitié des sujets atteints de pneumonie avaient un tempérament lymphatique ou lymphatico-yanguin ; cbe^ un quai*t on reconnaissait les traits du tempérament sanguin pur, enfin les autres appartenaient aux tempéramena bilieux ou nerveux ; mais celui-ci» le plus rare de tous, se remarque à peine dans un douzième des cas. Malgré la prédominance du tempéra* ment lymphatique ou lymphatico saaguin , je ne pense pas cependant qu'on doive reconnaître en eux une cause prédisposante de la pneumonie v car la prédominance de ces tempéramens se remarque pour toutes les autres maladies, et elle dépend uniquement du climat dans lequel nous observons, et où le9 tempéramens lymphatico-sanguin semblent exister en beaucoup plus grand nombre que les autres. C'est ce qui expliqua peut être d'une manière assez satisfaisante pourquoi Hippocratet qui qIh servait sous des latitudes plus chaudes que les nôtres, a prétendu
(4) Quarin, t. Il, p. 181.
(2) Clin, de FhSp, de la Charité, t. Il, p. 44S.
que la pneumonie alTectalt plus souvent les fioinnies secs et robustes (1J.
J IV. — Conformation tlioraeiquc.
Quarin (2) dit avoir reconnu que les bossus, que li:s intlividus dont le [horax est déformé, sout plus sujets à la pneumonie que teux dont la poitrine est réj;ulièrement conroimée. F. Ilouie (3) regavdc aussi la niÉnie oll'eclion comme cLaut plus commune clicz les personnes dont la poitrine est étroite. II semblait eu effet très rationnel de supposer que des poumons sans cesse comprimes dans un tborax trop étroit et empêchés dans leur expansion , dussent s'enllainmei' d'autant plus facilement , que chez la plupait des bossus ccsorganes sont le siège habituel d'une Elase sanguine plus ou moins considérable. Cependant l'observaiioii clinique ne confirme point les présomptions que l'on pouvait avoir d'après l'examen anatoniique des lliorax racbitiques. En efTet, depuis plus de trois ans que je couuais l'opinion professée par le célèbre médeciu de Vienne, j'ai interrogé tous les bossus qui se sont offerts à mon observation. J'ai recherché avec le plus grand soin s'ils avaient éprouvé, à une époque quelconque de leur existence, Us symplt^mes caractérisitques d'une inflammation pulmonaire. Or, sur vingt-huit bossus de 20 k 7y ans, dont la plupart avaient dépassé 35 ans et sur les antécédents desquels j'ai pu me procurer des renseiguemcns positifs, j'ai constnté qu'aucun de ces individus n'avait éprouvé antérieurement dessymptdmespneumoniques; et cependant cliiz tous ces individus les poumons étaient gènes dans leur action j il y avait une dyspnée habituelle ; la plupart étaient affectés de bronchite chronique ou d'emphysème pulmonaire ; enfin, chea un quart la Cgurc et les extrémités des membres offraient une couleur bleuâtre habituelle , et plusieurs fois leur vie avait été mise en péril , par suite des accideus d'asphyxie qui s'étaient déclarés.
M. le docteur Bouvier, qui est à la tète d'une institution orthopédique, m'a dit que la pneumonie est une des maladies al^
(1) De aère, loch, ^\c.
(s) TVai'fe Jeijïéirei, 1. 1(, p. IsO.
\ {,s) Principiamtdicin., p, fSO.
PNEUMONIES ANT^AIEUBES. 109
guës les plus rares chez les bossus; car depuis douze ans il n'en a observé qu'un seul exemple dans sa pratique. Ce mMecin f aussi honorable que laborieux, ayant bien voulu me confier plusieurs de ses manuscrits, j'ai vu que parmi les nombreux ca« davres de bossus qu*il avait ouverts dans nos hôpitaux, il n y en avait que quatre qui eussent présenté une pneumonie k laquelle il fallut rapporter exclusivement la mort des malades. Enfin, sur une dizaine de sujets contrefaits que j'ai vus moi-même succomber depuis dix ans dans les hôpitaux, il«'y en a qu'un seul, qui soit mort de pneumonie. Ainsi, tous les faits qui précèdent nous permettent de conclure que, contrairement à l'opinion de Quarin, la pneumonie est une maladie qu'on observe assez rarement chez les bossus. Cependant , je ne prétends parler ici que des pneumonies idiopalhiques et primitives, car les pneu^ monies secondaires m'ont paru , au contraire , plus fréquentes chez les bossus que chez la plupart des antres sujets du même âge et ayant succombé à des affections analogues. C'est ainsi que sur 24 bossus morts de diverses maladies, l6ou les deux tiers présentèrent des traces de pneumonie, et chez la moitié d'entre eux cette phlegmasie devait être considére'e comme ayant déterminé la mGtt'I.des individus. Les bossus se trouvreaient donc dans lesmABed conditions que les enfans de[deux à cinq ans, chez les« quels les pneumonies primitives sont extrêmement rares , tandis que les pneumonies secondaires se développent dans le cours de la plupait des maladies qui sont suivies d'une issue funeste.
5 V. — Pnaimoniet anterieunt,
^' Il est des maladies qui récidivent ^quemment et dont une première attaque constitue réellement une sorte de prédisposition à en être affecté de nouveau ; tel est le rhumatisme articulaire; telles sont les aflectAns érysipélateuses, et en particulier Tërysipèle de la face, etc. J'ai dû rechercher s'il en était de même pour la pneumonie, car cette'questioa était d'un haut intérêt soit pour l'étiologîeVbit pour le pronostic. J'ai donc interrogé les malades avec soin sur les antccédens; j'ai surtout insisté auprès d'eux pour savoir si à une époque quelconque de leur vie passée ils avaient été affectés de pneumonie. Lorsque leur réponse était affirmative, je ne m'en tenais point à cette première déclaration, et avant d'enregistrer le fait comme exact,
*Xi
ild ÉTIOLOGIB DE LA PiNEUMOMfE.
il fallait que les malades pussent m^iadiquer les principaux symptômes qui pouvaient caractériser l'affection; j'insistaiff surtout sur là douleur de côté , la fièvre , les crachats, la doré^ dé la lâalàdie et le traitement par lequel on Tavait eombattue. S'il m'était impossible de vérifi^^ t>oiir ainsi dire, par moi» mémtf l'ex^titttâë dfi âkgn^stie > jcf etmsidérais le ftdi tmotiè nM àteim.
En t^hMiMAiit âtet eèi fnrécftatiéM iâns rinteitôgàtliiiii^é, Vbici ce que j'ai obtèùii. 4ttr 175 midades interrogés, comme il tieiit d'être dity ftH là ikàtnfé 54 qtd avaient éprouvé à ,Utte époque jjltts dtl mollis él6%néei, les âytnptômes d^une pnentiionie suf* &àhîn!ient caractérisée. Les récidives ont eu lieu en proportion à l^eti Jirès égàte chez Fùn et Tautrë sexe. Lé nombre des réd-^ dif éS a varié pour chàqde Individu de une à huit, hes femme»^ ati moment ôû je tes obset'vais ^ n'avaient été àSetiits qu'une seule (bis de pneumonie, à l'exception pourtant de deitt d'entre elles, qttî en comptaient jusqu'à cinq, tandis que diefz nn tierir des hommes la |inetimohie se reproduisait pour là 3*, 4*, 5^, 7* on 8* fois. Oes récidivesl, moins fréquentes chez la femme qUe chez lliottime j sont eh rajfport avec le nombre moins grand des pneumonies che^ le^ ptemiëres. La plupart des réddi^eif ént eb lieu de 30 à 60 ans j en divisant cet espace en trois fÊlhdea dB 10 années châqtte; c'est Celle de 40 à 50 qui en a le moins présenté ; les autres en ont offert un nombre à peu près égal. La distance enÊHe chaque re'cidive a yarié entre un mois et vingt ans ; dans la plupart des cas elle a été de trois à cinq ans. On peut dire qu'en général la longueur des intervalles fut d'autant plus courte que les récidives devinrent {dus fréquentes. Cependant , chez plusiearo malades les premières pneumonies se sont succédé à quelques mois ou à un an de distance, tandis qu'il y avait parfois un intervalle âe 5, 6 ou 7 ans et plus encore entre là derliièrcr attaque et celle que j'observais. Les fidls qui précèdent démontreni, je pense ^ qu'un individu est d'anr tant plus prédisposé à la ptieumonie^'il en a antérieuremciiA déjà éprouvé un plus grand nombre d'atteintes. Il est des iiidfvidns chez lesquels cette disposition se reproduit nn nombre de fois considérable pendant la vie. Ainsi, M. Ghomel (1) a soi*
(%) Diciiormair^ de méd,\o\,î7,f,%^k, • .
FNEOMOf^tES AJSTÉRIEUIVES. tll
gné un malade qui ctâit affecté de pneumonie pour la dixiènie fois. Jos. P. Frank (I) a vu également un sujet chez lequel Finflammation pulmonaire se reproduisait pour la onzième fois; enfin, Rush parle d'un Allemand » habitant Philadelpliiej^ qui en a subi 28 attaques consécutives (2).
Non-seulement la pneumonie a de ta tendance à sévir dei nouveau sur un individu qu'elle a affecté une ptemlire fois ; mais ce qull y a de remarqu|^Ie, c^esf que dans les récidives qui ont Ûeu j rinflammatîon occupe de préférence le poujlïon qui a été affecté une première fois. J'ai pu ^ chez SS malades^ préciser, je croîs, assez exactement le côté de la poitrine que I^ pneumonies avaient occupé dans les attaques antérieures. Four l'établir» j'avais égard au siège de la douleur et aux traces qu'avaient laissées sur tel ou tel point du thorax les sangsues, les ventouses ou les vésicatoires qu'on avait enypfeyés généralement dans le traitement de ces phlegmasies. Ainsi, sur les 35 malades dout je paffe , 25 fbis la pneumonf e a toujours occupé le même pcmmoii, chez les antres 10 malades l'inflammation a changé def côté à m:^ure qu'eBe se reproduisait sur le même individu. PaTini çes' 35 mstlades^la pneumoniie gauche a iTcidiyé î6 fois; et la êtoht 9 fois, différence qui est beaucoup plus considé* rable qu'elle ne te parait depiime abord, si Ton* se rappelé que les pneumonies droites sont beaucoup plus fréquentes que les pneumonies gauches. Ce résultat me porterait à croire que les récidives sont plus communes pour les pneumonies gauches que pour celles qui occupent le poumon droit. Mais je n^établis ccîa que comme une présomption; car, pour qu'il y eût démonstration à ce sujet, je voudrais posséder un beaucoup plus grand nombre de faits.
ITâyant pas observé les malades dans leurs premières attaques de pneumonie, je ne puis décider si le siège que laphleg- Itta^e a: occupé a rendu les récidives plus ou moins fréquentes. M. Kriquet (1)* pense que celles-ci sont plus communes après les pnemnooies du sommet qu'après celles qui ont envahi les autres portions du viscère. Cest ainsi que sur 18 cas de pneumonie du lobe supérieur, il s*est trouvé 5 sujets qui ont eu des récidi-
(ly/wCfer. eUnicmObs. Selec,, Tubîngue, f842, p. 96. Çir^é^hp, ofpract, med., t. EH, p. «06. (3) Archives f 3« série, t. VII, p. 481.
tl2 EriOL(3GlE DE LA rNEtMOME.
ves, tand'H qu'il ne s'en est présenté que 11 sur 64 cas depneu-> inonie de la base. Je crahis que M. Briquet n'ait ici fait erreur^ et n'ait confondu la récidive d'une maladie avec la simple rechdte; il serait ^ en effet , très extraordinaire qu'un aussi grand nombre de malades que ce médecin aurait guéris d'une première pneumonie, fussent revenus dans le même service pour les récidives qu'ils auraient éprouyëes plus ou moins longtemps après. C'est précisément pai'ce que les malades qu'on a soignés et guéris une première fois nous ^viennent rarement pour les récidives qu'ils éprouvent une ou plusieurs années pins tard, qu'il est à peu près impossible de déterminer d'après la pratique des hôpitaux, si le siège que la pneumonie a occupé dans une première attaque exerce quelque influence sur le non^ bre des récidives et la rapidité avec laquelle elles s'effectuent.
J VI. — Conditions sociales,
La pneumonie est une maladie qui, chaque année, lait périr un grand nombre d'individus appartenant à toutes les condi* tions sociales. La science ne possède encore aucun renseignement un peu précis pour pouvoir comparer le degré de {ré<: quence de la maladie dans la classe aisce et chez les individus pauvres. Il est probable, cependant^ que, comme la plupart des maladies auxquelles l'espèce humaine est sujette , la pneumonie se montre plus fréquemment dans la classe indigente et qu'elle y produit aussi une plus grande mortalité.
Mais , à défaut de preuves directes qui nous manquent , je puis invoquer à l'appui de l'opinion que je viens d'émettre, les résultats obtenus par les médecins anglais sur les oflGlcien et les soldats de leur nation qui servent dans les colonies de la Méditerranée et de rAmérique. Ainsi, en comparant la fréquence de la pneumonie chez Toflicier et le soldat , on trouve que chez les premiers la maladie est deux ou trois fins moins fréquente que chez leâ seconds ; si , en effet , la proportion des pneumonies ou des maladies aiguës graves de poitrine observées dans les stations de la Méditerranée, varie de 32 à lt% par chaque mille hommes de troupes, elle n'est que del4 lllO, chez le même nombre d'ofliciers. Les observations faîtes dans le Canada ont donné le même résultat, puisque si, pour mille soldats, ou observe 43 pneumonies dans le haut et le bas Canada^
un nombre égal d'officiers n'en foundi pour les deux provinces que 10 6il0.
Une si grande différence s'explique naturellement par les conditions hygiéniques dans lesquelles se trouvent les deux espèces d^indi vidus que nous comparons. Le soldat, qui peut représenter ici la classe pauvre de la société, fait les travaux les plus rudes ; il est davantage exposé aux intempéries de l'air ; sa nour« rlture est plus grossière , c'est lui que les privations de toute sor^e atteignent le plus souvent , et la discipline ne l'empêclie pas de se livrer à tous les excès et surtout à l'ivrognerie. L'officier, au contraire, mieux nourri, mieux logé, mieux vêtu cl surtout plus sobre , doit à ces circonstances plus favorables d'être affecté moins souvent de pneumonie. Les soldats sont frappés en d^autant plus grand nombre et la maladie sévit ches eux avec d'autant plus de rigueur que les conditions hygiéniques dans lesquelles ils vivent sont elles-mêmes plus fâcheuses. Si, en effet^ on compare la fréquence de la pneumonie diez les soldats blancs et les troupes nègres , ainsi que les pionniers qui servent dans les colonies d'Amérique , on voit que , placés dans les mêmes lociailités ^ nourris , vêtus et logés h peu près de la même manière, la pneumonie, cependant, affecte les premiers beaucoup moins souvent que les seconds. Une si grande diffé* rence dépend de ce que les pionniers sont occupés «i tous les travaux publics , et que Ton donne aux troupes nè|;res tous les postes et toutes tes corvées qui pourraient nuire à la s»nté des soldats blancs (1). Le tableau suivant va présenter d*aillcurs la proportion relative des pneumonies qu'on observe chez les soldats blancs et chez \^s nègres qui servent dans la plupart des colonies anglaises d'Amérique.
(l ) Statis report on the SicknesSf morlality and invaliding among the troops in the West Indies, p. 4.
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On voif , en parcourant îe tableau qui précède , qiâé fMt chaque colonie eu particulier, et cela à part une fyètité étJiXIftion, la pneinifkottie est heaiicoufi plus firéi|uente parmi les ioldats noirs que parmi les blancs. N'y auvait^ilki qu^nn&ioAiieilce de race? La chose n'est pas pocbable. Je crois qu'il est ionpofsible de méconDaître, datis ces cas, l'action que doivent exercer sur ces deux classes d'individus des conditions hygiéniques dif* férentes, de incme que nous avons vu tantôt des soldats d'une même nation, ne différant entre eux que parleurs grades, présenter pour la pneumonie une aptitude différente , et qui était en rapport avec les conditions plus ou moins fâcheuses auxquelles ils étaient exposes.
Je ferai remarquei* en terminant ^ que les résultats iioifonnes cl à peu près jK>n6tanlB qui ont été obtenus sur la laéme qiMS* lion pendant Une longud série d'aHMes, par des médacioi nombreux ezer^nt dans .des lieux £or< différeos ,,déposaat ^ faveur des dboanKns dont ja me suis servi pour évvlairer U, question dont je viens de m'oocupert
J Vil. — Professions,
Si on s*en rapporte a« témoignage des aiÉaaka, 11 y a un eei^ tain nombre de proCeasioos daaa Tud et l'antre sexe 4*1 expo* sent plus spédatemeftt les individus qui les exercent à oontra» Wr dîis itt&aamiatiotis pulmottahrea» Ainsii d'après Stoll (1), .les IMeiimdiiies atiSsoteraiciil fréquemment k#incÛnd(is qui axer» x/tttA degjffofasiidAS sédeouirss, et tortoUt les tailleurs d'habits q«â ;, ayant hibitMllemaut pefedant leur travail le corpa courbé et la téie pendiée eu avant^ doiveiitt suivant oet'anlear^ eprdUvetfcéqneoutienttuiecoafiesttdn ou une pléthore Imale des poomous qui rend ces organds pius tosceptîfales à s*en* flâftmier» J« Fimok 5 après avoir combattu raasartion de SloU# sigâale léS bdttlaogerSf les verriers ^ les forgerons , las tecbérsi les co«rri«rSf lei por tefahc comme étant plus fréquemmobt que d'Autres afifecte's de pneumonie, probablement par suite des thangeraens brusques de tem|>érature auxquels ils sont ex«posés. G«rp«ndatit Th«d6ndi (€) a dlé i^mieurs éiats dans k»quds les individus qui les font, sont forcés de rester dans des diaadires <Àaoffëes à 110 ou 180* Far. ; et bien que s'expoaant fréquemment à l'air extérieur, ils ne sont pas jrfus souvMit atteints de pneumonie que d'autres, Laënnec (3J semble regarder aussi la maladie comme étant peii coBatmuœ chea les boulangers, tandis que les commissionnaires station»nant nu coin dos rues en seraient fréquenmient afiectés. Enfin AL Cbomel dit que de toutes les professions , celles qui «xposent le plus aux intempéries de. l'air, telles que celles de charpentier, de domestique et surtout de tnaçoui sont calles qui sur le nombre d'environ 230 individus, ont fourni la plus de
(i)Med,prat.i t. 4 «S p. 154. Éd. de Mabon.
(s) Tke effèeés ofarU^ irades nnd profeis, L<Qndf>0, |SSS> p«IST*
(s) ItQc» eiU, 1. 1) p. S4-S, 4« cdif.
niques. Ayant noté )a iirofessinii qu'avaient p lioninics alteiots de pneumonie, j'ai trouvé paviui eux 4-i maçons, 23 journaliers et 19boulan[;er5;les autres états coin|)taieDt un nombre d'individus beaucoup moins considérable. £n conclurons-nous que les trois professions dont je parle , et surtout que celle de maçon, prédisposent plus spédalcmcnl à la pneu~ inonie? Je n'oserais l'afErmer , car nous n'avons pas tous les élémcns nécessaires pour résoudre cet important problème. Pour le faire , il faudrait en effet connaître exactement le nombre d'individusque l'on compteàParisdans chaque profession ; mais même en possédant celte donnée il serait encore dîfBciled'éctairer suffisamment la question dont il s'agit, puisqu'on ignorerait encore quel est le chiffre comparatif des individus qui , devenant malades, se font traiter clici eux et ceux qui nennent réclamer les secours de lacliarîté publique. Il est en effet plusieurs étals tels que ceux de taillem*, de cuisinier, de conducteur, de charretier, de chargeur, de charpentier, etc., etc., qu'on cegraide comme prédisposant à la pneumonie ; cependant si ou consulte les statistiques faites dans les hûpitaux, ou trouve qu'il n'y a qu'un petit nombre d'individus appartenant à cliacune de ces professions. Cela ne prouve p.ia pourtant que les métiers dont je parle ne prédisposent pas à la pneumonie ; mais les individus qui les exercent aj'ant pour la plupart une petite aisance, beaucoup pouvant user des ressources que leur donnent plusieurs associations de secours mutuels, ptéfèrent se soigner chez eux. Tout cela n'existe point pour les inaçoDs; ceux-ci, pour la plupart, n'habitent Paris que passagèrement; ils y sont sans famille, lof^eatdans des garnis ) leurs ressources sont plus bornées ; aussi se font-ils presque toujours transporter dans les hôpitaux dès qu'ils sont malades , de sorte que leur nombre n'indique pas nécessairement que l'état qu'ils font soit une cause prédisposante de pueuuionie; du inoins la profession qu'ils exercent n'est peut-être pas nue cause aussi active qu'elle le parak de prime abord. On voit donc combien sont grandes les difficultés que l'étude de ce sujet présente, difficultés dont paraissent à peine se douter beaucoup de médecins qui parlent de l'cLiologie des maladies.
Il est eucore quelques professions que les auteurs ont sigualcos comme cxposaul frcqucinmcot aux ipflamiiialions pulmonaires.
PROFEfiSIiOlfS. 117
C'est ainsi que Cadet Gassicomt (1) otJtf ^-Mërat (2) ont prétendu que les ouvri^irs employés dans les wurinfaçtines de tabac MMàl sujets aux afibctioas aiguës et chrcM^ig^e^ de poitrine, assertion qui a été réfutée j|ictoneuscjneQ^j»r M. D'Arcet et Parent Duchâtelet (3). Ce dernier a également prouvé, contre l'opinion de Baumes, que le séjour prolongé de l'homuie dans les souterrains, aa milieu des vapeurs infectes, fétides ou enivrantes , n'enflammait ]|as plus souvent la poitrine que le ferait l'exercice de toute autre profession. RKtnafacini et récemmeaC M. Pâtissier (A) eÉts'occupant de ceux qui ont habituellement les jambes dans l'eau, leur attribuent spécialement toutes les maladies qu'on dit dépendre de la suppression de la transpiration , et parmi lesquelles figurent les pneumonies et les pleorésies. Mais le laborieux Plient a encore prouvé que ces opinions étaient au moins exagérées et qu'elles avaient été émises par letf auteurs sur la foi d'une vieille théorie, qui veut que toutes les affections de poitrine reconnaissent pour cause la suppression de la transpiration. Or, comme le froid , Thumidité , et surtout Timmersion dans Teau , sont réputées les causes les plus actives de cette suppression on aurait pu en conclure à priori qu'aucune, classe ne serait plus gravement et plus fréquemment afEectée de pneumonie , de rhumatisme, etc. , que les débardeurs. Cependant sur 670 hommes exerçant cette profession, et qui tous furent interrogés par Paient, un seul avait eu une fluxion de ppîtrine, et tous les témoignages se sont réunis pour démontrer combien étaient rares chez eux les maladies attribuées vaguement au refroidissement (Catarrhes, pneumonies, rhumatismes) (5). Thackrah dit aussi (6) que les briquetiers exposés aux intempéries et travaillant les pieds nus dans un gâchis humiâe^ sont néanmoins assez rarement affectés de pnemnonie , puisque . ce médecin ayant interrogé 32 briquetiers sur leurs antécédents, il n'en trouva aucun qui eût éprouvé avant l'époque où il les
(i) Mém, de la Soc. méd, d' Émulât. y t. VUI, p. 1 60. (2) Dictionjiaire des Sciences médiccUes, art. Tabac, {^^) Annales de V hygiène publique ^ 1829, t. H, p. 558.
(4) Traité des maladies des artisans et de celles qui résultent des diverses professions, Paris, 1822, p. 261,
(5) Hyg.publ., t. II, ]^, «07.
(6) 77te Effects of aris, trades and prof ess, Lcmdon, 1837^ p. 14.
118 KTIOI.OGIE DK LA PNEUMONIE.
c^Mervait, quelque symptâme 4e pneumoniey quoique dans ce nombre il y en ëàt ptoieuiB très âgés.
n est également certain ^e tes ouvriers qm rivent an milieu d'une atmosphère chargée désarticules minftales ne sont pas plus souvent affectés de pnêumbnie que les autres ; mes observations le prouvent. Si on veut , en outre , consulter les recherches de Trackrah et de Fotbes sur les mineurs, celles de Johlistone de Worcester, et de Knîght sur les fabricans d'aiguflles et les émouleurs, etc., etc., oii se convaincra que tous ces ouvriers meurent en grand nombre de consomption sans être pins sujets que d'autres à l'inflammation des poumons. Toutefois, la pneumonie affecte peut-être plus souvent les malheureux ouvriers dnÈdimbotirg occupés à tailler des pierres. C'est , du moins , ce qui semble résulter du travail du docteur Âlisson (I)fqui a généralement trouvé chez ceux qui ont succombé des partions plus bu moins considérables des poumons où le tissu était dur, condensé , tandis que dans d'autres points existait un ramollissement pulpeux ressemblant en quelque sorte au tissu ordinaire de la rate. Ces ahérations sont évidemment le résultit d'un travail inflammatoire ; mais il resterait à déterminer si ces pneumonies sont primitives ou secondaires, el s'il n'y a pas quelque antre circonstance que la profession qui put en cxpUquer le développement.
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Puisque les hommes livrés aux travaux rudes , exposés au froid et à rhumidité, à l'intempérie des saisons et aux changemens brusques de température sont affectés de pneumonie en plus grand nombre, il semblerait assez naturel de supposer que cette maladie dût sévir particulièrement chez les marins. Cependant ^ malgré les conditions en apparence si fâcheuses auxquelles ces individus sont exposés journellement, la pneumonie est peut-être une maladie qu'on observe moins communément qu'on ne croit à bord des navires qui naviguent en pleine mer. Plusieurs médecins signalent bien la gravité de la pneumonie chez les marins; mais ils ne disent pas
(l) Ohsefv, on thc pathoL ofScrofidous (Tnmsactions of tlie nie<iicorhiriirgîcal of r!<linbiirgli, 182*, t. I, p. 366).
Miseot été £xpoMt mmx oanae» Ias^Jui ^tiMilH à^xtbMiê^
difficile dé AsT^ipHur^uoi k ^pweuitiome 'Ciil iuic i&e^ ûoB cpi'on tdsanre atim jeu-emeat im* k» BtyîrM qui imitÎ(çwii| en ftleiae aier. Qnekpics f^en^teies ipeut^tre moiromt àn^pSw cpifir -cette rarcàé eko la «pdbdk ^ eu tlkaat qu'à ktitade ëgrie^ k froid se feit eeniîr imios virement lur mer que Bur terres car daos k ||remièiie, il n'y fMie ces accidens de temdn ifoi^tme k oDnlaQeHf^tlBiiGeiitveÀleC acoékreat lee vents. Msûi, Â supfn ser que et iint soit oractt il est constant cependant, d'npràs k témoignage des chirurgiens de marine, que les équipages jont fâvqnmmiiçactcxfiâscs anxinnmes causes de nefroidisseuient^e nous, et q«e, klvqn'ik aont sons certaines ktitudes, ils sont souf« mk à des intenspérks, à Àes variaâons Inrosques de teuqpém* turc , itien atitreœeatiiottes que celles que nous iovoquooKi tous kl joUcs pour expliquer k dévekppetnent de plusieurs maâof* diei aiguës. Je crob que eette fréquence moindre de k poen* monk ^ de k plupart dns autres makciies graves chet 1^ Jttia» lins, dépend plutôt de ce qvCm milku ntme dei^ fa|i({ues do kur état» ces îndiridtts mènent une vie «sses r^uUère. Alaîs si| ait llisâ de jnavjgaer dane la haute mer ^ k marin tu «mpkyi dans ks «noisières, krsqut amtout il peut descendre «Duvent à terre , ot que , libre du Joug de la discipline du bord , ïi se livre sdns frein à tous ks excès possibks, on voit akrs les ma* kdîes aiguës sé^ix dbiex lai en plus^aùdaombre>
D'après quelques ;iseiileignemens qui m'ont été adressés par. M* Keynaud , médeèta en dief de Tbôpitai maritime du port de Tottktti la pneumonie ne serait point en dBet une affection rai^
(t) Ois^ontbe diseams whichfue^nit in lùngvVfia^ to that e&mUèkeâ^ lAKidon, liiirdml. 4Soarf
(2j Voyage autour di^MOnde sur la corvette la Coquille. Paris, 1829, {Z)Journ, hcbdontm» IfJiffkéf 1830.
sur les tiavires de guerre qui croisent dans la Méditerranée, et surtout dans les mers du Levant. Il paraît même que dans le printemps de Vannt'e 18^0, la pneumonie régna épidéuiiquenientà bord du vaisseau l'^/ger.Cepeudant, dans les temps ordinaires, ce Iti! affection n'est pastrès-coimuuue dans tes mêmes parages. Il résulte, en elfet, de trois relevés qui m'ont été adressés sur les maladies qui ié{;nèrent à bord de trois bdtimens de l'état en slaiioii sur les eûtes de la Méditerranée , que la pneumonie n'a fonné qu'un viiigt-buiiiÈinc ou vingt-neuvième , et même un soixante-dix-sepliènie des maladies internes qui furent observées ù une certaine époque. 11 est vrai que, d'après quelques autres documens qu'où m'a fournis, la pneumonie paraîtrait être un peu plus commune dans la Méditerranée que je le dis ici ; toutifois, comme lis rensei|;ncmens ne sont pas assez précis, comme ils ne s'appuient sur aucun résultat numérique , je u'ai pu \ci utiliser pour cclairer la question que j'étudie actuellement.
Quels que soient d'ailieuis le climat et la latitude, les pneu'» nioui>:s paraissent sévir plus fréquemment sur les navires qui sont à peu de distance des cotes que sur ceux qui tiennent constamment la bautc mer ; mais pourtant uiêmc alors, la maladie ne doit pas être re^fardée comme très-commune cfaei Ui-.iariu, eu égard surtout nux conditions fâcheuses auxqueftat' ces individus sont journellement exposés. C'est ainsi qu'un 0*-' vire qui pendant onze mois stationna à Madagascar, aux Hd' de France, Bourbon, Séclielli-s, etc., ne compta que 11 pneU' moniee siu- sriG9 hommes à bord. Si on lit la relation médicale que W. Donclly a publiée (1) sur les maladies qui furent obscrvéïis jitindant une navi{;ntion de trois ans et quatre moii sur un vaisseau anglab eu croisière sur les côtes d'Angleterre et de l'Aïuériquc du nord, on voit que sur 1150 maladies qui w déclarèrent & bord on ne compta que l^ cas de pneumouie.'ll serait impossible d'expliquer ce petit nombre de pneumooiâi par une influence de climat, [luisque, si on consulte les refi^istm de rtiûpital maritime d'Hallifax, on trouve que la pueumonie y est fréquente , puisqu'elle forme le dixième des maladies qui -y sont habituellement traitées. Des laits que je viens d'exposer,
{t)F.Û!iib. Bieil.milsi
lal.Janntry, :iss.