‹ Traité pratique de la pneumonie aux différens âges, et dans ses rapports, avec les autres maladies aiguës et chroniquesChapitre 24 sur 76 · Douleur d€ c6le · texte numérisé non relu

Douleur d€ c6le

Une douleapj^lus ou moins vive siégeant dans un des côtés de la poitrine est uu symptôme qui accompagne presque constamment la pneumonie. Il résulte, en effet, de mes observations que sur 301 malades affectes d'inAammation du poumon , la douleur de côlé n*a manqué que chez 29, ou chez un dixième enviion.On se rappelle que précédemment j'ai signalé ce symptôme comme marquant le début des pneumonies chez presque un cinquième des malades; mais dans les cas où il ne survient que consécutivement à d'autres phénomènes morbides, il apparaît encore à une époque très voisine du début. Ayant en effet de'termiué avec précision sur 182 malades l'époque à laquelle le point de côté s'était déclaré, j'ai trouvé que chex 161 il était survenu dans les douze yemières heures de la maladie. Quant aux 21 malades qui restent, il y en a eu 17 qui ont ressenti le point de côté avant la fin du premier jour, andis que chez quatre seulement ce symptôme n'apparut que du deuxième au quatrième jour, et fut précédé dans la moitié des cas par un frisson presque aussi intense que celui qui avait marque le débui de la maladie. Je n'ai pu expliquer par aucune circonstance extérieure ou appaitenant à la maladie ellemême, pourquoi la douleur de côté est survenue à des époques aussi variables. Les faits que j*ai recueillis n'ont point confirmé

DOULEUR DR CÔré;***' "ÎV- iM

d'ailleurs Topinion émïêe par Griinaudl'(l), MTOîr que dâm les pneumonies franchement inflammaioiras , ce n'est que deux oa tiois heures après l'invasion du frisson que la point de côté comm^ce à se faive ifStir, tandis que dans les pneumonies ca* tarrhales la douleur si déolare simultanément avec le frisson • Gela tiendrait-il à ce que dans un eas la phlegmasle envahifsaot les parties profondes , ii*affeeie la plèvre que consécutivement , tandis que dans Paulre l'inflammation commençantpar la superficie de l'organe, la plèvre serait envahie de prime abord ; cfest une question qui me parait à peu près insoluble dans l*état actuel de nos connaissances.

La douleur dont un des côtés de la poitrine est le siège dans les pneumonies n'occupe pas toujours fa même place ; le petel où elle se fait sentir varie non-seulement suivant les divers wdividus , mais chez le même malade ou la voit quelquefois occuper successivement diverses régions dans un court espace de tefnps.

Ainsi sur l7S malades la douleur de côté siég|^ :

Au mamelon, S 9 foii, A la base de la poitrine et au niyeau 4e I4 7*

ou 6* côte en procédant de bas en haut S 9 Latéralement à Textrëmité d'une ligne perpendiculaire au mamelon, mais à 1 0 ou

i S centimètres de cette éminence, 1 8

Sur toute la face antérieure et latérale, 1 0 En dedans du mamelon et plus ou moins prés

du bord correspondant du sternum, s A la partie postérieure et spécialement

4aQ8 la fosse sous^plneu^e. 5

Dans le fond de l'aisselle, 8

Dans la région sus-raammaire. 2

Dans Tun des hypochondres, 4

Dans le flanc. 4

Dans les lombes, 4

Dans la fosse sus-épineuse. i

Il suit de cet exposé que dans les quatre septièmes des cas la douleur se fait sentir au niveau ou au voisinage du mamelon. Mais quelle que soit la région que la douleur occupe, on la voîi

(1) Traite' des fleures, t. II, p. 53.

200 uns -ivMPTûMES DE Li >KEUjio7(iE Air.r

sur plus d'iiu tiers ik-s malades se propager plus o C'est ainsi que celle qui siiîge k la régioa lantôt vers la partie supérieure du tlioraïc, tantôt veis labo&e, raieuient ù la face postérieure. La douleur au contraire qui occupe la base de la poitrine , se propage dans le dos, sur une surface plus ou moins etcadue.

J'ai recliercbc s'il y avait quelque rapport entre le siège de la douleur et le point du poumon que la phlcgmasie occupait. Or, voici ce que j'ai observé â cet égard. Sur presque un cinquième de mes malades, la douleur coi'respondail exactement à la parlie du poumon , frappée d'inflamniaiion , comme il était facile de s'en convaincre, à l'aide de l'auscultation et de la percussion. Cbez un septième la douleur occupait un point du tliorsx assez rapproché de celui de La pneumonie. Enfin chez tous les autres malades la portion du poumon phtogosée élait très éloignée du point où les malades ressentaient la douleur. Je n'ai vu aucun cas dans lequel la douleur occupât le côté de la poitrine opposé à la pneumonie. Cependant des auteurs recommandables ont' rapporté des faits semblables) mais il est il craindre que ces médecins n'aient été trompés, car il existe plusieurs cnuses d'erreurs. Ainsi j'ai soigné il y a un an un homme âfjé de 65 ans, pour une pneumonie gauche. Cet individu n'accusait aucune douleur dans le côté correspondant du tbora^i , tandis que la région mammaire droite était le siège d'élaoccmens, qui s'irradiaicnl vers les faces latérale et postérieure. Cependant la mobilité de la douleur , ses irrcgulail lés, l'existence chez cet individu , d'autres douleurs rhumatismales, alTeciaiit les articulations, devaient porter à regarder la souffrance dont le côté droit de la poilriue élait le siège, plutôt comme l'efTet de la dîatbèsc rhumatismale, que comme dépendant de la pleuro-pneumonie qui affectait le côté opposé. Les médecins ont pu également cire induits en erreur parce qu'ils auront dans quelques cas méconnu l'existence d'une pneumonie double , dans laquelle il n'y a. généralement qu'un seul point de côté, qui quelquefois siège du côte où l'altération est la moins gr^ve et la plus circonscrite. J'ai failli moimême tomber, il y a quelques années, dans l'erreur que je signale ici. Un homme de À7 ans entra le 11 février 1837 à la clinique de rilôtel-Dieu , accusant 15 jours de simple malaise

DOULEUR DE GÔTÉ. 201

et 8 jours de maladie déclarée. Depuis une semaine il éprouyait de la fièvre, une vive douleur yers le mamelon gauche, être» jetait des crachats rouilles. Lorsque je l'examinai à son entrée, je constatai facilement une pneumonie arrivée au second degré, qui occupait la moitié supérieure de la fosse scapulaire droite» Dans une première exploration je ne découvris d'abord rien de morbide à gauche, et je commençais à penser que la douleur pleurétique que le malade éprouvait de ce côté , était sympa^ ^ique de la phlegmasie du poumon droit. Mais avant d'ad* Aiettre comme réelle une pareille anomalie» je procédai à une nouvelle exploration, je fis tousser fortement le malade, ce que j'avais négligé de faire la première fois, et je constatai aussitôt à la partie moyenne de la fosse scapulaire gauche une crépitation assez nombreuse, sèche, à bulles ou peu grosses et caractéristique d'une pneumonie qui céda au bout de 4 jours , ainsi que le point de côté, tandis que l'inflammation du poumon droit, qui était probablement consécutive à celle du côté gauche, ne se termina farorablement que 10 jours après. Dans ce fiiit remarquable , oni doit rapporter la douleur du côté gauche à l'inflammation qui paraissait avoir envahi primitivement lé poumon correspondant, et si la pneumonie droite , qui a été la plus étendue, ne s'est point accompagnée de douleur locale, cela tient sans doute à cette circonstance que je développerai plus tard, savoir que dans la pneumonie double il n'y a en général qu'un seul point de côté, et que la douleur siège dans le côté du thorax, qui a été le premier envahi.

La douleur n'avait pas la même intensité chez tous les sujets; elle variait suivant les individus et suivant l'époque à laquelle la maladie était parvenue. Ainsi au début de la pneumonie , la douleur était vive, lancinante et pongitive choz plus de la moi**' tté des malades (32 fois sur 59); elle s'accompagnait alors d'une anxiété et d'un sentiment d'oppression plus ou moins consi* dérable. Chez 24 elle était d'une intensité médiocre, elle ctaitcon* tusive et semblait siéger plus profondément ; enfin chez 5 malades, elle était tellement légère, qu'elle fixait à peine leur attention. Mais quelque faible que soit la douleur qui accompagne la pneumonie , on la voit s'exaspérer constamment, lorsque les malades toussent ou font une profonde inspiration. Si la douleur est très vive, les malades s'efforcent de dilater leur poi-

^'2' DES SVMPT6vR$ de la PIfSQMONIE AIGUË.

trinç Je moins foinplâtemont poBfible et d'imprimer anv c6ttfa les mouvemens les plu^ bornés ; dans les cas où une toux iawof loQt^ir^ survient y ib tâchent égalamaot de la oompniiier j ils fofit ep sprt^ qu'elle rçtegitUs^ la ipoins posaiblo t«m la paia| douloureux. I^eur âgure exprime alors la soufiranoe et l^axiêté- En général les malades n'accusent, ind^pendammant d# la dan* ]eur,aucunQ autre sensation dans le côté du thorax,. Sur 80 ma« lad^ que j'ai interrogés à ce sujet, un seul se |daffpiaît da sentir dans tout le côté malade une sensaiicm de chaknr ipçamn^ode et qu'il rapportait profondéioaeqt .ra^

Quels que ^Qit l'étendue e|l?siége d^ U doul^ur^dARa wgtiiid Qomtrçdeças onlavoits'^aspérerpar la presfiici| ^^rcâefttv les parois thoraciques^ Sur 70 malade , j'en a^ p^mé 39 fb^ lesquels uue pression , n>é|ne légère, a^\i^^niait ]^ dpulWJ»» souvent 4 nn ppint tel , que les pialades ppussMfi^l def miè et ^Lisaient effort pour fuir la maini enfin elle étfâl sui^tPUt diMH loureuse, lorsqu'on l'exerçait dans l^ espaces intereoataux ; elle était également pénible lorsqu'on pressait $nr U|u^ e6tet i*^ ordipairement à un degré un peu fnoip$ cpi^idéiBahle « Ol MHIr yenl pour rejsçiter U CilUit déprifper Tojs di| ^M dtt b FOltiine. Cheïi 31 la pre^iop p'augineptail: m ne dmiQlIllî^li» qoufirances.

Chea trais malades j'ai constaté l'existence simultftoétiâft dmm douleurs t l'une permanente, plua vivei siégeait #pit (m ipwhh Ion f «oit à la base de U poitrine en avant; Taulr^ ^*iMl9^Ê^ sentie que pendant les secogci^e^ delà toui^et existais à l^pivptiio supérieure externe de Iftfosfiç sçapulaire ou y^rsrfiiigl^iiif^fifar de l'omoplate au niveau de la partie du poumon qui étai| fipipppiie de phlegmasie ; celle-^ci était toujours exespérée par la pr^snimi la pren^ière* au çontx^aire , ne l'éttaUpas* Ce n'es^ que d^m dcvt cas assez rares qu'on voit la douleur de côté augmente^ pat Im mouvemensdu tronc, oupar ceu^ imprimas au membre aup^iWW correspondant ; je ne l'ai observée que chez opze ipitla.deg, jLa douleur ne présente aucune différence bien remi^qi)Able, e| m>tout constante dans les difféFent,es formes que 1^ pneumonie pftut revêtir. Par çopséquent, on ne saurait adopter çompie exaçtç, l'opinion de Grimaud (1), que dans la ppeumoniç inflan^iffat^Hre

(I) Traité des fièvres, t. U, p. 85.

DOVI^kUR DB CÔTÉ. i0S

la dmileuv est plua (1x0, plus «iroQvaarUe ^ ^ pûîgsaibte ; quelle etc au contvçtiiQ vagu^., diSài^e et plua étendtte dani la lorme cMat^ rbale de; la niajs^di^j çnfiç^ qM^ dan» cisUe qui m compliqua d^uMi affecÙPA 4^ preo^e^ voios, la doukuv est auaii pl|is étendua, qu^Uç €^ située ji^M^ipférieiiir^meiH^ ot quelle s'aocoiafuigoa ds malaise à l'épig^r^^» 4aiksi It»^ Wm)^a ou h9 hypofiliondfct.

(^9 doiiliQUr 4<? ^oyi m'a paru être è peu près la n^émeifius Ife rappqrt 4q U béqœiiçft Qt d.Q rintQfisiÛ y «bea Tadullfi at ahas A^.yieiUigc4* Tqu^/qU çbes ce d^roi^r i e'eàL->Â->dkp auhdasaus f^ ftoixa^^tç ^na, j'^tvq^v^ quç te ppiut de tiôté avail ioaur ip^ MB p^n plus fouveul^ q^ dMm tu languâ période eamf prise çi^tT^ i& e^6a. Quaut è^ Tinteutûté de h daudeur , f ai troiuy4 çhe9 1^ vieillArils )eft memee VAfiltioi^i Qttfi ehes l'adulte , al ea propQ&tip^ à p^^ piès égale* Cependant MM. Hourmana et BecbamblC^ (1}« q^i d'^iUeur<9 ont observé sur de& indttidos beauqçup plu» 4gés. Qpt préteudn qa'à la Salpétriere on â'ab'sçrvait dai»$ U w^jo^ité de^ «as qii'un endi^ii^iaement vague, soit 4au9 toi^t le côté da ^hora^^ aife^té» soit dans toute la poir trine » ^ fpéciileptie^t à la partie antérieure.

Cbe^ 1^4 i^u^e^ enfant, il estX iinposiible de s'assurer par leur propre témpignage» s'ils éprouvent qu£i)qu0 douleu>' tboracique; cependant on pourrait p^uHtve y p^^rveqir en pftlpani ft?ao soîb 1^9 différiçnte^ répiQn§ de la pçitnae et en fwyant pour oetfte ex^ ploration Im ççns^iis que M. Yalleix a donne's » loMqu'ûB veut çonsts^ter çhe? les ngave^u-nés l'existenee desidoulmir^ abdomi-

Cbç9i le4 ciiif^qs de 9 À 19 Ans !« de^leav de eàté, quoiqtif fréquente» partit cependant Véjtre un pe«iiupi9»qUe<çbei^l'aduU# ot; le yieill^rd, P'^près VIM- RU^iet et B^rthe?, elb persiaterak aussi moine longtemps; elle cesserait eoninAunemont.au boul 4e ) 4 3 jpurs; elle serait auçsi beaueùup moins rÎTe. Cette dernière circonstance explique peut-^êde pourquoi ebaa les eofaps qui expriinent difficilement \ev^ sensations , la doulepr de côté a par^ tiianqvier plus fréquanunent , et eesser beaucoup plus tôt que chea les adultes et les vieillards. D'ailleurs, ce qui explique pourquoi la douleur de coté doit êirû plus rare chez les enfans à la mamelle^ et même cbes ceux compris entre 2 et

(l) y^rchh'eSy 2<* s(?rie, t. XII, p. 40.

DES SVMPTUMES nE l

5 ans , c'est que cliez eux la pneumonie se complique <le pleurésie , beaucoup moins fréquemment que cLez l'ailulte. C'est en effet à une pkuiésie conco milan le et limitée le plus souvent à la portion du poumon phlogosc , qu'il faut rapporter cette douleur vive , lancinante , poignante , qu'on observe dans la première période des pneumonies. Cependant doit-on adme[- Ire que la pneumonie simple et dégagée de toute complication □e déleriiiine dans le càté malade , qu'une Eensalion de gène et de malaise , qu'une soite de poids plus ou moins pêuiblt? , une cbàleur incomrtiode et profonde , plutôt qu'une véritable douleur? Cette opinion a été émise par une grande autorité (I). Cependant quelques faits que j'ai recueillis m'empêchent de l'adopter d'une manière tout à fait exclusive ; je crois eu effet que l'inflammation exactement limitée au tissu pulmonaire , peut exciter une douleur vive, lancinante , ayant le caractère des douleurs que j'ai précédemment décrites. Ainsi j'ai vu des malades chez lesquels après un frisson plus ou moins intense, étaient survenus une violente douleur dans le côté de la poitrine et des crachats caractéristiques : cependant l'auscnliaLion et la percussion n'indiquaient nulle part de pneumonie; partout le son était normal , partout aussi le bruit respiratoire avait sa force et son moelleux. Il fallait ici reronnaître une pneumonie centrale , qui finissait constamment au bout de quelques jours , par atteindre la surface, et se révélait alors par les phénomènes stéthoscopiques. Dans ce cas, il est vrai, ou peut objecter qu'il pouvait y avoir une pleurésie concomitante, profondément placée; on peut supposer que l'inflammation avait envahi alors la plèvre médiaslineou inierlobaire. Mais j'aieuDCcasiond^oiivrir le cadavre d'un individu qui avait succombé à une pneumonie intercurrente ; etbien que celle-ci se fût dévoilée pendant la vie par un violent point de côté, cependant je ne pus découvrir à raulDpsic aucun vestige de pleurésie. Il n'y avait nulle part ni épancbement , ni fausse membrane, ni rougeur; la séreuse avait son poli et sa consistance aussi bien sur la surface viscérale que sur les parois de la poitrine. Ce fait prouve donc que le poumon enflammé peut exciter, intlépendamment de toute pbiegmasie de la plèvre, une douleur vive; loutcfDis cela cstinTi-

r^./. il' Amiral, I. HI, p. J80.

DOULLUK DE CÔT£. 20Q

niment rare , et dans l'immense majorité des cas c'est à une in* llainmatioD concomitante de la plèvre qu'il faut rapporter le point de côté que les malades accusent. L*absenee de toute douleur ne doit pas d'ailleurs faire supposer que la plèvre est intacte , puisqu'en effet une pleurésie , plus ou moins étendue j existait à peu près indistinctement chez tous les sujets qui succombé* rent et chez lesquels la douleur de côté avait manqué complètement. En outre , l'ouverture des cadavres ne montre aucun rapport entre l'intensité ou le siège de la douleur avec l'étendue de la phleguiasie des plèvres.

On a essayé depuis long-lcmps d'expliquer pourquoi la douleur se faisait plus spécialement sentir au niveau du mamelon ouà son voisinage. Beaucoup de médecins l'ont attribuée au frottement plus grand , plus étendu que la plèvre éprouvait dans ce point , parce qu'ils supposaient que c'était à ce niveau que les côtes avaient leur plus grande mobilité. Mais les expériences de M. Magendie ont démontré combien celte dernière opinion était erronée. On ne peut expliquer pourquoi la souffrance de la plèvre se fait le plus souvent sentir au mamelon, que par un rapport sympathique tout à fait inconnu , et qui est peutêtre plus inexplicable encore lorsque la douleur existe dans les flancs , dans la région lombaire , etc.

La douleur de poitrine est un des symptômes qui s'amende le plus vite dans la pneumonie. Toutefois nous n'en connaissons que très imparfaitement la marche naturelle. Il faudrait en effet, pour la déterminer exactement, que nous possédassions un grand nombre d'histoires de pneumonies à divers degrés d'intensité, et contre lesquelles on n'aurait employé aucune médication active. Or> ces faits nous manquent; toutefois nous Terrons plus tard en parlant du traitement que chez dix malades légèrement atteints, et dont on abandonna la guérison presque aux seules forces de la nature , je vis la douleur de côté diminuer spontanément d'intensité , dès le quatrième ou cinquième jour de la maladie ; mais elle ne cessa jamais avant la fin du premier septénaire , et dura au moins quinze jours.

Si à défaut de pneumonies abandonnées aux seules forces de la nature , nous étudions la douleur de côté chez les malades, pendant l'époque où ils n'ont encore employé aucun traitement, on voit que sur trente-six individus, tous affectés de pneuiuo-

iÛ6 DCd àTMKTÔSUâ DE L± ÈflEVUOiHE AIGUE.

nie grare , et chez lesqaek le point de côté était le prenûer #n Tnn des premien symptômes de la maladie , il f en a douze dwi Icwpids la ioiilear, aptes ètie artirée presque imuédiate- ■KfiC 4 ion iwaiiftnun d'intcnsilé j a conmenoé eiisiute i dnm^ ÉMtïï spontanément dn deuxième an troisième jour à dater da début; AcÈ dia antres malades cette diminaiion snrrint du quatrième an cinquième jour ; diez six du sixième au septième ; ches cinq antres du huitième au neuTième. Enfin il y a trois individus cheft lesquels la douleur, quoique fdrt rbtt ati Comr mencement , se dissipa cependant le deuxiètfie , lecinquièttie et kl sixième jour, sans qu'on eut employé contre eHe aucune espèce de traitement J'étudi^ai plus tard atec beaucoup de soin les m^difitatioDS qùs les divers agents théiapMtiqnes ap« portent à Tîntensilé et à la durée de douleur de côté dànè la pneumonie. Il me suffira d'indiquer pour le moment » que ches tons les sujets qui succombèrent, la douleur dinûnua plus ou moins longtemps arant la mort , et que chez (dtti de ht ndoilié de cénfc qui moururent après le douzièitie jour , la dotdent avait complètement cessé.

$ IL G/néy mecèUiMùn fde U respiraiioM, éffÉfmtt.

Chez presque tous les malades affectés de pneumonie, les HKmvemens respiratoires augmentent de fréquence, et l'ititro^ duction de l'air dans la poitrine s'accompagne souvent a«i|i d'un sentiment de gène pénible ou d'une consiriction douloureuse. L'accélération de la respiration est un symptôme que je pourrais signaler comme constant, puisque je l'ai observé à des degrés varia1)les chez tous les individus qui furent soumis a mon observation avant l'époque de la convalescence. J'ai rencontré aussi d'autres malades chez lesquels une pi enmonte dotft ils furent affectés n'excita qu'une fiaible réactior fébrile, et n'; porta presque aucune gène dans la respâiatimi. Mais à put très rares exceptions , on peut dire , que les pneuttionieB, mène très limiftées , rendent le besoin de respirer plus fréquent , et aeoélèrent par conséquent les mouvemens respiratimwa à des degré» diflérens. Ce symptôme apparaît airec les prenuers accidens qui marquent l'invasion de la maladie. Ainsi diez six individoa que je pus examner , quelques heures après le début

GÊNE, AG&LÉaATfOIf D£ LA UESPIKATlOll , DYB»aÉ£. 207

des premiers symptômes, je constatai chez tous, qae la r^spini^ tiôn était deveaue fréquente , puisse le nombre des inspirations était chei eux de 22 à 36 par minute. Dans 1^ joilrs snU Tans ràccélératidn de la respiration a entôre augmenté; c'Mt «ttBsi questir 9\ BMkidés qvd entrèrent à lli6pital du deuxième wà, sixièinb joiur d6 leur mâladve , et chez Itesquels aucun trùle*ment actif n'arait eficore élé cnnplôyé , il y en a 38 chei» leiH quefe le noittbfid dei respirations s'éleyait de 90 à 40 par mp* buta ; ichel 36 il vai^t entre 40 et ôO i diez 9 il s'élevait à 54 on 00« Enfin ^ je n*ai trouvé que 8 malades dont le mcfiàbre éos inspiration», quoique plus considérable que dans l'état n^rnualy n'a pas dépassé ^fcpendant 20 par ininute* Ilest &ss6^ i^re>dansta pneumonie des adultes et dans les cas les plus graves, de compter pltis de 60 à 66 respirations par minute. Toutefois chez deux malades , dont l'un a guéri^ j'ai vu ce nombre s'élever jusqu'à 75 et dOb Cette accélération des oiouvemens respiratoires^ lorsqu'elle est considérable, s'accôm()agne d'une grande anxiété; tes maladte, dans le décubitus dorsal, et la tétc très élevée, sont haletans) Har parole est brève, entrecoupée; ilâ«e piaigneift d'étouAerf ^ emploient toutes leurs forces > toute leur énergie pour respirer, et il leur semble qu'une compression douloureuse s oppose à la dilatation du thorax. L'air qu'ils réspira:it leur paraît ne pas pénétrer au'-delà des premières ramvâieatiotis bron- <i>iques^ toute respiration profonde est devenue absolument inapossible ; la poitrine se dilate tantôt par lé mouTlement d'as^ cension des côtei , tantôt celles-ci stint presque immobiles, et ht respiration est alors tout-à*fait^«bdominaie. Cette anxiété, ecftCîe dyspnée extrême, si voisine de la suffocation, ne se remarque presque jeûnais au début des pneumonies simples, légitimés ; je »e l'ai jamais vu survenir avant la fin du premier septénaire, et gébéhilement elle se He à l'existence d'tfne pneulnonie très étendue, le plus souvent à Texisteinee d'une pneii>im)nie double. Le plus: ordinniremein là gène de la respiration n'est pas aussi cenaidéraUe que précédenmient. Les mAlades, quoique respirant péftiblemorit, peuvent cependant parler et se mouvoir dans leur Ut» Qùbiqu'en général rintensité de là dyspnée soit proportionnée à raccé4ération des mouvemeoe respiratoires > il n'y a pas cependant entre ces deux phénomènes un rapport constant. Ainsi j'ai trouvé deux malades àyàût 68 rés^pitations par

minute, et chez eux l'oppression, la dyspnée, quoique asforlcs, t'taient néanmoins beaucoup moins prononcées que chez quatre autres individus chcï lesquels pourtant ou

; comptait que 44 à 48 inspirations. Enfin , il n'est pas

rare de rencontrer des malades dont le nombre des reapira-

ns s'élève ù 46, ÔQ. et chez lesquels cependant la plupart des

niouvcniens sont faciles , la parole est même asse?. Hhre ; et si

Il les interroge sur ce qu'ils éprouvent, ils aiTirment qu'ils ne sont point oppressés. J'ai observe au moins 18 individus qui paraissaient n'avoir aucune conscience de la fjéne avec laquelle leur respiration s'opérait. M. Andral a vu plusieurs faits semblables (1). J'ai renconli-é dix autres personnes chez lesquelles le nombre des respirations ne fui que de 24 ou 28, et cependant elles se plaignaient d'oppression et d'un sentiment de (jcne et de consUiction très pénibles.

Rèfjle générale: la dyspnée et le nombre desinspirations sout eu rapport avec L'étendue de la phlegmasie pulmonaire ; il y a cependant d'assez nombreuses exceptions. Plusieurs de mes ma.' lades en effet ont succombé à des pneumonies doubles ou avec une liéparisatioB de tout tm poumon , et cependant chez eux l'oppression avait été médiocre , et on n'avait jamais compté plus de %i, 28 ou 30 respirations par minute , tandis que chez d'autres innlades qui n'avaient que des pneumonies très circoii> écrites, ladyspnée éiail extrême, et le nombre des inspirations dépassait 50 ou 60. Plusieurs faits de ce fjente ont été vus par moi pendant l'épidémie de f;rippe qui régna à Paris en 1S37. Quelquefois ce surcroit de dyspuée s'expliquait par une bronchite capillaire intercurrente ; mais le plus ordinairement, il n'y avait vers les plèvres, le poumon ou le cœur, aucune convplicaiiou qui put eu rendre compte. Doit-on alors attribuer, avec les paihologisles anglais , la dyspnée et l'accélération de la respiration â tme excitation inflammatoire (Injlammatorj- czcileni«n(J qui sITecterait tout le poumon (2). Ce serait faire une supposition qu'il nous serait impossible de justifier par aucune preuve auatoiuique ou même symptomatique. Ce sont-là des différences qui tiennent à des dispositions individuelles, à des idiosyncrasies dont la cause reste toujours inexplirable pour nous.

(l)CAV,.,t.lll,i'. »B

(2) Stockes, p. JS2.

cUii.

GENE, AfSELElATION DE LA RESPIRATION. BYSrriEl::.

On troit assez généralement que la douleur plus ou moins vive , qui dans la plupart des pneumonies occupe un des côiés de la poitrine, est une des causes de la. dyspnée qu'on observe, et surtout de l'accélération des mouvements respiratoires. En effet, la douleur empêchant de dilater complètement le thorax, les malaSes ne font que des inspirations courtes, incomplètes^ qu'ils sQnt forcés de renouveler plus souvent, afin de suppléer au petit volume d'air qu'ils introduisent chaque fois dans leurs poumons. Cependant jepense^ que même dans les cas où la pneumonie s'accompagne d^n violent point de côté, c'est moins encore à celui-ci qu'à l'altération du poumon qu'il faut rapporter 1» dyspnée et la j|féquence des respirations. J'ai en effet choisi 32 malades que j'ai divisés en deux groupes de 16 chacun, à peu près semblables sous le rapport de lage des individus et de la gravité de la pneumonie, mais différant entre eux par cette circonstance que> dans l'une de ces cat^ories, les malades éprouvaient un violent point de côté , tandis que dans l'autre la ^PUleur avait complètement manqué. Or , en comp^i'ant m dyspnée et la fréquence des respirations chez ces deux ordres de sujets, je n'ai trouvé aucune différence bien notable entre eux, comme on peut le voir par le tableau suivant.

prequence

DE Là respiration.

n y a eu de 20 ù 30 respirations. . . .

De 30 à 40

De 40 à 50

De 50 à 60

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