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IBAlTEHENt DU DÉUnE. 70t
y a plus de deux ans, un fait également favorable à l'adiuinislralion du luusc : il fut donné à UD jeune soldat atteint de pneumonie arrivée au neuvième jour, et compliquée , depuis vingl-quatie heures, de délire. L'état général était des plusgi'a- Tes ; le pouls battait 1 15 fois ; il étuit faible ; il y avait 40 respirations; le délire était continuel; on avait déjà épuise les saignées , le kermès à liaute dose et les vésicatoires- Ce fut, dans ces conditions, que le musc fut prescrit , le malade prit, toutes les heures 5 centigrammes (1 grain) du médicament ; dans la journée, le délire diminua de violence, et à six heures du soir , il avait entièrement cessé. Le malade resta comme hébe'lé, assoupi, ses sens éiaient émousscs, le pouls et la respiration avaient diminué de fréquence. On continua l'usage du musc, le malade en pi it encore près de l6 décigrammes le jour suivant; dès lors la convalescence se déclara régulièrement.
Dans les fails que je viens d'exposer sommairement , il serait diflicilede contester l'utilité du musc; l'amélioration a ici succédé de si près à l'adminislraliou du remède , qu'il n'est pas probable qu'il n'y ait eu qu'une simple coïncidence fortuite. Cependant , jusqu'à présent, nous ne sommes pas suffisamment fixés sur l'eflicacitéde ce médicament, et sur le degré de confiance qu'il mérite, CHr pour cela, il faudrait que les médecins qui donnent le musc, pubhassent indistinctement les succès comme les revers. Jusqu'à ce jour on n'a guèi'e fait connaître que les cas où le musc a paru triompher du délire , de sorte que ne connaissant pas I.i proportion des insuccès , nous ne pouvons pas calculer les chances de réussite que nous avons , lorsque nous administrons ce remède, pour combattre lu délire ataxique. J'ai vu administrer le musc par M. Chomel, chez trois individus atteints de délire nerveux , dans le cours de la pneumonie, et ce fut sans aucune espèce d'avantage. Cependant il eiit juste de dire que ce médicament fut admiaistré dans les plus mauvaises conditions; les malades étaient dans Un état à peu prés désespéré, et le musc ne fut donné qu'à dose peut-être insullisante , puisqu'elle ne dépassa pas 3 ou 4 décigrammes / (6 à 8 g:ains). Il y a un an, j'ai moi-même administré le musc citez un homme, qui au neuvième jour d'une pneumouie,
(l). Jown. des Conn, tard, ckii; ii° 1. Nov. ISSU,
oliiait depuis irente-six heures, un délire maniaque conlmuel , j'en prescrivis seulement 2 décigramines dans une potion , ei quelques heures après l'avoir prise, le malade cessa décrier et d^éire agité, mais cet individu continua à divaguer et succomba le leadeniain. J'expose ce fait «ans vouloir eu tirer aucune conclusion ; je crois touLefoîs que , dans ce cas , le musc a été sans eflet, car si , après sou administration, le délire a été mnins complet, il n'a pas cependant diminué, mais il est juste de dire, que la dose du musc n'a pas été portée asaes loin. En résumé, il n'y a aucun motif qui doive empêcher le médecin à expérimenter ce remède dans les cas de délire alaxïque; c'est là d'ailleurs un sujet d'étude que les médecins ne devront pas négliger, car nous ne savons encore rien de positif à cet égard.
EnBn nous arrivons à cette forme de délire qu'on observe chez les individus qui s'enivrent souvent, ou qui boivent chaque jour une grande quantité de liqueurs alcooliques. Ce délire, qui est caraclérisé par une loquacité continue , par la violence des emportemens , par l'insomnie complète , doit être considéré comme une forme du detirium Iremeiis, et l'on doit lui opposer le liaitemenl qui réussit dans celte dernière maladie , c'est-à-dire qu'il faut administrer de suite aux malades les préparations opiacées, qu'on portera rapidement à de hautes doses , de manière à ce qu'un sommeil calme suciède à l'agitatiou des malades. Comme il est souvent difficile de faire boire les malades, et pour avoir un effet plus pioinpt, je suis dans l'habilude, dans les cas dont je parle, de prescrire quinze à trente gouttes de laudanum de Sydenham, qu'on mêle à quelques cuilleiées d'eau, et qu'on injecte dan» le rtciuin. Si trois quarts d'heure ou une heure après, l'effet calmant ne s'est pas encore fait sentir, j'administre une nouvelle dose. J'ai traité trois malades comme je viens de l'exposer, tons furent calmés, le délire cessa d'être violent , mais un de ces individus ne recouvra qu'incomplètement l'usage des facultés intellectuelles, et succomba deux jours aprb, aux progrès de la pneumonie- Chez les deux autres, dont le délire débuta lorsque la maladie était déjà eu dé' croissance, j'ai vu l'opium triompher rapidement des accîdens cérébraux,
Chez un des malades , qui buvait habituellement, au iiioin^
IRAITEMI^NT DU DÉLin£, 703
trois lilres Ue via par jour, je prescrivis aussi irojs tasses île ce lii|uide à preudre dans la journée ; dès le lendemain, le délire avait diminué , le malade avait inêiue des moinens touL à fait lucides ; le traitement fut continué, et viugi-quatre beuies après, les facultés intellectuelles étaient intactes , et le malade ue con servait aucun souvenir de ce qu'il avait dit et fait , pendant les deus derniers jours. Dans ce cas , j'ai prescrit du vin, quoique la fièvre n'eut pas encore cessé, mais, je l'ai fait en raison des habitudes d'ivrognerie du malade , et je me repens beaucoup de n'avoir pas suivi, pour les autres individus, qui étaient daus le même cas, le conseil que donne M. Cbomel, de leur peimeltre l'usage d'une petite quantité de vin, qu'ils prennent pur ou qu'on mêle à leur tisane-
L'habile professeur queje viens de nommer , convaincu arec Hippocrate des inconvéniens attachés à l'interruption subite de l'habitude même la plus mauvaise . publia il y a près de vingtcinq ans,daos le noui'cau journal de médecine (1) , un mémoire sur l'usage du vin dans tes maladies aiguës des sujets adonnés à l'ivrognerie. Depuis cette époque, il a habituellement accordé aux individus dont je parle, unecertainequaniiiéde vin, et il n'a pas eu à s'en repentir, tandis qu'il a vu succomber beaucoup de ceux chez lesquels on avait agi différemment.
Pendant les deux années que j'ai passées auprès de M. Chomel , en qualité de chef de clinique, j'ai recueilli l'histoire de cinq individus adonnés à l'ivrognerie, ou du moins, buvant habituel' lemem une grande quantité de vin, et auxquelsonaccorda chaque jour deux ou trois i.isses de ce liquide , eu même temps qu'on leur faisait tirer du sang, ou qu'on leur admioistrait l'émélique â haute dose. Quatre de ces malades ont guéri, et l'aflectiou a suivi une marche régulière ; le cinquième a succombé aux progrès de la maladie^ mais aucun d'eux n'a présenté de délire continu, tandis que nous n'avoDS vu cet accident, que chea ceux auxquels on négligrea d'accorder une certaine quantité de vin.
Ces faits d'ailleurs, s'accordent avec la pratique de plusieurs médecins américains, qui observent le delirium iremens, chct un grand nombre d'individus, qui atteints de maladies aiguës, cessent brusquement l'usage des liqueurs fermentées. Ainsi , il
(1)T, VU, p. iii,K] Pat. jenc., p. «33d«la 3'' ediliuii.
704 TRàIT£ftlENt BC LA PNÈl^MONlJ^.
faut conclure que le meilleur préservatif du délire nerveux qui affecte si souvent les ivrognes atteints d'une maladie aiguë, c^est de ne pas interrompre brusquement leur vicieuse habitude, et de leur permettre encore chaque jour l'usage d^une petite quantité de vin. Lorsque le délire s'est déclaré, s'il est indépendant d'une phlegmasie des méninges, l'opium est le remède le plus efficace pour en triompher; c'est ce queM.Rayer a aussi constaté un certain nombre de fob (1).
ARTICLE K
Traitement des différentes formes de la pneumonie.
Le traitement de la pneumonie doit subir des modifications importantes, lorsque la maladie revêt quelques-unes des formes que nous avons précédemment étudiées. Lçs formes bilieuse, typhoïde , intermittente et rémittente, sont celles qui deviennent surtout la source d'indications précises et qu'il importe beaucoup de savoir saisir à propos.
$. /. Tmilement des pneumonies bilieuses.
Le traitement des pneumonies bilieuses n'est pas aussi simple qu'on pourrait le supposer, car aucune méthode exclusive ne saurait leur être applicable , et ne pourrait par conséquent être déterminée dlavance*; il faut ici, comme toujours, savoir saisir les indications que chaque cas eu particulier présente; ces principes ont réglé de toiit temps la pratique des bons observateurs. Ainsi Stoll, malgré sa tendance à ne voir partout que des troubles ou des lésions produites par les ravages de la bile, admettait pourtant des cas où la saignée devait être largement employée. M. Bouillaud, est peut-être le seulqui ait osé conseiller une méthode exclusive; ayant voulu rattacher la pneumonie bilieuse , à la pneumonie vraie , franche , normale, il n'a pu faire aucune distinction pour le traitement, et il a prétendu appliquer aux unes comme aux autres sa méthode inflexible. Mais ilest inutile d'insister ici pour combattre les nouvelles prétentions de M.Bouillaud, puisque nous avons vu pi-écédemment,que les faits qu'il avait rapportés dans sa clinique, ne pouvaient être iuvo-
(t) BuL de l'Académie royale de médecine^ Paris^lB40, t. IV, p. 466.
TlUlltMESÏ BtS tMJ^UMOMtS BILlEUSliS. ';0.>
quéà comme des exemples de pueumoiiit; hilicuse, jiui eoiisûquenl la niélhode évacuante ne leur ciait pas applicable. C'esl donc sur des erreurs de diaguoslic que repose euliêrement l'uni: des liéiésies les plus giaves que l'on ait pu faire en médecine pratique.
AËnd'éviter nous-mêmes ces erreurs, ilfautdislingueravec^oiu Xespneumomesmixlesoxibilieuses inflammatoires-, despoeumonies bilieuses simples ou proprement dites, e\.àes pneumoaies hilicusts malignes ou ij'plioïdes, cni-lvs indications thérapeutiques qu'elles présentent varient pour chacune d'elles, et il est important de les saisir dès le déhut.
Les pneumonies bilieuses iitjlammatoires réclament de suite, l'emploi des émissions sanguines généralis , et quelquefois locales; c'est li'i la première indication i remplir- En effet, dans cette forme, le pouls est fort , la chaleur élevée, enfin il y a tous les symptômes d'un appareil fébrile intense. Ici les phénomènes intlammiitoires prédominent ; les troubles du coté des organes digestifs ne sont qu'accessoires, parfois même ils sont purement sympathiques, et ne réclament aucun traitement spécial. La mesure dans laquelle les évacuations sanguines seront faites, devra varier, nou-seuleuient d'après l'âge des sujets, leur consûtuiion, l'intensité du mouvement fébrile, l'étendue de la pneumonie , etc. , mais aussi d'après Tinfluence que le traitement au ti])li logistique exercera sur les symptômes bilieux euxmêmes. J'ai vu en cQet, chez un malade, qu'au fur et mesme qu'on re'péiait la siigne'e , non-seulement les symptômes tlioraciques étaient enrayés dans leur marche, mais j'observais en outre une liiminulion notable dans les phénomènes bilieux. Ce fait, déjà noté pat- Si<dl, doit f^lre supposer que les troubles des organes digestifs et de l'appareil biliaire sont purement sympathiques de l'état fébrile, et l'on peut alors s'abstenir d'administrer les évacuans; les purgntils seuls peuvent être employés, mais dans le but seulement d'opérer une médication révulsive. Chez 5 autres malades qui étaient affectés dès ledébut d'un appareil fébrile à peu près aussi intense que les premiers, les évacuations sanguines futcnt pourtant moins bien supportées; k pouls s'affaissait rapidement après la piemiéie ou la deuxième saignée, et si, dans dtuxcas, le? symptômes inflauimaloircs parureni enrayés, chtrz tous cependant, les troubles di|;estif9
7n(; iii^ir^MEMDE 1.,
perasLèreiit au oléine tlej; ré, et s'accrurent raêipe chez plusieurs. Il était dës-lors évident, qu'une indication nouvelle se présentait ; si on était assez heureux pour la saisir, si on administrait au malade 12 décig ranime s d'ipécacuanha , ou mieux encore un ciiieto-catliartltjiie, on voyait, dès le lendemain de cette médication, le pouls diminué de fréquence, la peau douce au louchei- et revenue presque à sa température normale ; l'auscuhatlon et la percussion faisaient aussi reconnaître qu'un travail de résolution avait commencé dans la poitrine. EnBn, chez 2 malades , l'amélioralion fut si marquée , l'état de bien-être si grand, que la convalescence cominençapresque immédiatement.
Il est bien important de saisir à propos l'opportunité de la médication évacuante, et de ne pas le ri^larder dès que l'indication est précise. J'ai vu une femme de cinquante-un ans, (jui éiait affectée d'une pneumonie bilieuse de médiocre intensité ; une saignée de iOO f^rammes et une application de vingt sangsues avait procuré un amendement notable : la Gèvre avait un peu diminué, quoique l'expectoration et les phénomènes siéthoscopiques n'indiquassent aucune diminution dans l'engorgement pulmonaire; les signes d'embarras gastrique et intestinal étaient restés les mêmes pendant trois jours ; l'état de la malade était stationnaire , un lasatif r]ui fut administré et qui provoqua neuf selles assez abondantes, n'apporta aucune modification bien importaute dans l'état général et local. Ce fut alors seulement qu'un émélo-catbartîque fut administré; l'amélioration fut tellement prompte et en même temps complète, que dès !e leu'^emain, le pouls était tombé de cent à soixaute-cjuatre, la respiration de trente-deux à vinfit, la chaleur était douce, les crachats entièrement blancs, mais encoreun peu visqueux, le souSle avait cessé et avait éië remplacé p^r une crépitation peu abondante et un commencement d'expansion vésiculaire; enfin, les forces qui étaient anéanties la veille, étaient revenues, la inalsde avait l'aspect de la santé. Je lui prescrivis du bouillon le matin; et le soir son' appétit tut tellement impérieux, que la reli^euse se décida à lui donner un potage qui fut parfaitement <^érf.
Ainsi, on voit que dans ce fait, le vomitif fut le complémeul nécessaire, indispen stable ilu traitement déjà employé. La nulailie se sciait peut-être pi-olongée longtemps encore, si on avai' tardé davantage de saisir l'indication d'évacuer â la Coia l'esM-
ra fl Tlff£îïrîHi?'ÏS£l'lïoSÏ£s*'fi'îSÊij s Ks . 7O7
mac CL rUitestiu. Le seul iiicoiivéiiJi;nl qui csL rcsutlt: , 1I31 cat), de l'emploi laidif de l'éméto-calliai'Liqut.', c'ust unepi-olongalion du malaise, et un état statioDuaiie de la. maladie. Si la pneumouie eût élé plus grave, si le sujet eût été affaibli au d'une mauvaiac couatituli^n , ou s'il s'ctait. trouvé sous L'inBueiice de .certaioes cùnstilulious almospbëriqNes , peut-étte aurionâ-ooiis ubservé U développemeDl des sympiàmes typhoïdes. Les <auti:urs, StoU et J. Frank, en pai ticuliei-, ool vu, en effel, nouibre de fois , les pneumonies bilieuses se transformer en pnemnonies typhoïdes, lojsqu'ou ne saisissait pas à temps l'iiiidicatioaéva£Uiii]te,ou loisqu'on abusait des émissicna sanguines. Lorsique dans le cours d'uni.- pneumonie bilieuse, il y a indication de tirer du. sang, il faut le faire av«c prudence ; il eal préférable de pratiquer plusieurs pilites siii^nées successives qu'une seule saignée copieuse, de pi^ur de produire un état de collapsuBUmjouxsiacbeuic. Mais l'emploi de l'eméto-cathartique doit être subordonné à.l'ètat du pouts. Lorsque cetui-ci est dur, ample, résistant, il faut pratiquer une ou plusieurs saignées préa> laMes, car si on comuiençail le traitement par l'administration de l'émétique, on vecraiL presque infailliblement les symptômes inflammatoires prendre plus d'intensité, sans même obtenir aucune amélioration dans les phénomènes gastriques. Lç fait suivant le prouve.
Un maçon , âgé de vingt ans , eutra À l'hôpital au quatrième jour d'une pneumonie biUeuse iafiammaloire, S^ns tenir compte de la chaleur rive de la peau , de l'état du pouls qui battait cent huit fois par uiinuie, ei qui était asseï fort et assez résistant, on administra 15 centigrammes d'émétique, qui procurèrent des vomissemeus copieux, sans amener de selles. Le Icndeuiaiji , le malaise était plus grand, la chaleur plus. élevée, le pouls donnait centvinf;t batiemeus, le point de côté était augmenté, la respiration bronchique était plus rude et occupait un plus friand espace, euâu les symptômes gastriques étaient seulemeut diminués. Une saignée fut prescrite aussitôt , on la renouvela le soir et le lendemam matin ; ce tniiiemeul eut pour résultat de faire retomber le pouls à cent huit pulsations, de taire cesser la douleurdecôté,etde circonscrire la pneumonie. Mais lessymptômes d'embarras gastrique et in le s tiu al persistant à peuplés au même degré qu'au premier jour , un éméto-cathartiqoe fut
encore administré , et dès le lendemain , le souffle était mélc à de la crépitation , le pouls e'tait descendu à quatre-vingt quatre ; enfin deux jours après , le malade digérait des potages, et le troisième jour on put lui accorder des alimens solides.
Je pense avec beaucoup d'auteurs, et avec J. Frank en particulier (1), qu'il y a fort peu de pneumonies bilieuses, surtout sporadiques, dans le traitement desquelles les saignées générales et locales soient formellement contre-indiqnées surtout dès le début. Cependant, il y a une forme de pneumonie bilieuse qui réclame avant tout l'emploi des évacuans , toute autre médication devant être inutile ou même nuisible. Lorsqu'en effet, avec des symptômes très évidens d'embarras gastrique et intestinal, le pouls est mou et dépressible, lorsqu'il y a prostration des forces , lorsque l'accablement est grand, il faut se bâter de donner l'émétique. Si, contrairement à ce précepte ' on s'obstinait à vouloir tirer du sang, on verrait probablement se déclarer des symptômes typboides plus ou moins graves. Mais après avoir rempli l'indication évacuante qui est ici la chose capitale, si on voyait le pouls acquérir de la force et de l'ampleur , on pourrait alors retirer du sang avec quelque avantage. J'ai eu occasion d'observer, l'année dernière, deux malades qui étaient des exemples de la forme de pneumonie bilieuse dont je parle ; quoique jeunes et d'une constitution assez forte, je n'hésitai pas pourtant à donner un éméto-cathartique, car c'était la seule indication positive qui ressortait de l'examen symptomatique. Le succès le plus prompt justifia le traitement, car, dès le lendemain, l'état général et local des sujets s'était considérablement amendé, et deux jours après, la convalescence était assurée. C'est ce que va prouver l'observation suivante que je crois utile de rapporter avec quelques détails.
Un jeunehomme,âgéde 18 ans, de profession inconnue, à Paris depuis trois ans et démina toujours joui d'une bonne santé, il n'est passujetaux rhumes, n'a jamais eu d'hémoptysie ; il est issu d'une mère qui a probablement succombé à la ph thisie pulmonaire; soumis à des conditions hygiéniques favorables, il fait rarement des excès. Dans la jotirnoe du 11 février, ce malade ayant le corps
{}) Prax, medicœ» Par. II. vol. U., p. 394.
TRAITEMRNT DES rSEUMOMER Bir.IEDSES. 700
échauilt^i sVjposaàl'au'froiildesvues, mSanmoiiisil n'.'piouva aucun malaise:, un toussa ]iuiut, eL vesia ainsi pt'n<Jaui %i lieuvus parfaitement liLcn poitant. Ce fut le 12, dans la soirée, iiu'il fut plis brusquement et sans cause, d'une douleur dans le c6tégauchedela poitrine avec un malaiseet un biisemeutjrénéral, quelque temps après, il eut un frisson violent avec claque mens de dent:> qui dura une Leurc,la toux commença dans le courant de la nuit, et il épiouva aussi quelques nausées. Le 12 il s'est levé, a essaye de travailler et de manger une soupe, mais les accidens ont continué de s'accroître; dans la journée, il a expectoré des crachats jaunes et rouges ; il est entre à l'hôpital le 13 février e ]e le vis le lendemain 14. Il est d'une constitution luédiociemenl forte; le faciès n'offre aucune expression pailiculicre, leii pommettes et les joues sont un peu colorées et également des deux côtés, il y a une céphalalgie frontale de médiocre intensité, le sommeil des nuits dernières a été pénibie et souvent interrompu. La langue est couverte d'un enduit blanc jaunâtre, la soif est vive, la bouche amère exhale ^uue odâur nauséeuse, il y a des envies de vomir, le malade a eu plusieurs vomissemeiis de maiières jaunes, amères, rendues en petite quantité, qui l'ont soulagé ; il y a de temps en temps des renvois acides et quelques éructations. Constipation, ventre indolent et souple, sentiment de leusion à l'épigastre. Crachats peu abonda ns, rendus facilement, blancs et visqueux pour la plupart, deux sont d'un jaune abricot. Le malade accuse une douleur qui occupe tout le côté gauche de la poitrine, du rebord costal A l'épaule; elle est plus forte dans la région mammaire, n'augmente ni par la pression ni par les mouvemens qui restent libres; les baltemens du cœur sont intacts. La respiration est pure à droite et à gauche en avant j quoique la percussion fasse entendre un son aussi clair qu'à droite, et que l'élasticité soit aussi parfaite que du côté opposé, cependant le bruit respiratoire y est notablement plus faible, ainsi quesut tonte la partie latérale; en arrière le son est mal dans les deux tiers inférieurs de la poitrine. Dans le cinquième inférieur, il y a absence de tout bruit pendant la respiration , tandis que lorsque le malade parle, on entend de l'égopbonie ; au-dessus de ce point jusqu'à l'épine Je l'omoplate il existe du souHe à l'inspiration età l'expiration, et de la crépitnlion un peu humide et grosse,
710 TRAITEMENT tre L* PNECMOKIIt.
pendant la toux ; la crépitRtion est très-nombreuse au nîreau de l'épine de l'omoplate ; dans la fosse sus-épineuse, la sonoT^rté est inotaB marquée etl'^laslicité moindre qu'à droite, le bruit respiratoire yest très faible. Il ;f a quaraole reapîraiions par ininniejSe poub faible, dépressible etli-ès peiit, donne cent vingthuit batlemeiis réguliers ; la cbaleur est vive, sèche, mais sang âcrelé,ilyaderaccablement pt le sentiment d'unegraudefiiiblesae; l'urine esl rougeàtre et un peu trouble. On prescrit (15 centigrammes d'éniéiique), qui procurent Hnq vomissemens bilieux et un nombre égal de selles sans coliques. Danslannit, le malade dort, pendant plusieurs heures, d'un sommeil calme. Le 15, il ^ aSOrespirations, lepoulsdonneSO piilsationsptiis amples que la veille, la chaleur est douce, le malade n'a pas sné, les crachats sont entièrement blancs, mousseux à leur surface, et pea visqueux, la douleur de côté est presque nulle, la malité rpii existait en arrière a beaucoup diminué. L'égophonre, la respiration bronchique, et la ciepî talion n'existent pins, et sont teinplacéesparun défaut presque complet d'expansion pulmonaire. La langue est blanche, la soif modérée, la bouche encore UD peuamère , il n'y a plus denausées, l'appétit esl nul, les urinCi rou^eâti'*» et troubles précipitent abondamment par l'acide nitrique, et le précipité se redissout par la chaleur. Le malade est gai, il se sent beaucoup plus fort qu'hier (bouillon); le 16, il y a vingt respirations et soixante pulsations , le malade s'est unpeulevé, l'appétit est revenu, la bouche n'est plus amère, il y a quelques crachats muquenx , le son est un peu obscur dans le tiers inférieur seulement, le bruit respiratoire, nul dans ce pbint, esl affaibli dans tout le coté gauche, l'urine ne donue pas de précipité (potages). Li^ IT, la respiration est revenue à sOn état normal à gauche, excepté dans le quart inférieur postérieur fan quart d'aliincns). Le ]9, le malade éprouve depuis cematÏDitne douleur en dehors du mamelon, se propageant à la base de la poitrine en arrière, augmentant par l'inspiration; la percusâon est moins sonore i «on niveau ; le bruit respiratoire esl pltii faible, et on tntend en outre un bmit de frotiemeni rade à l'inspiration et à l'expiration, qui n'a cessé que le 22. Lors de si sortie d<i l'iiôpital, qui eut lieti le i3 , la toux avait cessé, il n'y avait pas d'oppression, le ion était encore un peu obscur dans \t quart inférieur et poitérieur, le bruit respiratoii'e était it
liratoii-e était tttt*ÉI l
IRilTEHEHT DEI P!V|UHOHIBS BlUBUSU. 711
plus faible dans et; pninl ; il n'y avail pas dHTeunitÎ5Lsementj le malade a presque toutes ses forces et a l'intention de leprendre ses occupations dès le leademain.
Des faits semblables au précédent sont assez rares dana ce climat, cependant il peut arriver que, sous l'iuâuence d'uae constitution tiiédicaîe particulière, le»: pneumonies qui régnent pendant uncertaiu temps s' accompagne m de symptômes bilieux et d'une grande prostration des forces ; c'est ce qui parait avoir été souvent observé par les médecins du 18' siècle. Les pneumonies et les pleurésies qui furent traitées à l'Hôtel-Dieu de Rouen, pendant l'année 1324, paraissent également se rattacher à la forme bilieuse dont je parle. Le docteur HL'Ilis(l),qui en a publié une relation intéressante, dit en effet, que chez le plus grand nombre des sujets, i) y avait un point de côté, des crachats sauglans, une chaleur acre ou humide, une langue sale, saburrale, une bouche amère , un pouls petit, mou et fréquent, L'émétique administré chez le plus grand nombre, diminuait l'oppression , dilatait le pouls et faisait disparaître le sang des crachats; souvent même te point de côté cessait après les effets produits par réméti(]ue ; toutefois , dans un certain nombre de cas, on combattit ce symptôme par la saignée locale. Lorsque le remède évacuant était retardé, on voyait souvent apparaître des symptômes alarmans, teh qut le délire, la prostraiion des forces, une anxiété et une oppression extrêmes. En suivant sa méthode, M. Hellis n'a perdu que 5 malades sur 47 qui furent reçus à l'hôpital; lesévacuans au début et au déclin delà maladie, les l'évulsiis à l'extérieur, les expcctorans et de légers Ioniques è l'intérieur \ enfin des sangsues pi'ompLeuient et sobivinent appliquées, lorsqu'un point paraissait être le siège d'une congestion active , tel fut l'ensemble des moyens qui réussirent pendant la constitution médicale qui régna h Rouen , eu 1824- La mollesse du pouls , la chute des forces, les signes d'ad^namie qui existaient, peuvent faire pressentir de quel effet eût été la saignée, même locale, si elle eût été employée avec moins de réserve.
Dans le fait que je viens de rapporter , on voit un exemple de pneumonie bilieuse bien caractérise'e et qui a cédé rapide-
^t) Clin. del!H6tel-Diea de Roiien ,PnU \iia,^. 67.
inËnià radminislratlon opportune d'un éinétique.D3nscecas,oii a suivi l'indication prédominaa(e,sanss'Dccupev, pour ainsi dire, delà maladie principale; c'est ainsi (ju'on devra agir dansles circonstancesanalt^^es.BeaucoupdepersoQnesse seraient cru obligées de commencer le traitement par faire une ou deux saignées générales et locales , mais le pouls n'indiquait pas l'urgence d'une évacuation sanguine^ et si on l'eût pratiquée, on eût prèsqiie nécessaiîfment aggravé la maladie, ou produit peut-être le développement d'un état typlioïdc qui se serait encore aggravé , si on avait persisté dans les mêmes erremens. Le fait suivant justifiera en partie les opinions que je viens d'émettre.
Un maçon , âgé de viugt-trois ans , n'ayant jamais fait de maladie grave, esisujet à tousser tous leshivers; mais ses rhumes ne s'accompagnent jamais ni d'amaigrissement, ni de fièvre; il n'a point eu d'hémoptysie, n'est pas Labiluellemenl essoufflé; il n'y a encore eu'aucun tuberculeux dans sa famille -, il csl soumis à des conditions hygiéniques convenables. Le 13 avril 1839, ayant bu de l'eau froide, pendant qu'il était en sueur , il a ressenti, deux heures après, des frissons iiréguliers; le soir , Il a peu maugé et s'est couché peu après, éprouvant du malaise et de la céphalalgie, La nuit fut paisible , il dormit tranquillement. Le 14, il s'est levé pour aller à son travail, mais le malaise augmentant , il a été forcé de quitter son ateher à deux heures, ('■prouvant depuis quelques moniens une douleur assez vive à la bafiC du ihovax à droite, et vers le flanc correspondant. Les frissons étaient continuels, la Qèvreétait intense; il avait uneloux sms expectoration, des envies de vomir continuelles, puis quelques vomissemens bilieux qui l'ont soulagé; la bouche était !iHicre,Ia soif vive, les forces ont été immédiatement prostrées, le malade s'est alité et n'a pas bu du vin chaud.Dans les journées de» Hetlfijil a eu deux saignées etiquatorzesangsuesapiès lesquelles il a été plus souffrant. Les envies de vomir ont persisté , les vomissemenssonl d<:venus plus fréquens, plus difficiles, douloureux; il avait des renvois acides, et deshoquets; le point de côléa augmenté ; des crachats sanguinolens ont été rendus après la seconde saiguée. La faiblesse est devenue lellc que le malade n'a pu se tenir sur ses jambes , et a même éprouvé une byncope, lorsqu'on l'a lève île son ht pour le conduire à rhùpilal où on l'a npporlé en briincard, dans la soirée du 15; jele v"
TRAlTEUeiIT DES PNEDH
detnaîn,16.CËJeDne liommeest m licate, il est coucbé sur le ilos, sa C peu de stupeur, les pommettes soi lorées,leteinlest jaunâtre, ccLteco
fies BILIEUSES. 713
igre et d'imc lonslilullon dé-
urc estpùle, aliatlue avec un
légèrement et égaleineut co-
est aussi marquée sur les
flcIérotiques.Douleiiràla base de la poitiineà'droiie, augmentant par la percussion. En avant, rien de morbide du côté du cœur ; respiration pure des deux cût'.'s; mais le murmure vùsiculaire est un peu plus faible à dmle qu'à gauche; l.i sonorité et l'élasticité sont normales en arrière , à gauche; il en est de même pour le coté droit, excepté dans sa moitié supérieure. Là, en effet , le son est mat , l'élasticité est nulle ; dans la fosse susépineuse, le biiih respiratoire est très faible, respiration est prolongée sans souffle; dans la fosse sous-e'pinease, et vers sa moitié externe, on entend une crépitation nombreuse, fine, sèche , et une respiration soufflante ayant son maximum d'intensité à l'expiration; à ce niveau, la bioncopbome est très retentissante. Au-dessous de ce point, on ne distingue plus que de la crépitation mêlée à un peu de raie sibilant disséminé inégalement. Le malade a rendu une detni-douiaine de crachats visqueux , aérés , d'une couleur jaune abricot ; peu de toux, expectoration facile, trente-six respirations, cent douze pulsations; le pouls offre une certaine ampleur ; il est parfois Jicrote, mais il est mou et extrêmement dépressible ; clialeur vive et sèche, bouche amère , envies continuelles de vomir, langue aride jaunâtre , haleine fétide nauséeuse , dents un peu encroûtées à leur collet, soif vive, endolorissement vers les deushypocliondrcsMamalité du foie qui ne déborde pas le rebord costal, remonte jusqu'à la sixième cûte; la rate est petite , le ventre souple, sans douleur, sans p,argouillemena; pas de selles depuis deux jours. Cep b:d algie frontal c médiocre, insomnie presque complète, rèsasseiies quand il s'4issoupit,étouFdisseinens, marche chancelante, faiblesse très grande ; urine rougeùlre, acide, ajant son odeur ordinaire, ce ne précipitant pas par l'acide nitrique (15 centi. d'émé. et Ifi grammes sulfate de soudeà prendre dans trois verres d'eau). Le 17, il a moins un litre d'une matière verte très-amère ; il a eu 3 selles sans coliques, soulagement; il a pu dormir quelques Iibuits; le pouls est descendu à *Jî, le nombie des respirations à 28, les crachats sont un peu moins colorés , la douleur de côté est
encore incommode et n'a pas diminué ; les phénomènes d'auscultation ne se sont pas étendus , le souffle a beaucoup diminué, d'intensité^ la crépitation est plus nombreuse ^ plus humide et plus grosse \ le ventre est souple, un . peu endolori ; la.
bouche moins; amère , les envies de, vomir ont cessé , les mouve-
mens du malade dans le lit sont plus &ci|e^9 U semble nipins faible^ urine rougeâtre, léger nuage^ en y versant l'acide. (2 vent, scarifiées, 1 bouteille d'eau d/e SedUtz.). Le 18, il a eu hier huit selles liquides , la bouciie n'est plu£î an^ère, laspif est e, le ventre souple , l'appétit commence, pouls à 70^ ^Pf^r pie, 24 respirations; douleur de, côté inoindre : ellç s*est dé*'^ placée , et existe vers la région lombaire. La respiration est égale en avant des deux côtés ; en arrière , la crépitation est rare , l'expansion pulmonaire commence à se faire,mèléeà un raie sibilant, labroncophonie a cessée la matité est beaucoup diminue'e. Le teint est pâle, la couleur jaunâtre a cessé^ nulle céphalalgie^ sommeil paisible sans rêves \ les forces sont revenues, le malade a pU se lever pour aller au bassin. Urine jaunâtre sans trouble, ne se précipite pas par Tacide (bouillon) Je ne vois pas le malade les deux jours suivans. Le 21 , il est convalescent, le pouls a 64; peau sahs chaleur , peu de toux , crachats niuqueux et rares; dans les points occupés par la pneumonie , on entend le bruit respiratoire plus faible, mais pur et sans râle; l'expiration est un peu prolongée sans timbre souciant, la voix n^y retentit pas. Langue nette, humide; appétit, depuis hier, le malade mange le quart ; sommeil bon ; . il $'est levé et, a pu se promener dans la salle, soutenu par un des camarades; les forces reviennent lentement. Le malade sort le 5 mai : il est encore pâle et faible, il est même incapable de reprendre ses travaux ; il mange les trois quarts depuis Ç jours. Dans la fosse sus épineuse et dans la moitié externe de la fosse sousépineuse, le bruit respiratoire est encore un peu plus faible, partout ailleurs tout est à l'état normal.
Oh vient de voir ici l'exemple d'une pneumonie qui ne semblait pas occuper le poumon à une grande profondeur, et qui s'accompagne cependant d'un état général assez grave. Deux ordres de symptômes ont prédominé dès le début de la maladie : d'abord des phénomènes gastriques et bilieux et une grande faiblesse, accid eus qui ont beaucoup augmenté par
TRAITEMENT l>KS PNEUMONIES ati-lBUSES,
stHtedo traitement aniiphlogistique qui fut suivi On que lorsque le malade fut apporté àTliâpital, il préseatait un ensemble de pbéiiointiueB typlioides, à tel point que le médecin auquel il fut confiée crut à l'existence d'une lièvre ;;rave, et prescrivit en conséquence le (raitemenl évacuant. Cette méprise fut probablement 1res heureuse pour notre malade, car l'ém^o ~ oathartique produisit tin aoulagenient inamleste, mats inconitparobleuieQt moins complet qite celui que nous avons dolc tli^z le premier malade; il fallut cbez le dernier insister davantage sur le traitement évacuant. Que serail-il aiTive , si, au lieu de la médication qui fut adoptée à rhdpitnl,oneât insisté sur les saignées? A en juger par les effets que celles-ci avaient déjà produits, il est rationnel de supposer qu'elles auraient augmenté l'état typh<^de. Il eût été plus convenable, cbeï ce malade, de s'abstenir tout à fait de saif^ner , ou du nioios il eût éié prudent de tirer du saug avec idus de méuageineiit, en tout cas , on aurait dû conunencer, avant tout, par prescrire au émcio-catLar tique, puisque l'indicBtion évaluante était celle qui prédomiiwii ; c'est probablenn-nt pour n'avoir pas saisi à propos l'opportunité de la inédicaiion.que nous avons vu la convalescence traîner eu longueur, On trouvera une nouvelle |Tcuve ^ie ce que je dis ici dans le fait que je vais rapporter,
Montel, maçon , à^é de v'mf^l ans, à Paris depuis onze mois, est d'une consiitutioti grêle, chétive et [laraiL avoir à peine seiïeans. Depuis sa plus tendre en&nceil est sujet à de Iréquens malaises^ il éprouve une ou deuK fois par mois de la perte d'appétit, du dév-oiemeut, un peu de Ëèvre, accidens qui cèdent aprèsdeuxoutrois jours de repos. Il n'est pas sujet ans rbunies, n'a jain^iis eu d'hémoptysie ; il ne commet jamais d'excès ; il se nourrit convetiablemunt. Je n'ai pu saisir aucune cause évidente pour expbqucr le développenieat de la maladie actuelle qui a débuté dans la nuit du 8 au 9 janvier 1839 ; cependant dans la journée du S, il a été placé dans des conditions où uo refroidissement a pu avoir lieu, sans que leuialade en ait eu la conscience. Couché le soii- bien portant , il se réveille au milieu de la nuit éprouvait uu malaise général, avec une céphalalgie vive ei de la fièvre ; il n'y eut pas de frissons. Le lendenaiu il ne put Irarailler, et eut UH t^V M 4,'^vwçiiiçnt ; il com-
716 tbjiitbment de l*
mença aussi à tous.ier et à rcjeiei' qucl<|iies eradiats aanguiuolens dans la jouriiée du 9. Une ilouleur niPiliocic se déclai'a deux jours après ù la base.du côte droit de la poitrine* Depuis le début, il n'y a jamais eu d'épistaxis ni de vomissemens, mais des nausées continuelles; le malade a complètement perdu l'appétit , le sommeil et les farces. Il s'est fait apporter le 11 à l'hûptul; je l'ai vu pour la première fois le 12 au raatîp. Il est couché sur le dos, mais peut se mettre facilement sur l'un ou l'autre cdlé ; sa figure porte l'empreinte d'une stupeur marquée; les joues sont colorées ; la couleur, d'uu rouge vineux , est plus intense sur la pommette droite. Il y a une céphalalgie frontale très vive , accompagnée d' étourdisse m en s et de bourdonncmens d'oreilles. Le pouls bal 06 fois ; il est peu développé et mou. La peau est cbaude et sèclie ; la langue est jaunâtre, humide à si^s bords, aride àsa pointe; la soif vive, la bouche mauvaise, amère; haleine fétide, envies de vomir continuelles, renvoi» acides, ventre sansméiéorisme et un peu douloureux i l'ombilic ; te malade a deux selles liquides el jaunâtres par jour. La rate n'est pas volumineuse; il n'y a ni taches rosées nîsudamina. L'urine est jaunâtre; elle a sou odeur et son acidité naturelles; elle ue donm; aucun précipité par l'acide nitrique. Il y a une douleur médiocrement violente au milieu du cinquième espace intercostal à droite, augmentant par la pression, etqui s'irradie jusque vers le rebord costal eu bas , et antérieurement jusqu'au voisinage du mamelon. Quarante respirations, toux peu fréquente , expectoration facile, crachats visqueux , peu aéiés , d'une couleur abricot clair. En avant la sonorélté du tliorax est normale ; le bruit respiratoire, généralement faible, est mêlé à un peu de râle sibilant el ronflant; les baltemens du cœur sont normaux. £d arrière, i gauche , la respiration est pure ; à droite , dans la moitié supérieure, la sonoréité est moins parfaite , l'élasticiic est diminuée ; crépitation fine, sèche, nombreuse; souflle surtout à l'expiration ; le retentissement de la voix est médiocre. Dans l'aisselle la respiration est rude et un peit sèclie. La faihlesse est très grande j le malade ne peut se porter sur ses jambes sans être soutenu par des aides. Bepuis qu'il est malade il est privé desommeil, et dès qu'il s'assoupit, il est tourmenté par dei rêves; on lui a fait hier soir une petite saignée de 128 gramme*
TftAlt£Ml£HT DES PHEUMOHIU BILIÊÔfiEg.
, qui ne l'a pas soulagé; le saug offre une petite coueiiiie iiTéguliëre, le caillot est peu conststant. Aujourd'hui, on prescrit (juatre ventouses sur la poitrine, un émélo-catbartique avec éinetique 15 centigrammes, et sulfate de soude 16 grammes. Le 13, k faciès est naturel, la céphalalgie a presque cessé ; sentiment de bien-être; le malade se sent moins faible et a dormi paisiblement pendant une grande partie de la nuit. La lan- Ijue est humide sans enduits, la soif nulle, il y a eu hier un vomisBenient amer et trois selles sans coliques; le ventre est plat et indolore, le pouls à 96, toujours faible, la peau est moins chaude, 28 respirations. La douleur de câté a peu diminué, crachats abondang, un peu difllucDs, la plupart grisâtres, il y a quelques petites masses couleur, abricot un peu visqueuses, non aérées- Dans l'aisselle et sur une étendue verticale de 9 centimètres, respiration sèche, mêLée à de la crépitation fine et sèche, l'espiralion est soufDante, il y a de la broncophonie, le son est très obscur à ce niveau, En airièrc dans les points eovaliis la veille, la sonoréilé est moins obscure, Icbruit respiratoire est moins faible ou est mêle à un rAle sibilant et sonore ; urine comme la veille, (une bouteille d'eau de Sedhtz). Le 14, faciès naturel; il y a eu hier trois selles sans coliques, langue naturelle, appétit , chaleur douce de la peau sans sueurs, pouls, soixante-quatre mouveniens, vingt respirations; crachats encore visqueu!!, peu aérés, d'nnc teinte légèrement rougeâlre. Dans la nioitic supcrîe
, le bruit respiratoire est plus faible it de la voix y est moins marque l'aiiselle, aux inspiratious ordinaires, ici de la respiration un peu aflaibli , n peu fme et à un bruit de taffetas pendant la toux seulement. L'urine présente un léger nuage, elle ne précipite pas par l'acide, elle a son odeur, son acidité et une couleur jaune citron (bouillon, potages). Le 15, crépitation grosse dans l'aisselle; en arrière, l'expansion est presque revenue à son état normal. Us crachats ont l'aspect d'une solution é;)ai$seHegonime.'irabique;lemaladeaun peu transpire pendant la nuit, urine l'omme la veille [quart d'alimens). Le 16, toute crépitation a cessé, le bruit respiratoire est un peu plus faible,rurine jnune orange, est troublée par l'acide nitrique. Cet élai persisie le 17; il cesse le 13, te malade sort le 20. Les points qui ont été
postérieure du cùté i qu'à gauche, (e retei i|ue du câté opposé ; on entend le bruit répilalio
718 TRAIIËMtnT UL I.A rnELMUNU.
envahis par H pneuinoaîe Bont revenus ii leiii- étal normal, la l'CspiraLion est pure et égaie des deux cùtés, la poitrine est cga~ leinent sonure partout ; le malade ae tousse ptua, l'appéiit est bon, les forces sont i-evenues en ginade parliej Moulel'pense être en état de travailler d'ici à piu de jours.
Ce fait offi'e beaucoup d'analogie aveccelui qui le prédèdei oa voit, dans les deui: ca% dont j'ai parié, une pnguiuonie peu jjrave , s'accompagnant , dès le début, de sympt6ai«« bilieux et adyna iniques. Au premier sujet, ne Lenaat aucun csnipte de ces accidens, on lit subir trois pertes de sang qui aggr-avèiient beaucoup l'état général, tandisque la convalescence se déclara rapidement après avoir sali^fait à l'indication evacuantei mais le retard qu'on avait mis à la remplir eut pour efTc'tde reodre beaucoup inoins prompt le retour des foi'ces.CheE le deruier malade, au contraire, auquel ou ne fit, à propreineut p.iiler , qu'une saignée es* plorati'ice , et chei lequel on s'euipiessa de combattre les syoïptûincs bilieux , nous vtities la convale.scencc survenir de bonne heure, la résolution de l'engorgement pulmonaire se faire ayec rapidité ; enfin , Il-s forces se rétablirent promptement.
En résumé , on vient de se convaincre, par tout ce qui précède, que dans les pneumonies bilieuses, il y a dans 1q maladie un élënieut nouveau qu'il faut combattre : l'élat des fonctions digestives indique ceiliiineinent remploi d'une médication évacuante ; cepenaant , il importe de dire que pour satisfaire l'indication nouvelle , tous les momeos ne sont pas e'galemenl opportuns , et l'administration de l'éinélo-caibai tique devra être toujours suboi'donnée à l'état général du sujet.
Ainsi , lorsqu'on verra qu'une pneumonie s'uccoinpagne de tout l'appareil symptomalique des Sèvres inflammatoires, lonque le pouls sera ample, dur, séné . quelque marques que soient les sijjnes d'embarras gastrique, il ne faut point s'en occuper , tandis que c'est uniquement contre l'appareil fébrile, que doivent être dirigés d'alîord tous nos moyens thérapeutiques , c'est-à-dire que dans le cas que je suppose ici, il &ut commencer le traitement par pratiquer une ou plusieurs saignées générales , comme on le ferait si la pneumonio était exempte de toute complication; car il arrive quelquefois comme je l'ai déjà dit, que les antiphlogistiques diminuent lessymplânies bilieux , qui peuvent ensuite cesser spotilanémeQt. bon^
que ceux-ci persistent après que le pouls a perdu de sa force et éc sa fréquence , oo peui alors recourir utilement à l'emploi ■d'un éniéto-cathartique.
On Toil donc ([ue dans le traitement des pneumonies bilieuses, je conseille comme règle de conduite , de combattre les symptômes prédominaos. D'ailleurs , dans la pneumonie bilieuse , pour être autorisé à commencer le traitement par l'emploi des émissions sanguines, il ne aufEtpas que le malade ^«issu soutenir la saignée , il faut encore, que la saignée soit reconnue nieessaire. Au contraire, lorsque l'état bilieux prédomine, lorsque le pouls est petit, faible, dépiessible, comme j'en ai rapporlé plusieurs exemples, il convieut, dans ce cas, de donner de suiie un éméto-catharlique, sauf à recourir plus tard aux émissions sanguines, si les caractères du pouls venaient à l'indiquer. Ce que je dis ici me pavait être généralement rr.ii pour les pneumonies bilieuses sporadiques.
On conçoit que la règle de conduite pourrait être différente éanslescasde certaint*s conslitulions médicales, on dans quelques épidémti'S'C'est ainsi, par exemple, que Stoll avait remarqué quependant la constitution de l'année 1776, il était généralement nuisible de commencer le traitement par une évacuation saiijiuine , même quand la force du ])ouls semblait l'indiquer ; mais ce sont là des faits qu'il est impossible di^ prévoir ni de calculer d'avance.
5 //. Tmiletneiit des pHcamoiiirs typlioïdes.
Le traitement dts pneumonies tj'pboïdes est l'un des plug difficiles; ttoo-seule ment il n'y a aucime méiliode qui sait applicable à tous les cns, mais encore cLez le même malade, on est souvent obligé de varier la médication, siiivanlla période à laquelle la maladie est parvenue, et suivant les symptômes qui prédominent. C'eât ainsi que les antifddo^jistiqucs, lesévacuans, les antispasmodiques et les toniques peuvent ètie employés successivement diez le luémo malade, ou chez des malades différens. I.e clioix des moyens tbérapcu tiques sera déterminé d'après les indications positives que fournit l'état général ; c^est ce que je vais m'elTorcer de déterminer.
L'état typhoïde peut coexisteravec l'appareil B^iaptoutaliq«a
de la fièvre infiammaiotfey cfcst-à-^dire que là stupeur, la prostn&tîoD des ibrces, raccaMemeot, l'insomnie, les Terdges, l'état foligineiix des dents et de la laïque, cxirtait qiidquefois chex un suj«^ Tigonrenx dont le poak est lafi^e, dur^ ^ihcant. Dans ce cas, llndicaiion de tirer du saB|^ crt poôiiTe ; cependant, je dois fiadre obserrer, qu'il ne faut pas en général appliquer tout d'abord le traitement antiphlogistiqne aTec la même ênei^ que dans les cas où les sympiônes inflammatoires existent seuls, car il arriTe souTent, surtout en temps d'épidémie, que les malades tombent rapidement dans on état decoDapsns très grave; aussi, avant de pratiquer une seconde ou une troisième saignée, de- ▼ra*t-on avoir ^ard à la persistance de l'état inflammatoire , et aux effets obtenus par les premières émissions sanguines. Il arrive d'ailleurs quelqoefœs, que l'état tvpbolde lui-même diminue et cesse par l'emploi'du traitement antiphlogistique et contre stimulant, mais ces cas ne sauraient être déterminés d'a*vance. D'autres fois, après avoir débuté par l'appareil symptomatiqne des fièvres inflammatoires irancbes , auxquelles ou a opposé un traitement antiphlogistique , on \oit survenir consécutivement des accidens lypboides qui exigent certaines modifications dans la thcrapeulique , c'est ce que va prouver Tobservation suivante.
Bonrcl , couvreur , âgé de 40 ans , est d'une santé liabitueliement bonne. 11 y a un an , il a eu une pneumonie droite qui a guéri après deux saignées générales et un séjour de vingt jours à Thôpital. Depuis le commencement de l'hiver, il tousse et crache sans avoir maigri j il se nourrit bien, ne fait pas d'excès, et, depuis un mois, il éprouve des chagrins. 11 s'est alité le 1 8 avril 1838, mais déjà, depuis cinq ou six jours avant, il éprouvait du malaise, et de la faiblesse; il a continué à travail- ' 1er avec peine, a perdu l'appétit; enfin le 18, sans causes appréciables , son malaise a augmenté, il a éprouvé un frisson, un point de côté à droite , de la fièvre , et a rendu aussitôt des crachats jaunes. Pendant les deux jours qu^il est resté chez lui, il n'a suivi aucun traitement, n'a pas bu de vin chaud et il est entré le 21 à l'hôpital. Cet homme est assez fortement constitué . son £aicies est rouge, animé, pouls 108, ample* assez dur, chaleur vive, trente-six respirations, toux fréquente, expectoration d'un liquide séreuX; acre, jaunâtre, semblable à une solution de
goiiiiiib aiabttjuei doultiur de cùu h droite, à neuf cenlimèlrei en dehors du mameloo, e'iirailiaut jusqu'à la base, aujijmeDtant UQ peu par la pression el par les mouvemens du ironc.lt n'y a aucun bruit morbide dans tout le cûté gauche, ni en avant i droite dans la région sus-mammaire, mais en dessous du mamelon le son est obscur ; le bruit respiratoire faible, est mêlé à une crépitation fine et sèche; sur toute la partie latérale, depuis le fond de l'aisselle jusqu'à la base, la respiration est sèche, rude, et mêlée à de la ccëpitalion line arec une expiration soufflante^ en arrière ces mêmes phénomènes existent dans la moitié inférieure. Lnngue blanche , humide , soïf, bouche sans saveur, ventre souple, pas de selles, pas de céphalalgie ; le malade est habituellement couché sur le dos ; forces encore conservées ; le malade a pu venir seul à l'hôpital. (Saignée de 4 palettes; et 30 sangsues sur le côté.) Le sang est fortement couenneux et dense.
Le '22, les crachats présentent le même aspect ; le pouls est à 108, il cstamp1e,maisrésistepeu, 44 respirations, chaleur vive ; même état qu'hier, si ce n'est que la crépitation a compléiement cesse en arrière, et qu'elle a éié remplacée par du souffle bronchique existant à' l'expiration et à l'inspiration; la broncophonie y est très retentissante ; le malade se sent très faible, (saignée de 312 grammes, (10 onces) sang couenneux comme hier. Le soir, le malade est très faible ; du souflle existe depuis l'aisselle jusqu'à la base ; la crépitation a gagné postérieurement jusqu'à l'épine de l'omoplate; pouls 104, très mou, battemens du coeur très faibles, ' dialeur médiocre, accablement; (pot. avec émet. 4 décigram.). Le 23 il n'y a eu aucun etfet primitif; 3*2 respirallons, 96 pulsations, le pouls est toujours mou, chaleur vive, la peau moins sèche, crachats très visqueux, aérés, mats jaunâtres ; le point de côté a beaucoup diminué. Au-dessous du mamelon, il n'y a que de la crépitation rare, laléralement, et en arrière jusqu'à l'épîue de l'omoplate, souffle bror.cliique très rude, mêlé partout à de la crépitation fine, [4 décigrammes d'émétique, vésicatoire' de 18 centimètres.)
Le 24, même crépitation , point de côté presque nul, les plie-.nomènes d'auscultation sont les mêmes qu'hier, 40 respirations^^' 96 pulsations très laibles, insomnie, faiblesse très grande; le >■ malade ayant voulu se rendre au bassin est tombé, la tolcram:c
7^ TMrlTEMiUi* DE Là PMEDMOHIE.
continue (méine potiop). Le 45 , mémef crachats , état stationn^re d^s phénomènes d'auscultation ; 96 pulsations f 36 respirations, 1 vomissement I 8 selles, dont plusieurs ont eu lieu^ifiyplontairepaent 4^90 1^ lit ; k malade a déliré cette nuit ; ce tn^tip, il répond ev-actewent, le luâes est un peu altéré^ le point de côté a ceiaé ; dMntnîm dorsal , expression d'une grande faiblesse 9 le vésicatoijpe est presque sec (même potion) . Les 26 et 37| d6respiraûon4( ppuls à 96, très mou et dépressible ; chaleur vive p sècbe , déUrinm «ontinuel; cependant le malade ré^ pond exactement 4 çjB ^u'on lui deiiiande; céphalalgie frontale; langue sèche » tolérance complète , même ëtaj; de l'auscultation^ sous la clavicule (irpite ^4»ns l'étendue de 4 travers de dmgls, crépitation humide et grosse (même prescription). '
Le 27 y le faciès jest paie , «toéré^ Iss yeux abattus, chassieux ; le malade .di^^^gue, il p^pie sans cesse , ses propos sont incebé-' rens , ne répond pas quand oq Tinterroge, il montre sa langue' quand on la lui demanda; i eliç eit sèche, luisante ; la«oi( est vive, il a bu 6 pots ; ventre souple, % selles involontaires, quelques soubresauts des tendons , prostration , apparence d'une grande faiblesse, le malade ne s'aide pi^ quand on le met à son séaot, crachats filaus, visqueux^ d'un gris sale difficiiemeat rendus, même état de l'auscultation. (La dose ide limétique est portée è 8 décigrammes ^ 2 vésicatolres aux .cuisses). Le 29, l'état général est plus grav<; qu'hier ; Ip malade est habituêllemLent assoupi, lès lèvres, les dents, laiangue spni fuligineuses, la vessie est distendue par rurîne> je suis obligé de 1^ ^QoA&r.. Le pouls à lOS est excessivement petit et déjpress^ble mais jrégulier ; -ia lace est d'une pâleur livide, il y a des 90ubresauts, la chaleAU* est âere. Ou prescrit au malade une potion gommeuse avec 4 giammes d'eiLtrak mou de quinquina ; on contenue la poûon stibiée, maison recommande d'alterner avec celle qui contient le 4[uinquina et de mettre entre Tiin et l'autre une mtervallc d'une 'heure au moins. Dès le soir le malade est moins assoupi , ^1 répond en Piartie à quelque^ unes de w^ questions ; on iui donne 96 grammes de vin de Bordeaux. Le l^^^ mai il y a eu 4 à 5 selles, «liquides, involontaires ; la vessie n'est plus distendue, la langue est toujours sèche, noire^ dure, fendillée à sa surface, les dents et les lèvres sont encroûtées ; pouisIlOO, dépressible, imêmes soubresauts ; le malade répond à q\ielqui^ questiyons^il parie moins, même
TRAlT£MElfT DES ^M£CJHOli^fltS ' ïrFUOÏDES. 7^
hébétude, même prostration; FaUBCUlt^étt 'faite rapidèÂrient ne laisse plus entendre de bruit morbide en arrière, il n'y a pai^ tout qu'absence de bruit respiratoire avec màtité , parfois rbiHi^ eus sonore , disséminé. On supprime la potion stibiéê, et àA prescrit 4 grammes d'extrait de kina, à prendre dans la joutnéé avec quelques cuillerées de bouillon ; le s<nr 4 autres gramdièt de kina sont prescrits avec 06 grammes de vin d» 9<&rdeaiuii Les 3 et 3 l'état cesse de s'aggraver, ii reste stationnaire ; on ooà« tinue le méo^e traitement ; le -4 le laeies est beauooup moiM altéré» la nuit a été paisible, le: malade a dèrmi tranquilleimènt le matin, î) répond exactement à toutes les «fuesiions et n'a au-» cun souvenir de ce qui a: eu lieu depuis 4 à 5 jours , la tangup moins sèche est collante à la peinte ; ventre soMpie, S selles >el urines toujours involontaires , il n'y a plo» dé souhresaiiis , w prostration est moins grande , ohaieurvive^'sèdie, pook à lOOy crachats opaques; dans tous ies points occupés par la pneaniO^ nie, on n entend aucuu bruit naturel ou morbide (même pres^' criptiofi et bouillon). Peu de changement josqu'au 9; à dette* époque les selles cessent défaire involoniaires , Isi langue est humide, il n^ pas de soif, appétit; pouls 80^ petit, mais moinv dépressible, intelligence parfaite , mou vemens' assez libres, les' symptômes cérébraux bnt tout à lait cessé, (niéme potion;! petit potage). Le 12 , pouisà 72^ faciès naturel, chaleur douce, halh* tueuse , pas d^e, •selles , urines voiontaii-'es , appétit. Le 13 on donne le demi-quart; le li te malade commence à ae lever, il est très faible, et a besoin dvn bras pour l'aider à marchisr $ daas tous les points que U' pneumonie a occupés, le son est obscur, il y a absence .'de reapivation ,' piarfoisoDentendçà et là quielques buUcs d^ crépitation l|uatide el grosse, et«n peu de râle' sibilant, la voix ne retentk paa^ les forces i^viennent lentement* Le malade ne qi^itte l'hôpital que le 6 juin, la convalescence n'aété entravée par aucun accident, la maigreur qui-avait été consi*. dérable a presque cessé; le makdesesent assez fort pour pouvoir travailler , il tousse encore un peu , rejette qilelques erachaU opaques , ^expansion pulraon^e est parfaite dans tous les points de ia poitrine; ^ceptédai^ le quart itifiéiAeuv»postérieui* droit, ou le bruit iiespiratoire est encore faible, et mâé à quel* ques bulles de ràlesott8-crcpitaat;^la sonoréité y est aussi meins parfaite que^daioié apposé. ■ . r ; ;
724 ïllAlimihftf DE l,i MN'LUMU»!
On vient de voir dans l'observation précédente, des accidens typhoïdes graves succéder à un ëtat inflaminaloire, auquel on avait opposé, dès le début, un traitement aatîpLlogistique, et ce fut lorsque l'impuissance de celui-ci fut bien dcmontrée , qu'on essaya les conlre-stimulans avec tout aussi peu de succès. Enfin, les symptômes typhoïdes devinrent de plus en plus marqués, et menacèrent d'emporter le malade, la faiblesse était eKtrème, les fonctions cérébrales étaient perverties, il fallut alors oublier, pour le moment , la nature et le siège de l'affection première , pour ne songer qu'à remplir l'indication vitale, c'est-à-dire, s'occuper de ramener au plus tôt le principe de la vïc qui était sur le point de s'éteindre : le vin, le quinquina, qu'on, adminislraremplirent complètement le butqu'on s'était proposé. Ce faitindique la règle de conduite à suivie i en pareille circonstance, il ne faudrait pas hésiter à donner du vin et surtout le quinquina, ce dernier médicament a souvent rappelé à la vie des pneumoniques dont l'état était désespéré. C'est ce dont on peut se convaincre en consultant la pratique des auteurs anciens ; je dois dire pourtant que ces médecins abusaient trop souvent des toniques, et que trompés par une fausse adynamie, ils administraient le vîn et le kiaa, dans des cas où iU auraient dû peui-élre saigner largement. Maison a vu quelque* fois,sous l'inQueuce de certaines conililutions médicales ou dans quelques épidémies, toutes les pneumonies s'aggraver par les émissions sanguines, et exiger presque dès leur début l'emploi d'un traitement tonique ; c'est ce que Laennec a souvent observé dans l'épidémie de 1814; on en trouvera aussi de nombreux exemples dans l'ancien journal de médecine. Enfin , il parait (jue ce fait s'est reproduit fréquemment en Allemagne, à la fin du derniei- siècle , et c'est peut-être à celte constitution médicale, que le système de Srown a du une partie de sa vogue dans ce pays.
Sans les hospices de vieillards, on a de fréquentes occasions de reconnaîire l'heureuse influence des toniques , pour combattre les symptômes adynamiques qui compliquent sauvent les pneumonies des personnes âgées. SuivantMM.Hourmanu et Dechambre, il serait souvent utile chez les vieUards d'employer, enmient avec les émissions sanguines, les Ioniques légers ou même quelques stimulansdiffusibles, tels que le malaga etles
inAlTKMEWT DF.S PNEUMONIES TYPHOÏDES. 725
potions camphrées, médicatnens qui soutiennent les forces^ sans nuire aux effets des saignées auxquelles ils permettent ainsi de revenir (1).
Pour combattre l'état adynamique je n*ai parlé que du vin et du quinquina, ce sont en effet, le second surtout, les substances sur lesquelles il faut le plus se fier; cependant on pourra donner aussi dans le même but, le polygala, les seb ammoniacaux, les cordiaux aromatiques, tels que la mélisse, Tangélique, la canelle, etc.
Dans le fait qup j'ai rapporté en dernier lieu> on a vu des symptômes ataxiques graves (délire , soubresauts des tendons) coexister avec l'état adynamique ; cependant on n'a dirigé contre eux aucune méditation spéciale , pour ne s'occuper que de Tadymanie; c'est en effet de cette manière qu'il convient d'agir dans les cas semblables. Toutes les fois que l'ataxie est accompagnée de symptômes adynamiques, ceux-ci seuls révèlent le traitement à suivre, et réclament l'emploi des toniques. Si au contraire l'état ataxique existe avec des symptômes franchement inflammatoires, les saignées générales et locales sont indiquées. Enfin, lorsque l'ataxie est le phénomène prédominant , lorsque les autres symptômes concomitans ne se rapportent franchement, ni à un état adynamique, ni à un état inflammatoire bien prononcé , il faudrait alors tenter l'emploi du musc à haute dose , en suivant les règles que j'ai déjà tracées.
J'ai rapporté précédemment deux observations de pneumonies bilieuses, qui s'accompagnaient en même temps d'un état typhoïde commençant, lequel s'était aggravé une fois sous l'influence de saignées immodérées. Lorsque des faits pareils se présentent dans la pratique, l'état gastrique ou bilieux révèle quel est le caractère du mal , et le mode de traitement qu'il faut adopter. Dans ce cas, en effet , l'état adynamique n'est souvent qu'accessoire ; il est sous la dépendance de l'état bilieux, il se dissipe par les moyens qu'on dirige contre celui-ci , ou s'il persiste , il est peut-être alors plus facilement attaquable par les toniques.
(l)^/'c/i., Ues^rie, t.XIÎ,p. 189.
J III. Traitement des pneumonies intermittentes et reniittentes.
Dans les cas où la pneumonie se montrant avec des symptômes francheihent intermittcns , présenterait unie apyrexie plus ou moins longue , nul doute qii'en administrant d^em- ]iiéè le sulfate dt quinine , on ne parvînt à prévenir ou à' modérer Tàccès qui doit suivre. Mais, si la ûèvre est rémittétite, si, par suite de la reproduction des accès, le poumon est le siège d'une altération déjà profonde , convient-il de diriger cbn'iré elle un traitement antiphloglstique , avant dé songer à l'éïifïplôi des ahtipëriodiques ? Si oh consulte quelle était sur ce p'oitit la pratique deè médecins tés plus célèbres du dernier srëèle, on voit que la plupart conseillent de faire des saignées pYnd où ihoins copieuses, avant l'administration du quinquina. Ainsi , Sti^ck (1 ), Morton ^2), Sénac (3), Lautter (4), Jeàn-Pierré Frank (5), faisaient généralement à leurs malades une ou deux saignées' du bras , avant de leur donner le quinquina. J. Frank croit que par cette pratique, Técorce duï*érou agit plus sûrement contre la maladie (6) ; Michel Sarcone (7) a aussi prétendu que Tlinique salut des malades était placé dans les amples saignées, pratiquées dans la vigucctr du paroxysme^ àûn de disposer l'écoilOmie à recevoir sans trouble le remède antipériodique. Les médecins modernes onl généralement adopté cette pratique. Ainsi , dans Tépidéniie du canton d'Aubin , le docteur Grifoulièré employait , dès lé début , une ou plusieurs évacuations sàiigttiiifes, tn générai modérées, attendu que les malades supportaient mal les saignées très copieuses ; en les faisant, M. Griftmlière se proposait de combattre la pfalegmasie locale , et tAthait d'obtenir par là un peu de rémission ; il avoue pourtant que qilelques malades guérirent sans perdre de sang (8).
; (i) ObSf Tned. de./ebr» int» Ticini, 1793* . (8) Oper. med». Y. L Cap. XL p. 95. Hist. XXI. (s) De recorditafeb, inU et remit, cap. 45. p. S95. Genève, 1769.
(^4) Hist, med, morb,, 4 96.
[t)Interp, clin, obs, Tubingue, 4841.
(6) Proâteos mediccBf Vol. 2. par 2., p. 399.
(7) Maladies de JNaples,, t. I, p. 208.
(8) Thèse de 4852, n» 94.
TEAITEMBNT DES PNEÙMONUS INTJUllflTTlNTEa. 727
N'ayant recueilli i^ucune série de faits de pneumonies intermittentes, je devrais peut-être m'iibstenir de- donner ki «me opinion ; cependant en ayant ^ard à la marche de k makdîeét en se rappelant la ligne de conduite qu'on a adoptée oommiB la meilleure dans les autres fièvres pernicieuses • je dirai que l\id* mtnistration du fébrifuge me sembk rÂndication plincipftte, cell^ qui doit dominer toutes les autres. Il faut se rappeler eti effet, que i*aUéi ation des pouiuons est souvent en rapport avec le nombre et la durée des accès fébriles ou des paroxysme ^ c^est donc a les faire cesser , à les éloigner on à les rendre oioîfls longs^ que doivent tendre tous les efibrts du praàcien. Il Aiut donc administier de suite, même pendant la durée de raccèt, te sulfate de quinine à la dose de 12, I8>20ou30décigrainnicjkli que Ton administrera par la bouche et en lavemens» Je créés que si les auteurs , et M. Grifoulière en particulier ^ a?aîettC administré le sulfate de quinine plus hardiment qu*ils n'oftt fait, si, trop préoccupes des soufTraiicei de restomac, îk avaient administré plus souvent le médicament par la bouche^ a«i lieu de le donner en lavemens , je suis convaincu que kurs succès auraient été plus prompts et plus nombreux* Si Ton est asses heureux pour faire cesser l'élément intermittent , il pourra rester encore un mouvement fébrile continu « entretenu par l'altération inflammatoire du poumon, et proportionné à son étendue et à son degré, on dirigera alors vers elle k médication antiplilogistique ou contre stimuknte , suivant l'état du pouk et des. foi ces, ainsique la constitution régnante.
Cq)endaDt, les évacuations sanguines générales et locales me paraissent être indiquées concurremment avec l'emploi du sulfate de quinine, lorsque les malades éprouvent pendant Taccès une grande oppr^sion , lorsque la douleur de côté est vive et que la réaction fébrile est portée à un très haut degré d'intensité. Laënnec a donné le même conseil ; il dit en effet, que si le médecin est appelé au niilieu d'uh accès , il peut être nécessaire de tirer du sang» afin d'éviter une suffocation imminente, maié il faut prendre garde de passer le but et d'abattre en pure perM les forces du malade. Il ne faut pas perdre de vue, dit Laënnec, que la saignée ne peut guérir une maladie dont k cause reprendra, malgré elle , une activité nouvelle au bout de quelques heures, et que l'expérience a décidé depuis longtemps, que le
quinquina est le aeni remède efficace contre celte aiïection (1). Cependant toute piieumoniequi surviendra dans le cours ou à la suite d'une fiëvi-einlermitiente, ne devra paa êtreirailée nécussairenieni par lejsuifate de quinine, comme je l'ai entendu (lire, mais ce sera uneraisonpour recliercber avec le plus grand soin, s'il n'y pas un élément intermittent qui nécessiterait l'emploi des an ti périodiques.
Je ne m'étendrai pas sur le iraîtement des pneumoniei grippales, car on peut leur appliquer tout ce que je viens «le dire des pneumonies typhoïdes. La dernière épidémie de 1857 a prouvé que la forme adynamique avait été fréquente, et on peut lire, dans le mémoire de M. ]Vonat, les bons elTets qu'on a obtenus de l'emploi des toniques. D'ailleurs, à part ces cas, le traitement des pneumonies {grippales n'a pas été sensiblement difTérent de celui des pneumonies ordinaires ; il fallait seulement éviter d'insister autant sur les émissions sanguines, qui étaient plus mal supportées, et recourir plus promptement aux préparations anlimoniales!
Je n'ai rien à indiquer de bien particulier sur le traitement des autres formes de pneumonie que nous avons admises précédemment. Je dirai pourtant que les pneumonies traumatiques qui succèdent à la présence d'un corps vulnérant , peuvent devenir la cause d'une indication nouvelle, lorsque, par exemple, le corps étranger tend à s'échapper , au moyen d'un abcès , à travers les parois iboraciques ; il importe, dans ces cas, de surveiller attentivemeut le malade , et de donner issue à U ration, dès que la Hucluation est distinctement perçue.
suppu-
RTICLE X.
Traitement des phdjiomi'ors consécutifs.
Je n'ai point à m'occuper des phénomènes consécutifs qui sont communs k toutes les maladies aijjues graves , telles que l'œdème des extrémités, la débilité d'une fonction isolée ou de tout l'organisme. Je ne dois parler ici que de ce qui est spécial à la maladie dont je traite.
Nous avons remarqué précédemment, qu'il n'était pas rare de
(l)^,«rM/.,t. I, p. n»fi,
ttlATteMFNT BES PirtKOHfeîïES rORSI^CrTIrS;
TM
voir la douleur de cûté persister opiniâtrement pendant la cott- Talescence» ou bien se réveiller assez vive après la guérison apparente de la maladie, et locsquc déjà les malades avaient quitte l'hdpilal. On a conseillé, dans ces cas, les emplâtres opiacés ou recouveris d'huile de juHquianie , ou d'onguent de f;uiinauve et de camphre (J. Frank). Mais ces moyens me paraissent impuissans dam le plus grand nombre des cas, el pour peu que la douleur soit vive, il faut recourir à l'application d'une ou plusieurs ventouses scarifiées ; si ce pi'euiier moj'en échoue, on mettra sur le siège de la douleur un véâica[oire, dont on entretiendra la suppuration pendant plusieurs jours, et qu'on pourra panser avec 1 ou 2 centigrammes de sel de morphine. Jusqu'à présent, je ii'iii pas vu la douleur résister i cet ensemble de moyens.
J'ai vu quelques médecins être trôs préoccupés des phénomènes d'ausculration qui persistaient longtemps après la guérison apparente de la maladie. Il en est qui promènent plusieurs fois des vésica toi res volans sur la poilthie ; j'en ai vu d'autres recourir à des exutoires plus énergiques, dans le but d'accélérer la résolution de l'engorgement pulmonaire; mais ces moyens me semblent être pour le moins inutiles. Lorsqu'on voit l'appétit et leaforces revenir, la toux cesser, les individus reprendre les apparences d'une santé parfaite , il ne faut nullement se préoccuper d'un peu de faiblesse du bruit respiratoire, ou d'une expiration prolongée , ou d'un peu de râle sous-crcpiiant, ou bien encore d'an léger retentissement de la voix, qui persistent dans les points du poumon que la pneumonie a envahis. Les vésicatoiies que j'ai vu appliquer dans ces cas , des purgatifs répétés que j'ai donnés moi-même , ne m'ont paru avoir aucun effet évident pour rendre au poumon sa perméabiliié. Il n'en serait plus de même si les phénomènes d'auscultation s'accompagnaient d'amaigrissement , de fièvre hectîqoe et de sueurs nocturnes. Mais dans ces cas on devrait soupçonner la présence de tubercules, el il n'est pas prouvé que des exutoires sur la poitrine fussent alors d'un grand avantage ) peul-ëtre de- Trait-on espérer davantage du régime et des autres moyens hygiéniques qui peuvent en efict enrayer ou suspendre quelquefois la marche d'une phthisie commençante.
Lorsque le malade éprouve une rechnlc , il fandifl revenir de
730 TRAITEMENT DE hà, PMEVIfOHII.
qp^veau à un Uraiteineiit plus ou moios actif ; CNftdoiuieva Uh^ jours la préférence à celui qui a réussi une première Cois^; mais il faut se rappeler que le plus souvent on ne peut pas employer le traitement débiliunt avec la même énergie et la même per* sistance que pour la première attaque. Chei un tiers environ des individus qui out éprouvé une rechute, il a suffi de prescrire la diète, l'usage des boissons pectorales et un laxatif doux, pour voir cesser en peu de jours les accidens inflammatoires ; îl sera prudent d'en agi;: ainsi toutes les fois, que les syn^ptômes ne présenteront aucune gravité , et lorsque surtout ra|4Mireii fë* brile sera peu considérable.
ARTICLE XL
Traitement des pneumonies consëcutiTes,
Le traitement des pneumonies consécutives est Tun des points les plus difficiles de la médecine pratique. Si on se rappelle les maladies diverses que la pneumonie vient compliquer, les conditions bumorales et dynamiques, dans lesquelles se trouvent les individus qu'elle affecte , on concevra combien la conduite du médecin est difficile à tracer. Dans ces cas, en effet, où des indications opposées se présentent si souvent, le médecin a be^ soin d*un tact très exerce pour pouvoir apprécier la valeur relative des indications contraires, pour déterminer quelles sont celles qui sont le plus urgentes, aûn d'y obéir dans de justes limites, de manière à ce que les moyens thérapeutiques qu'on emploie, soient utiles à Tun des états morbiiles sans nuire beaucoup à l'autre, ou du moins pour que les inconvéniens qu'ils peuvent avoir sous un rapport, soient compensés de l'autre par des avantages beaucoup plus grands. En voyant toutes ces difficultés, dont on ne peut d'ailleurs se faire une juste idée qu'après les avoir éprouvées soi-même , le lecteur comprendra que je ne puisse espérer de lui tracer des règles un peu précises pour la conduite à tenir dans les cas dont je parle. Je vais donc lui exposer seulement tout ce que Tétude des faits a pu m'apprendra, laissant à de plus expérimentés le soin de compléter un taHuM que je ne puis moi-même qu'esquisser. ^ "'f
Je n'ai point à in'occuper ici de ces pneumonies qui survicn* nent dans le cours des maladies bénignes ^ je ne diirai rien
TRAITEMENT d/S PNF.UMONIK9 COMSISCnTIVES. T^^t
naA plu» de cAltê qm affeet«Dt des individus déjà attetaris d'ttiie ibaladie aiguë f raucbemeiit inflammatoire , et dont les force» lie sont poiàt encore prostrée»; car dans le premier cas la pneiK momc diffère à peine de celles (fui sont prinûttres, et, dans le secondr le même traitement combattra avec un égal sncc^s ki maladie première et la pneumonie. On devra seulement insister peat-ètre dsyantafçe sur les aatipfalogtstt<|uef t en ayant égard toutefois à to4ites les circonstances que j^ai indiquées précédemment, comme devant modifier le traitement des pnennsonies. Je ne dois m'oceuper dans oet article^ que de ces pnennumie» cosi^ sëcutive», les seules d'ailleurs qae j'ai étudiées dans cet outrage^ et qui, survenant dans un état déjà grave de l'éconoinie, doivent modifier le traitement comme nons les avons vues précédemment modifier le pronostic et la physionomie s;mptômatiqoe«
Sans les pneumonies consécutives dont je parle ici , rappe-* lons-nous qu'il existe généralen>ent denx conditions organiques prédominantes, savoir: dans beaucoup de cas, unealtération pro<> fonde dans la composition des liquides^ dans d^autres, c'est une atteinte à la vitalité au principe dynamique, à cette force occulle, maié îi manifeste par ses effets , qui seule résiste aux agens des^ tructeurs qui nous assié^nt de toutes parts. Nous savons qne lorsqu'une phlegmesie grare des poumons survient dans ces circonstancss , elle a pour résultat constant d'aggraver l'état préexistant, et comme effet ordinaire, le développement deS symptômes adynamiques et ataxiques qui , Conune nous le sa-* vons déjà , exigent une théappeutique spéciale* Ce sont ces acci* deiis nouveaux qu'il faut prévoir ^ ou que du moins on devra prendre garde d'aggraver par un traitement intempestif.
C'est dans ce bttt qu'il convient employer avec plus de réserve et de circonspection les moyens débiiitans, et surtout les én^«sions sanguines. Iie^âiiiq[>le bon sens à défaut de connaissances pratiques, nous dit «H effet, que nous ne devrons pas saigner de la même manière "un individu vigoureux et un sujet épuisé par une inaladie déjà ancienne. Je ne chercherai pas à justifier cette
^inion , car c'est une de ces vérités qui n'ont pas besoin de tti^tion, et qui ne peut être contestée que par quelques* 4ii ces empiriques peu perfectibles par nature , et auxquels mon livre ne saurait $'adresser.
Quelle que soit Taffectiml première que la pneumonie vient
732 TRAiTKHRHTnE i.« PMErMaNiK.
compliquer, je tic défends pas d'une manière almoliic une médecine agissante ; mais je veux que l'énergie avec laquelle celle-cî sera employée soit eu rapport, non-seuleineni avec l'état actuel des forces et avec la nalare de la maladie première, mais encore avec la durée que celle-ci doit avoir ; car il ne faudrait pas, sous prétexte de guérir la pneumonie, employer un traitement si énergique,queTOuseulèveriezensuiteùl'organigme trop affaibli la possibilité de conduire à bomie fm l'afrcciion préexistante.
Parmi les moyens tliérap eu tiques qu'on peut opposer avec plus ou moins de succès aux pneumonies, il faut cboisir ceux qui affaiblissent le moins et qui soulagent le plus vile. A ce double titre on peut dire, d'une manière générale, que les préparations aniimoniales seront plus appropriées a la maladie que les saignées générales. Mais remarquez bien que je ne proscris pas tout à fait la saignée; je prétends seulement en restreindre l'usnge à quelques cas particuliers, et je veux avant tout, qu'on ne l'emploie jamais qu'avec la plus grande modération. Entrons à ce sujet dans quelques détails.
Supposons qu'une pneumonie alfecte un individu atteint déjà de rougeole, de scarhtine, de fièvre typhoïde, etc. ; si la phl^masie intercurrente survient dans la première période des maladies que je viens de nommer , avant que les forces aient été prostrées, si te pouls offre de la résistance et un certain volume, il faut sans bésiter recourir à la s.iignée générale et locale, mais il faut prendre garde ici de s'en laisser imposer par l'appareil inflammatoire , et de trop insister sur le traitement anliphlogistique, car il arrive fréquemment, que, du jour au lendemain, l'adynamie succède à l'état inflammatoire; c'est ce que j'ai vu entre autres , sur deux rubeoleiix cbei lesquels une saignée de .500 grammes fut suivie d'un état de collapsus, dont les malades ne purent se relever, La prudence exige donc qu'on ne fasse que des saignées modérées, c'est-à-dire entre 312 et 375 gramin. (lOà r2onces),etqu'on n'en pratique de nouvelle qu'autant que la première aura été tolérée. Dès que le pouls aura perdu sa dureté, il faudra recourir sans délai à l'emploi de la méthode contre-stimulante. Au contraire, lorsque, dès le début de la pneamonie , le pouls est petit et faible, lorsque les sympiâroes d'adynamie sont déji marqués , il me paraît imprudent de recourir aux émissions sanguines , même locales ; six jndîvtd
riUAITtMt.M- DU I'>ElIIÉO.ME «Iteinls de fièvre typhoïde, que j'ai vu saigner daos ces conditions, ont tous succombe rapidement, et la perte de sanj; a eu certainement pour résultat d'accélérer le ternie fatal. Ce que je viens de dire est applicable k tontes les pneumonies consécutives ; cependant, pour être moins incomplet, je vais rechercher si le traitement ne présente pas quelque chose de spécial, saivant la nature de la maladie primitive.
C'esl lor.'ique la pneumonie survient k une période avancée d'une fièvre tjphoide , que les praticiens se trouvent dans le plus grand einharias, car ils ont alors un ctat général qui réclame une médication tonique, et une affection locale à laquelle ils croient ne pouvoir opposer que les an tiph logistiques et les débih tans 'Dans ces cas, la plupart des médecins, même les plus habiles , se croient presque obligés à saigner, et ne mettraient-ils qu'une ventouse ou deux sangsues , du moment qu'ils ont lire quelques grammes de sang, ils semblent avoir rempli un devoir, et leur conscience est tranquille. Certes , je n'ai pas par devers moi une expérience suffisante pour oser déverser un blànie quelconque sur une pareille conduite, mais tout ce que je puis dire, c'est que je ne l'ai jamais vue couronnée de succès , et je crois qu'il faudrait suivre désormais un autre mode de traiiemein. Voici ce que j'ai fait chez 3 malades que j'ai traités moi-même,
La pneumonie étant survenue à une période avancée dé l'affection typhoïde, la prostration était grande; il existait des phénomènes nerveux , tels que délire (deux fois) , soubresauts des tendons (une fois; , le pouls était fréquent (1 16 à 120) , petit , dépressible , cependant , sans encourager à la sai^ue'c , il ne ■emblait pas l'exclure Inut à fait, et je suis convaincu que les dix-neuf vingllËmes des médecins auraient, dans ce cas , pratiqué au moins une saignée générale ou locale , et couvert le thorax d'un large vésicaioire. Peu satisfait de ce que j'avais vu jusqu'alors, j'ai suivi une antre manlie; je considérai la pneumonie comme une lésion secondaire qui devait aggraver le pronostic, sans modifier le traitement ; je m'occupai donc uniquement de l'état général, sans me préoccuper de la complication ; je continuai les purgatifs et les toniques ; j'augmentai la dose de ces derniers à mesure r|ue la prostration faisait de nouveaux prt^rès , et je fus assez heureux pour voir deux des malades se rétablir.
Je ne prcicuds lien conclure d'absolu d'uu tri pcùL nombre
734 TKàlTUMhhl OK Là PI^EUliONI^.
de bais ; ceptiidant> ils ne devront pas être perdus pour notr instruction ; car ils démontrent qu'il peut j avoir qnelquefoi avantage à négliger i'altération locale pour ne s'occuper que d( rétaa général. D'aillenn , ce fiiit ne nous doit point surprendre puscpe nous avons yn précédemment^ que même dans le pneuinonies primitives qpi revêtent la farme tfpbflïde, il y j souvent intérêt à agir de même.
Dans les cas où la force du pouls permettrait /tpcore dis recourir aux émissions sanguines, il y aurait peutrétse Inténst I leur pf)é£érer ies préparations antimoniales, twitefois j'énuctij cette .opinion avec doute, attendu que je n'ai aucun £ût pour la justifier. Ce que je dis prouve que je ne partage pas les préventions de quelques médecins habiles, et entre aotics, celle^ de M. le professeur Forget de Strasbourg» qui regarde les antimoniouK et notamment le kermès et le aoafre doré d'antimoine comme contre-indiqués dans les pneumonies qui compliquent les fièvres graves, i cause de la diarrhée, des nausées et desaufres a/ccidensgastriqueç qui pourraj^t être exaspérés (1)» Alais les avantages qu'on retire de la méthode évacuante dans U traitement des fièvres graves, doit, je pense, tion# rassurer sur les dangers qu on attribue a l'adminiçiratiQn des aniimoniaux-
Ce que je -viens de dire du traitement .des ppeMm/opies consé-r cutivês aux maladies aignes, s'applique ^usH à celles qui.se déclarenjl daps le cours dçs affectioii^ dbjconiques. Il £Eiut encore ici être presque toiijour^ sobre de saigqées, souvent mé^ne il fau^ s'en abptjenir tQut à fait , pour recourir à l'emploi des mér dicaipeps contre-stimula^oi^. C'est peut-êtrçce qu'il conviendrai^ de fairfB géDéralemj^nt^ dan^ le$ pneumonie^ Gon$|écutiv^s à la maladie de Pright, puisque lesô malad/ssque j'ai vus traités par la saigi\ée et les vésicajtpires , soi^t morts. J'administrai à un autre l'émétique à haute dose , sans saignées préalables , maia. la m^r ladi^se terminaégalemeiitd'une manière funeste; toutefoia^ dana ce caç, je u/s yîs pas $e développer a.u niême degré les sympt&i^es typhfoîdes e:t ataxiques que Je notai cb^ez les autres ; lano^ort fut. moins rafôde, et il y eut momentanément une améHoratign qui m'avait d'abord donpé quelque espoir. Itf. ]^ayer, qui est un si bon juge en pareiUe matière, <Jit aussi que des émiasions aan-. guines ne aont guère utiles, et que dans les cas dont je parle,*
(4) Traiié de fentéfHteJoUicuiMse, Buâs, IS4I , p. StfS.
' TRAITKHEnT UI^S PKKUMOMEii CUNiiECIJTlV£S. 73^
op ne peut espérer qae dans l'emploi des anliiuoniaux (1). Quanta b piieunionie qui alTecte les sujets tuberculeux, je ne dirai rien de celle qui survient aune périoile très avaucée, car U complication a été méconnue ou bieu on n'a fait aucun traitement; mais je veux dire un mol seulement de ces pneumonies qui surviennent chez des pLlIiisiques qui ne sont encore parvenus qu'an premier ou au deuxième degré, et dont j'ai recueilli dix observations, La moitjé fut traitée pxr les aniipMogisiiques et les révulsifs; chez l'aulrc moitié 6n employa les émiuioDS sanguines avec plus demodér:ition,caron ne fit qu'une taiguée péuérale ou locale, et on eut iccours aussitôt aux préparations antinionialcs qui produisirent im soulagement rapide. l^ convalescence commença tiois jours avant ceux du premier gmupei quoique la maladie fût généialcineut plus grave cliezeux, etles forces se réiablirent atissi htaucoup plus vile. Je n'observai pas de disi'rliée consécutive. Dans le trailement des pneumO' sies de» phtbisiques nous devons encore rappeler, que lorsque les ioteitios paiticipent à l'affection luln'rculeuse, ce qu'on doit •oupçonnei:, lorsqu'une djairiiée existe depuis longtemps, it est prudent de ne pas donner i'éméiique, il faut plutôt lui préférer leLtiriuèï ou l'oxideblauc. puisque M. Trousseaux vii des accideus graves résulter de l'emploi du tartri: siibié cliezdcs individus qui étaient allifctés de diarrliéf chronique. Mais je pense «ju'on ne doit pas liésiter à donner l'émétique lorsque rien encore n'indique quelque léstnn grave du côté des organes digestifs.
Le ti'uiieuient des pneumonies qui surviennent dans le cours desmaladiesorgauiques duco^urdiifèreà peine du traitement des pneumonies ordinaires, c'est ce que j'ai eu occasion d'observer sur six individus; toutefois je ne prétends pader ici que des cas dans lesquels la maladie du cœur n'est pas encore très avancée, car lorsque les sujets sont inûlirés, asciliques, très essoufSës nous avonii vuque tout ti ailenieuidevenaiiù peu près iuuiile, car il succombaient presque tous. Je dois pourtnut à ce sujet i;xaminer la valeur d'une pratique adoptée par Laennrc On sait que ce giand médecin ne lajsait guère qu'une saignée de 3â0 à 500 grammes avant d'administrer l'émétique ; cependant lorsque tes malades éiaieni attaqués de maladies du cceui, il faisaitféiléierla saignée (2). Je ne suis pas en<;ore convaincu de (I) Jiaite lietMal. i^'j ju/ls, l>ftii>, laiu, uU,p.3Ud.
736 IJLUTKMESdT IIB LA P3IEIJM0HJE.
la néoesftiié qu'il y a à être plos prodigue de la saignée, dans les cas de maladies oiganiques du cosur, que ches les sujets bien portanS) toutefois je dois convenir que de tons les indÎTidiiB atteints de maladies chroniques,ceux qui ont une affection ducoear, sont ceux qui peuvent le mieux supporter les émissiof sanguines, mais il faut prendre garde de passer de justes limites ctde trop ins ister sur ce moyen : le pouls, qui ordinairenaent noos dirige sur le moment le plus opportun pour administrer VémL tique» pourrait nous induire en erreur dans le cas dont je parky car il arrive que, dans beaucoup d'hypertrophies da cseor, le pouls conserve de la dureté, de la résistance, même pendant Tagoni^il faut donc, pour déterminer n on a retire une suffisante quantité de sang, avoir moins d*égard aux qualités du pouls qu'à l'état général du sujet, à ses forces , à l'influence excnée par les premières pertes de sang.
£n résumé, on voit que le traitement des pneumonies eooséculives, repose sur les mêmes principes que celui des pneamO" nies primitives. Comme pour ces dernières les saignées peorent être utiles, mais instruit de la tendance qu'a la phlegnMMne des poumons à se compliquer d'accidens adynamiqnes, on devra être plus sobre dans les émissions saiguines ; on devra en mode" rer Temploi et les remplacer le plus tôt possible par les antimoniaux si nulle complication n'en contre-indique l'usage. Les moyens adjuvans et hygiéniques seront les mêmes que pour les pneumonies primitives ; je ne dirai rien de l'uiage duTésicatoire qui me parait avoir tout aussi peu d'effets dans les cas de pneumonies consécutives que dans celles qui sont prinûttves.
B'après ce qui précède, on a vu que je ne conseille aucune méthode exclusive, et que le choix du mode de traitement devm être déterminé d'après l'état des forces et du pouls, ainsi que d'après la nature de la maladie primitive. Les saignées sont utiles sans contredit dans quelques cas, mais leur utilité m'a paru eneore plus restreinte que pour les pneumonies primitives. Les p^iéparations antimoniales ont eu, au contraire, un effet plus rapide et plus certain. Je pense qu'on pourra guérir un plus grand nombre de pneumonies secondaires , lorsqu*on osera appliquer généralement à ces derniers la méthode contre-stimulante , et lorsqu'on ne fera de saignée qu'autant que celle-ci sera formelle-
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^eul exigée. U taut que l'état du pouls et des forces indique ila saignée comme nécessaire pour qu'on se décide k la faire ; si ,Jii salgoée n'est que possible, ou devra s'en abstenir. Ce que je Tiens de diire est non-seulement vrai pour l'adulte et le vieillard, mais il l'est encore à plus forte raison pour les en> fans. Il résulte en ejfet d'un travail de M. le docteur Becquerel (1), que les émissions sanguines, employées d'ailleurs assez modérément, dans les pneumonies lecondaires du jeune âge, curent pour résultat de débiliter l'organisme et d'accélérer la terminaison fatale de la maladie. MM. Rilliet et Barlliez; ■ont arrivés aux mêmes résultats (2). Ils regardent l'emploi des saignées dans les pneumonies compliquées de l'enfance, comme n'empêchant presque jamais la terminaison fatale ; leur in- ^uence leur a paru également nulle sur la marche de la malaidie. Aussi MM. Rilliet et Bartbez proscrivent l'emploi des émissions sanguines dans le traitement des pneumonies secondaires de l'enfance, et ils leur préfèrent le tartre slibié avec lequel ils ont obtenu des succès que les saignées n'avaient pu leur donner. Dans les cas où quelque lésion intestinale contro-indiquel'euiploi c'el'émétique, on peut remplacer avantageusement cette préparation par le kermès.
Je n'ai parlé jusqu'à présent que de ces pneumonies qui surviennentdans le cours d'une maladie grave, mais curable, ou de celles qui viennent compliquer une affection incurable, mais asscE peu avancée pour permettre au malade de vivre encore quelque temps. Mais quel traitement opposer à ces pneumonies qui se déclarent dans la dernière péiiode des maladies aiguës et chroniques, lorsque déjà on a perdu tout espoir de * conserver les malades, et qui semblent se déclarer ici pour abréjuer des souifrances qu'on ne peut soulager. Je crois qu'en pareille circonstance, on ne duil employer aucun moyen actif, de peur d'accélérer le moment fatal, ni aucun remède douloureux afin de pas ajouter aux angoisses des dcrnici's inslans. Dans ces circonstances sî pénibles pour nous, où notre art devenu inutile, ne peut pas même soulager, nous devons nous abstenir, et notix seul devoir consiste à respecter l'agonie des malades ; on peut bien alors ordonner des remèdes iusigniflans (!) Arclt. de ifiéd.. 5" série, l. IV. {%) Loc. cit. p. tISet MU.
738 zaAlX£M£MT DE LA PVMDWMrfeE.
pour calmer le moral da {Mittent, et ponr la satisfaction de ceux qui l'entourent i mais il bndra toujours s'abatenir desmojens douloureux» et ne passe faire l'instrument ayeugle de ces amis peu éclairés^ qui dana un but louaUe d'ailleurs, realent qu'on applique à des moribonds les remèdes les plus TÎolens. Un médecin probe n'obéira jamais à de pareilles exigences.
ARTICLE Xn.
Ojaduikin géniale sur 1* tmitement de la pneumonie' et sur la
nottalit^.
D'après les nombreux détails dans lesquels je Tiens d*entrer^ le lecteur a pu se convaincre, que le traitement de la (meamonie pariait stiivant une foule de circonstances individuelles et extérieures, qu'il n'y avait aucune méthode qui fût appHcable à tous les cas, et qu'on ne pouvait déterminer d'avance^ni le choix do remède, ni surtout les limites dans lesqnelles on devait remployer. Nous nous Aftnmes convaincus, que quoique Faltération matérielle qui connstitue la pneumonie anatotiriqaemettt , fut toujours identiquement la même , cependant la physionomie cstéiienre ou symp^ômatique de la maladie , pouvait être très différente, et devenir secondairement la siôtirce d'indications positives, auxquelles un médecin habile devait se hâter d'd3éir. Nous avmis prouvé que quelquefois , sartout sous l'influence de certaines constitutions médicales ou dans les temps d'épidémies, Thomme de l'art devait moins se préoccuper de la nature inflammatoire de la maladie, qui semble réclamer l'emplm des antiph logistiques , que de certains phé- SMOmènes sympathiques du c6«é des organes digestifs, on du système nerveux, qui impriment à lamaladie un cachet parfrcnlier, je dirai presque une autre nature, réclamant une médication spéciale, et ce n'est qu'en combattaot l'élément nouveau, accessoire, mais qui prédomine alors , qu'on parvient à conduire la maladie vers une heureuse solution. Cest ce que nous avons remarqué en particulier, pour les pneumonies bilieuses et ty< pkoïdes; et l'on a vu une nouvelle preuve de la nécessité qu'il y a, eu médecine pratique, de ne pas considérer comme identiques , et de uaiter toujours par les mêmes moyens, des maladies,. ààns lesquelles les seules altérations visibles sont des légions semblables sous le rapport analomique^ C'est l'état général qui doit être la source des principales JadJeationSy et c'est
a'LE TftAlïéNEtrt. 739
d'après celte conlidértitîoii surtùLi(,'^ile peut é Ire déCeimince l'opportunîié des reiïiècies,
La saignée et ks préparatiohs ânlimonialcs sont les agens lliérapeu tiques t|ui eonviennent à la plupart des cas de pneamoniequenoùsoÈscivùns, qUelsquestiientVâgé.lesexe, idcOùêtituliob des itidividus, nfllensilÈ de la maladie, ttc. Nous àVOns déterminé les cas où cesnioycos n'éWient pôS applicables, eiteut ftù l'un d'eux derait être employé à l'exclusion (le l'autre. Mais eu général, tiôUs avons reconnu , que les sUccêsIes plus nombreux étaient obtenus , lorsqu'on savfiit combiner â propos les deux liiéthodes. Nous avons dit qu'il fallait saigner quelquefois trfS largement, afin de faire perdre au pouls sa dart'ié et sa résista tt ce, et qiie c'était alors seulement qu'on dêvaitriCoUrirài'émAiqut à haute dose. On voit en délinitité ^ que si noUi avtins adopté |)Iu9 spécialement certaiues niëlhndcs, nous n'en avons exclu aucune ; nûus avons saigné peu ou beaucoup, nous avons tiré â quelques malades plus de 4 kiiOjjiattlme.» de sang {8 livres), tandis que d'autres en ont & peine perdu 197f;iammes(8 onces), cbeï quelques-uns mèuie nous nous Aninmes abstenus lont k fait d'ëinlsslous stan^uiucs. Laqunniité d'ém^tique donné, le temps pendant lequel on a adminisiré ce médicament héroïque, n'a pas moinsVarié. Etillu, d'antresfois nous âvon^ renoncé h ces méthodes, pour insiJiier sur h's évacuatis, sur les toniques, les escitims, lorsque des indications spéciales nous en faisaient Un devoir; en un mol, nous avons «nivi une méthode rationnelle, c'est à-dire que nous nous «ominos efforcé de modi" fier le irâiiemeni selon la forme et la période de la maladie, et que nousavoLis fait la part Jet exigences qui provenaient det. i conditions individuelles, et de celles qui dépendaient des coDst)> tutions médicales.
En suivant les règles que nous avons exposées, nous avons ra ^ que, sur les 30i malades dont j'ai analyié les observations, SI dont râfieiUo^enétait de 3B ansenvirou, 43 ont soccoinbc, ( qui donne une uiurialité uU peu t^otndre d'un Septième. Toute- j fois je dois rappeler que pour apprécier à su juste valeur l'efficacité du traitement qui fut suivi, tt faudrait retrancher du 19- l tal, les 11 malades que nous avons vudtfUérlr par lesémollien . seuls, et peul-êire même Us 13 qui, bien qu'ayant éu* #Hi|vtiA, j n'avaient pourtant qu'une pneumonie qui devait guéiir, porte la méthode qu'on lui aurait opposée, ce qui «ion
deaanr ûcsâsdi flias \t
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piieaBKMÛa gnrcs ^oe dobs aTOBei eacs» à la coBsideraUe de fanma ce dlndiridai IgEi^ «a rôolx^ cMCDCOf e asez aTaougeiiz.
Cependant je prie le kctenr de remarquer, qae le dûffnqve je riens de donner exprime le lôoltat obtenu d*aprâ la le'onîon de unu les faîu îndîsdnciemenL, et Ton mît qu'il en eit beancoap qui ont été traités d'après des mrlhodf» que je conseille de ne pas soirre hafaitneîlemenL Ccst ainsi que 4^ ont pris le tartre stibié sans tiîgnrcs préalables ; dbei 39« on admi- ■istra rémétiqoe après aroir épuisé la pasôbilité de saigner, ce qoi est extrêmement désavantageex. chez 1? on donna Foxide bbnc d'antimoine dont le degré d'efficacité est encore assez contestable. Il n'j eut réellement que SO malades, dicslesqnek on ait sniri la méthodeqne je proclame la meilleure^ dqoiconsisle â saigner pins on mmns largement, de manièveâ faire tomber la dnreté et la réastance dn pools» et à donner rônétiqoe arant d'aroîr époisé la po^N*»*^ de saigner. Je tcbk qa'on combine les saignées générales et les saignées localca, car celles-ci cnlêrent plos rapidement la doalenr de côté, qne les premières et c'est certainement parceqne 3iM. Booilland et Bnqnet ont en recoars plus sonrent aox rentooses et aux wiiigif i, qa'ila ont obtenu on peu plos tôt qne nous la cessation de ce symptôme incommode. Les malades diez lesquels on a soiri le mode de traitement dont je parle, n'ont présenté qn*iue mortalité d*on huitième, résultat extrêmement avantageux, surtout si on a égard aux conditions dans lesquelles les malades se trou- Taient placés. C'est doocavec confiance, que je conseille le traitement dont je parle, toutes les fois que les conditions individuelles ou de coiutitution médicale ht permettronL Le soin avec lequel j'ai étudié la question me faft espérer de ne m*ètre pcûnt trompé, et je crois pouToirdire avec Sydenham que le traitement que je conseille,est celui que je TOudraismeToir appliquer si j'éuûj atteint actuellement de la maladie dont je Tiens de tracer Thistoire.