TRAITEMENT E
ens que j'ai cauinéi-és, mais sans le secours des es. Restent cinc] malades chez lesquels l'application d'un vésicatoire a paru être avantageuse. Ainsi deux foiselleaealevé une douleur pleuréiiipe, contre laquelle avaiinl écLoué les saignées locnles (sangsues et ventouses); chez les trois autres malades, l'état géuéral etîlocal s'était tellement amendé le lendemain du jour où le vésicaloire avait été mis, qu'il semblait naturel de rapporter l'amélioration au moyen qui arait été mi» en usage. Toutefois, on ne peut ici qu'exprimer un doute, attendu que lorsqu'on étudie avec soin le travail de résolution delà pneumonie, on voit qau celui-ci ne suit pas toujours une marche parfaitement régulière et uniForme, qu'il n'est pas rare par exemple de voir l'engorgement pulmonaire diminuer brusquement du jour au lendemain , sans qu'on ait rien fait pour l'obtenir, et rester ensuite stationnaire pendant plusieujs jours de suite. Ce qui prouve d'ailleurs , que chez les malades dont je parle, le vésicatoire a eu moins d'influence qu'on ne pourrait croire, c'est que ujalgré l'amélioration évidente qui a suivi sou appUcaiioD , la durée de la pneumonie n'a pas été sensiblement modifiée, puisque la convalescence a été géoéralemeut notée, aux mèmrs époques que j'ai précédemment indiquées.
En résumé, il résulte de l'analyse des faits qui précèdent , que le vésicatoire appliqué sur les parois thoraciques des sujets atteints de pneumonie, n'a pas l'heureuse influence qu'on lui attribue généralement; nous avons prouvé, en effet, que rarement on voyait les symptômes s'amender immédiatement après l'action révulsive de l'exutoire, et que dans les cas mêmes où un amendement sensible dans l'état général ou local lui avait succédé, il n'était pas tout à fait certain qu'on dût le lui rapporter. Il a été d'ailleurs démontré, que les vésicato ires n'ont point abrégé ta durée de la maladie, et s'ils ont été parfois utiles ( ce qui est ti es contestable), ils n'ont jamais produit une amélioration comparable à celle qui est survenue si souvent tl d'âne manière si rapiile après l'administration du tartre stibié.
Chez les malades dont je viens d'analyser les observatioDS, le vésicatoiie avait été con^ilamment appUqué sur la poitrine j eùt-oa obtenu dus effets plus avantageux , si on l'eût mis dans des points plus éloignés ; aux extrémités inférieures ,-
VtSICATOIBES. '
ï quelques mMediis l'cnl i
e»einple, roiiime quelques mMediis l'onl conseillé? J'ai vu prescrire, el j'ai prescrit moi-même plusieurs fols , l'application d'un ou de deux vésicaioires aux malleis ou au\ cuisses , chta des individus atteints de pneumonie, mais dans le but de combattre quelques accidens cérébraux-, je déclare que dans aucun de ces cas, ies aymptâmes de la pneumonie n'ont été senaiblement modifiés par la révulsion du TÉsicatoire, Gelui-ci n'a guère été plus efficace contre lesaccidens cérébraux pour lesquels il avait été employé.
Il résulterait donc des faits qui précèdent, que dans la pneumonie , quel que soit le point du corps où on applique le vésicatoire, et quelle que soit la période de la maladie à laquelle on ait recours A ce moyen, il n'est permis d'en espérer aucun effet avantageux sur la terminaison , la marche ou la dur^e de l'affection; que, par conséquent, on pourrait les supprimer tout i fait dans le traitement des phlegmasies pulmonaires. Cette conclusion est légitime, car elle ressort de l'analyse des faits observés ei elle doit avoir d'autant plus de valeur, qu'elle est conforme aux résultats déjà obtenus par M. Louis. Cependant il faudrait établir une exception; il est des malades qui conservent, pendant la convalescence, une douleur plus ou moins vive sous le téton ou à la base de la poitrine, douleur qui a résisté aux émissions sanguines, ou du moins quia été peu modifiée par elle, dans ces cas , un vésicatoire appliqué au niveau du siège de la douleur et entretenu pendant quelques jours, suffit en général pour guérir coinpléltment les malades.
Tout en reconnaissant que la plupart des médecins accordent trop de confiance au vésicatoiie dans le traitement des pneumonies, je crois que , i^our démontrer d'une manière absolue, leur impuissance , leur inutilité , il faudrait posséder peut-être un plus grand nombre de faits que ceux que j'ai analysés. Il est important que cette question soit résolue au plus tôt, car les vésicatoires sont toujours plus ou moins pénibles pour les malades; ils excitent souvent des douleurs assez vives, de l'agitation et de l'insomnie; ce sont là, d'ailleurs, les seuls inconvéniens que je leur ai reconnus. Laênnec croit , en outre, qu'appliqués sur le iliorax , ils doivent augmenter la congestion pectorale et gêner l'action des muscles inspirateurs ; accusation qu'il serait peut-être très difficile de justifier par des preuves positives.
Mais il paraît que chez les enfans , ils entraînent des accîdens bien plus graves et qui devraient en faire pioscrîre l'emploi. Cest aipsi que, dans le jeune <^ge, la peau de la partie postérieure du thorax dénudée , mise en contact avec» des linges souillés, comprimée par les côtes saillantes, se désorganise, s'ulcère, et ces ulcérations douloureuses, difficiles à guérir, ajoutent encore à la gravité du pronostic. Les mêmes inconvéniens ont lieu après l'application des emplâtres de poix de Bourgogne saupoudrées d'émétique.
M. Louis avait craint d^abord (1) que le vésicatoire, étant une inflammation à la peau, ajoutée à une phlegmasie viscérale,
n'augmentât la fièvre et ne favorisât, par conséquent, le dévelop* pement des lésions secondairei qu'on observe si souvent dans le cours des maladies fébriles. Mais l'observation a prouvé plus tard à M. Louis (2) que les vésicatoires n'avaient pas généralement un pareil efifet. '
Ayant moi-même recherché chez trente et xm de mes malades, les effets immédiatsdesvésicatoires sur la circulation ella chaleur, j'ai trouvé qui: chez dix,» Je pouls était un peu plus accéléré le lendemain de l'application du vésicatoire , mais chez cinq de ces malades, cette augmentation de fréquence s'expliquait suffisamment par les progrés de la maladie ; chez plusieurs autres (deux ou trois), le vésicatoire avait excité des douleurs assez vives qui avaient produit de l'insomnie; circonstances qui expliquaient encore pourquoi le pouls était un peu plus fréquent que la veille. — Chez dix autres malades , le pouls était moins accéléré le lendemain que le jour de l'application des épispatiques ; il est douteui: , pourtant, que le ralentissement du pouls doive être rapporté à l'influence des vésicatoires, puisque ce ))hénomène fut aussi noté chez quatre malades , dont les symptômes s'étaient aggravés. Enfin, chez les onze individus qui restent , le pouls a conservé la fréquence, et la peau la chaleur qu'elle avait avant qu'on eût mis l'exutoire.
(1) Effets de la saignée, p. 5S.
(2) Fièure typhoïde, 2« ëdit., Paris, 4844, t. II, p. 479
ARTICLE VI
Modifications au traitement d'aprùs Icsmoiles de lermioaisnns. Lorsque U pneumonles'est terminée par suppuration, l'etal général des malades est tellement grave, les forces sont si prostrées, que les saignées ne peuvent plus convenir; le traitement contre-stimulant peut seul cire lenié, dans ces cas tellemenl fâclieux, qu'ils sont presque désespérés.
SI un abcès se forme, et si la matière est évacuée par tes bron-
elles
, la
erison pourra
peut'Ctre s'effectuer, ou du inoins la vie pourra se prolonger encore pLudant une ou plusieurs si^maines, mais généralement on observera dans ces cas, «les symptômes coUiquatifs-et de GËvie bectique,qu'il faudra essayer de combalire.Non-seulememalors, on ne devra pasaflaiblir le malade, mais il faudra encore soutenir ses forces p.ir une alimeutaiîon légère, ci l'usage de quelques Ioniques, Peui-ctie aussi pourrait-ou tenter l'em)dai des fumlgalionsqu'on rendrait émollienies, narcotiques, ou détersive», suivant l'indication du moment : enfin, un exutoire au niveau de l'excavation pourra il peul-èlre convenir dans quelques css.
Dans la terminaison par gangrène, comme le plus souvent il y a des symptômes adynamiques, il faut ranimer les force^ et les soutenir par l'usage des cordiaux, des toniques; il sera utile aussi de Faire respirer des vapeurs de cliloruri-s de faire avec le même liquide des aspevsions sur le lit, peut-être pouirait-on aussi en ajouter une petite quantité dans quelques-unes des boissons du malade.
EnfiD, si la pneumonie passe à l'etal chronique, il est difTicile de dire le traitement qu'on devraillui opposer, car nous n'avons encore à ce sujet aucune donnée un peu positive. Je crois pourtant qu'il faudrait conseiller l'emploi d'un exutoire énergique, tel que un ou plusieurs cautères sur la poitrine, ou mieux encore un large selon, Peut-être aussi pourrait-on tenter Tt-mploides mercuriaux à baute dose.
ARTICLE VII
Traitement do queltjucs symptômes.
Il y a dans la pneumonie trois symptâmes qui .<)ont pénibles jiour les malades : ce sont surtout la douleur de cûlé , l'oppres-
89s TBAITEKEKT DF tA
sion et la céphalalgie. Le point d^ c6té et l'oppression sont îles symptômes pour ainsi dire inhërens à la maladie elle-même, ils sont le plus fiouvem eu rapport avec l'étendue de l'alléralion, et les moyens Ips plus efficaces pour les combattre, sont précisé' ment ceux qui réussissent le mieux contre la maladie elle-même.
En gênerai , la dyspnée, le sentiment pénible d'oppression, diminue plus facilement par la saignée générale , tandis que Li douleur de càté est plus efficacemeuL combattue par dessangsues ou mieux encore par des ventouses scarifiées ; jiarfois enfin , le point de côte' ne cède qu'à l'application d'un vésicalotre. La céphalalgie est un symptôme qui n'existe que dans la première période de la maladie , et qui cède en général spontane'ment, ou aux premières saignées qu'on fait; je ne l'ai jamais yue nécessiter une médication spéciale. Quelques cataplasmes sjnapisés, promenés sur les extrémités inférieures sont pourtant utik-s quelquefois , pour diminuer la douleur de tèle et l'oppression qui fatiguent quelques malades. Quant aux quintes de toux , et à l'insomnie qui tourmentent quelques individus , tes préparations opiacées prescrites, comme je l'ai dit plus haut , peuvent seules les diminuer.
On sait que quelquefois les crachats se suppriment , tantôt ils cessent d'être sécrétés, d'autres fois continuant à être exhalés, ils ne sont plus expulsés, ils s'accumulent dans les broncbes et gênent beaucoup la respiration. Dans le premier cas il n'y a rien à faire de parlieulier , dans le second on peut donner avec avantage les boissons aromatiques et des potions contenant du kermès, de l'oximel scillitique, et eaSn on conseille encore le sirop d'ipecacuanha,el l'énielique donnéà dose vomitive, ou d'une manière plus fractionnée et pour entretenir des nausées continuelles, qui par suite des efforts qu'elles provoquent, favorisent l'expulsion des crachais. Enfin , on a recomm andé ans le
même but, l'apphcatior mais jusqu'à présent ce r que quelques personnes
d'un large vésicaioire i
ur la poitrine, 'iterlaconfîattce 18 dont je parle.
ARTICLE VDl.
Traitenicot des caraplicationB.
Laplupartdes complications de la pneumonie que nous avons précédemment étudit'es , ne réclament aucune médication spéciale, telles sont la pleurésie , la bronchite, l'ictèrejil ei^^
IBAITEMEWT DES COMPLICATIONS. IIKLIBE. C99
d'autres >u contraire comme celles qui surviennent du cAté du cœur, qui fortent quelquefois à insister davantage sur les ériissioiis sanguines.
Le délire est la seule des camplicalions ordinaires de la pneumonie qui puisse exiger une médication spéciale; mais pour déterminer celle qui convient, il importe avant tout d'être bien ûxé sur la nature du délire ut sur les causes qui ont présidé à son développement, cliose qu'il est souvent très difficile d'établir d'une manière positive.
Onavu que fréquemment, le délire était symptomalique d'une altération matérielle des enveloppes des centres nerveux, puisque nous avons dit précédemment, que sur près du tiers des individus quisaccombëreat Bvecdu délire dans le cours d'uoe pneumonie, nous avons trouvé, pour l'expliquer, une méningite de la convexité du cerveau . Il est évident que dans des cas pareils il faut combattre le détire par les moyens généralement usités contre les phlegmasies cérébmlrs.
Le délire qui se déclare, dès le commencement de la malitdie, ou lorsque celle-ci est encore k sa période d'iiccroissement , qui suit les variations de la fièvre , qui augmente pendant les exacerbations que celle-ci présente, n'exige aucun traitement spécial , car , dans ces cas , le délire semble être l'effet de la fièvre , il semble lui être entièrement subordonné; il faut donc n'avoir recours à d'autre médication qu'à celle qui peut combattre le plus efficacement la fièvre, et la maladie, dont celle-ci est un symptôme. Enfin, il n'y a rien à tenter contre ce délire, qui survient à une période avancée de la maladie,à cette époque où l'ensemble des symptômes généraux et locaux doivent faire loupçonnerla supptt ration du pareuchymcpulmonaire. Lessynapisnie3,les vésicstoires aux mollets ouaux cuisses, qu'on emploie communément alors, ne peuvent avoir aucune espèce d'utilité.
Il est une espèce de délire qu'on rencontre plus fréquemment dans 1,1 forme typhoïde de la pneumonie , qui coïncide par conséquent avec un état général grave ; quelquefois même aloi-s le délire et d'autres troubles nerveux semblent prédominer sur tous les autres symptômes; souvent, dans ces cas, il n'y a aucun rapport enlru les pliénomènes cérébraux, leur gravité, et l'étendue de la pLlegmasie pulmonaire^ c'est contre celle espèce de délire, qui est un des caractères de la
7(X) TBIITEHEKT DB lA PHEDHONtK,
forme ataxique de la maladie, qu'oa a proposé l'emploi des aati-spasmodiques. C'esL M. Récatnier le premier, je uroîSf L qui a conseillé d'administrer , dans les cas dont je pai-Ie, te
I musc à assez fortes doses. On peut en efFel , d'après ce oië-
l decin, en donner 8 à lO décigramines et même davantage ;
il faut diviser celle quantité en cinq pilules qu'on donne toutes les heures, et on continue encore, jusqu'A ce qu'on obtienne une rémission des accidens, ce qui aurait Vieu ordinairemeut, d'après M. ilécamier, au bout de huit à dit heures au plus. Si alors les troubles rérébraux ne sont pas enrayés , il ne faut plus rien espérer du remède, dont les elTets en général sont prompts ou nuls.
Depuis vingt-cinq ans on a publié quelques faits cliniques pour prouver l'efGcacilé du musc dans certaines formes du délire de la pneumonie. Ainsi M. lé docteur Jacquet lut en 1817 à l'Athénée de médecine, trois observations qui furent publiées un an après dans la Bibliotltèque médicale (1), et dont les deux pi-emières seulement ont quelque importance, puisque le diagnostic a été suffisamment établi , tandis que la nature de la maladie n'est pas bien déSnie dans ta troisième. Les deux premiers faits sont favorables à l'opinion de M. Récamier, puisqu'on voit qu'un délire grave, qui datait depuis deux jours et que rien n'annonçait devoir se terminer sous peu , avait néanmoins complètement cédé vingt-quatre heures après , par suite de l'administration de 7 à S décigrainmes de musc, associés dans un cas, à parties égales de nitre. MM. Trousseau et Pidoux ont également rapporté, dans leur Traité de thérapeutique , quatre exemples de l'efficacité du musc dans te délire de la pneumonie ; l'un de ces cas est surtout remarquable : il est relatif à un homme qui contracta une pneumonie étant dans un. état d'ivresse; saigné plusieurs fois en ville, il entra délirant à l'Hôiel-Dieu, bien que la gravité
L des phénomènes récens ne fût pas suffisamment expliqué par l'intensité de la lé^iou locale. Les antimoniaux n'eurent aucune prise, l'état du malade éiait très grave; c'est alors que le musc fut prescrit, et, dès le lendemain, les accidens cérébraux avaient cédé. Enfin M. le docteur Tliibaud de Hantes a rapporté, il